Introduction
Origines de l'hìstoire d'Amplepuis, ses sources, ses divisions. — Etymologie des noms de lieux. — Changement de dénomination de quelques-uns. — Configuration du territoire d'Amplepuis. — Sites pittoresques. — Tracé des anciens chemins. — Arbres particuliers au pays, houx, buis, fayards, aubépines, genévriers, pins, etc. í&SpKvi quelle époque commence l'histoire d'Amplepuis ? Les manuscrits et les ouvrages imprimés J^^^î* ne le disent pas ; pour le savoir, il faut interro ger les entrailles de la terre où sont enfouis nos plus anciens documents qui apparaissent rarement à la surface du sol; çà et là on aperçoit quelques fragments d'instruments de silex presque insignifiants, quelques débris de tuiles à rebords et de vases antiques. Aux environs de la tuilerie de Rébé on a déterré des morceaux considérables d'amphores en terre rouge; dans une terre, au-dessus du domaine du Monteillet, voisine du Pray, on aperçoit des restes de tuiles à rebords et de vieille poterie ; sur le penchant de la mon tagne appelée de Montimbart, entre les domaines de Bar beret et de chez Pimpia, en creusant une pièce d'eau dans un terrain argileux, on a également trouvé des restes de tuiles à rebords et de vases en terre jaune et en terre grise qui paraissent très anciens.
Entre le château de Rochefort et Montchervet, autrefois fief, aujourd'hui simple ferme, dépendant de la terre de Rochefort, se trouve un lieu nommé dans les anciens titres le Terrail, appellation qui indique d'anciens fossés, peut-être aussi un atelier de céramique; il servait de limites aux dîmes de Sanières et de la Pierre et était traversé par un chemin appelé en 1619 : chemin de Lyon à Rochefort et de là à Roanne. II y a quelques années, en 1889 ou 1890, soit à la chasse, soit en me promenant, j'allais à travers champs dans ce territoire du Terrail ; un long morceau de terre cuite rouge s'offre, par hasard, à mes yeux, affectant la forme d'un tuyau de drainage, mais non percé. Cette rencontre m'in trigue ; je bats en tous les sens les champs d'alentour et j'aperçois quelques autres fragments de la même nature; c'étaient des morceaux d'anses, de panses et de bases de grandes amphores, puis, en regardant de plus près, je remarque de minces débris de poteries fines, bien diffé rentes de celles de nos jours, et enfin, à côté d'une haie nouvellement plantée, je tombe sur une petite monnaie de potin un peu fruste, portant au droit une tête coiffée d'un diadème, Apollon probablement, au revers un animal informe que les archéologues gratifient ordinairement du titre de cheval au galop ou de taureau cornupète, quelques uns de celui de chien ségusiave.
Cette monnaie, au dire de M. Anatole de Barthélemy, se rencontre surtout dans les pays habités autrefois par les Ségusiaves, les Eduens et les Séquanes et date de vingt-cinq ou trente ans avant Jésus- Christ ; on l' a trouvée au mont Beuvray, à Essalois, en Forez, à la Tène, en Suisse. Je me suis mis alors à faire des souilles en règle; en découvrant un ancien drainage en pierres sèches dans un pré voisin, j'ai rencontré remplace ment probable d'un four à potier; il était comblé avec une épaisse couche de terre carbonisée et de grosses pierres et renfermait des morceaux de bois de différentes essences à moitié brûlés, quelques-uns très bien conservés, chêne, pin, peut-être, de gros tragments de tuiles à rebords, l'un d'eux portant pour marque trois ovales les uns dans les autres, des bases coniques, des anses de grandes amphores, deux petits silex dits préhistoriques, l'un blanc, l'autre rose, un amas de terre grasse qui semblait préparée pour la fabrique de vases, un certain nombre de débris de poteries de diverses qualités; à quelques mètres de là, j'ai fait ouvrir avec l'espérance de rencontrer quelque chose, un fossé d'assainissement pour une terre marécageuse; l'ouvrier en faisant ce travail, a coupé une ancienne tranchée, où un terrain meuble profond de plus d'un mètre succédait à une roche pourrie émaillée de beaucoup de mica; c'était un des fossés de l'oppidum et c'était sur son emplacement que j'avais cueilli, très près de là, ma monnaie de potin.
Dans ce terrain meuble il y avait de la poterie brisée; nous avons fouillé des deux côtés et nous avons reconnu qu'un espace ayant environ i mètre 50 de profondeur sur 1 mètre 40 de largeur à la base et deux mètres au sommet avait été creusé autrefois dans un but que nous ne soup çonnions pas alors ; on l'avait ensuite comblé avec ce qu'on avait sous la main, terre, pierres, charbonnaille, poterie brûlée et cassée ; nous avons mis au jour une quantité consi dérable de débris de poteries des plus variées et de qualités très diverses, anses, bases, panses, cols et rebords de grandes amphores en terre rouge commune, quelquefois en terre blanche, ne portant aucune marque de fabrique, puis de nombreux fragments de poteries plus fines, les unes rappe lant par la grossièreté de leur travail et la simplicité de leur ornementation l'époque dite préhistorique, n'ayant pour agréments que des points ou des traits en divers sens au sommet de la panse, d'autres ornés de dessins tous diffé rents, quelquefois une série de petits points qui se suivent, surtout des lignes courbes ou ondulées ; quelques vases sont peints en rouge dans une partie de leur circonférence ou portent des traits noirs qui se croisent.
Parmi les frag ments de poteries fines, deux seulement ont des marques ; l'un venant d'une soucoupe ou terrine vernie en noir porte un rond contenant une croix faite après la peinture; l'autre qui est un fond de petit vase gris blanc très fin est marqué à l'extérieur de quatre figures en forme de poires traversées d'une croix et faisant la croix par leur position relative ; l'intérieur est orné d'une série de petits points allant du bord vers le centre et formant un cercle. Les connaisseurs trouvent dans ces poteries essentiellement le caractère de la céramique gauloise. C'est pendant l'été 1891 que fut découvert le premier des quatre fossés de l'oppidum du Terrail; peu à peu les trois autres fossés ont été mis à jour, le quatrième au mois de mars 1894; alors seulement nous avons reconnu que nous nous trouvions sur l'emplacement d'un ancien oppidum gaulois qui a dû être habité avant et après la conquête romaine.
Cet oppidum forme un carré presque orienté, ayant environ 84 m. à l'ouest, 70 au midi, 90 à l'est et 73 au nord. Le terrain est en pente légère et un peu irrégulière ; les fossés suivent obliquement cette pente. L'enceinte arrive à l'angle sud-est au sommet d'une petite hauteur de laquelle on peut descendre de trois côtés; du quatrième, après une plaine d'environ 120 m., on commence à gravir un sommet très élevé du côté du sud-ouest, appelé Montimbaud. Au mois d'août 1894, quelques jours après la visite de M. Vin cent Durand qui nous avait annoncé l'existence certaine d'un puits dans cette enceinte, nous l'avons découvert à très peu de distance du poinf où on devait entrer dans l'oppidum ; il était recouvert par un amas de grosses pierres et était démoli jusqu'à une profondeur de 2 mètres, puis bien conservé à une profondeur égale, large d'environ om,70; en le déblayant on a trouvé une petite monnaie d'argent de Marseille, large de 15 millimètres environ, portant au droit la tête d'Apol lon, au revers une roue ou une croix, avec les lettres M A entre les rayons.
Au fond du puits on a trouvé douze fonds de vases à puiser ou porter l'eau, dix ou onze rebords plus ou moins entiers de ces vases. Nous avons reconstitué presque entièrement un vase gris à deux anses se soudant sous le rebord, haut de om,34, large à la panse de om,23, plus neuf vases de teintes diverses, jaune, gris, rouge, à une anse, se soudant sur le rebord, de om,23 à om, 39 de hauteur, avec un diamètre de om,i7 à om,29 à la panse. L'intérieur de ces vases varie de couleur, grise-noire, grise blanche, rouge, jaune... Dans le puits il y avait quelques fragments d'autres vases, rebords, anses, soucoupe, etc. La boue extraite du puits, en se déposant dans un fossé et séchant, a formé une croûte grise très dure, imitant la grosse poterie ; une boue bleuâtre sortie d'un vase, en séchant, a un aspect vitreux.
Dans certains vases on a remarqué un dépôt noir imitant le papier brûlé. Les vases ont conservé d'un côté leur couleur naturelle et de l'autre sont colorés en noir ou en teinte plus foncée. II y a du mica brillant au col de quelques vases. J'ai fait rétablir ce puits gaulois qui a une eau excellente et abondante, les moissonneurs l'apprécieront en été, car la bonne eau est rare ou éloignée de ce quartier. En déblayant les fossés de l'oppidum, on n'a trouvé qu'un vase presque intact, une espèce de salière évasée vernie en noir. J'en ai reconstitué trois autres en très grande partie : i° une espèce de terrine vernie en noir, à base étroite, de forme' évasée, avec rebords rentrants ; 2° une petite soucoupe à rebords: 30 un assez grand vase de terre blanche, s'élargissant progressivement du côté de l'orifice, orné de deux bandes circulaires peintes en rouge, celle d'en bas très large, celle d'en haut assez étroite.
MM. Vincent Durand et Joseph Déchelette ont remarqué parmi les fragments de poteries fines, une pièce qu'ils tiennent pour inédite. C'est un débris de soucoupe qui a pour ornementation une série de petits points qui semblent dessiner la forme d'un animal ou de deux animaux affrontés ou se suivant; l'un de ces messieurs y voit un lévrier, l'autre un cheval. Dans les dernières fouilles j'ai mis la main sur une sizaine de petites monnaies, d'un bronze très friable; c'est toujours l'animal, cheval, taureau ou chien qui est repré senté sur la première monnaie que j'ai trouvée. Dans les fossés de l'oppidum nous avons trouvé une perle en verre bleu transparent, la moitié d'une autre grosse perle bleue opaque, blanche à la surface, ornée de lignes bleues et violettes qui se croisent, des débris d'une autre perle, blanche à la surface et incrustée de traits violets, une perle jaune et noire et un anneau de verre blanc.
II y a fort peu de silex taillés. Le bronze est très rare, un petit crochet, un frag ment de fibule, partie d'un bracelet d'enfant et une pièce assez grosse, mélangée de fer, qui pouvait s'adapter à un mors de cheval, voilà tout ce que nous avons trouvé de ce genre. Nous avons aussi rencontré une grosse gobille en pierre jaune, peut-être quartzite, et une pierre polie de la même couleur et d'un grain semblable ; parmi les objets plus gros siers, le fond d'un moulin à bras fait avec une pierre com posée d'une infinité de petits graviers, des morceaux de pierres volcaniques, des cailloux étrangers aux pays qui ont servi de percuteurs ou de polissoirs et beaucoup de clous et autres morceaux de fer rouillés, dont le plus impor tant, long de plus de 35 cent, appartenait peut-être à une épée. Ces objets, surtout les poteries semblent appartenir à des époques assez éloignées les unes des autres.
M. Dis sard qui a vu les premiers échantillons des objets trouvés au Terrail, reconnaît dans certains fragments de poteries quelque chose qui rappelle Fart grec; je serai tenté de croire que la station du Terrail avait des rapports avec Marseille ; certaines de ses poteries et ses monnaies l'indi queraient. Aux alentours de l'enceinte du Terrail on trouve quelques indices d'une occupation très ancienne, particulièrement dans un petit vallonnement, où en creusant une serve, on a découvert des fragments d'amphores et de tuiles à rebords, des silex et un caillou de silex ferrugineux, dont on a tiré des éclats et sur lequel on a frotté des outils pour les aiguiser ou les polir. Après cela, le passé d'Amplepuis reste muet, et il faut franchir environ onze siècles pour trouver les premiers documents écrits concernant cette paroisse ; ce sont quatre chartes de l'abbaye de Savigny, datant de 1080 environ à 1140; Amplepuis possédait alors une église.
Les principales sources de cette histoire d'Amplepuis sont le cartulaire de Savigny, l'inventaire des titres de la maison ducale de Bourbon, les anciens registres paroissiaux, les archives de la cure, celles du château de Rochefort, les mémoires de Louis Aubret pour servir à l'histoire de Dombes, les notes manuscrites de M. Maurice Vignon qui était très curieux de connaître le passé de son pays natal. Les archives particulières de tous les coins de la commune ont été fouillées pour rendre ce travail le plus parfait possible, des matériaux ont été tirés de partout : de la Pierre, chez Guerre, Goujard, chez Quentin, chez Lavigne, Bissachère, Mioland, chez Ponteille, le Bessy, la Claye, chez Palot, les Places, Brégades, la Goutte, Joasson, chez Guyot, chez Sandrin, chez Forey, Vévaz, la Brosse, le Mont, Chappet, les Allués, Bernisse, la Rivière, Saint- Claude, etc, etc.
Les quartiers de Rébé et de Saint-Claude n'ont pu être étudiés aussi complètement que les autres, parce que les documents manquent sur eux à Rochefort et parce que les domaines ont changé, souvent et depuis peu, de maîtres ou sont possédés par des propriétaires forains. Dans combien de maisons n'a-t-on pas, depuis vingt, trente, cinquante ans, jeté au feu des monceaux de vieux papiers, actes de ventes, testaments, contrats de mariage qu'on croyait inutiles et dépourvus de tout intérêt ? Cette histoire d'Amplepuis se divisera en sept parties La première traitera de Pétendue et des limites de la paroisse, de sa séparation, au xvne siècle, en quartier d'en haut et quartier d'en bas, des montagnes, cours d'eau, gorges, combes, rochers, ponts et planches, treyves, arbres limites, vieux chemins et vieux moulins, maisons, auberges, logis du bourg, ayant un nom particulier.
Dans la deuxième, on parlera des pestes, épidémies, disettes, inondations, grêles et des passages de troupes à Amplepuis. La troisième, sous le titre : Us et coutumes, contiendra des extraits de contrats de mariage, testaments, donations, baux à ferme, nomination de consuls, livres de compte, etc. La quatrième sera consacrée à l'église, cimetière, curés, vicaires, écoles, chapelles^ croix et dîmes. La baronnie d'Amplepuis et son vieux château occupe ront la cinquième partie. Dans la sixième, on fera l'historique des autres seigneu ries et fiefs situés dans la paroisse d'Amplepuis : Rébé, Rochefort, la Goutte, Montchervet, Brégades. Le dictionnaire topographique des autres noms de lieux d'Amplepuis, hameaux, domaines, terres, prés, bois for mera la septième partie de ce travail.
Comme partout, à Amplepuis, les noms de lieu tirent leur origine un peu de la langue primitive du pays, et surtout de leur situation, des arbres ou plantes qui y poussent, etc. seau, les fontaines, vallons, cours d'eau, marécages, etc., donnent ; Les Aberoux, Berland, Bergades, Bernisse, Bon nefont, la Chenail, la Chenas, le Creux du Ris de Lay, le Creux Mireux, le Crot, le Crot de la Combe, le Crot de la Coullouvrière, la Croze, le Crozet, la Crozette, le Crot de la Crozette, le Cruy, la Combe, la Combe André, la Combe Giroud, Combe Grand, Combe du Moulin, Combelande, les Combes, la Combe d'Huyssel, les Combes des Barges, les Esgay, les Esgueys, la Flache, les Flaches, la Font, la Font de la Fournaize, la Font de Grand Pertuys ou de Montim bal, la Font des Plasses, la Font du Ris de Lay, la Fontan, les Fontanettes, la Gadichen, Gadon, le Gas, le Gotail, la Gotte, la Gotte Chevraut, la Goutte, Gouttelon, Goutterbé, la petite Goutte, Goutte Arneys, Goutte Boullioud, Goutte Bonate, Goutte de la Planche, la Goutte de l'Au bépin, la Goutte Glattoud, la Goutte Longue, la Goutte Michel, la Goutte Millan, Gouttenoire, la Goutte de TOrmet, la Goutte Patarin, la Goutte du Puys, la Goutte Tabolet, les Gouttes, les Gouttes du Chambon, les Grandes Gouttes Sandrin, la Goutteyrolle, la Goutre Bailly, la Goutte Beschon, la Goutte Grangier, Goutte Neyre, Goutte Permière, la Goutte Roddet, la Grand' Gouthe, les Grands Gouttes, la Moille, les Moilles, le Moillet, le Neyzour, Pra Communal, Pra Gadon, le Pray, Petit Pra, Prafort, Pra Gier, Prarion, Pra Rond, le Rillat, le Ris, le Ris de Lay, la Rivière, la Riviéry, Rivoria, la Sagne, la Saigne, Saigne Parouze, les Saignes Mercier, le Saignet de Mont luyzin, les Seignasses, le Seignet, le Signet, le Signy, Saigne Gandot, la Saignie, Sanières, la Seignasse, la Serve, le Servet de la Fay, la Val, la Vallette, etc.
Les arbres, plantes, bois, herbes, etc., donnent : l'Adver gniat, les Agrelies, les Ailiers, les Halliés, l'Aìier, le Bessy, le Bessey, le Biet, le Bis, le Bissey, le Bost, Bost Bonet, le Brulay, le Breuil, la Brosse, Bost Communal, le Bois Saint-Jean, la Bruyeiri, le Buisson, les Buissons, le Bussv, le Bu.y, le Buydon, Chalandon, Chalon, Chalus, la Chapt, la Chassaigne, les Chassaignes, le Chassain, le Gros Chas sain, le Coral, la Cherpena, le Cherpeneys, les Cherpe nières, la Fay, le Fayetel, la Fayolle, les Foilles, la Folle tière, les Foliez, lesFoulléez, la Fully, la Folia, le Fraigne, les Garennes Mortier, le Genévrier, la Jonchée, le Noël Blanc, les Noyers, les Noyels, la Nuzière, l'Ormet, l'Horme, rHormet du Treivoz, le Pinai, le Pinat, les Pins, les Grands Pins, les Plates Bruyères, le Pomier, le Serdier, le Trem bley, le Vernat, Vernaye, le Verne, les Vernées, le Ver neys, Vernoz, le Vernachon, etc.
Les montagnes, sommets, côtes, expositions diverses donnent : L'Aversin de la Coullouvrière, l'Enversin, les Enversins, la Chaudure, les Chaudures, la Coste, les Costes, la Grande Couste, la Grande Coste de Bois Fort, le Crêt, le Crêt Libéral, les Hauts de Bertz ; L'Hault de Montluizin, l'Hault du Puy de la Fully, Montchard, le Mont, le Mont de Sanières, Montchervet, Montcler, le Monteillet, Montimbal, Montluyzin, Montorzuel, Montretru, le Puys, Puy Chômât ou du Cherpeneys, le Puy de la Fully, le Puy de Rebé, Puy Châtra, le Puy du Pin, le Puy du Pendant, le Replat, le Replat de la Petite Goutte, le Plat, le Plat de Bernisses, le Plat de Chanternay, le Plat de la Charrière, le Plat de Montclert, le Plat de les Vernées, le Platard, la Teste du Bois, etc. Des rochers, des pierres dérivent : le Cher, les Chériers, le Chier, les Chières, les Chiers, le Chiert Blanc, le Clappier à la Lièvre, la Pierre, la Roche, Rochefort, la Roche Millan, la Roche de la Mossière, la Roche Colory, la Roche Martin, Roche Blanche, etc.
Les animaux nomment : Chantemerle, la Renardière; Les maisons et ruines : Les Chézaulx, les Petits Chézaulx, la Mure, Mure Guerra, la Mure Neyre, Mure Morel; Les jardins : Le Curtil, le Curtil de la Brosse, le Curtil des Fours, le Curtil de Miolans; Les fours et forges : La Farge, les Farges, les Fours de Chalut; Les ponts et planches : La Planche, les Planches, le Pont Papot; Les défrichements : L'Essertery; Les nuages : Les Nioules. Beaucoup de hameaux et de maisons de la campagne ont laissé leur ancienne dénomination pour prendre le nom d'une famille qui s'y est établie à une époque plus ou moins reculée : Chez Canard s'appelait autrefois le Bost, puis Thivart; Chez Ponteille : La Burgery; Pijan : Le Bussy ; Thivart, près de Chappet : Les Charpenières; Chez Buron : Les Chassaignes; Chez Thivoyon : La Chavanery; Chez Joannin : Les Grands Chézeaux; Chez Jacquême : Les Petits Chézeaux; Chez Le Vieux : Le Cluzel; Chez Quentin : La Coulouvrière; Joasson : L'Essertery ; Chez Roze : Gouttelon ; Berchoux : La Grange Namy, la Grand'Grange; Chez Guerre : Le Manier, la Brossardery, Brossard, Guerre; Chez Edouard : Le Montet; Chez La Vigne : Montretru, Papot; Le Bois du Puy : Le Puy de la Fully ; Chez Poulet : Le Rat; La Julliannery : Roddet ; Saint-Fortunat : Saint-Lagier; Chez Palot : Le Tel ; Chez Chenevier : Valcolon, Vercolon, George; Vèvaz : Vaux; Les Pins : Le Verney, etc., etc.
Le territoire de la paroisse d'Amplepuis est généralement très accidenté, il est borné sur une grande longueur par la rivière de Reins, qui, au temps de la conquête de César séparait le pays des Ségusiaves, dont Amplepuis faisait partie, de celui des Eduens commençant à Saint-Jean-la- Bussière. Le ruisseau de Ransonnet le traverse dans la partie la plus montagneuse, recevant ainsi que le Reins beaucoup de petits cours d'eau; le ruisseau d'Ecorron le borne quelque peu du côté du soir. De nombreux vieux chemins, dont quelques-uns peuvent remonter aux époques gauloise et romaine, sillonnent la paroisse, allant presque tout droit, sans tenir compte des pentes, franchissant les montagnes et les collines, descendant dans les gorges pro fondes; quelques-uns sont encore bordés de haies plantées de buis, de houx, d'aubépines et de genévriers gigantesques, de fayards et de tronches de chênes; les plus pittoresques de ces chemins sont ceux du Pont Papot au Pray, de Mon tretru à Tancien moulin Papot, de la Goutardière, de Sil loux à la Fay, de Silloux à Berland, celui de Sanières ou de Régny à la Masconnière, dominant tout le pays d'alen tour.
Parmi les gorges et vallons remarquables par leur nature agreste, il faut citer en premier lieu, ceux des ruisseaux de Bonnefont, de Vercolon-la-Perroudière, dominés par des crêtes élevées, tantôt assez boisés, tantôt offrant l'aspect des montagnes des Maures, en Provence, et de la Sierra Morena, en Espagne; c'est le canton le plus pittoresque d'Amplepuis. Les bords de la rivière de Reins, du Ransonnet et de la Jonchée sont aussi très agréables à parcourir, ainsi que les vallons de Gouttenoire, du côté de Rochetort, de Charivay, de Chappet et de la Combe, les bois de Royre, etc. Le petit village de Saint-Claude-d'Huissel, vu du côté de la gorge presqu'à pic, qu'il domine, se présente très bien. On a une vue très étendue du haut des sommets boisés, ou couverts de fougères, genêts et genévriers des Nioules, de Silloux, de Montluizin, du Puy de la Fully, de Montchard, du Puy de Rébé, de Montimbaud, des Hautsde-Berts, du Mont de Royre, etc., etc., on aperçoit les montagnes de Pierre-sur-Haute, celles de la Madeleine, les plaines du Bourbonnais, les collines du Brionnais, les mon tagnes des Echarmeaux, celles entre lesquelles coule l'Azergues, Fourvière, les montagnes d'Izeron, Boussivre... çà et là quelques jolis bois de sapins, pins et chênes embel lissent et rafraîchissent le paysage; le chêne très commun autrefois tend à être remplacé par le sapin.
CHAPITRE PREMIER Étendue et limites de la paroisse d'Amplepuis. — Sa séparation au XVIIe siècle, en quartier d'en haut et quartier d'en bas. — Montagnes, cours d'eau, gorges, combes, rochers, ponts et planches, treyves, arbres-limites, vieux chemins et vieux moulins, maisons, auberges, logis du bourg, ayant des noms particuliers. (Limites anciennes de la paroisse d'Amplepuis et ligne séparative des justices de la baronnie d'Amplepuis et de la seigneurie de Rochefort.) On arrive à connaître ces limites et cette ligne de sépa ration, au moyen de divers documents anciens, savoir : i° les limites de la partie de la paroisse d'Amplepuis dépendant de la baronnie du dit lieu, en 1619; 2° la vente de la justice de la partie d'en haut de ladite paroisse par le baron d'Amplepuis au seigneur de Rochefort, en 1613; 30 les limites des dîmes de la Pierre et de Valcolon, en 1532.
Autrefois la paroisse d'Amplepuis devait avoir l'étendue de la commune actuelle et semblait comprendre, en plus, un certain territoire des côtés de Royre et de Saint-Victor, d'après les limites de ladite paroisse dépendant de la baron nie d'Amplepuis, en 1619, et du côté des Fours et de Bar beret, d'après de vieux terriers.
LIMITES DE LA PAROISSE D'AMPLEPUIS 1619. — La paroisse d'Amplepuis commençait au Pont de la Meyzille, tombé en ruine et posé sur la rivière de Reins; de là ses limites suivaient cette rivière qu'elles des cendaient jusqu'au Pont Mondé, placé sur la même rivière, sur lequel pont passait le grand chemin de Thizy à Tarare, suivaient encore le Reins jusqu'au Pont Labbe, le descen daient jusqu'à la Planche de la Chassagne et au ruisseau ou rasel venant de la Grange Serviset, séparant les paroisses de Saint-Jean-la-Bussière et de Saint-Victor, le descendaient encore jusqu'à la combe étant entre le domaine, qui fut du sieur de la Buffetière, alors tenu par Déchelettes et les consorts Gonin; elles laissaient là le Reins et montaient au sommet de la montagne, passant au-dessus des maisons Coustier, demeurant d'Amplepuis, et de celles de Jean Martin, dépendant de Saint- Victor; de là elles allaient au haut de la montagne de Montorzuel, traversant le chemin de Lay à Thizy, descendaient au Reins par la combe étant entre les maisons de Jean Jacqueton, d'Amplepuis, et les maisons vieilles des consorts Jacqueton, de Saint-Victor, descendaient le Reins jusqu'au Pont de la Pierre, mon taient aux maisons Cholleton, à Claude Perricard, de Vaux, par un chemin passant entre la maison de Perricard, qui était d'Amplepuis et sa grange qui était de Saint-Sympho rien-de-Lay, suivant ledit chemin jusqu'au Puy de Royre; elles suivaient ensuite le chemin allant d'Amplepuis à Régny et Pradines, passaient au haut de la montagne, entre les domaines du Fay, des Botodières et des consorts de Laye, de la paroisse de Saint-Symphorien, et les possessions des consorts de Royre, d'Amplepuis; de là elles descen daient par une combe située entre ledit tènement de Laye et le territoire Gonnard, d'Amplepuis jusqu'au ruisseau de Muselles qu'elles remontaient jusqu'au chemin de Régny à Tarare, ledit ruisseau séparant Amplepuis de Fourneau, passaient entre le territoire d'Huissel, d'Amplepuis et les possessions des consorts de Viremoulant, de Fourneaux; laissaient ensuite ladite combe, prenaient le chemin de Régny à Tarare et montaient au-dessus du domaine du Treyvo et du domaine de Les Chassaignes et le suivaient jusqu'au-dessus de la combe de Barnoing, aux consorts de Chappé; ici laissaient ledit chemin et passaient par les terres étant entre les maisons de Jean La Gresle-Joly, d'Amplepuis et la maison de Jean Gouttenoire-Culot, de Fourneaux, passaient au-dessus des maisons Joly et à la queue de l'étang rompu du seigneur des Forges, sur la rivière d'Escouron, suivaient cette rivière, montaient à l'étang Perreton, traversé par l'Escouron qui séparait les paroisses d'Amplepuis et de Chirassimont. 1613. — De là lesdites limites continuaient à remonter ladite rivière d'Escouron jusqu'au delà du masage des Fours, montaient au bois Farjeu, suivaient le long du chemin passant au haut dudit bois, allaient à la Croix de Barberel et continuaient à suivre ledit chemin tirant du côté de la
Masconnière jusqu'à la rencontre d'un chemin tendant de la Masconnière à Montchervet qu'elles suivaient sur une certaine longueur. 1532. — Arrivées au-dessus du domaine de la Celletière, dépendant de la paroisse de Machézal, elles descendaient par des terres et prés à une vallée appelée Viallet, située du côté de vent du masage de la Pierre, d'Amplepuis; elles tombaient ensuite sur la rivière fluant de Pierre Pissoire qu'elles descendaient jusqu'à son embouchure dans celle de Ransonnet.
Elles remontaient ensuite cette rivière jusqu'au moulin des consorts Gojard, puis un ruisseau entrant en ladite rivière et montaient par les bois des consorts Gojard jusqu'au milieu d'une terre appelée Condamine, à Philibert de Pierrefeu et par les terres de BonneLnt au-dessus des maisons de ce nom et suivaient un chemin allant des Sau vages à Ronno jusqu'au Treyvou de Malpertuys. Là elles descendaient dans le vallon de la Perroudière, d'où elles montaient par un chemin à la place du Pray. 1619. — En ce lieu elles traversaient le grand chemin d'Amplepuis à Saint-Clément, passaient dans les terres du domaine du Mas Esparel, tenu par Jean de Pomey, du Monteillet, au-dessous du moulin Bochin et sous les ver chères des consorts des Chézaulx, de Ronno, sous les terres d'Edouard de Saint-Lagier et du seigneur de Pierrefitte, descendaient par la combe à la rivière de la Jonchée, -la traversaient ainsi que le chemin d'Amplepuis à Ronno, montaient par la combe du seigneur de Pierrefitte et les prés de Benoît Fillon et de Benoît Perroudon, de Cheptar dière, tendaient jusqu'au chemin d'Amplepuis à Cheptar dière, traversaient ledit chemin, montaient par ladite combe jusqu'au haut des terres dudit Perroudon et de celles du domaine Guillaud, du seigneur de Rébé, descendaient ensuite jusqu'aux prés Secheton, dudit seigneur de Rébé, les suivaient par la combe et descendaient au grand chemin de Thizy à Saint-Clément, délaissaient ladite combe et suivaient ledit grand chemin jusqu'au susdit Pont de la Meyzille, situé sur la rivière de Reins.
LIGNE SÉPARATIVE ENTRE LES JUSTICES DE LA BARONNIE D'AMPLEPUIS ET DE LA SEIGNEURIE DE ROCHEFORT 1613. — La ligne séparative entre ces deux justices par tait de l'étang Perreton, sur la rivière d'Escouron, suivait le chemin passant au long des maisons de Bailligage, de la baronnie d'Amplepuis, et allant au bourg d'Amplepuis jusqu'à la garenne de la grange Pijan, lesdites garenne et grange de la seigneurie de Rochefort, de là suivait droite ment par les terres de la grange Pijan et de Philibert Forey, son voisin jusqu'au dessous d'une petite grange et d'une garenne, audit Forey, de la seigneurie de Rochefort, allait droit par les terres dudit Forey jusqu'à Tentrée d'un chemin et rue étant au-dessous du masaige Roddet et de la veuve de Pierre Gouttenoire ; suivait ledit chemin traver sant celui d'Amplepuis à Rochefort et, faisant entrée au long des Garennes Mortier, traversait la rivière de Ran sonnet par un viel chemin appelé la Rue de Paradis et montait le long de la terre de la Thibe, traversait le grand chemin d'Amplepuis aux Sauvages et à Tarare, passait derrière les maisons des Plasses, de la justice de Rochefort, de là allait au-dessus des maisons de la Claye, de la justice d'Amplepuis, continuait par le chemin allant de ce lieu à la Croix du Rapt ; de ladite croix suivait le grand chemin d'Amplepuis à Valsonne, au-dessus de la maison de Jean et Philibert Terrasse, appelée Poullet, de la justice d'Am plepuis, jusqu'à la place du Pray.
MONTAGNES, PUYS ET SOMMETS D'AMPLEPUIS i° Montlandan, situé au-dessus du bois \de la Pasquérie, à l'est de Montchervet, mentionné en 170 1. 2° Montchervet, autrement dit Montchalvet, Montchau vet, cité dès 1280 ; colline sur laquelle est bâti ì'ancien château de ce nom. 30 Montimbaud, 15 18; Montimbal, 1542; Montim bard, xvme siècle ; haut sommet entre Barberet et chez Canard. 40 Le Crez du Bois Fort, 1532 ; au nord de Rochefort. 5° Le Puis, 1550; entre les Fours et la Croze. 6° Le Mont de Sanières, 1476; le Puy du Pin, vers 1480 ; les Hauts de Berts, 1508 ; au nord de la Croze. 70 Le Puy de Cherpeneys, 1477 ; la montagne du Puy Chômât, 1532 ; à l'ouest de Ranson. 8° Le Puy du Pendant, 1620; le Puy, 1603; entre Chappet et chez Joannin. 90 Le Mont, 1344; le Mont de Sanières, 1478; au dessus du hameau du Mont. io° Cime du Bois Cherpin, 1632; à l'ouest du Mont. ii° Montclert, entre l'Advergnat et les Allués, 1510. 12° Cré du Puis, 1635 ; près des maisons de la Rivière. 130 Montagne de Montorzuel, 1532; au nord de chez Coutv. 14° Crêt Chastelard, 1640; à l'ouest du domaine de Royre. 150 Le Puy de Royre, 1532 ; au nord du crêt Chaste lard. 160 Puy Châtra, 1475; le Montet, 1476, au nord de chez Edouard. 170 Le Puy de Rebbé, 1 5 32 ; à l'est de Tancien château de Rébé. i8° Le Mont, 1477 ; à Test de Saint-Fortunat. 190 Le Puy de la Fully, 1475 ; au nord de Mioland 200 Montchard, 1592; crêt Libéral, xvme siècle, au nord de Eissachère. 2i° Montretru, 1459, chez Lavigne. 220 Le Monteillet, 1476 ; monticule ayant donné son nom au domaine dit du Monteillet. 230 Le Puys, 1461 ; le Puy de la Bourdanière, 1621 ; au midi de la Perroudière. 240 L'Ault de Montou, 1477 ; au nord-est des Nioules. 250 Montluizin, 1456 ; entre Berland, chez Chevenier, Silloux et chez Quentin.
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