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Plus de dix années ont déjà passé sur la tombe du grand romancier russe, Ivan Tourgueneff. De son vivant, ses romans avaient été connus et appréciés par les lettrés, mais sans pénétrer jusqu’au grand public.
Ivan Tourgueneff avait débuté par les Récits d’un Chasseur, qui l’avaient d’emblée classé hors de pair.
« Il acheva de s’insinuer dans les cœurs, dit de Voguë, avec d’ex- quises petites nouvelles du même ordre, avec des romans sentimentaux, comme la Nichée de Gentilshommes, dont le charme reste toujours jeune pour nous, grâce à la discrétion, à la sobriété des moyens qui le produisent. Dans Roudine, il analysait le manque de volonté, l’absence de personnalité morale qu’il reprochait à ses compatriotes, plaisamment et trop sévèrement, quand il disait : « Nous n’avons rien donné au monde, sauf le samovar ; encore n’est-il pas sûr que nous l’ayons inventé. » Dans Pères et Fils, il sondait le fossé infranchissable qui s’était creusé entre la génération du servage et celle de 1860 ; il diagnostiquait et baptisait le premier le mal qui allait ronger les nouveaux venus, le nihilisme. Il en suivit les progrès croissants dans Fumée ; il en décrivit les manifestations extérieures dans Terres vierges,
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The end
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