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eſsieurs ayant recouuré la copie de voſtre Reueille matin dedié à la Royne d'Angle- terre par Euſebe Philadelphe : cognoiſ- ſant le fruit que la leure d'iceluy vous peut ap- porter, ie n'ay pas voulu vous en fruſtrer plus lon- guemẽt. Et m’aſſeurãt que l’ayans veü, peſé & bien conſideré vous m’en ſcaurez auſsi bon gré que l’affe- ion qui me meut à le vous preſenter merite. Ie ne deſpendray pas vn mot à vous recommander mon ze- le, encore moins celuy de l'Autheur : ſeulemẽt ie prie- rai Dieu qu’il vous face bien toſt iouyr du plaiſir & vtilité qu'vn tel labeur peut apporter aux ſages. Vous trouuerez au commencement vne petite epi- re de l'autheur dediant ſon liure Frãcois à la Roy ne d'Angleterre le double d'vne letre Latine miſe en Francois qu’il a eſcrite aux Polonois leur dediãt le meſme liure Latin. Vous y verrez auſsi un dialo- giſme d’entre le Polonois, la Paix Valoiſe le double d'vne letre qu'vn gentilhomme partizan de la maiſon de Lorraine, duquel ie n’ay peu ſcauoir le nom a eſcrit ſur le meſme suiet au Duc de Guiſe ſon maiſtre. Si ie puis recouurer quelque autre choſe de nouueau que ie congnoiſſe vous pouuoir ſeruir, ie vous en feray bonne part, pourueu toutesfois que i'entende que vous rapportiez ce preſent que je vous fay à l'u- ſage qui luy e propre. Autrement n’en attendez plus. Adieu,
Adame ie ſuis ſi mauuais flatteur, que ie ne ſuis iamais plus aize, qu’alors que ie puis li- brement dire mon auis des choſes qui nous paſſent deuant les yeux, principalement ſi elles ſont de quelque poids & conſequence. Que ſi d’auenture il ne m’eſt permis (comme souuent, cela eſt deffendu aux gens de bien, de peur qu’vn libre iugement n’of- fenſe l’oreille des grans, ou que leurs mignons qui en abuſent ne ſoyent par là cognus & chaſtiez,) Si ie puis alors pour le moins ayant mon recours au pa- pier faire parler quelque honneſte homme, qui deſ- couure ce que i’en ſens, tout auſsi toſt mes eſprits re peus de ceſte liberté, vont reprenant nouuelle force. C’eſt ce qui fait que tout gaillard, tout reſolu ſans nulle crainte (ne m’eſtant loiſible de dire) ie vous offre pour maintenant vn Reueillematin, Madame, tel que ma plume a peu tracer pour la gloire de no- ſtre Dieu, le bien de ſon Egliſe, voſtre grandeur & voſtre eſtat, & pour celuy de vos voiſins. Ie ne vous diſcours pas icy les matieres que i’y traite : la lectu- re les monſtrera & le subiet merite bien qu’on pre- ne la peine de le lire. Mais ie vous puis bien aſſeu- rer, Madame, qu’il n’y a rien de ſuperu (ſi ce n’e aux trop delicats) rien de faux, rien qui ſoit indigne d’eſtre dit & recommandé par eſcrit au temps à ve- nir : Voire rien du tout qui ne ſerue au bien public du
temps qui court. De quoy eſtant tres-aſſeuré, ie ſupplieray treshumblement voſtre Maieſté de rece- uoir d’auſsi bonne main ce mien labeur, comme d’vn cœur treshumble & tresaffectionné ie le luy preſen- te. Priant Dieu,
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The end
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