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Enregistré suivant l’Acte de la Législature Provinciale, en l’année mil huit cent cinquante-deux, par George Hypolite Cherrier, au bureau du Régistrateur de la Province du Canada.
La publication des œuvres littéraires dans notre pays est, comme chacun le sait, entourée des plus grandes difficultés. Déjà très peu considérable, la classe des lecteurs se divise en deux parties ; l’une ne lit guères que le français ; l’autre lit l’anglais presqu’exclusivement. Les publications de l’étranger, surtout les éditions belges des ouvrages français, et les réimpressions qui se font aux États-Unis des ouvrages anglais, sans compter la Semaine Littéraire fondée à New-York par M. Gaillardet, inondent le Canada de tout ce qui se publie de plus intéressant à Londres et à Paris. La littérature canadienne est donc étouffée nécessairement dans son berceau, soit qu’elle s’efforce de revêtir l’idiôme que la France nous a légué, soit qu’elle essaie de parler la langue de Shakspeare et de Byron.
Il ne faut pas alors s’étonner si, malgré le nombre considérable de Canadiens qui cultivent les lettres, très peu d’entre eux aient voulu risquer la publication d’un ou de plusieurs volumes. On se borne généralement à quelques œuvres éphémères jetées dans le tourbillon de la presse politique, et destinées à l’oubli, aussi prompt que durable, qui saisit sur le fait la plupart des diatribes dont nos gazettes sont remplies. Le recueil qu’a publié dernièrement M. Huston sous le nom de “Répertoire National,” et qui a exhumé un bon nombre de productions de ce genre, fait voir que l’inspiration et le génie n’ont pas toujours manqué à nos écrivains français. Le temps et les moyens de mettre leurs talens à profit leur ont fait défaut : mille autres occupations plus profitables, en ce qu’elles rapportaient plus d’argent et même beaucoup plus de considération, ont limité chez la plupart d’entre eux les travaux de l’imagination à une très petite partie de leur existence.
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The end
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