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DE L'ÉTAT DES TERRES ET DES PERSONNES DANS LA PAROISSE D'AMBLAINVILLE (VEXIN FRANÇAIS) DU XII' AU XV- SIÈCLE PAU 4^Lymar DE MANNEVILLE BEAUVAIS IMPRIMERIE D. PERE. RUE SAINT-JEAN. — A. CARTIER, GÉRANT. 1SÍIII. DE L'ÉTAT DES TERRES ET DES PERSONNES DANS LA PAROISSE D'AMBLAINVILLE. DE L'ÊTAT DES TERRES ET DES PERSONNES DANS LA PAROISSE D'AMBLAINVILLE (VEXIN FltANÇAIS) DU XII' AL XV SIÈCLE TAU Aymar DE MANNEVILLE. BEAUVAIS Imprimerie D, PERE, rue Saint-Jean. 18110. AVANT- PKOPOS. Nous recherchions des documents sur le passé d'Amblainville, quand nous eûmes la bonne fortune de rencontrer le travail qui va être présenté au public. 11 est de ceux qui appellent l'attention ; c'est le fruit d'un grand labeur et l'œuvre d'un esprit droit, savant, réfléchi. C'est, en outre, la première étude de ce genre que nous connaissions sur notre département.
Elle a d'autant plus de valeur à nos jeux, qu'elle nous apporte le texte de plusieurs centaines de pièces intéressant l'histoire du Vexin. Par leur publication, ces pièces, qui font, en majorité, partie des Archives nationales, viennent, pour ainsi dire, reprendre leur place dans le trésor de nos archives de province. Nous pen sons qu'on ne saurait trop multiplier ces transferts intelligents; ca/, si , ce qu'à Dieu ne plaise , un malheur arrivait un jour au grand dépôt des Archives, des travaux du genre de celui-ci seraient un bienfait consolateur pour l'histoire et pour la science. L'auteur, Charles-André-Aymar de Manneville, né à Soissons le 2ì juin 1851, appartenait à notre département par sa famille paternelle, établie depuis la fin du siècle dernier au château du Fay, commune d'Amblainville , et à La Villeneuve-le-Roy.
II fit ses études au lycée de Reims, et, en sortant de cet établisse ment, il entra à TÉcole nationale des Chartes pour obtenir le brevet d'archiviste-paléographe, qui lui fut décerné en janvier 1876. Entre temps, il avait été attaché par M. Magne au service des Archives centrales du ministère des Finances, pour seconder M. de Boislisle, son cousin, dans le classement et la publication des Papiers du Contrôle général des finances conservés aux Ar chives nationales. Mais, atteint d'un mal cruel et irrémédiable presque au lendemain de sa soutenance de thèse d'archiviste, il succomba le 15 mars 1876, à Paris , et fut enterré cinq jours plus tard à La Villeneuve-le-Koy, dont la propriété lui était échue par la mort prématurée de son père. ij AVANT-PKOl'OS. Pour sujet de la thèse qu'il devait soutenir à sa sortie de l'École, M. de Manneville avait choisi la commune d'Amblain ville, contigué à celle de La Villeneuve-le-Roy, et sur laquelle le riche dépôt des Archives nationales, où il travaillait à côté de M. de Boislisle, lui offrait une très grande quantité de docu ments anciens; et ce sujet, il s'était attaché à le traiter d'après les données établies par M. Léopold Delisle dans son étude si connue sur l'état des classes agricoles en Normandie au moyen âge. « Ses examinateurs », lisons-nous dans la Bibliothèque de l'École des Chartes (1876, p. 134), «accueillirent cette étude avec les éloges les plus flatteurs.
Chapitre I. Amblainville
— SON TERRITOIRE. Amblainville est aujourd'hui une commune du canton de Méru, département de l'Oise. Son vaste territoire, qui s'étend sur plus de 2100 hectares, renfermait autrefois, outre le chef-lieu, plusieurs hameaux ou écarts : Sandricourt est le seul qui ait encore de l'importance ; les autres sont considérablement réduits , ou même ont disparu. Au point de vue ecclésiastique, avant 1789, Amblainville faisait partie de l'archevêché de Rouen, archidiaconé du Vexin français (1), doyenné de Chaumont. La juridiction appartenait au bailli de Pontoise, dans le ressort du parlement de Paris. Quant à civile, le pays dépendait de la généralité de Paris et de Télection de Pontoise. Sa population parait avoir toujours atteint un chiffre assez élevé : si, d'un côté, au xin° siècle, les habitations étaient moins proches les unes des autres qu'actuellement, le nombre des lieux habités alors , et qui ne le sont plus , permet de croire que le chiffre des habitants se rapprochait beaucoup de celui d'aujour d'hui (778 habitants).
Les renseignemenís que nous avons sur cette époque manquent de précision : le pouillé du diocèse de Rouen, rédigé dans les premières années de l'épiscopat d'Eudes Rigaud (1248-1275), donne 170 paroissiens ou chefs de famille (2). Vers le commencement du xiv° siècle, l'état des revenus de la châtellenie de Pontoise (3), dressé en 1332 pour rétablissement du douaire de la reine Jeanne de Bourgogne, contient les chiffres suivants : Amblainville, 106 feux; Sandricourt, 30 feux; Le Fay-aux-Anes, (1) En 1255, l'archevêque de Rouen établit à Pontoise, pour gouverner celte circonscription, un vicaire qui avait le titre de « vicaire i Pontoise et dans le Vexin français. » (Arcb. nat., S 213.) (2) Bibl. nat., lat. 11052, f 103. En prenant une moyenne de quatre per sonnes par lamille , on aurait, pour celte parlie du xiii' siécle, 680 ha bitants.
(3) Arch. nat., P 26, cote 89. DANS LA PAROISSE D'AMBLAINVILLE. 3 21 feux; total : 157. Mais le nombre des feux est en rapport avec la richesse du pays, non avec sa population. Celle-ci dut dimi nuer dans la seconde partie du xive siècle, et ne put se relever qu'à la fìn du xvc : le pays, étant sur le chemin des invasions anglaises qui venaient par la Normandie, fut plusieurs fois pillé et ruiné par les armées ennemies l). C'est l'abbé de Saint-Martin de Pontoise qui présentait à la cure d'Amblainville. Une charte, émanée de l'archevêque de Rouen, Hugues d'Amiens, et que dom Estiennot place vers 1146 2). porte que l'abbé de Saint-Martin a justifié de ce droit devant son supérieur ecclésiastique. Le revenu de cette cure était, au xur siècle, de 50 livres. 11 y eut deux curés jusqu'en 1107. A cette époque, l'un des titulaire.- étant mort, le survivant, Jean de Merly, demanda la réunion des deux parties sur sa tète, at tendu que les revenus étaient devenus insuffisants pour fournir à deux personnes le vivre et le vêtement (3).
Après examen de la requête par ordre du vicaire général de l'archevêque, il y fut fait droit, moyennant que l'abbé de Saint-Martin prendrait, en compensation, un muid de grain de rente annuelle sur les revenus de l'église. Voici les noms des curés d'Amblainville mentionnés dans les actes, du xin° au xve siècle : Garnier 1206, 121 í, 1221, 1223. Hainon 1234. Gilbert 1231, 1232. Garnier (í) 1236. Roger 1236, 1253. Thomas [Rouillé du diocèse). (1) Voyez les Pièces justificatives, 3 mars 1365 et 18 novembre 1121, á la suite du 4 septembre 1459. (2) Bibl. nat., lat. 12711, p. 230. Antiq. Velocassium. (3) 6 janvier 1467 a. s. — Fructus, reddilus et proventus ambarum por tionuin fuerunt et sunt adeo tenues et rari, quod exinde duo rectores sive curati ex eisdem victum et vestitum sibi necessarium invenire et in suis portionibus hujusmodi re3idere non possunt.
(4) Peut-être le même qu'un G. qui résigne sa portion entre les mains d'Eudes Rigaud, le 8 des nones de juin 1-258. Reg. visit., p. 309. DE L'ÉTAT DË.Ì TERRES ET DES PERSONNES Gautier du Plessis (Poutllé du diocèse). Pierre de Pontoise (Douille du diocèse). 1282. Gautier, Hugues 1295. Jean Bercher, Pierre Mengenl 1371. Jean Tarent 1 403. Nicolas Legros , Jean de Merly avant 1467. Jean de Merly seul 6 janvier 1467, démissionnaire en 1 480. Jean de LaumOne novembre 1 180. II y avait à Amblainville une léproserie. Un accord est passé, le 18 septembre 1275, entre les représentants de cette maladrerie et les chanoines de Saint-Victor de Paris, au sujet de la dime du vin. Ce sont six paroissiens (1) qui représentent les intérêts des malades; ils agissent en même temps nomine communiions, ce qui nous indique que notre paroisse était une communaulé, à la différence du village voisin de Villeneuve-Saint-Mellon, aujour d'hui LaVilleneuve-le-Roy, auquel Philippe-Auguste avait accordé, en 1200, les mêmes droits de commune que ceux dont jouis saient les habitants de Senlis (2), bien que, quatre ans aupara vant, par Tassociation formée avec le chapitre de Saint-Mellon de Pontoise pour la fondation du nouveau centre dans les bois d'Hénonville, il se fût engagé à n'y pas établir de commune [3).
Ce texte est du reste le seul où paraissent les administrateurs séculiers d'Amblainville. C'étaient les habitants eux-mêmes, et non un délégué spécial , qui faisaient les affaires de la communitas et passaient les actes sous leur responsabiliié individuelle (4). L'abbaye de Saint-Martin de Pontoise possédait, outre la cure, (l) Johannes dictus Faber, Petrus dictus Toispel , Johannes dictus Toispel , Angeranus dictus de Venencuria, Theobaldus Florie et Johannes dictus le Charon, tune de paroehia Ambleville. 18 septembre 1275. ì) Ordonnances, t. \i, p. 278. — Plusieurs copies de cette charte de commune se trouvent dans les cartuUires de Philippe- Auguste, entre autres dans JJ 26, f" 102. (3; Aich. nat., J 397, n» 4. Copie, K 191, n» 11, — Extrait dans Esliennot : Bibl. nat, lai. 12741 , p. 257. 1) Voyez L. Delisle : Cond. agric, p. 137.
I>A.\S LA PAROISSE D'aMHLAIN VILLE 5 un prieuré sous le litre de Sain [-Pierre. Estiennot place sa fondation vers 1120; il nous a laissé, d'après le cartulaire de Saint- Martin, malheureusement perdu, un extrait de la charte par la quelle Adèle de Moncy, assistée de Pierre et Grégoire, ses fils, et de Foulques lialegroud , son gendre, donne aux moines quicquid in ecclisiis Umblevillaz et in eadem villa habebant, sauf la dîme. le lies d'Ansculphe de Neuve-Rue et le ligamentum saccorum (ì). Je n'ai pu retrouver l'original de cette donation. 11 est certain que les moines de Pontoise avaient des possessions à Amblain ville dès le commencement du xne siècle, car Lévrier, d'après le même cartulaire, nous a conservé la transcription de la do nation d'un hôte à Amblainville, faite par Arnould Mauclavel, au temps de l'abbé Thibaut, qui mourut en 1123.
Quoi qu'il en soit , la chapelle de Saint-Pierre existait en 1 13t» : l'archevêque Hugues confirme en faveur des moines qui y rési dent les aumônes et oblations fuites par les paroissiens du lieu et par tous autres fidèles , et il relève en même temps les habi tants d'une excommunication prononcée contre eu\ par son prédécesseur, Guillaume Iìounc-Ame 2 . Une note écrite sur un feuillet de Tobituaire de Saitu Martin fixe le droit de procuration du par le prieur à l'abbé, au xiit siècle, à 30 sous (3). Le prieuré d'Amblainville avait lui-même une dépendance, la chapelle d'Hamecourt, sous le titre de Saint-Jean, à laquelle Philippe de Ueaumont, en 1195, donne 5 sous de cens à Cour célles, pour la fondation d'un anniversaire. Le revenu de cette chapelle est laissé à bail, le 5 septembre 1270, à Mathieu de Neuilly, prêtre , pour une somme annuelle de 20 sous, moyennant que le service divin \ sera régulièrement célébré comme auparavant. i.l) Saccorum consuetudû seu prxstatio saccorum ad iïumentum do minorum adducendum (Glossarium de Du Cangei. — Ici, c'est un droit de fermeture des sacs.
(2) Voir, à la suite de la confirmation archiépiscopale de 1U6, une lor.gue note du président Lévrier (Histoire du Vexinl sur tes circonstances dans lesquelles cette excommunication aurait été prononcée. (3) Lat. 13889, f» 189 V. Le prieur souffrit, comme tout le monde, des guerres qui, pendant la plus grande partie du xve siècle, désolèrent la contrée. Ea 1 124, dans une transaction qu'il passe avec Saint-Victor, qui lui devait une rente de trois muids de grain sur la dîme du lieu, nous lisons que, « depuis Tan mil quatre cens dix-huit, avoit et a eu presque continuellement guerre ès environs de Paris et en tour la ville de Pontoise, et que, pour lesdils empeschemens et autres, eu ladite ville d'Amblainville et terrouer d'icelle n'avoit esté riens labouré ne semé » (1). En 1459, nouvelle composition « pour cause que la terre d'Amblainville est en grant ruyne à l'occasion des guerres »; la rente est réduite à detix muids pendant six ans (2).
Les baux de maisons « en ruyne » passés à la même époque témoignent de Téíat dans lequel se trouvait le pays. J'ai relevé les noms suivants des prieurs d'Amblainville depuis le xinc siècle : Arnould 1214. Yves 1214. Bernier 1250, 1258. Robert de Dampont 1374. Pierre Boucher 1424. Jean de Nesle (Obit. saint Martin, i cal. april).. , 1476, 1177. Antoine Martinot {ibid., 3 non. decemb.) 11.. Gilles des Lyons [ibid. 17 cal. jun) 11.. Un autre prieuré existait sur le territoire d'Amblainville, celui de la Trinité du Eay, appartenant à Tordre des Malhurins. II élait là dès le commencement du xine siècle. Le bon accord ne régnait pas toujours entre les frères et le curé d'Amblainville, témoin une charte du doyen de Chaumont, du 14 août 1224, qui leur ordonne de vivre en paix à l'avenir, à peine de cent sous d'amende contre Tinfracteur.
En 1228, lesTrinitaires obtiennent, malgré Topposition de l'abbé de Saint-Martin, l'autorisation d'établir un cimetière au Fay, à condition que la sépulture n'y sera donnée à aucun paroissien d'Amblainville ou étranger dé cédé dans cette paroisse (3), sans Tassentiment des curés. Par (1) Arch. de Seine-et-Oise: prieuré d'Amblainville. (2) Arch. de Seine-et-Oise : prieuré d'Amblainville. (3 Nullum parrochianuni ecclesie de Amblevilla, seu quemlibet alium DANS LA PAROISSE D'AMBLAINVILLE. 7 lettres données à Pontoise, en mars 1258, le roi saint Louis amortit en faveur du ministre et des frères du Fay le lieu où sont bâtis le prieuré et la chapelle (I). D'autres établissements religieux avaient des propriétés á Am blainville. Saint-Victor de Paris y possédait une ferme impor tante, dont le revenu se montait, en 1790, à 6319 livres (2).
L'abbaye duVal, près TIsle-Adam, avait la ferme des Granges (les Granges de Beauvoir) et une aulre à Fromentel ; une déclaration de 1303 contient le détail des terres qui en dépendaient. Enlin la commanderie d'Ivry-le-Temple, distante de deux lieues environ, était propriétaire de quelques pièces de (erre sur le territoire Nous ne trouvons pas dans les chartes, au moins d'une façon constante, de famille portant le nom d'Amblainville. Un Ileimar d'Amblainville, assisté de ses sept enfants, passe, devant le comte de Beaumont, en 1165, un accord avec l'abbaye du Val (3); un Guillaume d'Amblainville figure comme témoin du même acte. Puis toute trace diparaît d'une si nombreuse lignée. Presque un siècle plus lard, une famille du pays joignit souvent ù son nom celui 'd'Amblainville, celle de Jean Bauche (i, qui figure dans des actes de 1218, 1253, 1265, et meurt avant 127 í, laissant deux fils, Simon et Étienne, qui prennent le titre d'écuyers.
Son frère, Thibaut, paraît dans la pièce de 1253. Enfin un autre frère, messire Philippe d'Amblainville, clerc, est doyen de Rouen en 1282. Sa nièce, damoiselle Marie des Prés ou d'Amblainville :> . extraneum in dicta parrochia decedentem, nisi regularis persona dece dens, fuerit vel aliqua persona calhedralis ecclesie in dignilate constituta que ibi eligat sepulluram. 22 février 1228 a. s. (1) Minisires de la Trinité depuis la fìri du un' siècle : fr. Raoul, 1279; fr, Arnoui, 1300; fr. Jean, 1323; Jean Langlois, 1347; Laurent de Par themonl, 1307; fr. Aubry, 1398; Jean Cbatel, doyen de Chaumont, 1470; Jean Chesneau, 1478; Jean Leguerre, 1481. (2) Lebeuf : Hist. dudioc. de Paris, édit. Cocheris, t. m, p. 602, n. 2. (3) Publié par M DouiH d'Arcq : Histoire des comtes de Beaumont, Preuves, p. 16.
(4) Inventaire des sceaux des Arch. nat., n» 1161. Croix fleuronnee. (51 Inv. des sceaux, w 2086. Son sceau ofïïe la représentation de la Vierge , sa patronne. est mariée à cette époque à Jean d'Ercuis, écuyer; les deux époux paraissent encore dans un acte de 1303. La seigneurie d'Amblainville relevait directement du roi à cause du château de Pontoise. Elle appartenait, au moins de puis la fin du xuc siècle, à la famille de Vallangoujard, une des plus anciennes du Vexin (1), dont la dernière héritière, Jeanne, épousa Jean de Villiers, maréchal de France, mort en 1137. Je donnerai rapidement quelques détails sur les membres de celte famille qui ont eu la seigneurie d'Amblainville, et je ré sumerai dans le tableau généalogique ci-contre les renseignements nombreux que m'ont fournis sur eux les documents du xme siècle.
Thibaut de Vallangoujard élait tils de Girard, qui, blessé mortellement au siège de Neufmarché, en 1152, se fit recevoir in extremis moine de Saint-Martin de Pontoise et fut, en cette qualité, enterré dans l'abbaye i2). Girard est inscrit dans l'obi tuaire, avec Marie, sa femme, au 5 des ides de février. Thibaut et sa mère ratifient, en 1105, une vente faile à l'abbaye du Val. Ce même Thibaut fut fait prisonnier dans le combat livré à Bi chard d'Angleterre, près de Gisors , le 28 seplembre 1198 3). Girard, l'alné de ses fils, chevalier (1206), épousa : 1° Agnès, 2° Jeanne (4). U fit un grand nombre de donations aux établis sements religieux. Son nom figure dans le dénombrement des fiefs du Vexin (5). Thibaut, son fils, chevalier, mourut en novembre 1243; il fut (1) D'après une note d'Estiennot (lat. 12711, p. 89), les Vallangoujard seraient une branche de la famille de Montmorency.
(2) Lévrier : Hist. du Vexin, I. un, pr. n° 50?. — C'est par ce Girard que les Vallangoujard sortiraient de la famille de Montmort-ncy. (3) Historiens de la France, t. xvn , p. 589; Ami. de Roger de Hoveden (4) Son sceau est inscrit sous le n» 3804 de l'Inventaire. L'écusson porte une croix pattée. (5) Girardus de Valengugart : campipartem de Ambleville et nemora ejusdem ville, et duo íeoda que dominus Johannes de Tria tenet de eo apud Amblevillam et apud Hayanvìller et apud Fay, et unum feodum quod Theobaldus, frater tjus, tenet de eo apud Amblevillam. (Dénom brement des fiefs du Vexin 1219-1223. — Lévrier, xiv, n° 824 , art. 87.) OANS LA PAROISSE 1MMRLAINVILI.E. 9 enterré à L'abbaye du Val , ainsi qu'un autre Thibaut, son oncle, qui mourut en juillet 1208 (1). II laissa un fils, Girard, qui, qua lifié d'écuyer en 1262, de chevalier en 1291, mourut le 10 no vembre 1292, et fut également enterré à l'abbaye du Val Anseau de Vallangoujard, fils de Girard, mourut en 1312 d'a près son épi taphe, qui se voyait dans l'église Saint-Martin de Vallangoujard (3).
Après lui, je ne trouve plus que des indications éparses sur les Vallangoujard •. Philippe de Vallangoujard, écuyer en 1310, et ses deux frères, Begnaut et Guillaume, chanoine de Bouen; Jean de Vallangoujard , écuyer en 1315, neveu de Philippe; Guillaume de Vallangoujard, chevalier en 1331 (i); ses héri tiers Tannée suivante (5). Enfin le dénombrement de la seigneurie, rendu en 1389, in dique un autre Philippe comme étant le dernier de la famille qui ait eu le fief d'Amblainville. La seigneurie passe alors à la maison d'Aumont, qui Tacquiert pour la, joindre à son domaine de Méru. Le 5 août 1399, le dé nombrement est rendu au roi par Pierre d'Aumont, dit Butin, chevalier, conseiller et premier chambellan du roi, seigneur d'Aumont, Méru et Amblainville [6). 1) Lebeuf : Hist. du dioc. de Paris, t. iv, p. 214.
Ila sont inscrits à To hituaire du Val (lat. 10999) : le premier, an 9 des calendes de décembre ; le second, au 5 des nones de juillet. (21 Son sceau (n° 3805) porte la croix pattée cantonnée de deux étoiles en chef et deux croissants en pointe. Deux autres sceaux du même in" 3806 et 3807) sont des lypes de fantaisie. (3) Bibl. nat. : Estiennot, lat. 12741, p. 433. (4) Arch. nat , P 26, cote 34. (Doue't d'Arcq : Comtes de Beaumont, Preuves, p. 804.) (5) Les hoirs feu M" Guillaume de Valengoujard, chevalier, tient du Rny en fié en la chastellenie (de Pontoise;, en toutes choses, à Amblainville, xxx I. de terre et vu arrière-ûez. Arch. nat., P 26', cote 32. (6) La seigneurie comprend deux fiefs, cent quarante arpents de terre, vingt-quatre arpents de bois . huit arpents de vignes et prés, le droit de champart sur Irois cents arpents, les cens en argent ou en nature, droits de justice et autres . et huit arrière-flefs.
Après lui, son fils Jean, dit Hutin, échanson du roi, tué à Azincourt, en 1415; Jacques , conseiller et chambellan de Philippe le Bon , duc de Bourgogne ; Ferry, l'un de ses fils, par suite d'un partage fait avec son frère aîné. Anne d'Aumont, fille de Ferry, épousa, en 1521, Claude de Montmorency, seigneur de Fosseux, et lui apporta la terre d'Am blainville, qui ne devait pas tarder à se réunir à celle de Sandri court, dont nous allons parler. Sandricourt n'était d'abord qu'un arrière-fief relevant de la seigneurie d'Amblainville. Petronille de Sandricourt, veuve en 1212, a deux enfants : Philippe, marié à Julienne (1218-1227), et Isabelle, mariée à Jean de LaBoissière, chevalier, en 1219 (1). D'autres Sandricourt paraissent dans les actes des années suivantes, sans qu'on puisse les rattacher certainement à la famille seigneuriale.
En 1259, Jean Charbonnel, écuyer, seigneur de Sandricourt (2), est marié à Isabelle, dont ii a un fils, Pierre; il est mort en 1200, et sa veuve remariée à Simon de Dampont, chevalier. La seigneurie passe dans la famille d'IIédouville , au commen cement du xive siècle, par le mariage de damoiselle Isabeau de Sandricourt avec Jean d'IIédouville, écujer (3). Guiot d'IIédou ville, écuyer, tient le fief de Sandricourt lors du dénombrement de 1399. Philippe d'IIédouville, maître d'hôtel du roi, appuie, en 1168, la demande d'union des deux parties de la cure d'Am blainville. C'est Louis d'IIédouville, son fils, qui donna à San- (1) Douët d'Arcq : Comtes de Beaumont, Preuves, p. 78. (2) Son sceau n'existe plus; il représentait un lévrier courant. Bibl. nat. : cart. de> l'abb. du Val. Lat. 10999, p. 160.
(3) Voyez la donation du 27 août 1309. — Le sceau d'Isabelle de San dricourt (Inv. n° 2396) la représente tenant un oiseau au poing ; de chaque côté du champ, un petit écusson parti au 1" d'un plein sous un chef chargé d'un petit quadrupède et d'un arbre (?), au 2°, de deux fasces à Toile de merlettes et un lambel. La dimension restreinte rend cette re présentalion peu distincte. DAMRLAINVILLE. 11 dricourt, le 25 septembre 1493, le fameux tournoi connu sous le nom de Pas des armes de Sandricourt, dont la relation a été réimprimée il y a deux ans (1). Louis d'IIédouville avait épousé, le 14 février 1195, Françoise de Rouvroy, fille de Jean de Rou vroy, seigneur de Saint-Simon; il mourut en revenant d'Italie, sans laisser d'enfants, et sa veuve donna, par testament de 1507, la terre de Sandricourt à Jean de Saint-Simon, son neveu , qui y réunit celle d'Amblainville, acquise du seigneur de Fosseux, son beau-frère.
Sandricourt fut érigé en marquisat en faveur des descendants de Jean de Saint-Simon, qui le conservèrent jus qu'en 1755. 11 ne reste aucune trace d'Outrevoisin : habitation seigneuriale, bâtiments d'exploitation , chapelle, tout a disparu au commencement de ce siècle. Robert d'Outrevoisin, en 1200, était marié à Isabelle; celle-ci ligure encore dans un acte de 1213, avec ses tils, Thibaut et Gau tier. Thibaut d'Outrevoisin, chevalier, épousa une des soeurs de Girard de Vallangoujard, Agnès. Un peu plus tard, il est fait mention d'un autre T.obert d'Outre voisin, d'Agnès sa femme (1227-1253), et de Jean , leur fils, curé de Qrover (?). Gace d'Outrevoisin, chevalier ,2), qui avait épousé Marguerite de Margicourt, et ses frères, Thibaut, écuyer, et Simon, écuyer en 1269, chevalier Tannée suivante, font plusieurs donations á Saint-Victor dans les années comprises entre 1250 et 1270.
(1) Le Pas des armes de Sandricourt, relation d'un tournoi donné en 1493 au château de ce nom , publiée d'après un manuscrit de la biblio thèque de TArsenal et t'iraprimê du temps, par A. Vayssière ; Paris, Willem , 1874, in-18. (2) Gace d'Outrevoisin figure parmi les « novi milites Penlhecostes » de 1256. Tab. de Jean Sarrazin. Historiens de la France, t. xxi, p. 346 j : « Gace de Outrevoisins, pro vadiis 100 sol., pro equo 24 Th., et palefridus, de rege inéant; »; et plus loin, p. 860 f: « Pro vadiis 100 sol , pro equo 33 lib., et palefrido 10 hb. » — L'écu de Gace d'Oalrevoisin porte une bande (Sceau u" 3130. Un autre membre de la famille, Herbert, est nommé dans un acte de 1259. A la fin du xme siècle, le nom de la famille d'Outrevoisin ne paraît plus dans aucune pièce : il est probable qu'elle s'éteignit et que sa seigneurie fut réunie à celle de Sandricourt, dont elle ne se sépara plus.
La seigneurie du Fay (Le Fay-aux-Anes) est la dernière de celles que renfermait le territoire d'Amblainville. En 1208, Guillaume du Fay, clerc, Petronille, sa sreur, et le chevalier Guillaume, leur neveu, font une donation à Saint-Victor. Guillaume avait épousé Marie de Rerville, fille de Gautier de Val langoujard et nièce de Thibaut (1). Névelon, leur fils, domicellus en 1212, chevalier en 1246, épousa : 1° Alice; 2° Mathilde. II fit plusieurs donations à l'abbaye du Val dans ses terres du Fay et de Berville 2 . Thibaut Chomart, chevalier, seigneur du Fay. est nommé dans une donation à la Trinité , de mai 1202. Au siècle suivant, Villain du Fay, chevalier, obtient, par lettres patentes du roi Jean, le 28 décembre 1355, l'autorisation de sonder une chapellenie dans sa maison du Fay et de la doter de 24 livres de rente.
II meurt sans avoir mis son projet à exécution; ses héritiers le reprennent cinquante ans plus tard, et, en mars 1 io5, Charles VI accorde à Pierre du Fay, écuyer, l'a mortissement des héritages sur lesquels sera assise la dotation de la chapelle (3), en échange d'une rente de 8 livres que tier de Villain avait droit de prendre sur la boîte au poisson de la halle de Paris. (i) Sur son sceau (n» 2127,, Guillaume du Fay est représenté à cheval, en costume de guerre ; le bouclier porte une bande. (2) On ajphsieurs sceaux de Névelon in" 1411, 2130 et 2131) ; ils por tent la bande —Voir la descendance de Guillaume au tableau de la famille de Vallangoujard. (3) L'hôtel du Fay et ses dépendances, deux arpents de jardin, dont trois quartiers en vigne et cinq autres plantés d'arbres à fruits, un quar tier de bois , cinquante arpents de terre, la dîme de quatre journaux, les cens en argenl et en nature , droits de justice et autres.
D'AMBLAINVILLE. 13 Dans le dénombrement de 1399, le Fay, arrière-fief d'Amblain ville, est tenu par Gillot de Fresnel, écuyer. Celte petite seigneurie ne fut jamais réunie au domaine de Sandricourt : au xvi8 siècle, elle était possédée par la famille de Monlhiers, qui fournit plusieurs lieutenants de roi à Pontoise; ils la conservèrent jusqu'à la fin du siècle dernier, et le Fay est encore entre les mains de leurs héritiers.
Chapitre II
ÉTAT DES TERRES Tout domaine seigneurial, lorsque la féodalité est arrivée à son entier développement, présente la même division en deux parties : Tune, que le seigneur conserve pour lui et qu'il exploite, soit par lui-môme, soit par ses hommes, à qui il concède des terres sous certaines conditions; l'autre, qu'il donne en fief, et pour laquelle ses feudataires relèvent de lui comme il relève de son propre suzerain. Suivant leur condition, les terres peuvent encore être classées en terres nobles et non nobles. Les premières n'obligent qu'à des services nobles, et, avant tout, au service militaire (I); les terres roturières assujettissent leurs possesseurs au payement de rentes en argent ou en nature et à des corvées. Le possesseur d'un fief doit la foi et hommage à son suzerain. U n'y a pas que les terres qui puissent être données en fief : les dignités, les droits féodaux , les renies sont parfois Tobjet de concessions semblables.
En 1185, Philippe du Fresnoy donne en fief à Thibaut de Vinnecel une rente de grain sur la dîme d'Am blainville, pour laquelle il lui devra Thommage et 20 sous à titre de service féodal (2). En 1206, Thibaut d'Outrevoisin, Adam de Vinnecel et Thibaut de Vallangoujard tiennent chacun en fief (1) Maria du Fay, unum feodum et unum aliud feodum , unde débet exercitum et equitatum ad suum custum. Dénombrement des fiefs du Vexin sous Philippe-Auguste : Lévrier, xiv, n» 824 , arl. 93.) 2) 1185. In feodum et in homagium, duos modios et dimidium bladi et unum mortium avene et unum tractum in décima Ambleville un certain revenu sur le produit de la dîme : ils devront, pour ces fiefs, Thommage à Saint-Victor, nouveau propriétaire de la dime (1). Enfin, en 1219, Anseau de Boulonville se reconnaît tenu de la foi et hommage envers l'abbaye du Val pour une rente sur son champart à Noisement (2).
Dans le droit féodal pur, les fiefs ne pouvaient être tenus que par des nobles; mais la règle ne tarda pas à se relâcher : sur les huit arrière-fiefs de la seigneurie d'Amblainville, en 1399, trois, et peut-être quatre, sont tenus par des roturiers 13). La partie du domaine dont le seigneur s'est réservé la pos session comprend les terres qu'il cultive lui-même et celles qu'il a concédées à des tenanciers roturiers moyennant une rede vance, les censives. Cette concession est perpétuelle comme le fief; mais elle en diffère par la nature des services dus. En prin cipe, le fief ne doit jamais de prestations pécuniaires, tandis que la censive astreint le tenancier au payement de rentes en argent ou en nature et à des corvées (i). C'est en grande partie au moyen des corvées que le seigneur faisait cultiver les terres qu'il exploitait lui-même; mais, dès le xnie siècle', il trouve plus avantageux de les donner à ferme et d'en loucher le revenu sans avoir Tembarras de la culture.
Ces concessions sont faites moyennant le payement d'une rente an nuelle, en argent ou en nature, et souvent aussi de redevances; elles varient beaucoup quant à leur durée. i 31 décembre 1206. Primum feodum tenet Theobaldus de Utreveisin, de qno débet ecclesie Sancti Victoris homagium et omne servicium, etc. (2) 1219. De feodo predictorum duorum modiorum bladi et unius modii avene, ego et heredes meifidelitatem et homagium ecclesie Vallisfaciemus. ;3) Ces arriére-feudataires roturiers sont : les héritiers de Manessier le Picarl; Pierre Hugier, d'Ibou villers -, Pierre Lemaire , d'Arronville, et Thibaud de Chavençon , demeurant à. Ponloise. Dénombrement de 1399, p. 26. ii) On verra, en parcourant le dénombrement de 1399, qu'un censitaire pouvait devoir un quart ou un huitième de poule ou de chapon ; c'était une conséquence de la division des tenures entre les membres d'une fa mille.
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