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ELEMENTS
Introduction
Vil toutes les nations ; en effet, elles ne le cèdent en importance, ainsi qu’en utilité, ni aux sciences physiques proprement dites, telles que la chimie et la physique, ni aux sciences mathématiques elles-mêmes, et. l’on pourrait dire que ces deux ordres de sciences ne sont à leur tour que des moyens nouveaux de mieux connaître les corps naturels et d’en écrire l’histoire.
Envisagées ainsi qu’elles doivent l’être quand on les expose élémentairement, c’est-à-dire comme destinées à nous offrir le tableau des grands phénomènes terrestres et à nous donner la clef des détails sans nombre du monde matériel plutôt que la description de ces détails eux-mêmes, elles jouent un rôle considérable dans l’éducation ; en outre, elles acquièrent un nouveau degré d’intérêt en nous montrant le parti presque toujours avantageux que nous pouvons tirer des corps qu’elles étudient. Yoilà pourquoi, à toutes les époques et chez tous les peuples, elles ont joui du privilège d’inspirer les méditations des esprits cultivés et d’exciter la curiosité du vulgaire. C’est donc une faute grave que de leur avoir contesté, dans les programmes officiels qui régissent l’enseignement dans notre pays, la place qu’on leur accorde partout ailleurs, quelque classe de citoyens qu’il s’agisse d’instruire.
Ces sciences offrent un autre genre d’utilité, celui de nous habituer au grand art de la méthode en nous donnant la pratique des classifications. Ainsi que l’a dit Cuvier, « cet art de là méthode, une lois qu’on le possède bien, s’applique avec un avantage infini aux études les plus étrangères à l’histoire naturelle. Toute discussion qui suppose un classement de faits, toute recherche qui exige une distribution de matières se fait d’après les mêmes lois ; et tel jeune homme qui n’avait cru faire de cette science qu’un objet, d’amusement, est surpris lui-même, à l’essai, de la facilité qu’elle lui donne pour débrouiller tous les genres d’affaires. »
Mais la possession de ce précieux moyen d’investigation qu’on appelle la méthode des naturalistes est relativement loule récente. Le* anciens ne le connaissaient pas ou le connaissaient mal, et le fondateur de 1 histoire naturelle, Aristote, qui a écrit plus de trois
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cenls ans avant l’ère chrétienne un traité des animaux dont on admire encore aujourd’hui l’exactitude, n’en eut qu’un sentiment trop vague pour pouvoir en tirer utilement parti et en formuler les règles.
Pendant longtemps, les savants qui sont venus après lui n’ont pas été plus heureux. Au contraire, non s les voyons pour la plupart laisser perdre à la science le caractère sérieux et philosophique qu’Aristote lui avait donné, et l’un des plus renommés, Pline, est peut-être aussi celui qui lui a le plus nui, en sacrifiant, dans une foule de cas, la vérité des récits à l’élégance du style.
A part quelques rares exceptions, Pline a trouvé dans l’antiquité plus d’imitateurs que de critiques, et il faut arriver jusqu’à Albert le Grand, le célèbre encyclopédiste du moyen âge, pour voir reparaître dans la science les vues si sages qu’Aristote y avait introduites.
La Renaissance devint pour l’histoire naturelle une époque de rapides progrès. Les voyages qui furent dès lors exécutés au cap de Bonne- Espérance, dans les Indes orientales, en Amérique, fournirent des découvertes aussi curieuses qu’inattendues. On sait que la population animale et végétale de ces diverses régions diffère considérablement de celle qui occupe le pourtour de la Méditerranée, seul pays bien connu des anciens, et que, dans beaucoup de cas, les produits qu’on en Lire ne ressemblent pas à ceux de nos contrées. Les savants y trouvèrent l’occasion de nombreuses découvertes, et l’agriculture ainsi que l’industrie ne tarda pas, de son côté, à y voir de nouvelles sources de richesses. Ce fut aussi pour le commerce une cause puissante d’extension.
A la même époque, des recherches entreprises par Belon, Rondelet et quelques autres naturalistes dans les pays déjà explorés par les anciens, ont permis de vérifier les documents recueillis par Aristote ainsi que par son disciple Théophraste, et de rectifier les erreurs si fréquentes dont Pline et quelques autres écrivains avaient successivement embarrassé l’histoire naturelle.
Ces curieuses recherches sur les animaux et les plantes qui peuplent les différents continents ou qui habitent les eaux de la mer sonl loin, même aujourd’hui, d’avoir donné tous les résultats qu’on peut
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IX on attendre, cl le catalogue des êtres existants n’est encore qu’incomplétement dressé. Les pays en apparence les mieux connus fournissent chaque jour de nouvelles découvertes, et toute exploration de terres lointaines, toute expédition dont font partie des sa\ ants exercés, procure des êtres dont on ignorait 1 existence ou des produits qu’on n’avait point eu l’occasion d utiliser. La découverte des terres australes, et les voyages autour du monde exécutes à diverses reprises sur des bâtiments appartenant aux nations civilisées, ont surtout ajouté aux découvertes des savants de la Renaissance.
Dès le commencement du xvii° siècle, les observateurs ont disposé d’un instrument bien précieux. Le microscope leur a permis un examen plus minutieux que précédemment des organes propres aux êtres vivants, ainsi que des parties élémentaires dont ces organes sont formés. Le même instrument a aussi dévoilé l’existence, jusqu’alors ignorée, de ces infiniment petits de la création qu’on nomme les infusoires, et il a eu pour les sciences naturelles la même utilité que le télescope pour l’astronomie.
Grâce aux progrès des sciences physiques, les grandes questions que soulève la physiologie purent aussi être traitées avec plus de précision et de certitude. Harvey réussit à démontrer aux plus incrédules la circulation du sang ; environ cent ans après lui, durant la première moitié du xvinc siècle, Réaumur étudia expérimentalement les phénomèmes de la digestion, et plusieurs savants se sont à leur tour appliqués à la solution de questions également difficiles qui se rattachent à la théorie des fonctions envisagées soit chez les végétaux, soit chez les animaux. Les remarquables mémoires de Réaumur sur les insectes, dont tant d’espèces nuisent à nos cultures, méritent aussi d’être cités comme ayant largement concouru aux progrès de l’histoire naturelle, et une foule d’autres questions ont été successivement abordées par les naturalistes.
Tous ces travaux justifiaient de grands perfectionnements accomplis dans l’art d’observer, et ils avaient accumulé dans la science des documents dont il devenait important de former un faisceau.
Pendant la seconde moitié du xvin° siècle, Linné et Buffon, égale-
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INT non U CT ION.
ment riches par leur propre fonds et par les données qu’ils trouvaient consignées dans les ouvrages de leurs devanciers ou de leurs contemporains, élevèrent à l’histoire naturelle un double monument qui leur mérita, à l’un et à l’autre, une immense réputation. Linné intitula son ouvrage Système de la nature; Billion donna au sien le titre (Y Histoire naturelle générale et particulière.
Cependant un grand pas restait à faire. Les procédés mis en usage pour l’étude du globe terrestre et de ses productions étaient encore imparfaits à certains égards ; la classification des êtres organisés était toujours arbitraire et empirique, parce que les savants continuaient à ignorer la manière d’apprécier les affinités réciproques des espèces ou des genres, et qu’ils ne pouvaient les grouper d’une façon hiérarchique et conforme à leur nature même. Aussi Bulfon ne craignit-il pas de contester l’utilité des classifications, et Linné, dans l’impuissance où il était de ranger les végétaux conformément à leurs véritables caractères, créa son système botanique, qui est resté le type des classifications artificielles. Cependant, de la solution de ce double problème dépendait l’avenir de la science.
C’est à l’école française qu’on doit le nouveau et important progrès qui s’accomplit bientôt. En 1789, Antoine Laurent de Jussieu formula dans son Généra plantarum les principes fondamentaux de la méthode naturelle, principes qui commençaient depuis quelque temps à germer dans l’esprit des naturalistes, et il en lit une heureuse application à la distribution méthodique des végétaux.
Les zoologistes, qui depuis longtemps mettaient en pratique, mais d’une façon plus instinctive que scientifique, quelques-uns des préceptes dont la formule était enfin trouvée, n’ont pas lardé à marcher dans la voie ouverte par le botaniste célèbre que nous venons de citer, et encore aujourd’hui nous les voyons s appliquer a perfectionnei le classement des êtres dont ils s’occupent, comme le font de leur côté les savants qui étudient les plantes et continuent l'œuvre de de Jussieu.
Lamarck, G. Cuvier et de Blainville doivent être cités en première ligne parmi les savants du xixe siècle, qui ont le plus améliore la classification zoologique; ils ont donné par la une puissante impulsion
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xi à l’étude approfondie du règne animal, telle qu’on la poursuit maintenant sur tous les points du globe.
La minéralogie, de son côté, a trouvé ses législateurs dans deux autres naturalistes français, Romé de Lisle et Haüy. L’Allemand Werner, qui écrivait, comme de Lisle, vers la fin du siècle dernier, n’a pas été moins utile à la géologie qu’à la minéralogie par ses belles découvertes, et il a particulièrement facilité la marche de la première de ces sciences en réconciliant, pour ainsi dire, entre elles les deux théories de l’origine ignée et de l’origine aqueuse des roches qui pendant longtemps avaient été regardées comme exclusives l’une de l’autre, ce qui partageait les géologues en deux camps trop contraires dans leur opinion pour accepter ce qu’il y avait de vrai dans le système opposé. Alexandre Brongniart, en France, et quelques autres, à l’étranger, eurent aussi une grande part dans les découvertes qui fondèrent la science géologique, et. à Pallas, à Lamarck, ainsi qu’à Cuvier, revient l’honneur d’avoir su tirer dei’examen des débris fossiles laissés dans le sol par les animaux des différentes classes des conclusions à la fois fécondes pour la géologie et pour l’histoire générale des êtres organisés. Leurs travaux allèrent bien au delà du point auquel s’étaient arrêtés Réaumur, Guetlard et les oryctographes, c’est-à-dire les géologues du siècle précédent.
Dès ce moment la géologie devint la véritable histoire du globe, au lieu d’en être le roman, et, grâce aux infatigables recherches des anatomistes et des physiologistes, la biologie, qui comprend l’histoire de la vie et celle des êtres qui en jouissent, végétaux ou animaux, fut à son tour une science positive, aussi exacte dans ses investigations relatives aux organes et a leurs fonctions qu’habile à classer ces êtres, qu’ils vivent encore de nos jours ou qu’ils aient cessé d’exister à des époques antérieures.. En même temps, elle réussit à en établir la nomenclature, et, dans certains cas, elle put apprécier l’époque relative de 1 apparition de beaucoup d’entre eux, les conditions de leur existence et les lois de leur distribution géographique.
G est ainsi que les sciences naturelles ont réussi à retracer les phases diverses par lesquelles notre planète a passé depuis sa pre-
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mière apparition, à établir la succession des êtres organisés qui ont vécu à sa surface ou en ont habité les mers, et à nous faire connaître jusque dans les détails intimes de leur composition anatomique, ainsi que dans leurs fonctions les plus obscures ou dans les moindres particularités de leur genre de vie, toutes ces espèces, les unes animales, les autres végétales, dont la nature a successivement peuplé la terre.
Si l’homme est bien, comme on l’a dit, le maître de la création, l’ histoire naturelle est évidemment le plus sûr moyen qu’il ait à sa disposition pour connaître son domaine.
ÉLÉMENTS
DE
Chapitre Premier Caractères Qui Distinguent Les Êtres Organisés Des Corps Bruts
OU INORGANIQUES.
Division des corps naturels en organisés et inorganiques. — Il y a d’ans la nature deux, catégories bien distinctes de corps. Quels que soient d'ailleurs les éléments chimiques qui les constituent ou les forces agissant sur eux, certains de ces corps sont formés de matière à l’état brut et ils restent complètement inertes. Dépourvus d’organes pouvant servir à l’accomplissement de fonctions comparables à celles que nous voyons exécuter aux animaux et aux végétaux, ils n’ont qu’une existence passive et la vie ne les anime pas.: tels sont les minéraux. La grande division qu'ils constituent a reçu le nom d’empire inorganique ; on les appelle eux-mêmes corps bruts ou inorganiques.
D’autres jouissent d’une activité propre, dite irritabilité , laquelle se traduit en actes spéciaux établissant des rapports nécessaires et constants entre ces corps et le monde extérieur; ils sont doués de la vie, et les organes qu’ils possèdent sont les instruments qui leur permettent de se soustraire à l’inertie caractéristique des corps bruts. Aussi exercent-ils un rôle spécial au sein de la nature, dont ils tirent incessamment les matériaux nécessaires à leur accroissement, à leur entretien propre, ou à la multiplication de leur espèce. Ce sont, si l’on veut, de véritables machines; mais ces machines sont animées par une force spéciale, la vie, dont les corps bruts ne subissent pas l’impulsion, et ils portent en eux ce principe d'action. Les corps de cette seconde catégorie sont appelés corps vivants ou organisés: ce sont les animaux et les plantes.
L homme appartient par sa substance corporelle et périssable aux cires organises ; il est le plus parfait d’entre eux et prend rang en tête du règne animal.
L examen des corps organisés ou êtres vivants constituant les deux r. c. 1
COUPS NATURELS.
règnes animal et végétal, et celui des corps qui ne sont pas organisés, c’est-à-dire des corps bruts, forment deux branches distinctes de l’histoire naturelle, correspondant aux deux empires dits organique et inorganique.
La première de ces branches comprend la Zoologie (histoire du règne animal) et la Botanique (histoire du règne végétal); elle a également reçu le nom général de Biologie , signifiant histoire de la vie, et serait mieux nommée Biontologie , c’est-à-dire histoire des êtres vivants. L’autre est appelée Minéralogie (histoire des minéraux), lorsqu’elle s’applique spécialement à l’étude des roches ou des minéraux envisagés en eux-mêmes ; on la nomme Géologie (histoire de la terre) lorsqu’elle cherche à découvrir les conditions anciennes ou nouvelles de la formation du globe terrestre et les relations des différentes parties qui le constituent. Dans ce second cas, elle éclaire le classement des couches diverses dont l’écorce de notre planète est formée par l’énumération des corps organisés, contemporains de la formation de ces ditîéi entes couches qui y ont laissé leurs dépouilles, et elle arrive alors à établir la Stratigraphie des terrains et par suite à leur chronologie.
Une comparaison plus étendue entre les corps vivants et les corps bruts fera mieux ressortir les différences qui distinguent l'une de l’autre les deux grandes catégories de corps naturels; de plus, elle nous mettra à même de saisir le but élevé qu’on se propose en les étudiant ainsi que la valeur des méthodes auxquelles on a recours pour les mieux connaître. Ces différences sont de plusieurs sortes: on les tire de l’origine de ces corps, de leur composition chimique, de leur forme, de leur mode d’existence, de leur structure et de leur
fin ou mode de terminaison. . , ,
I Origine des corps naturels. — Au lieu de n avoir pour point de départ et pour cause prochaine de leur formation que la mise en jeu de certains agents physiques ou celle des phénomènes chimiques, point de départ des masses minérales ou cause de la décomposition de ces dernières, les corps organisés naissent , c’est-à-dire qu ils sont engendrés par des êtres également doués de la vie. Ils ont donc des parents pourvus d’organes analogues aux leurs, jouissant des mêmes propriétés vitales et exerçant au sein de la nature un rôle semblable à celui nue les nouveaux venus doivent accomplir à leur tour. Les affinités chimiques suffisent à la formation des corps bruts; elles sont impuissantes, aussi bien que les autres forces purement physiques, à produire
des corps vivants, même très-simples.
De l’acide carbonique et de la chaux donnent lieu a la formation de carbonate de chaux en se combinant ensemble, et un fragment de cette substance peut aussi fournir, par division, autant de particules ou d échantillons du même sel qu’on le voudra, ayant tous les memes caractères et qui sont également doués des propriétés distinctives du cai mirile dedhaux en question, que celui-ci soit naturel ou qu d ait etc obtenu artificiellement par voie chimique. Tous les autres corps bruts
CARACTÈRES GÉNÉRAUX.
sont aussi dans ce cas, et l’on peut dans les laboratoires ou dans l'industrie en produire un grand nombre : il suffit pour cela de posséder les éléments ou corps simples que l’analyse chimique reconnaît en eux.
Au contraire, il n’apparaît de nouveaux individus animaux ou végétaux qu’à la condition que des parents, c’est-à-dire des êtres semblables, de même espèce et jouissant de la propriété de se reproduire, leur aient donné naissance. Il en résulte que nul êLre vivant ne se forme s'il ne descend directement et par voie de génération d’êtres également doués de la vie et de parents préexistants. Tout corps organisé, c’est-à-dire tout être vivant, provient donc d’un autre être à la fois organisé et vivant ( omne vivum ex vivo).
Chaque jour, les observations plus précises de la science tendent à mettre hors de doute la vérité de cette assertion. Elles conduisent à démontrer qu'il en est ainsi pour les espèces les plus petites ou les plus simples, telles que les plantes microscopiques ou les animaux infusoires aussi bien que pour les animaux ou les végétaux de grande taille et d'une organisation plus parfaite dont il nous est toujours facile d’observer la filiation généalogique. On est ainsi amené à penser qu’il n’y a point, comme on le soutenait il n’y a pas longtemps encore, de génération spontanée, dans le sens rigoureux de ce mot, puisque dans aucun cas nous ne voyons les agents physiques ou chimiques suffire a la production de nouveaux êtres organisés. Les plantes n’échappent pas plus à cette loi que les animaux.
II. Composition chimique des corps naturels. — Cependant les êtres vivants ne sont pas formés d’éléments chimiques différents de ceux qui entrent dans la composition des corps bruts, et si les analyses comparatives que l’on a faites des uns et des autres ont montré qu’un cer ain nombre des éléments que la chimie nous apprend à reconnaître ne se sont rencontrés que dans les minéraux, ou du moins n’ont
le ZmdlTltTo T l!Xée1S0US1UnC le,Uille d’cau ct coraPrend trois individus, dont onKë in^é“lrclÏ r“ CU‘CS P,US élcndU8 «uc lcs deux autres. La bande noire qui
lié !u-dessous Ts^n J°?V- rCPrUSCnt° le tUb0 ,]igestif\ L’individu sit^ à droite a été par lesauels on neut nhi'0- * inscr|l°cJ au rcstc de la colonie, pour montrer un des moyens
Au des ou de lui 1 " 'nultlf,licali,jn ^ cette espèce par division ou scissiparité.
Au-dessous de lu, sont deux individus détachés, supposés obtenus par ce procédé.
Fig. 1. — Hydre, ou polype des eaux douces (*).
CO
COUPS NATURELS.
encore été rencontrés que là, elles ont aussi fait voir qu'un bon nombre de ces éléments entrent dans la composition des animaux et des végétaux, et que plusieurs sont absolument indispensables à leur existence et se retrouvent dans toutes les espèces des deux règnes, ils s'y rencontrent à l’état de combinaisons plus ou moins différentes par leurs caractères chimiques de celles qu’ils affectent dans les corps bruts et dans les êtres organisés.
D’autres paraissent n’avoir dans les phénomènes vitaux qu’un rôle secondaire ; mais, dans la plupart des cas, ils sont comme les précédents, soumis à un renouvellement journalier, et, sous ce rapport aussi, une grande différence se remarque entre le mode d’existence des corps vivants et celui des corps bruts.
On observe d’ailleurs, dans la substance des animaux ainsi que dans celle des végétaux, des composés qui sont absolument identiques avec ceux que nous présente le mande inorganique. Ainsi il entre de l'eau et d’autres substances binaires comme partie intégrante de la constitution chimique de ces êtres organisés aussi bien que de celle des minéraux. Le chlorure de sodium n’est pas moins indispensable à certaines humeurs des êtres vivants, particulièrement au sang, qu’il ne
c
Fie. 2. — Carapaces siliceuses d’iufusoires végétaux de la famille des Algues
[Irès-grossies (*)].
l’est aux eaux delà mer; le phosphate de chaux forme la partie terreuse du squelette, et il se retrouve en masses dans certaines montagnes; les coquilles, ainsi que les polypiers, sont solidifiées par du carbonate de chaux, qui ne diffère pas de celui de la plupart de nos pierres calcaires; la potasse, sous forme de sel, est fort répandue dans les végétaux ainsi que dans leurs fruits et dans leurs graines, et la chimie la retrouve en abondance dans leurs cendres; la silice forme la charpente solide ou la carapace de beaucoup d’animaux et de végétaux inférieurs (fig. 2), ce dont nous avons la preuve par les tripolis, qui ne sont autre chose que des agglomérations de carapaces d’infusoires siliceux. Nous pourrions citer bien d’autres exemples analogues à ceux-là. (*)
(*) a, Navicules; — b, Surri relie; — c, Bacillaires.
Mais toutes les combinaisons chimiques que l’on observe dans les corps organisés ne sont pourtant pas aussi semblables a celles que la chimie minérale nous fait connaître, et si l’analyse qualitative a montré que la moitié environ des éléments chimiques aujourd’hui connus se retrouve dans les animaux ou les végétaux, l’analyse quantitative nous fait voir, à son tour, que dans beaucoup de cas, et. ces cas sont en réalité les plus importants pour la théorie des manifestations vitales, les éléments chimiques forment dans les corps organisés et sous 1 influence de la vie des composés différents de ceux de la nature minérale (1).
Le carbone est l’élément essentiel de ces nouvelles combinaisons. Il y est associé à de l’hydrogène et à de l’oxygène, auxquels s’ajoute, dans d’autres cas, une certaine quantité d’azote. On nomme ces substances, propres aux corps vivants et que la chimie ne reproduit pas encore ou qu’elle ne reproduit qu’avec peine, des principes immédiats, ou, pour rappeler leur origine, des substances organiques, et on les partage en deux groupes, dits quaternaires et ternaires, suivant qu’elles renferment ou non de l’azote, et qu’elles sont alors formées de quatre éléments ou de trois seulement.
Le soufre ou le phosphore, quelquefois l’un et l’autre de ces deux éléments, peuvent aussi faire partie intégrante de certains composés dits quaternaires, tels que l’albumine et autres principes qu’on a appelés protéiformes. La gélatine nous fournit l’exemple d’un principe immédiat purement quaternaire.
A la série des principes ternaires appartiennent les corps gras, les fécules, les sucres, les gommes et plusieurs autres substances encore dont nous tirons un très-grand parti pour notre alimentation ou qui jouent un rôle important dans l’industrie.
III. Forme des cours naturels. — La forme n’est pas moins caractéristique lorsqu’il s’agit de distinguer les corps vivants d'avec les corps bruts. Un fragment de pierre enlevé à un rocher est un individu minéral au même titre que ce rocher lui-même ; mais il peut avoir une forme totalement différente de la sienne: ou bien la forme des minéraux est irrégulière et la manière dont le fragment a été séparé de la masse dont il provient, roulé par les eaux, poli par le contact de pierres plus dures, travaillé par l’homme, etc., peut seule en rendre raison ; ou bien au contraire le minéral est régulier, et il constitue alors un solide géométrique parfaitement reconnaissable, terminé par des surfaces planes qui sont reliées entre elles au moyen d’arêtes vives; on le
(I) Liste des éléments chimiques observés chez les corps organisés, établie d’après l’ordre de leur fréquence :
Carbone.
Hydrogène.
Oxygène.
Azote.
Soufre.
Phosphore.
Chlore.
Iode.
Calcium.
Potassium
Silicium.
Fer.
Fluor.
Aluminium.
Rromc.
Cuivre.
Plomb.
Arsenic.
Lithium.
Argent.
Cæsium.
Rubidium
G
CORPS NATURELS.
rendrait incomplet en en séparant un seul fragment, et les minéraux de même composition cristallisent habituellement suivant des formes rentrant dans un même système.
Les corps vivants ont aussi une forme déterminée, et cette forme, ou la série des formes propres à chaque être, car il en change souvent avec l’àge, fait également partie de leurs caractères; une espèce diffère d’une autre espèce par la forme qui lui est propre. Mais ici il n’y a ni arêtes vives ni surfaces planes, et l’apparence extérieure n’a rien de ce qui distingue les cristaux. Les contours sont émoussés et l’ensemhle est sphérique comme dans les œufs, dans les volvox et autres espèces inférieures, soit animales, soit végétales; radiaire, comme dans l’étoile de mer, dans la fleur du fraisier et dans toute autre fleur dite régulière; ou bien encore symétriquement paire, comme cela a lieu pour le corps de l’homme et de beaucoup d’autres animaux qu’on peut partager en deux moitiés inversement semblables entre elles. En outre, l’intérieur des corps vivants n’est point formé par une masse homogène, et ces corps ne sont pas composés de matière restant à l’état purement moléculaire ; c’est ce que nous verrons en traitant de leur structure. Enfin, les matériaux chimiques des corps vivants sont dans un état constant de renouvellement rendu nécessaire par le travail vital, c’est-à-dire par l’usage qu'ils en font pour accomplir leurs actes physiologiques, et la forme, ainsi qu’on l’a dit souvent, en domine la substance, tandis que le contraire semble avoir lieu pour les corps bruts.
IV. Mode d’existence des corps naturels. — Subordonnés à la seule influence des agents physiques ou chimiques, et n’ayant d’autres propriétés que celles qui sont propres à la matière envisagée en dehors de toute action vitale, les corps bruts n’ont pas une existence indépendante. Ils restent sous l’action des agents dont nous venons de parler: un état de véritable inertie est leur condition dominante; ils s'accroissent, sans se nourrir, par simple juxtaposition de particules nouvelles, et leur existence ne comporte aucune dépense des matériaux qui les constituent. Aussi n’ont-ils ni évolution régulière, ni âges successifs, ni facultés nutritives, ni moyens de propagation, et tels ils ont été produits, tels ils resteraient, si aucune force extérieure ne venait à agir sur eux.
Les êtres vivants ne sont pas dans le même cas : ils reçoivent de leurs parents, avec le vie que ceux-ci leur transmettent, une activité incessante dont la propriété est de les mettre dans un état constant d’action et de réaction par rapport nu monde extérieur; ils exécutent des fonctions plus ou moins complexes, mais toujours évidentes, et certaines forces spéciales surajoutées aux forces physiques qui régissent les corps bruts modifient l’action de ces dernières forces et président, chez les êtres vivants, à l'emploi des matériaux qui les composent; aussi ces êtres jouissent-ils de propriétés plus nombreuses que les minéraux.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX.
Il en résulte que les êtres vivants, quoique souvent formés de particules très-nombreuses et très-diversifiées, constituent toujours des individualités distinctes du monde extérieur et que leur présence se traduit par des actes indépendants, ce qui donne à chacun d eux un rôle spécial au sein de la nature.
L’absorption et l’exhalation des matières alimentaires qu’ils tirent du monde ambiant sont la condition indispensable de l’existence des corps vivants, et leur accroissement se fait par intussusception, apiès élaboration intérieure, au lieu de s’accomplir par un simple îappiochement, comparable à la juxtaposition. Ils grandissent donc pai 1 assimilation de parties intérieures remplaçant celles qui les composaient d'abord ou en augmentant la masse, et ils se développent simultanément par tous les points de leur corps en en renouvelant concurremment les matériaux à 1 intérieur aussi bien qu à 1 extérieur et en augmentent le nombre des particules organisées qui les constituent; aussi de nombreuses réactions chimiques s’accomplissent-elles incessamment en eux.
La mise en jeu des forces qui animent les corps vivants est le point de départ d’une série de fonctions qui nécessitent la présence d instruments spéciaux auxquels on donne le nom d 'organes, et c’est de l’activité particulière de ces organes, ainsi que des propriétés inhérentes aux éléments anatomiques qui les constituent, que résultent l’évolution de ces corps tant qu’ils sont vivants, et, par conséquent, les manifestations de la vie qui les distinguent.
Y. Structure des corps naturels. — Les organes ou instruments vitaux des êtres organisés ne sont pas formés de matériaux qui conservent l’état purement moléculaire à la matière des parties qui cona b c stituent les corps bruts. Une seule molécule, un atome même, s'il s’agissait de corps simples, représenterait à la rigueur chacun de ces derniers, pourvu que celte molécule ou cet atome fût de même nature chimique que les particules constitutives du corps lui-même. Au con- (*)
(*) fl, ccllulo isolée montrant son nucléus ; — b, cellules tirées de l’asperge ; clics sont rapprochées, mais non pressées les unes contre les autres; — c, cellules tirées de la balsamine; elles étaient plus serrées et sont devenues polyédriques.
CORPS NATURELS.
traire, les principes immédiats des animaux et des végétaux, ainsi que les autres matériaux dont ces corps vivants sont formés, sont indispensables à leur composition, et l’atome ou la molécule ne joue plus chez eux qu’un rôle secondaire. Les êtres vivants ont une structure anatomique spéciale due aux tissus qui sont les matériaux dont ils sont composés, et chacun de ces tissus possède des propriétés qui lui sont particulières. Ils sont formés de corpuscules d’une nature spéciale qu'il est possible de ramener par l’analyse microscopique, et en assistant à leur première formation, à des cellules ou utricules{ fig. 3), et ces cellules jouissent, comme l’ensemble'des êtres qu’elles constituent, de la propriété d’absorber et d’exhaler. Ce sont les véritables éléments organisés des êtres vivants, comme les molécules ou les atomes sont les matériaux chimiques des corps bruts, mais elles possèdent des propriétés plus complexes que ceux-ci, et la vie réside dans chacune d’elles tout aussi bien que dans le corps entier des animaux ou des végétaux qu’elles forment par leur agrégation. En outre, elles sont assujetties dans leur mode de production, ainsi que dans leur multiplication, à des lois tout à fait comparables à celles qui président à la production et à la multiplication des êtres organisés eux-mêmes.
Les principes immédiats et les matières salines ou autres qui font partie des corps vivants sont à la disposition de ces utricules, qui ont toutes leur vitalité propre, et les diverses transformations qu’elles subissent concourent, par une action commune, à la vie de tous ces agrégats plus ou moins complexes de cellules vivantes que nous appelons des animaux ou des végétaux, suivant le règne auquel ils appartiennent. Ce sont ces corps que nous regardons comme étant les véritables individus, quoiqu’ils résultent en définitive de l’association de cellules souvent fort différentes les unes des autres et en nombrepresque toujours très-considérable. Ajoutons que de l'activité fonctionnelle des cellules constituant les tissus des animaux ou des végétaux et de l’emploi des liquides qui les baignent, liquides également formésen grande partie de principes immédiats, dépend l'activité vitale. La complication de ces cellules, leur diversité et leur mode d’agencement concourent à établir la supériorité des organismes et celle des fonctions que ces organismes exécutent.
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