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Géographie générale; physique, politique et économique. ... Avec ... cartes ... gravures, etc

Louis Grégoire · 1876 · Scanned text

607,247 words · about 42 h 31 min to read

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About this book

Author
Louis Grégoire
Language
French
Published
1876
Length
607,247 words · about 42 h 31 min
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11 reader sections
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GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE PHYSIQUE, POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE FAU L GREGOIRE Docteur ès lettres, professeur d'histoire et de géographie au lycée Fontanes Auteur du Dictionnaire encyclopédique il'ïïistoire, de Géographie, etc., etc P A-RIS 'î -vRNIER FRÈRES, LIBRAIRES-EDITEURS (i , un; DES SAINTS - PÈSES, 6 i87<; L. GRÉGOIRE GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE ILLUSTRÉE Irap Testa *8cMassin.,Pan.s Garruer Frères, Edit Pans CHEF INDIEN (Amérique du Nord) GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE PHYSIQUE, POLITIQUE ET ÉUONOIIIQUE •Al L. GREGOIREjJ Douleur ès lettres , Professeur d'Histoire et de Ciéo^raphie au lycée Fontanes. Auteur <lu iikiioi -< . ii. i. i..|i, iiii|u. .1 lli-ciui . . de Uéugruiiliic, etc. AVEC 100 CARTES DE NOMBREUSES GRAVURES INTERCALÉES DANS LE TEXTE, TYPES EN CHROMO ET GRAVURES SUR ACIER. HORS TEXTE PARIS GARNIER FRÈRES, LIBR AIR ES - ÉDITEURS t) , RUE DES SA1NTS-PÈUES, 6 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE, POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE LIVRE PREMIER NOTIONS DE GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE CHAPITRE PREMIER GÉOGRAPHIE MATHÉMATIQUE.

La Géoghai'hie (des deux mots grecs -pí et YP«'f"v) est la description de la Terre. La Terre que nous habitons fait partie du système solaire ou planétaire, qui comprend le Soleil, les Planètes et leurs satellites, les Comètes. Le système solaire appartient lui-môme à un groupe d'étoiles. § 1. — La Terre dans l'espace. La Terre, qui nous parait si vaste, et que, malgré tant d'efforts et de progrès récents, nous ne connaissons encore que d'une manière imparfaite, est un point dans l'espace infini. Ainsi, le Soleil, centre du monde, dont nous faisons partie, a une surface 12,000 fois plus étendue que celle de la Terre; son volume est 1,372,000 ou 1,407,124 (Ann. du Bureau des longitudes) fois celui de la Terre. Le Soleil lui-même n'est qu'une étoile et non pas l'une des plus considérables; le nombre des étoiles est immense, on n'en voit guère que 8,000; mais le télescope en fait découvrir chaque jour de nouvelles, à mesure que, perfectionné, il devient plus puissant pour sonder les profondeurs mystérieuses de l'intìni, et toutes ces étoiles sont autant de soleils qui doivent être entourés de leur cortège de planètes.

Ces étoiles sont à des distances énormes; on a calculé que l'étoile a de la constellation du Centaure est à 8,1103,200 millions de lieues de la Terre, et que la lumière nous arrive seulement après 3 ans et demi; c'est cependant la plus rapprochée de notre système planétaire. La lumière de YEloile polaire met 31 ans à nous parvenir; la Chèvre est à 170,392,000 millions de lieues; sa lumière arrive à la Terre en 71 ans. L'étude du inonde et de notre Terre dans ses rapports avec le monde est l'ohjet de l'Astio-> nomie et de la Cosmographie. Nous ne nous occuperons que de notre planète; c'est l'objet spécial de la Géographie. % 2. — La sphère : axe, pôles, équateur; hémisphère, points cardinaux, rose des vents; boussole. La Terre est une planète de forme sphérique, aplatie aux deux extrémités de son axe et renflée à Téquateur, par suite de la force centrifuge.

Chapitre II Nomenclature

GÉOGRAPHIQUE. La géographie, ou description générale de la Terre, comprend : l°La géographie physique, ou description du sol, divisée en orographie (deopo;, montagne; Yfácpco, je décris), description des montagnes; — et hydrographie (SSwp, eau, et ypáçw, je décris), description des mers, des fleuves, etc. 2° La géographie politique , ou description des États, étude de leurs divisions administratives, de leurs villes, etc. 3° La géographie économique, comprenant Tindication de leurs ressources minérales, agricoles, industrielles, de leur commerce; la statistique de leurs forces productives, etc. I 1. - Surface terrestre. - Continents, iles, presqu'îles, groupes, archipels, attolons, écueils, récifs ou brisants, hauts-fonds, banos de sable. - Presqu'îles, isthmes, caps. - Côtes, plages, falaises, dunes.

Avant d'aborder l'étude de la géographie, il est nécessaire de donner la nomenclature et 1 explication des principaux termes en usage, L'ensemble des terres qui s'élèvent au-dessus de la surface des eaux ne forme que le quart dela surface générale du globe. Les terres présentent deux vastes espaces continus ; c'est ce quon nomme continents : l'ancien continent comprend TAsie, TAfrique TEuropec'est le plus vaste; le nouveau continent comprend les deux Amériques; on le 'nomme ainsi parce qu'il a ete découvert, d'une manière certaine et définitive, par Christophe Colomb en 1492- Au S.-E. de l'ancien continent, parmi les terres moins étendues, répandues dans Timmen sité de l'Océan, et qui forment une cinquième partie du monde, appelée pour cela Océanie, on trouve un continent beaucoup moins vaste que les deux autres ; on lui a donné d'abord le nom de Nouvelle-Hollande; on Tappelle avec plus de raison Continent austral, ou Australie.

Une ile est une terre , moins grande qu'un continent, et entourée d'eau de tous côtés; quelques géographes considèrent TAustralie comme la plus grande des îles ; les principales îles par Tétendue sont la Nouvelle-Guinée, Bornéo, Sumatra (dans TOcéanie) ; Madagascar (en Afrique) ; Ni phon (en Asie); Cuba (en Amérique); la Grande-Bretagne (en Europe). Une réunion d'iles s'appelle groupe , quand elles couvrent une étendue de mer assez considérable, c'est un archipel. Ce nom, d'abord donné aux îles situées entre la Grèce et TAsie , s'applique à tous les groupes d'iles qui sont dans les mêmes conditions, coinme l'archipel des Antilles, en Amérique. Les attolons sont des groupes d'îles basses, madréporiques, entourées de ceintures de corail, comme les Maldives au S. de TAsie ; les îles Pomotou dans TO céanie; les Cayes, les Jardins, près de Cuba; les îles Lucayes ou de Bahama; les Seychelles à TE. de TAfrique.

Les écueils, récifs ou brisants sont des rochers qui s'élèvent au-dessus de Teau ou sont un peu au-dessous de la surface. Quelques - uns sont formés de forêts de coraux, comme ceux de la côte septentrio nale de TAfrique ou du littoral de l'ìle de Sardaigne. On trouve dans presque toutes les mers des parties de terre plus ou moins éten dues, qui sont près de la surface des eaux ; ce qu'on nomme bas-Fonds ; — on devrait plutôt dire les hauts-fonds ; — quand ces bas -fonds sont formés par des sables ac cumulés, on les appelle bancs de sable ; c'est là généralement que les poissons se réunissent en grande abondance, et plu sieurs ont une vaste étendue, comme le banc de Terre-Neuve, à TE: de TAmérique septentrionale. Falaise. On appelle presqu'île ou péninsule une portion de terre environnée d'eaux de toutes parts et ne tenant à la terre que d'un seul côté comme la Morée au S. de l'Europe, la Crimée au S. de la Russie.

On réserve habituelle ment le nom de péninsules aux presqu'îles qui se rattachent au continent par une étendue de terre au moins assez considérable, comme la péninsule Ibérique, au S.-O. de TEurope; la péninsule Arabique, au S.-O. de TAsie. L'isthme est la portion de terre, généralement étroite, qui joint une presqu'île au continent, comme Tisthme de Corinthe, au N.-E. de la Morée ; Plages avec cocotiers. Tisthme de Pérékop, au N. de la Crimée; - ou qui unit deux portions de terre plu, étendues, comme Tisthme de Panama entre les deux Amériques L'extrémité d'une terre qui s'avance dans la mer se nomme cap, promontoire noinle comme le cap de Bonne-Espérant au S. de TAfrique. promomout, pointe, Les côtes ou littoral sont les parties de terre baignées par la mer ; quand elles sont basses, on les appelle plages ou grèves; quand elles sont droites et escarpées, falaises; quand elles sont bordées de monticules de sable, dunes. ï 2. — Plaines, déserts, oasis. — Vallées, grottes. — Plateaux. — Montagnes : chaînons, contre-forts système, nœud, pied, flanc, sommet, col, défilés; altitude; limite inférieure des neiges, glaciers. — Volcans, cratères.

La surface des terres n'est pas uniforme ; il y a des parties plates, des parties profondes, des parties hautes, qui forment ce qu'on nomme le relief du sol. Les parties plates s'appellent plaines ; leur surface ne présente que de légères ondula tions ; l'une des plaines les plus vastes est celle qui s'étend de la France septentrionale, par la Belgique, la Hollande, l' Allemagne du Nord, la Russie, jusqu'en Sibérie, où elle se pro longe jusqu'à l'exti'éinité orientale de l'ancien continent. Ces plaines sont fertiles ou stériles ; dans ce dernier cas, on leur donne généralement le nom de déserts, quand elles sont privées d'eaux, rebelles à la culture, inhabitables ; on nomme oasis, surtout en Afrique, les quelques cantons fertiles que renferment les déserts. Le» pampas. Ces déserts ne sont pas tous dans les parties les plus basses des continents; plusieurs occupent les parties supérieures de plaines élevées ou plateaux, commes les déserts de Perse et de Gobi ; — ils ne sont pas tous sablonneux, comme le Sahara ou les déserts d'Arabie ; plusieurs sont marécageux ou bien encore se couvrent d'herbes que les chaleurs dessèchent complètement.

On leur donne différents noms, suivant les différents pays et aussi d'après leurs différents aspects : steppes, dans la Russie méridionale et le Turkestan ; toundras, en Sibérie ; Jungles, dans les Indes ; karrous, au S. de l'Afrique ; savanes, llunos, pampas, paramos, en Amérique ; landes et bruyères, en France, en Hollande, en Allemagne ; parameras, en Espagne ; maremmes, sur les côtes d'Italie ; maquis, en Corse et en Algérie. Les parties profondes de la surface terrestre sont les vallées, espaces resserrés entre deux montagnes ou entre deux rameaux d'une même chaîne. La vallée est longitudinale, lorsqu'elle a la même direction que les chaînes de montagnes, comme la vallée supérieure du Rhône (le Valais en Suisse)-; la vallée est transversale, lorsqu'elle est perpendiculaire à l,i chaîne, comme la vallée supérieure de la Garonne par rapport au Pyrénées.

Les vallons, les ra\ins sont des vallées plus petites ou plus étroites. Les grottes ou cavernes sont des cavités dans la surface des terres, dues aux bouleverse nt *n!s géologiques des âges primitifs ou à l'action lente des eaux. Quelques-unes de ces grottes sont très-étendues, très-contournées, d'un aspect pittoresque. On appelle stalactites les masses calcaires, aux formes variées et bizarres, qui pendent aux voûtes des cavernes , et stalagmites, celles qui reposent sur le sol. Les parties hautes de la surface des terres sont les plateaux et les montagnes. Les plateaux sont des pays étendus, élevés au-dessus du niveau de la mer, dominant les pays d'alentour, quelquefois entourés de hauteurs plus grandes, quelquefois surmontes de montagnes considérables. Ainsi le plateau d'Auvergne, en France, haut de 750 mètres, supporte les montagnes de ce nom; le plateau de l'Iran, haut de 900 à 1,200 mètres, est entouré de montagnes de tous les côtés; le plateau d'Anahuac, au Mexique, de 1,800 a 2,700 mètres, est dominé par des montagnes, comme le Popocatepetl et l'Onzaba ; le pla- Intérieur d'une caverne. eeau de Bolivie, dans l'Amérique du Sud, haut de 4,000 mètres, est lui-même couronné de sommets beaucoup plus élevés.

Les hauteurs au-dessous de 650 mètres s'appellent collines, monticules, tertres, bulles, mornes. Les hauteurs au-dessus de 650 mètres sont les montagnes, qu'on range en plusieurs classes suivant leur élévation. On admet généralement que les montagnes ont été formées par voie de soulèvement, par suite de l'action des feux intérieurs. Beaucoup de géologues assignent différents âges à ces soulèvements de l'écorce terrestre. Les montagnes sont quelquefois isolées, comme en Abyssinie (Afrique), où on les nomme ambas; elles supportent une plaine, qui est en quelque sorte suspendue au milieu des airs. On trouve des ambas de cette nature dans l'Hindoustan, à l'O. de la Chine, etc. c Les montagnes habituellement réunies, au moins par leur base, d'une manière plus ou moins régulière, forment une chaîne (sierra, chez les Espagnols ; serra chez les Portugais); de la chaîne se détachent des. ramifications, ou chaînons, qu'on appelle contre-forts, quand Montagne et glacier. ils sont plus ou moins perpendiculaires à la chaîne.

L'ensemble d'une chaîne et de ses chaînons, ou contre-forts, forme un système de montagnes. On appelle nœud le point de jonction de deux ou plusieurs chaînes. Le pied ou base d'une montagne est la partie où la montagne commence à s'élever drns la plaine ou sur le plateau; les flancs, pentes, revers ou versants sont compris entre le pied et la partie la plus élevée de la montagne ; on donne souvent le nom de croupe à l'extrémito la plus haute de la pente. Vient ensuite le sommet, le faîte, la crête, parfois Yarète de la montagne, la cime, le point culminant. • Les sommets d'une chaîne portent différents noms, suivant leurs formes : pic, piton, dent, cylindre, ballon, dôme, puy, aiguille, corne, brèche, table, etc., etc. L'arète, en Rabaissant, présente des passages plus ou moins étroits pour franchir la chaîne ; on les nomme cols, défilés, gorges, ports, pas, pertuis, portes, pyles (les Portes Caspiennes dans le Caucase, les Thermopyles en Grèce).

L' altitude d'une montagne est son élévation au-dessus du niveau de la mer ; ainsi l'altitude du mont Everest, la plus haute montagne du globe, dans l'Himalaya, est de 8,588 mètres au-dessus du niveau de la mer ; l'altitude du mont Blanc, dans les Alpes, le plus haut som met de l'Europe, est de 4,810 mètres. Glacier avec ses moraines. A mesure qu'on s'élève sur une montagne, la température s'abaisse et la végétation diminue de force, les arbres remplacent les cultures ; puis viennent les arbustes, les pâturages, les herbes, enfin la région des roches nues et des neiges perpétuelles. La limite infé rieure de ces neiges va graduellement en s'élevant des pôles à l'équateur ; vers le 78° lat. N., elle est de 300 mètres ; au 65°, de 1,500 mètres ; au 45°, de 2,550 mètres ; au 20°, de 4,600 mètres* ; sous l'équateur, de 4,800 mètres, suivant Y Annuaire du Bureau des longi tudes. — Dans les montagnes élevées on trouve les .glaciers, peu étendus sur les sommets des montagnes ; plus considérables, mais aussi plus variables, entre les sommets, au com mencement des hautes vallées ; leur partie inférieure, formée d'amas de sable, de gravier, de pierres, s'appelle moraine; leur surface ressemble souvent à une mer agitée qui aurait été soudainement gelée ; la plupart marchent lentement, à la manière des fleuves, et parfois leur chute détermine de terribles avalanches.

Mais les glaciers forment les sources qui alimentent les fleuves principaux, et c'est au moyen des glaciers qu'on peut gravir des montagnes, d'ailleurs inaccessibles, en taillant leur glace,, moins dure que celle des mers et des fleuves. Les volcans sont généralement des montagnes trachytiques, qui vomissent des laves, des gaz, de lá boue, de Teau. Comme la plupart sont à peu de distance de la mer, on a supposé que leurs éruptions avaient pour cause principale Tintìltration des eaux marines à Tintérieur de la terre, et la transformation de ces eaux en vapeur, lorsqu'elles rencontrent des matières en combustion. C'est aussi la cause probable des tremblements de terre. L'orisice par lequel se fait Téruption d'un volcan se nomme cratère. Les volcans qui n'exhalent que des gaz s'appellent solfatares ou salses.

Si les volcans éteints sont pour la plupart dans Tintérieur des terres, les volcans actifs sont près de la mer, et presque toujours rangés en ligne « comme les cheminées d'une grande faille (déchirure) » ; on les trouve surtout en grand nombre autour du Grand Océan, où ils forment comme une sorte de cercle de feu. 'i 3. — Surface des eaux : les océans, mers intérieures, manches; golfes, baies, anses, rades, ports détroits; ondes, vagues, marées. L'Océan enveloppe les terres et couvre les trois quarts de. la surface du globe. II se compose de cinq grandes parties, qui portent également le nom d'océans. Les parties des océans qui pénètrent plus ou moins dans Tintérieur des terres sont les mers proprement dites : la mer du Nord, la mer de la Chine, etc. ; on les appelle mers intérieures, quand elles ne communiquent avec d'autres mers que par des détroits : mer Méditerranée, mer Baltique, mer Noire.

On nomme manches les parties de mer qui, d'un côté, communiquent avec une autre mer par une ouverture assez large ; de l'autre, vont sans cesse en se rétrécissant, comme la Manche, entre la France et TAngleterre, très-peu large à son extrémité N--E., au détroit du Pas-de-Calais. Les golfes, baies, anses, rades, sont des parties moins considérables de la mer qui pénètrent dans Tintérieur des terres; la rade offre un abri aux vaisseaux contre les vents ; elle précède ordinairement le port, espace plus resserré, presque toujours creusé ou approprié par la main des hommes pour recevoir les vaisseaux en toute sécurité ; les ports se trouvent sur le littoral mème de la mer ou sur des fleuves, à une distance plus ou moins grande de Tembouchure, lorsque la marée s'y fait sentir et que les bâtiments peuvent y remonter.

Un détroit est un bras de mer resserré entre deux terres, el unissant deux mers ou deux parties de mer ; on emploie encore les mots canal, pas, goulet, bouches, pertuis, phare, etc. La surface des mers est sans cesse agitée par les vents, qui produisent des ondes, des vagues, des lames, des flots, suivant Tintensité de ces vents ; la profondeur des eaux n'en paraît pas affectée, -même dans les plus grandes tempêtes. II y a de plus des courants, les uns variables, causés surtout par les vents ; les autres réguliers et déterminés. Enfin l'un des mouvements les plus remarquables des eaux de l'Océan est celui des marées; elles sont produites par Tattraction de la Lune et du Soleil; deux fois par jour les eaux s'élèvent et deux fois elles s'abaissent , chaque jour les marées arrivent 50 minutes environ moins vite que le jour précèdent, parce que la Lune, dont Taction est bien plus forte que celle du Soleil, retarde chaque jour son lever de 50 minutes ; lorsque les deux actions se combinent, connue après la nouvelle ou la pleine lune, les marées sont beaucoup plus hautes ; lorsque la marée s'élève, c'est la marée montante ou le flux; lorsqu'elle se retire, c'est la marée descendante ou le reflux.

Les inégalités du fond de la mer, la position des côtes, leur pente plus ou moins rapide, la largeur plus ou moins grande des mers et des détroits, les cou rants, les vents, exercent une grande influence sur la hauteur des marées ; elles sont peu sensibles en pleine mer et sur les côles des îles situées au milieu des océans ; elles sont, au contraire, très-fortes dans la Manche, dans le golfe de Saint-Malo, par exemple; et, de l'autre côté de TAtlantique, dans la baie de Fundy (Amérique septentrionale). Dans la zone torride, elles se propagent assez régulièrement de TE. vers TO. ; dans la zone tempérée boréale, elles arrivent du S. ; dans la zone tempérée australe, elles viennent du N. ; dans les zones glaciales, elles sont beaucoup moins sensibles. Dans les mers intérieures, comme la Méditerranée, la mer Baltique, le golfe Arabique, elles sont également peu sensibles; mais dans le bassin plus étendu de la Méditerranée orientale elles s'élèvent plus haut que dans le bassin de Touest.

Quelquefois, sans aucune cause apparente, la mer se soulève, s'agite comme dans une tempête et se précipite violemment sur les côtes : c'est ce qu'on nomme ras de marée; ce phénomène se produit surtout dans les zones équatoriales. On n'en connaît pas les causes d'une manière positive, mais les effets sont souvent désastreux. I 4. — Eaux courantes : sources, fontaines, ruisseaux, torrents, gaves, fleuves, rivières, rive droite, rive gauche, gués; confluent, embouchure, barres d'eau, delta; affluents, marigots; chutes, cascades, cataractes, rapides. Bassins et versants. Ligne du partage des eaux; ceinture d'un bassin. — Canaux, biefs, écluses. — Lacs, étangs, marais, lagunes. La surface des terres est généralement arrosée par des eaux vives, qui vont porter partout la fécondité et la vie. Ces eaux vives sont produites par Tévaporation constante des eaux de l'Océan; la vapeur d'eau s'élève, et, poussée par les venls, forme les nuages qui vont s'abattre en pluie sur les terres, ou qui s'accumulent souvent autour des hauteurs, collines et montagnes, s'y condensent et s'insinuent dans les fentes, entre les couches des roches.

Lorsque les montagnes ont une plus grande élévation, ces nuages et ces brouillards humides se changent en neiges et en glaces, dont une partie plus ou moins considérable se convertit en eau, qui coule le long des pentes ou sort des glaciers. Telle est Torigine de la plupart des cours d'eau qui sillonnent les terres, se réunissent, et vont, après des détours plus ou moins longs, se perdre dans la mer. Les eaux vives qui sortent de terre, généralement sur les flancs des montagnes et des collines, sont des sources, des fontaines; plusieurs présentent des phénomènes curieux, mais faciles à expliquer, comme les fontaines intermittentes, les sources jaillissantes. Les plus petits cours d'eau s'appellent des ruisseaux ou des torrents, lorsqu'ils coulent rapidement dans un pays de montagnes, surtout après de grandes pluies ou à la fonte des neiges ; dans les Pyrénées , on les nomme des gaves.

Les fleuves sont de grands cours d'eau qui se jettent dans la mer; les rivières, des cours d'eau moins étendus qui se jettent dans la mer ou dans un fleuve. II est difficile de déterminer d'une manière absolue quand le cours d'eau qui se jette dans la mer est un fleuve ou doit être considéré comme une rivière ; c'est Tusage qui devient la règle. Le lit d'un cours d'eau est le canal dans lequel il coule ; le thalweg (chemin de la vallée) est la partie la plus creuse du lit. Les rives d'un cours d'eau , lorsqu'elles sont en pente plate, s'appellent grèves; talus, lorsqu'elles sont en pente douce; berges, lorsqu'elles sont en pente rude ou droite. La rive droite est la rive à la droite de celui qui descend le cou rant; la rive gauche est à sa gauche. En général, dans les parties sinueuses d'un cours d'eau ayant quelque importance, les talus occupent les angles saillants, et les berges les angles rentrants ; les plus grandes profondeurs sont au pied des rives escarpées ; aussi les gués, c'est-à-dire les endroits où les rivières peuvent être passées à pied, sont-ils presque toujours dans les parties droites.

Un confluent est Tendrait où deux cours d'eau se réunissent. Un cours d'eau se jette dans la mer par une embouchure; lorsqu'elle est longue et large, on la nomme estuaire; alors, grâce aux marées, les eaux douces et les eaux salées se succèdent sur le fond d'un même lit. Beaucoup de fleuves forment des barres de sable à leur embouchure. Parfois la mer, refoulant Teau du fleuve, produit une barre d'eau qui se pré cipite comme une sorte de montagne aquatique, en remontant le lit du fleuve ; c'est ce qu'on nomme mascaret dans la Seine et la Gironde ; c'est le terrible pororoca de TAmazone, le grand fleuve de TAmérique méridionale. Plusieurs fleuves se jettent dans la mer par plu sieurs bouches, comme le Pô (en Italie), le Danube (en Turquie), le Nil (en Égypte), le Sind, le Gange (lans THindoustan), etc.; alors le pays compris entre ces bouches se nomme delta, parce qu'il a à peu près la forme de la lettre grecque de ce nom, \.

Les affluents d'un cours d'eau sont les divers cours d'eau qu'il reçoit; on donne parfois le nom de marigot (il est surtout usité dans l'Afrique occidentale) à une sorte de bras fie rivière qui se remplit pendant les crues et coule vers la rivière, tandis qu'il se vide pendant les basses eaux et semble s'échapper de la rivière. On dit d'un point qu'il est au-dessus ou en amont (a monte) , au-dessous ou en aval (a valle) d'un autre lieu, lorsqu'il est plus près de la source ou de l'embouchure. Les rivières « ces chemins qui marchent » sont flotlab 'es quand elles ne peuvent porter que des radeaux; elles sont navigables quand elles peuvent au moins porter des bateaux. i Lorsque le lit d'un cours d'eau change brusquement de niveau , il forme une chute; quand c'est un petit cours d'eau, la chute se nomme cascade; il y a des cascades de 300 mètres de hauteur dans la Scandinavie ; quand c'est un grand cours d'eau, la chute se nomme cataracte , comme la cataracte du Niagara dans TAmérique du Nord.

On nomme rapides , sauls , brisants , les chutes moins considérables; les fameuses cataractes du Nil ne sont, en réalité, que des brisants. Le bassin d'un cours d'eau est tout le pays arrosé par ce cours d'eau et par ses affluents; les grands bassins sont ceux des fleuves ; les bassins côtiers sont ceux des rivières moins importantes qui se jet tent dans la mer. On appelle versant d'une mer la surface inclinée vers une mer, qui comprend les bassins de tous les fleuves et rivières qui se jettent dans celte mer. Le bassin d'une mer est l'ensemble de tous les versants dont les eaux se jettent dans cette mer. Ainsi, le versant français de la Manche comprend les bassins fran çais dont les eaux sont tributaires de la Manche; le bassin de la Manche comprend, en outre, le versant anglais de la Manche, c'est-à-dire tout le territoire anglais ar rosé par des cours d'eau qui se jettent dans cette mer.

Les versants sont séparés entre eux par des lignes de hauteur, qui déterminent la pente des eaux en sens opposés , lignes de faite, lignes de partage des eaux, arêtes hydrographiques. Ces lignes sont généralement indiquées par des monta- Cascade au Brésil gnes ou des collines, parfois il n'y a que des plateaux peu élevés, de faibles ondulations de terrain ; quelquefois même la séparation des eaux est à peine marquée par des lignes géo métriques ; et des rivières de versants différents peuvent communiquer entre elles, surtout pendant les hautes eaux ; ou bien des lacs, des marécages forment la limite presque indécise des deux versants. Le bassin d'un fleuve, d'une rivière, d'un ruisseau est entouré d'une ceinture de hauteurs qui déterminent le cours des eaux, à l'exception de l'endroit où se trouve soit l'embouchure du tleuve, soit le confluent de la rivière.

Cette ligne de ceinture sépare le bassin des bassins TSLa de la surface des terres en versants et en et des plus fécondes en conséquences et en application,. Aussi est g a'Ïf hommes, suivant les indications données par la nature, ont ™JJ™^ artificielles ou canaux, qui doivent réunir deux cours d'eau, deux mers ou qu supp lent aux défauts de navigation \ue grandes, bancs de sable, prolondeur gigantesques d'un série de bassins ou biefs horizontaux, qui forment comme les marais « 0 Rapides. vaste escalier. Ces biefs communiquent entre eux par des écluses , qui s'ouvrent pour per mettre la navigation soit à la descente, soit à la remonte. Le bief qui se trouve sur la ligne de faîte séparant les deux bassins qu'on réunit par le canal se nomme le biet de partage. H est bon de choisir, pour rétablir, une partie de la ligne de faîte aussi basse que possible et pourvue de sources assez abondantes pour alimenter le canal.

Le canal qui suit la rive d'une rivière dont la navigation est difficile s'appelle canal latéral. Les eaux, au lieu de couler librement, comme il arrive aux rivières et aux fleuves, s'amassent souvent, en quantité plus ou moins considérable, dans les parties basses ou les cavités de la surface terrestre. Elles forment alors des lacs, des étangs, quand lea proportions sont moins grandes; des marais, quand l'eau est peu profonde et qu'on y trouve des joncs, des herbes, des plantes aquatiques. On rencontre sur les bords de la MITIONS DE GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE. 19 mer des étangs dont l'eau est généralement salée, mais pas toujours, qui sont sépares de la mer par des bandes de terre étroites; c'est ce que l'on nomme lagunes; les bouirelet; de terre sont parfois appelés flèches; dans la Russie méridionale on donne aux lagun?s le nom de limans; celui de haff sur les côtes de la Prusse; celui de sound aux États-Unis.

Remarquons qu'il y a plusieurs espèces de lacs : les uns , complètement isolés , sans sources visibles, sans écoulement, comme le lac Albano (Italie), remplissent souvent des cratères éteints; — d'autres, sans affluents apparents, ont cependant un écoulement; ils se remplissent assurément, comme les premiers, par des infiltrations des eaux fluviales , par des ruisseaux souterrains découlant de sources cachées; d'autres reçoivent et émettent des eaux courantes, comme le lac de Genève; on dit souvent, mais à tort, qu'ils sont traversés par des rivières ou des fleuves; ce sont les plus nombreux, les plus variés de forme; — enfin , il y a des lacs qui reçoivent des eaux vives et ne les déversent par aucun cours d'eau apparent; la mer Caspienne est le plus grand lac de cette classe. II y a des lacs périodiques, dont les eaux disparaissent à certaines épuques par les fissures du sol, pour reparaître ensuite, comme le lac Czirnitz, près d'Adelsberg, dans la Carniolc autrichienne.

LIVRE DEUXIÈME DESCRIPTION GÉNÉRALE DU GLOBE CHAPITRE PREMIER L'OCÉAN. g 1. — Divisions générales de l'Océan. La surface du globe se divise en deux grandes parties : l'Océan, comprenant toutes les mers, golfes, détroits, etc. ; — la terre, comprenant les continents et les îles. Les eaux couvrent environ les trois quarts de cette surface; si Ton admet qu'elle est de 510 millions de kilomètres carrés, les continents et les îles occupent environ 130 millions de kilomètres carrés; les eaux, 380 millions. L'Océan comprend cinq grandes parties, qui portent le nom d'océans et qui communiquent entre elles : l'océan Glacial arctique entoure le pôle arctique jusqu'à la limite du cercle polaire arctique ; — l'océan Glacial antarctique entoure le pôle antarctique jusqu'à la limite du cercle polaire antarctique; — l'océan Atlantique s'étend du N. au S., entre les deux cercles polaires, et de TE. à TO., entre l'ancien et le nouveau continent ; le Grand Océan ou océan Pacifique, entre les deux cercles polaires, du N. au S. , et de TO. à TE., entre l'an cien continent et TAustralie d'une part, le nouveau continent, de l'autre; enfin l'océan Indien, entre TAustralie à TE., TAfrique à TO. et TAsie au N. 12. — Océan Glacial arctique.

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