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Le Blason des Armoiries

Hiérosme de Bara · 1579 · Free in the US

35,623 words · about 2 h 30 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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Licence: PD-US · Published in 1579 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Le_Blason_des_Armoiries&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Hiérosme de Bara
Language
French
Published
1579
Length
35,623 words · about 2 h 30 min
Sections
4 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (4)
  1. Front matter about 1 h 15 min
  2. Préface about 8 min
  3. Livre about 1 h 6 min
  4. Erratum about 1 min

Continue:

Front matter

DES ARMOIRIES,

Auquel eſt monſtree la maniere de laquelle les Anciens & Modernes ont vſé en icelles.

Traicté, contenant pluſieurs Eſcus differens, par le moyen deſquels on peut diſcerner les autres, & dreſſer ou blaſonner les Armoiries.

Préface

Ecteur, tu vois icy, du temps des peres vieux Et du preſent, les traits de la marque eſtimee Que portoyent les vaincueurs, qu’ores la renommee Rend apres leurs grands faits, du temps victorieux.

MONSIEVR,

MONSIEVR DE LANGES, SEIGNEVR

DVDIT LIEV, ET DE LA-VAL, CON-

ſeiller du Roy noſtre Sire, & lieutenant general en la Seneſchauſſee de Lyon.

, Comme ces annees paſſees ie me fuſſe mis à fueilleter & lire les liures qui traitent de l’vne des illuſtres marques de nobleſſe, & des enſeignes & titres militaires, qui de tout temps ont monſtré & fait reconoiſtre les maiſons eſtimees & de renom : ie me ſenti tellemẽt affectionné à ce parti, que ie taſché d’en recueillir quelque choſe qui peuſt profiter. Ce que iay pourſuyui de telle ſorte, que finalement i’en ay dreſſé ceſt œuure, où ie declare ce qui iuſques à preſent n’a pas eſté trop bien entendu ni pratiqué de pluſieurs : à quoy on pourra remedier par ce moyen que ie preſente, car ie declare icy le blaſon des armoiries, deſquelles ie fai voir vn bon nombre de figures, y monſtrant la varieté des metaux & couleurs, qui deuement ſ’y doiuent appliquer, tant ſuyuant ce qu’ont pratiqué les Anciens, que ſelon qu’en vſent les Modernes, ainſi que ie l’ay peu conoiſtre. Proteſtant toutesfois, que ie ne pretends en quelque ſorte ou maniere que ce ſoit, enſeigner ceux qui naturellemẽt en ont la conoiſſance : car ſi ie m’eſtois tant oublié, cela me ſeroit à bon droit imputé à outrecuidance & temerité, mais mon intention eſt ſeulement d’aider ceux qui deſirent en ſcauoir quelque choſe. Et dautant qu’il m’a ſemblé que ce mien labeur pourra apporter quelque proufit au plubic, & qu’il aura ceſte faueur de vous eſtre agreable, i’ay prins la hardieſſe de la vous preſenter imprimee, & la faire ſortir ſous voſtre ſauue-garde en public. A quoy faire m’a incité, la bonne affection laquelle de voſtre grace vous me portez, comme vous m’auez fait apparoir par tãt de plaiſirs que i’ay receu & reçoy encores iournellement de vous. Vous priant qu’il vous plaiſe receuoir le preſent, non pas ayant eſgard à la perſonne de celuy qui le vous offre, mais à la ſubſtance de l’œuure, qui de ſoy eſt recommandable & excellente, & le garder comme vn teſmoignage du deſir que i’ay de vous faire à touſiours treshumble ſeruice. Etſur ce

Monſieur. Ie prieray le Createur qu’il vous maintienne en toute proſperité & felicité. De Lyon, ce 10. de Mars, 1579.

AV LECTEVR DEBONNAIRE. S.

ſommes grandement obligez aux Anciens, de ce qu’ils nous ont laiſſé touchant le blaſon des Armoiries, & de ce qui en deſpend. Des eſcrits deſquels ie me ſuis ſerui en l’ornement de ce traité, pour auoir quelque part en ce qui a eſté bien dit par eux : dautant que ce qui eſt fait à l’exemple & imitation des plus grãds & mieux priſez, ſemble toujſiours eſtre faict de bon droit & à moindre reprehenſion, ioint auſſi que ſi nous voulons atteindre & toucher au vray point d’honneur, il faut en ceci commencer à l’antiquité premiere, laquelle a eſté preſque du tout enſeuelie. Mais pour ce qu’il eſt impoſſible d’obſeruer toutes choſes comme il ſeroit requis, ie te ſuppliray, amy lecteur, me ſupporter, en ce que tu trouueras auoir eſté obmis, à cauſe de tant de diuerſitez d’armes qui ſe voyent. Car qui les voudroit toutes repreſenter, & declarer par le menu chaſcune choſe, ſelon la diuerſité qui ſe trouue en tant d’autheurs, il faudroit vn trop gros volume. Ce qui n’a point eſté mõ intention, mais ſeulement te mõſtrer les principales, & dõner occaſion à ceux qui ſont bien verſez & entendus en telles choſes, d’enrichir & amplifier ce qui en eſt icy deſcrit, ſelon le loiſir & la volonté que Dieu leur en donnera. Te priant, Lecteur debonnaire, vouloir prendre de bonne part ce qui t’eſt offert, & ne trouuer eſtrange, ſi ie me ſuis en pluſieurs endroits deſtourné de la commune maniere de parler, & vſitee de pluſieurs. Notamment quand ie parle des Ponts, Creneaux, ou Breteſſes, Tours, Forts, Villes, & autres choſes ſemblables, dautant que i’ay taſché de tout mõ pouuoir, d’enſuyure les plus anciens, comme il ſera dit en pluſieurs endroits de ce liure. Vueilles-moy auſſ excuſer ſi quelque fois tu trouue des paroles mal agencees, & des mots peu ou point vſitez de noſtre temps : dautant que le deſir que i’ay eu d’enſuiure aucunement l’ancienneteé, & la diuerſité des langues, des proprietez, façons particulieres, figures, obſeruations, lieux, hiſtoires, & quelques autres formes ſpeciales, leſquelles ne ſont plus receues ny en vſage, m’a faict, comme i’ay dit, vn peu d’eſuoyer du chemin que ie pretendois tenir : de ſorte, que ie me ſuis laiſſé aller, à ce que les Anciens en ont eſcrit, & comme ie croy pratiqué. N’entendant neantmoins, auoir fait aucune choſe au preiudice d’aucun, tant pour ce qui cõcerne les armoiries, que pour le iugement d’icelles. Le laiſſant en tout & par tout à tous Roys d’Armes & Heraults, & à ceux à qui il appartient. Eſtant mon bout principal, de ſatisfaire aucunement (en donnant quelque ouuerture & conoiſſance) à quelques vns qui ont grandement deſiré y auoir quelque entree. Que ſi i’apperçoy que tu m’aye preſté quelque faueur, en mon premier

SONNET.

Par N.Pithou, Seigneur de Chamgobert.

Andis que d’vn bras fier, Bellone furieuſe Par la France couroit r’allumer ſon flambeau, Pour des hommes mutins les cœurs tout de nouueau Embraſer follement d’vne rage eſcumeuſe. De Bara agençoit de main induſtrieuſe Ces blaſons, ſans eſgard que le meurtrier couſteau S’affiloit, pour verſer la nobleſſe au tombeau, Ia couuerte quaſi d’vne nue ombrageuſe. Car au fort, penſoit-il, ſi l’iniure du temps, Par la fureur de Mars, ameine auec les ans, La nobleſſe geſir ſous la lame oublieuſe, Ceſte marque en ſera gardee ſeurement, Sous l’aiſle du grand , où ſans voir changement Auec le temps ſera, du temps victorieuſe.

SONNET.

E deſir que tu as d’honnorer la Vertu, T’a fait reduire icy, comme en petites tables, Les armes de pluſieurs Capitaines notables, Qui ont, pour le pays, vaillamment combatu : Les vns, où en camp clos, ayant ſouuent vaincu, Les autres autrement, par leurs faits memorables, Ont laiſſé pour teſmoins, les marques honorables De leur grande valeur, ſur le fond d’vn eſcu. De cela, tu as fait vne ſeule Armoirie, Blaſonnant ſur l’honneur de mainte ſeigneurie, Pour mieux nous inciter de vaincre ainſi les ans. Ton liure eſt L’Eſcuſſon ſur vn fond de memoire, Le Tymbre de deſſus, eſt le deſir de gloire, Et la vertu ſera le blaſon de dedans.

ODE.

’Harmonie au premier aage, Si precieuſe on tenoit, Que nul n’en auoit l’vſage N’eſtant noble de lignage, Si du Prince ne l’auoit. | Car le Prince, ou Capitaine, Tant ſeulement l’ordonnoit, Pour vne marque certaine, A celuy qui auec peine, Plus vaillamment combatoit. | Auſſi, la reconoiſſance Pouſſoit le cœur du ſoudart, Pour monſtrer que ſa vaillance, En aſſaut, ou en deffence, Ne redoutoit le hazard. | De là, La noble armoirie, En fin ſon nom a tiré : Car de la gendarmerie Qui deuant s’en eſt ſeruie, L’office on a retiré. | Pource que les preux gens-d’armes, Qui tel guerdon receuoyent, Peindoyent ſur les froides lames, Au premier front de leurs armes, Les faits qui leur cœur mõſtroyẽt. | Mais les choſes ordonnees. Le mieux du commencement, Par n’eſtre bien maniees, Retenues, ou priſees, En fin ſentent changement. | Le temps qui la fin ameine, A tout ce qui au monde eſt : Qui abuſe noſtre peine, Et qui ſous la lame traine, Tout ce qui ſous le ciel naiſt. | A fait que l’ordre notable Qu’en armoirie on tenoit, Ait heu ſa fin miſerable, Par la faute inexcuſable, De ceux, à qui plus touchoit. | De là vient, que la nobleſſe N’a des armes ſeulement : Mais ceux qui n’õt pas l’adreſſe D’entendre, comment on dreſſe Leur blaſon tout ſimplement. | Si que la marque de guerre, Eſt comme venue à rien, Chaſcun la voulant acquerre, Sans loing, ou pres de ſa terre, Se monſtrer homme de bien.

ODE.

De ſorte que les annees, Ont ſouffert aux roturiers, Que de couleurs honorees, Euſſent armes blaſonnes, Dont les grands ſe tenoyent fiers. | Or quoy qu’ils ayent ſceu faire, Ils n’ont peu tant acouſtrer, Par leur faute, leur affaire, Qu’on n’ait ben veu le contraire, De ce qu’ils vouloyent monſtrer. | Ce que voyant, d’auenture, De Bara, la pris à cœur, Et a tant fait par ſa cure, Que tout remis en nature, Les nobles auront l’honneur. | Donc ici la conoiſſance, De la faute, qu’aucuns font, Monſtrera que l’ignorance Coniointe à leur impudence, Les fait paroir tels qu’ils ſont.

ODE.

Eroas memory vice Tam multis celebres Barae ſæculis, Nouis auges honoribus : Qui rerum titulos, ſtemmataꝙ & genus, Et præclara volumine Multorum acta virum colligis vnico. Sic inſigne nepotibus Inſtauras generis, ſcutáque conſcia Virtutis : pius æmulis Sic vim fœdæ animis deſidiæ paras. Nam virtus, labor, & fides, Hæc æterna quidã præmia dant, Nepos Vt pictis modo vultibus, Maiorum numeret continuas vices, Et longam ſeriem, modo Partorum exuuias poſtibus, & Medo Deuicto aurea pocula Oſtentet, validis gloria poſteris. Claua noſcitur & ſatis Ille vltor ſceleris magnus, at horridus Ingenti ſpolio tamen Gaudebat Nemees prodig. bonus Auentinus equo, patris Alcidis clipeo inſignia cum tulit, Lernæi memorabile Monſtrum lætiferis tum tulit anguibus, Et naſcentia pectora Monſri. Symplegadas cum Miniis rate Prima vidit, & æquore Ignoto ſubiit mille pericula, Vt tandem atria diuite Ornaret spolio Theſſalus. Hæc quoque Burgundus tenuit, tenet Nunc Hispanus adhuc vellera ſymbolo, Claros hiſque beat viros, Siue ille Hæmonio natus Iaſone, Tantiſiue colat memor Facti. Bebriciis nobile cæſtibus Aptauit ſpolium, ſuo Pollux cum gemino qui timidis adeſt | Nautis ſidere proſpero. Zetes, & Telamon, & Typhis, & comes Quiſquis Phaſidos appulit Cum Zete, & Telamone inuia littora, His pro talibus attulit Auſis præmia, quæ poſteritas colit. Virtus conſia numinis Inſtar clara micat, nec requiem ſuis Indefeſſa pati ob decus Decornúmque poteſt. Impatiens moræ Pectus, Gloriaqs, & labor Sequuntur comites perpetuò, & ſibi Ipſi fama fauens, honor, Et quæcunque animi gratia nobiles Fortéſque illa animos premit, Atque vrget ſtimulis ſic Iouis armiger Pullis dura otium negat, Et pellit tremulos, queis bene vix adhuc Corpus pluma teguit noua. Aegre bauatuta pett ſidera, ſed genus Creſcentéſque animi ad nihil Non audendum acuunt fortia pectora, Et circunuolitans iuuat Vires ipſa.parens.Aequorea ſætus Achilles Thetide, aureas Veſtes, nec bene iam conuenientia Sic mutare monilia Decreuit ferus, in perniciem Hectoris Teucrorúmque. Deum ſequi Virtutémque homines nos decet.hac duce Nam quiſquis nititur, pius Hic quacunque vias difficiles petat, Aut ſpes tendat in arduas, Succeſſum illa dabit.quos ſcelus & pudor Obſcurat tenebris, dies Suprema abſtulit.at queis labor anxius, Et conſtas pietas fauet, Horum ſacra tenet nomina, gloriæ Et laudii veterum potens. Miſcet, nec patitur grande decus mori.

EXTRAICT DV PRIVILEGE.

grace & priuilege du Roy, eſt permis à Hierome de Bara, de pouuoir faire imprimer où bon luy ſemblera, vn liure, intitulé Le blaſon des Armoiries, auec aucunes figures d’icelles : par luy recueilli & compoſé, & iceluy mettre en vente : auec defences à tous imprimeurs & libraires, d’imprimer ledit liure ou partie d’iceluy, de dix ans, à conter du iour qu’il ſera acheué d’imprimer, & que mettant l’extraict dudict priuilege, il ſoit tenu pour ſufiſamment ſignifié, & n’y contreuenir, ſur peine de confiſcation d’iceux, & d’amende arbitraire : comme plus amplement eſt declairé par les lettres dudit ſeigneur, donnees à Paris, le huictieſme iour du moys de Iuillet, l’an de grace mil cinq cens ſoixante & dix-huit.

Par le Roy, en ſon conſeil.

Ledit de Bara à tranſporté ledit priuilege à Claude Rauot marchãt libraire de Lyon, le dernier iour de feburier, Mil cinq cens ſeptante neuf : comme appert par le tranſport.

liure, maintenant, va vers ceux qui ſeront Nobles, & de ſcauoir : à tels tu pourras plaire. Non pas aux ignorans, qui te meſpriſeront : Car iamais, à leur gré, l’on ne ſcauroit rien faire.

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