Front matter
Des circonstances qui ne dépendaient de la volonté ni du traducteur ni de l’éditeur ont retardé la publication du roman que nous offrons au public. Les personnes qui savent l’anglais ont donc eu le temps de lire cet ouvrage dans la langue originale, et nous avons appris qu’il s’en trouve qui reprochent à l’auteur anglais d’avoir voulu, de propos délibéré, insulter la France et la marine française. Cette idée ne s’était pas présentée à notre esprit. M. Cooper ayant pris pour ses héros deux amiraux anglais, il était naturel qu’il leur accordât la victoire mais il fait en toute occasion l’éloge des talents et du courage du commandant en chef de l’escadre française. En parlant du capitaine du vaisseau du contre-amiral français, il dit qu’il n’a pas dessein d’imiter les auteurs anglais, qui font des caricatures des officiers de la marine française ; ailleurs, il fait dire au commandant en chef anglais que toutes les fois qu’il s’est mesuré avec les Français, il a trouvé à qui parler, etc. Je crois donc que, s’il se rencontre dans ce roman quelques expressions ou quelques phrases qu’on puisse regarder comme injurieuses à notre marine, elles lui ont échappé inconsidérément, et je pense qu’il peut être absous sur la question intentionnelle.
Et pourquoi M. Cooper aurait-il voulu insulter la marine française ? N’est-il pas Américain ? Ne connaît-il pas tous les services rendus à l’Amérique par cette marine pendant la guerre pour l’indépendance des colonies ? Il est fort aisé, surtout dans un ouvrage de fiction, de battre sur le papier des escadres françaises mais l’Angleterre ne peut avoir oublié les noms de Duquesne, de d’Estrées, de Duguay-Trouin, de Tourville, de Forbin, de Jean-Bart, et de M. de La Galissonnière, célèbre par la défaite de l’amiral Byng, défaite dont le ministère anglais crut réparer la honte en faisant tomber la tête du vaincu et enfin de tant d’autres braves dont l’Angleterre même n’a pas perdu la mémoire.
armi tous les romans dont la scène est sur mer, qui ont été publiés depuis vingt ans, nous n’en connaissons aucun dont les évolutions des flottes aient été un des traits principaux. Le monde a sous les yeux des scènes admirablement dessinées, dans lesquelles il trouve le tableau des manœuvres d’un vaisseau solitaire, et des touches exquises du caractère des marins ; mais tous les romanciers, semblent s’être soigneusement abstenus de peindre sur un grand cadre la profession de marin. Nous avons nous-même imité leur retenue, peut-être par un certain sentiment intime d’incompétence, mais surtout par suite du désir que nous avions, en décrivant des scènes navales, de rester sous le pavillon auquel nous avons été accoutumé, et auquel, à proprement parler, nous appartenons.
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The end
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