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François le Champi

George Sand · 1853 · Free in the US

99,436 words · about 6 h 58 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1853 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=François_le_Champi&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
George Sand
Language
French
Published
1853
Length
99,436 words · about 6 h 58 min
Sections
28 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (28)
  1. Notice about 2 min
  2. Texte entier about 3 h 29 min
  3. Avant-propos about 16 min
  4. Chapitre 1 about 14 min
  5. Chapitre 2 about 7 min
  6. Chapitre 3 about 8 min
  7. Chapitre 4 about 10 min
  8. Chapitre 5 about 4 min
  9. Chapitre 6 about 4 min
  10. Chapitre 7 about 11 min
  11. Chapitre 8 about 5 min
  12. Chapitre 9 about 10 min
  13. Chapitre 10 about 10 min
  14. Chapitre 11 about 6 min
  15. Chapitre 12 about 3 min
  16. Chapitre 13 about 8 min
  17. Chapitre 14 about 4 min
  18. Chapitre 15 about 8 min
  19. Chapitre 16 about 5 min
  20. Chapitre 17 about 4 min
  21. Chapitre 18 about 11 min
  22. Chapitre 19 about 6 min
  23. Chapitre 20 about 8 min
  24. Chapitre 21 about 8 min
  25. Chapitre 22 about 7 min
  26. Chapitre 23 about 10 min
  27. Chapitre 24 about 6 min
  28. Chapitre 25 about 12 min

Continue:

Notice

FRANÇOIS LE CHAMPI

-

François le Champi a paru pour la première fois dans le feuilleton du Journal des Débats. Au moment où le roman arrivait à son dénouement, un autre dénouement plus sérieux trouvait sa place dans le premier Paris dudit journal. C’était la catastrophe finale de la monarchie de juillet, aux derniers jours de février 1848.

Ce dénouement fit naturellement beaucoup de tort au mien, dont la publication, interrompue et retardée, ne se compléta, s’il m’en souvient, qu’au bout d’un mois. Pour ceux des lecteurs qui, artistes de profession ou d’instinct, s’intéressent aux procédés de fabrication des œuvres d’art, j’ajouterai à ma préface, que quelques jours avant la causerie dont cette préface est le résumé, je passais par le chemin aux Napes. Le mot nape, qui dans le langage figuré du pays désigne la belle plante appelée nénuphar, nymphéa, décrit fort bien ces larges feuilles qui s’étendent sur l’eau comme des nappes sur une table ; mais j’aime mieux croire qu’il faut l’écrire avec un seul p, et le faire dériver de napée, ce qui n’altère en rien son origine mythologique.

Le chemin aux napes, où aucun de vous, chers lecteurs, ne passera probablement jamais, car il ne conduit à rien qui vaille la peine de s’y embourber, est un casse-cou bordé d’un fossé, où, dans l’eau vaseuse, croissent les plus beaux nymphéas du monde, plus blancs que les camélias, plus parfumés que les lis, plus purs que des robes de vierge, au milieu des salamandres et des couleuvres qui vivent là dans la fange et dans les fleurs, tandis que le martin-pêcheur, ce vivant éclair des rivages, rase d’un trait de feu l’admirable végétation sauvage du cloaque.

Un enfant de six ou sept ans, monté à poil sur un cheval nu, sauta avec sa monture le buisson qui était derrière moi, se laissa glisser à terre, abandonna le poulain échevelé au pâturage et revint pour sauter lui-même l’obstacle qu’il avait si lestement franchi à cheval un moment auparavant. Ce n’était plus aussi facile pour ses petites jambes ; je l’aidai, et j’eus avec lui une conversation assez semblable à celle rapportée au commencement du Champi, entre la meunière et l’enfant trouvé. Quand je l’interrogeai sur son âge, qu’il ne savait pas, il accoucha textuellement de cette belle repartie : deux ans. Il ne savait ni son nom, ni celui de ses parents, ni celui de sa demeure ; tout ce qu’il savait c’était se tenir sur un cheval indompté, comme un oiseau sur une branche secouée par l’orage.

J’ai fait élever plusieurs champis des deux sexes qui sont venus à bien au physique et au moral. Il n’en est pas moins certain que ces pauvres enfants sont généralement disposés, par l’absence d’éducation, dans les campagnes, à devenir des bandits. Confiés aux gens les plus pauvres, à cause du secours insuffisant qui leur est attribué, ils servent souvent à exercer, au profit de leurs parents putatifs, le honteux métier de la mendicité. Ne serait-il pas possible d’augmenter ce secours, et d’y mettre pour condition que les champis ne mendieront pas, même à la porte des voisins et des amis ?

J’ai fait aussi cette expérience, que rien n’est plus difficile que d’inspirer le sentiment de la dignité et l’amour du travail aux enfants qui ont commencé par vivre sciemment de l’aumône.

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