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Les Récits d’un chasseur sont universellement reconnus comme le chef-d’œuvre de Tourguéneff. On sait que cet ouvrage, en dehors de sa valeur littéraire, a eu le mérite non moins grand d’être une œuvre humanitaire, en contribuant puissamment à faire aboutir la plus grande réforme du règne d’Alexandre II : l’affranchissement des serfs. Sous ce rapport, son influence peut être comparée à celle de l’œuvre célèbre de Beecher-Stowe : la Case de l’oncle Tom, qui a eu pour effet immédiat l’affranchissement des nègres en Amérique.
S’il existe donc une œuvre digne de classique en France, ce sont bien ces admirables récits, qui, dans leur forme simple et modeste, constituent une véritable épopée des souffrances des moujiks attachés naguère à la glèbe.
La première traduction française qui ait été faite de cet ouvrage n’a pas donné à l’auteur toute la satisfaction qu’il était en droit d’espérer. Était-ce bien la faute du traducteur ? On ne saurait l’affirmer. Il ne faut pas oublier, en effet, qu’à l’époque où cette traduction fut faite, la littérature russe était à peu près ignorée en France. Le public français n’était pas encore familiarisé avec cette forme bizarre qui constitue le charme original des œuvres de nos grands écrivains russes. Le traducteur avait donc cru bien faire en donnant à l’ouvrage de Tourguéneff un vernis plus français, et c’est ce qui explique les coupures qu’il y avait pratiquées et les variantes qu’il y avait ajoutées. Aujourd’hui, il n’est plus besoin de recourir à ces stratagèmes ; ce qui paraissait bizarre il y a trente ans constitue précisément le charme particulier que le public français goûte à la lecture de ces œuvres.
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The end
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