Read here

Le Ministère, considéré dans sa nature, dans sa source, dans sa puissance et dans sa responsabilité

John Nelson Darby · 1843 · Free in the US

21,676 words · about 1 h 31 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1843 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Le_Ministère,_considéré_dans_sa_nature,_dans_sa_source,_dans_sa_puissance_et_dans_sa_responsabilité&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Author
John Nelson Darby
Language
French
Published
1843
Length
21,676 words · about 1 h 31 min
Sections
6 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (6)

Continue:

Front matter

L’état de l’Église de Dieu rendrait assez utiles, il me semble, quelques observations sur le ministère présentées, non dans un but de controverse, mais dans celui d’éclaircir un sujet dont la controverse s’est beaucoup occupée dans ces temps-ci ; sujet assez élevé et assez intéressant d’ailleurs, pour nous faire monter au dessus des brouillards des débats théologiques et nous faire jouir de la douce lumière du Ciel, d’où ce ministère nous vient.

Et, tout d’abord, il est bon de mettre l’idée du ministère à sa place et dans son vrai jour ; car il me paraît que l’on n’en a guère saisi toute l’importance : les détails viendront plus tard.

L’existence d’un ministère tient à la nature de l’économie actuelle, et, en disant cela, l’on monte très-haut pour en trouver la source ; car la nature de celle économie n’est autre chose que la souveraine grâce de Dieu, l’activité de son amour.

Introduction

L’état de l’Église de Dieu rendrait assez utiles, il me semble, quelques observations sur le ministère présentées, non dans un but de controverse, mais dans celui d’éclaircir un sujet dont la controverse s’est beaucoup occupée dans ces temps-ci ; sujet assez élevé et assez intéressant d’ailleurs, pour nous faire monter au dessus des brouillards des débats théologiques et nous faire jouir de la douce lumière du Ciel, d’où ce ministère nous vient.

Et, tout d’abord, il est bon de mettre l’idée du ministère à sa place et dans son vrai jour ; car il me paraît que l’on n’en a guère saisi toute l’importance : les détails viendront plus tard.

De la nature du sacerdoce lévitique comparée à celle du ministère évangélique

L’existence d’un ministère tient à la nature de l’économie actuelle, et, en disant cela, l’on monte très-haut pour en trouver la source ; car la nature de celle économie n’est autre chose que la souveraine grâce de Dieu, l’activité de son amour.

La position et le caractère, que revêtent les serviteurs de Dieu, sont toujours et nécessairement en rapport avec les principes de la relation qui existe entre Dieu et les hommes. Lorsqu’il n’y avait que des familles qui fussent reconnues de Dieu, le chef de la famille était sacrificateur et prophète de sa famille. Abraham, Noé et d’autres patriarches en sont des exemples. Mais, ce principe devient d’une application plus générale et plus importante, lorsqu’il s’agit de toute une économie, comme dans le cas des Juifs et du Christianisme ; les voies de Dieu et les principes de ses relations avec les pécheurs y sont développés avec beaucoup plus de détails pour la conscience, plus de clarté et de splendeur quant à l’accomplissement et à la révélation de la grâce.

Voici, sous ce rapport, la grande distinction entre ces deux économies. Dans le Judaïsme, sous la montagne de Sinaï, où la loi a été donnée et où les ordonnances qui réglaient les relations entre Dieu et le peuple ont été établies, nous avons un peuple déja formé et connu comme corporation devant Dieu ; un peuple que Dieu avait déjà amené à Lui (Exode .), qui tenait son existence et ses droits du titre d’enfans d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et qui, à quelques exceptions près, se recrutait en vertu de ce principe généalogique. En un mot, le peuple était déjà formé quand Dieu établit des relations avec lui ; car Dieu a voulu essayer si l’homme, privilégié de la sorte et mis en jouissance de tous les avantages possibles pour maintenir sa position, pouvait subsister devant Lui.

L’œuvre et le principe du Christianisme sont tout autres. Le Christianisme suppose l’homme perdu ; il suppose que l’essai, que Dieu en a fait par le moyen de la loi, n’a servi qu’à démontrer plus clairement l’impossibilité où l’homme se trouve, quels que soient ses avantages et ses priviléges, de subsister devant Lui. Mais, cela démontré, Dieu, par le Christianisme, visite en grâce cette race perdue ; voit les Gentils enfoncés dans l’ignorance et l’idolâtrie, et dégradés par les souillures les plus révoltantes ; trouve les Juifs plus coupables encore, ayant été, eux, infidèles à de plus grands priviléges ; et, Gentils et Juifs, les met tous en saillie comme la preuve terrible que la nature humaine est déchue et corrompue et que, dans la chair, il n’existe aucun bien. Dieu, dans le Christianisme, voit les hommes méchants, misérables, en révolte et perdus ; mais il les voit selon ses compassions infinies. Il ne prend connaissance de ces misères de l’homme que pour lui rendre témoignage de sa miséricorde. Il voit et vient appeler les hommes, par Jésus, pour qu’ils jouissent en Lui et par Lui de la délivrance et du salut, de sa faveur et de sa bénédiction.

La conséquence de la position du peuple Juif était très-simple : une loi pour diriger la conduite d’un peuple existant déjà comme tel devant Dieu, et une sacrificature pour maintenir les relations qui subsistaient entre ce peuple et leur Dieu ; relations qui n’étaient pas d’un caractère propre à rapprocher le peuple de Lui sans . Il ne s’agissait pas d’appeler et de chercher ceux de dehors, mais de régulariser les rapports avec Dieu d’un peuple déjà reconnu comme tel.

Comme nous l’avons vu, le Christianisme a un caractère tout différent. Il considère tous les hommes comme perdus ensemble, démontre qu’ils le sont en effet, et cherche, par la puissance d’une nouvelle vie, des adorateurs en esprit et en vérité. Aussi veut-il introduire les adorateurs eux-mêmes dans la présence du Dieu qui s’y révèle comme leur Père, — Père qui les a cherchés et sauvés ; et il veut les y introduire, non par l’intervention d’une classe intermédiaire de sacrificateurs qui se présentent à la place des adorateurs parce que ceux-ci ne pourraient eux-mêmes s’approcher d’un Dieu terrible et à moitié connu, mais dans une entière confiance en un Dieu connu et aimé, parce qu’Il les avait aimés, cherchés et lavés de tous leurs péchés, pour qu’ils fussent sans crainte en sa présence.

La conséquence de ces relations si différentes des Juifs et des Chrétiens avec Dieu est que les Juifs avaient une sacrificature et non un ministère qui agit au dehors du peuple ; tandis que le christianisme a un ministère qui agit dans la révélation active de ce que Dieu est, soit au dedans de l’Église, soit au dehors, et qu’Il n’a point de sacrificature intermédiaire entre Dieu et son peuple, sauf le grand Sacrificateur Lui-même. La sacrificature chrétienne est celle qui est composée de tous les vrais Chrétiens ensemble, lesquels jouissent tous du droit d’entrer dans les lieux saints par le chemin nouveau qui leur a été consacré ; sacrificature qui, du reste, a rapport essentiellement au ciel.

Le ministère est donc essentiel au Christianisme qui est l’activité de l’amour de Dieu pour tirer les âmes de la ruine et du péché et les amener à Lui-même.

Sur cette terre donc, sous le rapport des relations de Dieu avec les hommes, une sacrificature distinguait l’économie Judaïque, un ministère l’économie Chrétienne, la sacrificature maintenait les Juifs dans leurs relations avec Dieu et que, par le ministère, le Christianisme cherche dans le monde des adorateurs pour le Père. Je dis : sur cette terre ; car, en effet, quant au côté le plus élevé de la position chrétienne, en ce qui se rapporte au ciel, le Christianisme a ses rois et sacrificateurs, savoir tous les saints. Le culte qui se rend à Dieu n’est pas un

c’est l’expression du cœur de la famille devant son Père dans le ciel et des sacrificateurs devant leur Dieu, dans l’intimité de la présence de Celui qui, dans son amour, a déchiré le voile que sa Justice avait opposé au pécheur, et l’a déchiré par un coup qui a désarmé la justice et ne lui a rien laissé à demander que l’heureuse lâche de revêtir de sa meilleure robe ceux auxquels l’entrée était auparavant interdite. Supposer donc la nécessité d’une classe de sacrificateurs, c’est nier l’efficace de l’œuvre de Christ, qui nous a acquis le privilége de nous présenter nous-mêmes devant Dieu ; c’est, sans le dire, nier le Christianisme dans son application à la conscience et à la justification du pécheur ; c’est bouleverser toutes les relations que Dieu a établies pour se glorifier Lui-même et placer l’homme dans la paix et la bénédiction. De l’autre côté, Dieu agissant dans le Christianisme selon l’activité de son amour envers les pécheurs, le ministère chrétien devient l’expression de cette activité ; il a sa source dans la puissance de cet amour aussi bien en appelant les âmes qu’en nourrissant celles qui sont appelées et que Jésus aime.

C’est ainsi que St.-Paul nous le présente comme une des choses qui caractérisent l’Évangile de grâce.

Source du ministère

Dieu était en Christ réconciliant le monde avec soi, ne leur imputant pas leurs péchés, et mettant en nous la parole de la réconciliation. Voilà les trois choses qui découlent de la venue de Dieu en Christ : réconciliant, ne pas imputant, et aussi mettant en nous la parole de la réconciliation. Sans cela, l’œuvre de la grâce restait imparfaite dans son application ; car, celui qui dans sa venue ici-bas réconciliait et n’imputait pas, ce Jésus a dû être fait péché pour nous, mourir et s’en alter : l’ouvre achevée demeurait ainsi suspendue dans son application ; et le complément de cette œuvre glorieuse de la grâce de Dieu était de commettre aux hommes la parole de cette réconciliation selon sa puissance et son bon plaisir. Il entrait ainsi, deux élémens dans le ministère : 1° une profonde conviction, un sentiment puissant de cet amour ; et 2° dons qui rendaient capables d’annoncer aux hommes, selon leurs besoins, les richesses de cette grâce qui animait les cœurs de ceux qui l’annonçaient.

C’est ce que nous présente la parabole des talens (Matth. .). Celui qui avait cinq talens, de même que celui qui en avait deux, était poussé par la confiance que donne la grâce, par la connaissance du caractère de son maître et par la confiance que faisait naître en lui et celle connaissance de son maître et cette confiance dont il se voyait l’objet de sa part. Leurs capacités et leurs dons n’étaient pas égaux. Dieu est souverain à cet égard. Celui qui n’avait qu’un talent proportionné à sa capacité, manquait de cette confiance qu’inspire la connaissance de Dieu en Christ. Il se méprenait sur le caractère de son maître. Il était inactif à cause de l’état de son âme, comme les deux autres étaient actifs par la même raison.

Nous voyons ainsi que le principe du ministère est l’activité de l’amour, de la grâce, découlant de cette foi qui nous fait connaître Dieu. Toucher à cela, c’est tout renverser dans son principe fondamental. Dans son essence, le ministère découle de la connaissance individuelle du caractère du maître. La grâce connue, vivement sentie, devient la grâce active dans nos cœurs, seule vraie source, seule source possible, dans la nature des choses, d’un ministère selon Dieu.

Nous voyons de plus que c’est la souveraineté de Dieu qui donne, comme bon lui semble, soit capacité naturelle comme vase pour contenir le don, soit don selon la mesure du don de Christ, de ces trésors qui se trouvent en Lui et qu’Il a reçus pour les hommes.

Nous trouvons le ministère basé sur le même principe, quand le Seigneur dit à Pierre : « Simon Pierre m’aimes-tu ? » et, sur sa réponse, ajoute : Pais mes brebis. — Pais mes agneaux. » Ceci nous conduit à deux parties essentielles du ministère, savoir : 1° La libre activité de l’amour qui pousse à appeler les âmes ; et 2° ; les soins d’une charité qui ne se lasse pas pour les édifier quand elles ont été appelées.

Quant au ministère de la parole (car il y a d’autres dons), ces deux parties nous sont distinctement présentées dans le 1 chapitre de l’Épître de St.-Paul aux Colossiens. Au v. 23, Paul est « ministre de l’Évangile préché à toute créature sous le ciel » ; et, au v. 25, « ministre du corps de Christ, l’Église, pour accomplir la parole de Dieu. »

Comme ressorts, comme sources de tout ministère, il y a donc ces deux choses : l’amour que produit la grâce dans le cœur, l’amour qui pousse à l’activité, et la souveraineté de Dieu qui donne des dons comme bon lui semble et appelle à tel ou tel ministère ; appel qui fait du ministère une affaire de fidélité et de devoir de la part de celui qui est appelé. Ces deux principes, on peut le remarquer, supposent l’un et l’autre une entière liberté par rapport aux hommes qui ne sauraient intervenir, comme source ou autorisation du ministère, sans, d’un côté, neutraliser l’amour comme source d’activité, ou, de l’autre, empiéter sur la souveraineté de Dieu qui appelle, qui envoie, et dont l’appel fait devoir. La coopération et la discipline selon la parole restent toujours à leur place.

Tout ministère qui n’est pas fondé sur les deux principes que nous venons d’énoncer n’est pas en réalité un ministère. Il n’y a aucune source chrétienne d’activité que l’amour de Christ et l’appel de Dieu.

De la puissance du ministère et de sa responsabilité

Ayant ainsi touché la question de la source du ministère, qui se lie au premier principe même, à l’existence du Christianisme, et qui a son être dans l’activité de l’amour de Dieu, examinons quelle est la puissance qui agit dans ce ministère, et sous quelle responsabilité ceux qui en sont chargés l’exercent.

Le chapitre de la seconde Épître aux Corinthiens désigne en général son caractère : c’est le ministère de l’Esprit.

Deux grands traits caractérisent l’œuvre de Christ dans le monde. Il est l’Agneau de Dieu qui ôte le péché et Il baptise du St.-Esprit. Je laisse de côté le premier point, tout plein d’intérêt qu’il soit, comme ne faisant pas partie de notre sujet, sauf comme objet dont s’occupe le ministère. Je m’arrête à la seconde des choses par laquelle Jean Baptiste désigne l’œuvre et la gloire de Christ : « Il baptise du St.-Esprit. » Point évidemment de toute importance, source de toute la puissance, de toute l’énergie spirituelle qui se trouvent dans l’Église. Et il faut de l’énergie spirituelle pour que Satan soit combattu avec succès, et que ces pauvres corps, la chair étant mortifiée, deviennent des vases du témoignage et de la puissance de Dieu. Ceci, pour le fond de la chose, a eu lieu pour le Seigneur Jésus Lui-même. Aussi, est-ce une vérité de toute importance, que cette puissance du St.-Esprit dans l’humanité. Jésus était oint du St.-Esprit et de puissance. « Comment », dit St.-Pierre à Corneille, « Dieu a oint du St.-Esprit et de force Jésus le Nazarien, qui a passé de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous la puissance du Démon, car Dieu était avec lui. » Il ne s’agissait pas ici de sa divinité, car Il était Dieu avant la fondation du monde ; ni de la perfection de son humanité, car c’était déjà une chair sainte qui était née de la vierge Marie. Il était Fils de Dieu, non seulement quand Il a créé le monde, mais aussi dans le monde, homme né de cette Marie par la puissance du St.-Esprit. Il en avait la conscience quand Il répondait à sa mère qui le cherchait dans le temple : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être occupé aux affaires de mon Père ? » Il ne s’agissait pas d’amour : sa dans le monde, c’était l’amour même. — Mais, outre tout cela, Jean Baptiste voit le St.-Esprit descendre comme une colombe et demeurer sur Lui. « Dieu a oint Jésus le Nazarien du St.-Esprit et de force. C’est alors seulement que, rempli du St.-Esprit, Il commence son ministère, agit officiellement comme Fils de l’homme dans le monde, et subit les tentations par lesquelles le second Adam devait être éprouvé, pour pouvoir revendiquer des droits au-dessus de la puissance de Satan, tandis que le premier Adam était tombé sous cette puissance. C’est alors qu’Il chasse les démons par l’Esprit de Dieu, et dit à sa mère : « qu’y a-t-il entre moi et toi ? » Sa vie était toute de la puissance du St.-Esprit en ministère. Par le St.-Esprit, il s’est offert sans taches à Dieu. C’était bien plus qu’un homme ; et c’était pour tant un homme, ce « Jésus le Nazarien, que Dieu avait oint du St.-Esprit et de force. »

Notre part en tout cela a encore un autre élément. Ici, c’était l’homme, le second Adam sur la terre, accomplissant Lui-même, en présence de Satan, tout ce que l’homme spirituel pouvait offrir à Dieu dans sa vie. Il ne faisait pas du bruit dans la rue. Il a dû être parfait et, comme homme, vaincre Satan dans le monde où l’homme avait manqué, et dans les circonstances mêmes où l’homme se trouvait par sa chûte. C’est ce que ce précieux Sauveur a parfaitement accompli.

Toutefois, jusque là, Il n’était pas encore la source d’un nouvel ordre de choses.

Le premier Adam a manqué dans le jardin d’Éden, là où il était entouré de bénédictions. C’est quand il en a été chassé, que, déjà déchu, il est devenu le chef d’une race déchue, dans ce monde de péché et de ruine. Jésus, le second Adam, a dû être premièrement parfait ; et, dans sa personne, remporter la victoire sur Satan au milieu de la ruine ; victoire si complète et si parfaite qu’il pouvait, ayant lié l’homme fort, piller ses biens, et que, dans la bouche de ceux qu’Il envoyait, son nom suffisait pour chasser les démons. Mais, pour commencer un nouveau monde de gloire et de bénédiction, pour racheter son Église et la rendre semblable à Lui-même, selon la puissance par laquelle il peut s’assujettir toutes choses, Il a dû remporter la victoire sur Satan dans la dernière forteresse où il tenait l’homme captif, par le jugement et sous la sentence de Dieu Lui-même, c’est-à-dire, dans la mort. Il a dû subir en plein la dernière conséquence du péché, comme résultat de la colère de Dieu, de la puissance de Satan ainsi que de la faiblesse de l’homme. C’est ce qu’Il a fait.

Ainsi, la foudre de la colère de Dieu étant passée, sauf pour ceux qui rejettent Jésus ; toute la puissance de Satan détruite dans le siège de cette puissance par rapport à l’homme ; la mort vaincue, ses portes d’airain brisées ; … Jésus second Adam vainqueur de Satan et de la mort, Héritier, comme Fils de l’Homme et par la justice de Dieu, de tous les droits d’Adam et de beaucoup plus qu’Adam n’avait perdu ; tandis que, comme Fils de Dieu, soutenant toutes choses par la parole de la puissance ; — image du Dieu invisible et expression de sa gloire, Jésus, selon les conseils de Dieu quant à l’homme, commence à agir comme Chef d’un nouveau monde, d’une nouvelle création. Cependant quoiqu’Il eût aboli tout ce qui était contre nous ; quoiqu’Il eût triomphé de Satan sur la croix et Captivité captive, le temps de la délivrance de la création n’était pas encore venu. Il n’était venu que pour un de la puissance de Jésus au milieu de la création encore déchue et dont Satan n’était pas encore chassé ; pour le de l’Église de ses élus en dehors du monde, pour les nourrir et les chérir jusqu’à ce qu’ils fussent présentés à Lui en gloire ; enfin, pour faire sur la terre, de cette Église, le siége de cette puissance dans laquelle le Fils de l’Homme se trouvait à la droite de Dieu. Lui qui remplissait maintenant toutes choses, étant descendu premièrement du plus haut des cieux dans les parties les plus basses de la terre, et remonté de nouveau où Il était auparavant, Il avait reçu des dons pour les hommes. Éph. , 8–10.

La Pentecôte n’a été ni un changement moral des affections, ni un souffle de vie de Jésus ressuscité ; tout cela avait déjà eu lieu. Les disciples attendaient à Jérusalem qu’ils fussent doués de puissance d’en Haut. Et, en ayant été doués, nul doute que cela n’agit puissamment sur leurs affections, parce que cela révélait puissamment Jésus ; mais la vie et les affections étaient déjà là, de même que, dans un sens encore plus élevé, la vie et les affections du Fils de Dieu étaient en Jésus avant que le St.-Esprit descendît sur Lui comme une colombe. Jésus prit place, selon les conseils de Dieu, avec les fidèles d’Israël dans le baptême de Jean, accomplissant toute justice ; et alors Il a été oint pour source au milieu d’eux. Par l’efficace de sa mort et de sa résurrection, il place ses disciples dans la relation avec Dieu où il est Lui-même, s’en allant vers son Père et leur Père, son Dieu et leur Dieu ; et Il les baptise du St.-Esprit, témoin de sa gloire dans les lieux Très-Hauts, et puissance qui identifie ses disciples avec Lui-même dans cette gloire. Il est très-certain, par les paroles de Jésus Lui-même (Act. .), que le don du St.-Es prit le jour de la Pentecôte a été ce baptême du St.-Esprit, et que rien de ce que les Apôtres avaient reçu auparavant n’était l’accomplissement de cette promesse ; car Il leur dit : « Vous serez baptisés du St.-Esprit dans peu de jours. »

L’Évangile de St.-Luc, dont les Actes des Apôtres ne sont qu’une continuation (les Actes reprenant ce sujet en des termes qui sont presque les mêmes que ceux de cet Évangile), nous présente le Seigneur Jésus particulièrement comme Fils de l’Homme, Chef d’un nouveau système. Cet Évangile présente cela moralement ; les Actes en puissance.

L’Évangile selon St.-Jean, quoique touchant le même sujet, le présente sous une autre forme. Le St.-Esprit est Esprit de vérité, Avocat ou Consolateur, envoyé du Père en son nom ou de Jésus Lui-même de la part du Père ; Il conduit en toute vérité, montre les choses à venir et fait connaître que Jésus est dans le Père, les disciples en Jésus, et Lui en eux. Si je traitais le sujet du St.-Esprit, il me faudrait parler de la fin de cet Évangile, où Il est présenté comme Esprit de vérité au milieu de l’Église, témoignant contre le monde par sa présence, et conduisant les fidèles en toute vérité ; il faudrait considérer tous ces passages où Il est présenté comme sceau de rédemption, arrhes de l’héritage et Esprit d’adoption, tels que 2Cor. , Éph. , Gal. , Rom. et beaucoup d’autres ; mais il faut se rappeler, si la pensée de la présence du St.-Esprit, de ce Puissant Consolateur nous entraîne, que notre sujet est le ministère, sujet assez important pour glorifier l’Esprit en en parlant.

Pour en revenir à notre sujet, c’est à cause de ces vérités, dont nous venons de parler, que nous trouvons en St.-Jean que le St.-Esprit n’avait pas encore été donné parce que Jésus n’était pas encore glorifié ; car la présence du St.-Esprit ici-bas était la conséquence de la glorification de Celui qui ici-bas avait tout accompli.

Ici, je voudrais, en rapport avec le point qui nous a occupé, dire un mot sur les chap. , et de St.-Jean. Au chap. , Il régénère ; au chap. , Il est puissance de communion, de vraie communion ; au chap. VII, le Fils de l’Homme, ne pouvant pas encore se montrer au monde, déclare que des fleuves d’eaux vives découleront du ventre de ceux qui croiraient, car le St.-Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’était pas encore glorifié ; c’est qu’alors Il devait être témoin de la gloire du Fils de l’Homme, et rendre sur la terre témoignage à cette gloire.

Quelle source du ministère nous avons main tenant ! L’amour de Dieu en Christ envers les pauvres pécheurs, mais cet amour accompli dans la gloire qui a suivi la mort du Fils de l’Homme qui était entré dans le plus profond de la misère de l’homme, y avait glorifié Dieu et était maintenant glorifié Lui-même, comme homme après cela. Dans quelle position le ministère est-il placé ! Quelle fonction glorieuse, et que l’homme s’efface devant elle ! C’est en effet le ministère de l’Esprit et de la justice ; car si c’est l’amour de Dieu qui en est la source et le sujet, la justice de Dieu s’y trouve aussi dans la glorification du Fils de l’Homme qui l’avait glorifié sur la terre et qui avait plus que rétabli toute sa gloire faussée et démentie en apparence par la victoire de Satan et la ruine qu’il avait introduite dans la création de Dieu ; et c’est pourquoi il y avait aussi des guérisons, des miracles attachés à ce ministère. Du moins en est-ce une des raisons ; car les miracles étaient aussi une confirmation de sa partie la plus importante, savoir de la parole vivifiante. Mais ils étaient un témoignage rendu à la victoire du Fils de l’Homme sur Satan et à ses droits de bénédiction sur la création malgré tout le mal qui s’y trouvait. Plus tard ce mal serait ôté, la saison s’en était pas encore arrivée ; mais Celui qui devait l’accomplir était exalté et manifestait au milieu du mal cette puissance dans l’homme. Ainsi, le Prince de ce monde, celui qui était la puissance de tout le mal qui s’y trouve, était en partie jugé ; et c’est pourquoi aussi les miracles sont appelés les puissances ou les miracles du siècle à venir ; parce qu’alors, par la présence du Fils de l’Homme, tout ce mal sera dominé et arrêté ; et ces miracles étaient un échantillon de ce bienheureux résultat, échantillon opéré par le St.-Esprit venu d’En-Haut. De ce côté, c’est un triste spectacle que nous présentons actuellement quant à la manifestation de la gloire du Fils de l’Homme. Que nous ayons au moins la sagesse de le reconnaître et de le confesser !

Mais ces choses étaient il est vrai des accessoires. La chose principale était le témoignage rendu à l’amour de Dieu, à la victoire du second Adam et à l’œuvre qu’il avait accomplie comme homme ; témoignage rendu par la Parole, par cette Parole qui a créé, qui soutient, qui en gendre pour la vie éternelle, qui nourrit l’âme renouvelée et qui révèle toute la gloire de Dieu ; Parole dont Jésus est la plénitude vivante.

Considéré comme ministère de la Parole, le ministère, qui manifestait la présence du St.-Esprit, manifestait en même temps la souveraineté de Dieu, la miraculeuse puissance de Celai qui était envoyé, l’étendue et l’activité de la grâce.

Ce ministère s’exerce soit parmi les Juifs, soit, dans le cas de Corneille, parmi les Gentils, par le don des langues. Des Galiléens, des Romains parlent toutes sortes de langues. L’homme n’est qu’un instrument dans la main de Dieu, du St.-Esprit envoyé d’En-Haut. C’est Lui qui gouverne, qui domine, qui agit ; mais Il le fait afin d’adresser le témoignage de la gloire du Fils de l’Homme à tous les hommes, et afin, en leur parlant des œuvres merveilleuses de Dieu dans la langue dans laquelle ils étaient nés, d’attirer, par une grâce qui descendait jusqu’à eux, leurs cœurs vers la puissance qui s’y, manifestait, et en même temps de revendiquer les droits du second Adam en grâce sur tous les hommes. Ceci évidemment, tout en commençant par les Juifs, s’adressait à toute l’Économie de la Gentilité. Le jugement de Dieu avait séparé les nations en confondant leurs langues, de sorte qu’elles étaient comptées par langues, familles et nations (Gen. et .) ; et, en les séparant, Il avait établi les bornes des peuples selon le nombre des enfans d’Israël (Deut. , 8.). Il n’était pas temps de mettre fin à tout cela ; mais la grâce s’introduit et domine dans cet état de choses au milieu des Juifs, de toutes les nations la plus méchante, après tout ; il paraît un témoignage qui se sert du fruit du péché pour démontrer que la grâce atteignait les hommes là où le jugement de ce péché les avait placés. Le St.-Esprit fait aux Juifs toutes les langues par lesquelles les hommes et les cours étaient divisés en vertu du jugement de Dieu sur l’orgueil du monde renaissant.

Le sujet de ce ministère, bien que les circonstances qui accompagnaient son exercice manifestassent à l’œil exercé la souveraineté de Dieu, les droits du Fils de l’Homme sur les nations, ainsi que sa grâce envers les Juifs qui l’avaient rejeté, le sujet de ce ministère était au commencement uniquement la gloire de l’homme Jésus ressuscité ; gloire qui devait être le point de ralliement des âmes sauvées sous l’influence de la grâce et formées en corps d’Église, Église, qui a dû alors être instruite et gouvernée par ce même Esprit.

Jérusalem ne s’étant pas soumise à ce témoignage de la gloire de Christ, cela ôtait à cette ville, si long-temps chérie, la gloire d’être plus long-temps le centre et la source féconde d’administration évangélique. Ses citoyens ont envoyé un message après le Roi qui était allé recevoir son royaume, disant qu’ils ne voulaient point qu’il régnât sur eux ; et, à l’occasion de la mort de St.-Étienne, toute l’Église est dispersée, sauf les Apôtres. Là-dessus, Dieu, qui trouve toujours dans le mal l’occasion de quelque grâce plus magnifique que ce qui a été gâté, Dieu suscite, indépendamment de l’œuvre à Jérusalem, un Apôtre né avant le temps, qui n’était « ni de l’homme ni par l’homme, » et révèle en même temps cette vérité infiniment précieuse, dont l’Apôtre ainsi appelé devient le grand témoin, que l’Église est une avec Christ glorifié dans le ciel, qu’elle est son corps qu’Il nourrit et chérit comme sa propre chair. Ainsi s’efface ce que Pierre annonçait aux Juifs, c’est-à-dire, que Christ devait revenir à eux en grâce comme à un peuple subsistant devant Lui ; et il s’agit dès-lors des espérances qui s’attachent à Christ dans le ciel, aux noces de l’Agneau, à l’union de l’Épouse avec l’Époux dans le ciel. Le retour de Christ ici-bas est entièrement en jugement, quoique pour la délivrance d’un résidu. Ceci est, dans le ministère et l’administration de l’Église, un point de progrès dont les conséquences sont très-sensibles pour nous.

The opening of the book is shown; the full text loads in the reader.

Loading the full text…