Read here

Mercédès de Castille

James Fenimore Cooper · 1841 · Free in the US

578,252 words · about 40 h 30 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1841 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Mercédès_de_Castille&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Language
French
Published
1841
Length
578,252 words · about 40 h 30 min
Sections
34 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (34)
  1. Front matter about 13 h 36 min
  2. Texte entier about 13 h 36 min
  3. Préface about 2 min
  4. Chapitre 1 about 23 min
  5. Chapitre 2 about 24 min
  6. Chapitre 3 about 19 min
  7. Chapitre 4 about 26 min
  8. Chapitre 5 about 38 min
  9. Chapitre 6 about 17 min
  10. Chapitre 7 about 24 min
  11. Chapitre 8 about 37 min
  12. Chapitre 9 about 15 min
  13. Chapitre 10 about 32 min
  14. Chapitre 11 about 25 min
  15. Chapitre 12 about 20 min
  16. Chapitre 13 about 27 min
  17. Chapitre 14 about 28 min
  18. Chapitre 15 about 32 min
  19. Chapitre 16 about 29 min
  20. Chapitre 17 about 23 min
  21. Chapitre 18 about 24 min
  22. Chapitre 19 about 27 min
  23. Chapitre 20 about 24 min
  24. Chapitre 21 about 37 min
  25. Chapitre 22 about 16 min
  26. Chapitre 23 about 38 min
  27. Chapitre 24 about 28 min
  28. Chapitre 25 about 23 min
  29. Chapitre 26 about 25 min
  30. Chapitre 27 about 16 min
  31. Chapitre 28 about 26 min
  32. Chapitre 29 about 24 min
  33. Chapitre 30 about 29 min
  34. Chapitre 31 about 20 min

Continue:

Front matter

a vie de Cooper est toute dans ses ouvrages ; le peu qu’on en sait se borne à quelques dates. Quant aux faits, ils manquent entièrement au biographe. Ce n’est pas là une de ces vies aventureuses dont le récit attache et exige de longs développements : en trois mots tout est dit la-dessus. — Le célèbre romancier américain est né à Barlington, sur les bords de la Delaware, en 1789, d’une famille originaire du Buckinghamshire, qui émigra et vint s’établir en Amérique vers l’an 1679. Le jeune Fenimore fut mis au collège d’Yale (New-Haven), où il ne reçut qu’un commencement d’éducation. L’écolier d’Yale n’avait pas achevé sa treizième année que déjà il servait sa patrie dans la marine américaine. Il est permis de croire que les vives impressions qu’il reçut dans ses premières campagnes de mer ne furent pas sans influence sur le choix de plusieurs sujets qu’il traita plus tard. Ce fut sans doute dans ses courses maritimes et dans la pratique de la vie de vaisseau qu’il recueillit les éléments et les riches couleurs dont il devait un jour empreindre ses tableaux, et ce pittoresque vrai et saisissant, parfois si grandiose, qu’il a répandu dans un grand nombre de ses compositions. Il se familiarisa, pour ainsi dire, dès son adolescence, avec l’Océan, et nul n’en a peint avec plus de vérité et d’énergie que lui les sublimes effets et les mille aspects diversement pittoresques. C’est là un de ses plus grands mérites : l’Océan et ses pompes, ses terribles retours, la vie du marin aux prises avec l’élément qu’il aime et qui le menace incessamment ; l’homme et la mer dans l’infinie variété de leurs rapports, voilà ce que Cooper a su rendre admirablement dans le Corsaire rouge, dans le Pilote, dans la Sorcière des Eaux, ces trois conceptions d’une poésie si forte et si réelle tout ensemble. Bien que l’invention y joue un grand rôle, et que l’imagination y déploie toutes ses richesses, le réel domine à un haut degré dans ces trois romans. C’est qu’en effet le romancier a vu ce qu’il peint, et qu’il en a été frappé et rempli de bonne heure, et que de tout ce dont il vous parle, il a su saisir le côté sympathique et puissant, et sait vous le montrer ; il agit sur vous par des paroles et des descriptions, avec toute l’énergie de la nature elle-même, de la réalité. — Vous souvient-il de Tom Coffin de la Sorcière des Eaux, de cet homme justement appelé Roi de la mer, pour qui la terre est froide et triste, et qui ne vit, ne respire, n’est véritablement homme que sur les flots ? Eh bien ! c’est peut-être Cooper lui même, non d’habitude, non comme il est aujourd’hui, mais comme il fut durant quelques années de sa jeunesse. N’est-ce pas que ce Tom Coffin vous a fait pendant plusieurs heures, pendant plusieurs jours peut-être, aimer ce qu’il aime et partager ses passions d’homme de mer ? C’est que c’est là en effet une admirable création, un type. Rassemblez les traits épars de tous ces hommes qui ont couru les mers par goût, par entraînement, vous aurez Tom Coffin. De celui-ci il a l’antipathie pour la terre ; de celui-là l’infatigable amour des voyages, de tous la passion de la mer, sa seule, sa grande passion. Tout simple et barbare qu’il soit d’ailleurs, Tom Coffin est grand, héroïque, sublime en face de la colère de l’océan ; il se plaît dans la lutte avec les abîmes soulevés ; il s’y joue avec amour, avec bonheur, avec enthousiasme. Hors de là Tom Coffin retombe ; ce n’est plus rien. Il n’a plus, comme les héros d’Homère, vingt coudées ; il redevient homme et vulgaire comme le moindre matelot de Boston ou de Rhode-Island. Pour tout dire en un mot, ce n’est plus Tom Coffin. Après la peinture de la mer et de ses accidents, c’est celle de la vie des planteurs aux prises avec l’immense nature vierge de l’Amérique septentrionale, et toutes les difficultés de leurs périlleux établissements, où excelle le plus le célèbre romancier. La fidélité en est aussi le mérite principal. Cooper a une excellente habitude, c’est de visiter les lieux où il veut placer la scène de ses romans, d’y vivre, de les étudier sous tous leurs aspects. Si c’est à une contrée de ce côté-ci de l’Atlantique qu’il veut lier sa fable, il ne lui suffit pas de l’avoir vue ; il en explore soigneusement l’histoire, les coutumes, les mœurs ; il se les assimile en quelque sorte par son travail, et ne commence à écrire qu’après s’être ainsi pourvu des matériaux nécessaires. Dernièrement encore, ce n’est qu’après un long séjour à Venise et sur tout le littoral de la vieille république, ce n’est qu’après un séjour non moins long sur les bords du Rhin, que Cooper a composé son Bravo et son Heidenmauer. Aussi la couleur locale, quoi qu’en aient dit certains critiques, y abonde-t-elle moins originale, moins nouvelle sans doute, mais aussi vraie que dans les romans dont le sujet appartient à la patrie de l’auteur. Avant de composer ceux de ses romans dont l’action se passe en Amérique, il l’avait visitée en observateur, en poëte. Aussi l’Amérique y revit-elle tout entière, avec ses fleuves immenses, ses cités nées d’hier, fraîches et régulières comme des villas, avec ses mœurs domestiques, ses femmes pleines d’un éclat pur qui leur est particulier ; l’Amérique enfin telle qu’elle existe ou qu’elle a existé. Dans les Pionniers, dans le Dernier des Mohicans, Dans Lionel Lincoln, vous retrouverez non seulement l’histoire, mais encore la physionomie moderne ou primitive, selon l’époque choisie par le romancier, des États dont se compose aujourd’hui l’Union américaine. Dans l’Espion, la guerre de l’indépendance et le patriotisme de ce temps d’héroïques efforts sont retracés sans exagération, mais aussi avec une touche vive et un peu âpre par endroits, qui convient à merveille à la peinture de cette glorieuse époque. La grande figure de Washington, qui domine le fond du tableau, y apparaît avec toutes les éminentes qualités de son excellente nature : l’héroïsme calme, la modestie, et, si l’on peut ainsi dire, toute l’auguste simplicité caractéristique du héros américain. Harvey Birch, l’espion, n’est pas une figure de moindre mérite. C’est peut-être la plus dramatique création de Cooper ; car Harvey Birch n’a pas fait seulement à son pays le sacrifice de sa vie. Né avec de hautes facultés, un cœur généreux et chaud, l’instinct des nobles choses, il se résout pour sa patrie à la perte de son honneur ; il consent à être la plus basse et la plus vile chose de ce monde, espion. Le mot dit tout. Et en lui-même cependant, lorsqu’il considère à quel but il tend par l’exercice de son métier infâme, cet homme ne peut se mépriser ; il trouve en son cœur de quoi se consoler, et, dans son opprobre, le sentiment des services qu’il rend à son pays lui tient lieu de tout, le paie de ses souffrances, de ses périls, et rachète suffisamment à ses yeux son honneur à jamais perdu selon le monde. — Le même genre d’intérêt, à savoir l’intérêt dramatique, qui ressort de la lutte intérieure de deux principes qui se disputent l’homme, ne se retrouve pas au même degré dans les autres ouvrages de Cooper ; mais on en est amplement dédommagé par l’intérêt proprement dit : il y naît du récit même, du fond du sujet ; d’ordinaire un peu lentement au début, mais avec progression et puissance, pour ainsi dire fatalement, au milieu même de détails qui quelquefois sembleraient devoir l’exclure. — Le reproche de prolixité, d’ennui causé par les longueurs et les digressions, n’a pas été épargné à Cooper ; mais ce défaut, qui est d’ailleurs commun à Walter Scott, est si largement racheté par la vérité, la fidélité de la peinture, que nous ne nous en sommes jamais plaint pour notre compte. Puis, quand vous êtes une fois engagé dans ces pages, que vous commencez à entrer au cœur de l’œuvre, c’est une lecture si attachante, que vous ne pouvez plus la quitter ; et cela répond à toutes les critiques. Vous ne vous sentez pas porté, dès l’abord, il est vrai ; — vous êtes comme ces navires qu’aucun vent ne pousse au sortir du port, qui s’en arrachent à , avec embarras et pesanteur ; mais à peu de distance du point de départ, vous trouvez le souffle ; votre voile, qui était vide, s’enfle à mesure ; vous filez encore quelques nœuds, les cordages sifflent, les antennes crient, et vous voilà voguant à pleines voiles jusqu’au terme du voyage, où vous êtes tout étonné, et où vous regrettez presque d’arriver si tôt, tant vous avez pris plaisir aux mille variétés du passage. — Ce que nous disons là, il est peu de personnes qui ne l’aient éprouvé à la lecture des meilleurs romans de Walter Scott lui-même ; et cependant, quel plus admirable génie, quel plus habile peintre que Walter Scott ? On peut dire de ces deux génies d’une trempe pareille, que l’exactitude est pour eux une muse. Ce qui, sous une plume vulgaire, serait plat, revêt entre leurs mains je ne sais quel charme. Vous êtes-vous jamais senti le courage de passer outre aux descriptions de Walter Scott, toutes longues qu’elles aient pu paraître quelquefois ? Non, vous les avez dévorées jusqu’au bout ; et cela tient à son talent propre en ceci, d’artiste et de peintre, qualité rare, et qui est le partage aussi de Cooper. On dirait que cet objet trivial dont on se plaît à vous faire la minutieuse description est un accessoire obligé qui se lie indispensablement à l’action, et qu’à ce titre vous trouvez bon qu’on vous en parle si longuement. C’est là un art, assurément, dont peu de personnes ont connu le secret, bien qu’au premier abord rien ne paraisse plus aisé. C’est pourquoi aussi nous avons vu tant de pâles imitateurs des deux grands romanciers, tant d’écrivains à la suite, s’imaginer que la description sans but et sans mesure, et par la même sans intérêt, suffisait à défrayer les quatre volumes obligés d’un roman.

Cooper, au sortir du service maritime, s’était marié ; il avait trouvé dans la fille de M. Lancey une compagne digne de lui. Possesseur d’un honnête revenu, il ne chercha point dans le travail des ressources pécuniaires. Il écrivit pour écrire, en artiste, en homme qui veut se satisfaire, et qui met la gloire et l’honneur de bien faire à haut prix. Riche pour ses besoins, pour ses goûts, en repos quant à sa famille, à qui l’état de sa fortune présente suffisait pareillement, il se livra dès lors, sans préoccupation étrangère à l’art, à la composition du roman, comme il l’avait conçu d’après de récentes inspirations. Son premier ouvrage, toutefois, ne sembla pas promettre ce qu’a réalisé depuis l’habile romancier ; non qu’il n’y ait dans ce premier roman, Précaution, ou le Choix d’un mari, de l’observation, des nuances délicates, des portraits de mœurs finement touchés ; mais Cooper semble être mal à l’aise dans le cercle où il s’est renfermé ; l’air, la place, lui manquent dans la peinture des mœurs de salon ; il lui faut un champ plus vaste, plus de soleil, de liberté et d’espace.

À Précaution succédèrent, à peu de distance l’un de l’autre, l’Espion, les Pionniers, Lionel Lincoln, le Dernier des Mohicans, la Prairie, le Corsaire rouge, les Puritains d’Amérique, l’Écumeur de mer, le Bravo, le Bourreau de Berne et l’Heidenmauer. Le succès dépassa les espérances de l’auteur. Non seulement ses romans eurent le pouvoir d’enthousiasmer ses compatriotes, assez peu sensibles alors au charme des lettres, mais encore, traduits dans la plupart des langues de l’Europe, ils y produisirent la plus vive sensation. Dès lors, le nom de Cooper fut en France l’un des plus considérés de la littérature étrangère et rivalisa glorieusement avec celui de Walter Scott. De nombreuses éditions de ses ceux œuvres, recherchées avec empressement, témoignèrent de sa popularité parmi nous, et son nom y est aujourd’hui familier et cher à tous les amis des lettres, au même titre que celui de nos grands écrivains nationaux — Les Monikins, Ève Effingham, le Lac Ontario, où l’auteur peint avec son énergie accoutumée et dans sa grande manière les scènes de la nature américaine, et enfin Mercédès de Castille, qui se rattache par Christophe Colomb au sujet de prédilection de l’auteur, complètent le glorieux bagage de Cooper, romancier.

The opening of the book is shown; the full text loads in the reader.

Loading the full text…