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COURS NORMAL D'HISTOIRE DE FRANCE. PREMIÈRE PARTIE. Chaque exemplaire porte la signature des Auteurs et celle des Editeurs. PARIS. TYPOGRAPHIE DE HENRI PLO.M, IMPRIMEUR DE L'EMPEREUR, Rue Garancicre, 8. COURS NORMAL D'HISTOIRE DE FRANCE A F usage des Institutions de tous les degrés PAR M. DELALLEAU DE BAILLIENCOURT, stgre'gè' des études historiques et géographiques . ancien Professeur d'histoire , ancien Recteur (de 18 41 à l8r> í ) Inspecteur de l'Académie de Paris , en résidence à Taris , Officier de la Légion d'honneur ; ET M. J. L. SANIS, Ingcaieor-gcographe, Lauréat de T Exposition universelle de 1855. Professeur spécial de Géographie an collège Hollin . à Sainte- Barbe » etc.; auteur de plusieurs ouvrages adoptés pour les écoles du Gouvernement. Première Partie LIVRE-ATLAS COMPRENANT : LTIISTOIRE DE FRANCE DEPUIS LES TEMPS LES PLUS RECULÉS JUSQU'A LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (17S9), ET UN ATLAS SPÉCIAL DE ONZE CARTES COLORIÉES, AVEC TEXTE EN REGARD: 1° CARTE DE l.\ «AII.E IVDÉs'EMlAXTE. 2° CARTE DE s.A GAII.E RCIHAIXE. 3" TRICK DK l/lYVASIIttl DES [1AHRARKS. 4» cartes íiiírovingikvvks. 5° CARTE IIK 1,'KMI'inK DK Cm.RLEMA.GVR. 0" UKUEllilKEUE.VT UK l/uiPIRE l>E CHARLEHAGVE. 7° CARTK UK LA FRAVCE FÉODALE (k1\ DU \° SIÉCLE). 8° CARTE 1>E I.'Kl ROI'E PENDANT LES CROISADES. 9° CARTE DE LA KRAXCE FEODALE ( DE 1270 A 1 iíi I ) . 10° CARTE DE LA KRAXCE ( DE LOl'IS XI AU TRUIE DE CATE.AL-CAMRRÉSIS). 11° CARTE DE LA KRAXCE (t)K 1559 A 1789). PARIS LAROUSSE ET BOYER, LIBRAIRES-ÉDITEURS, Rl'E SAINT-ANDRK-DES-ARTS, A9.
Preface
. Nous offrons à la jeunesse et au public une Nouvelle Histoire de France. Ce n'est ni un précis qui ne laisse dans l'esprit aucun souvenir durable, ni une histoire trop étendue qui cesserait d'être classique et manquerait lc but principal que nous avons cherché à atteindre. Nous pensons cependant avoir donné à notre livre des développements assez complets pour que sous ce rapport il puisse être lu avec fruit, mème par les personnes du monde : Amenl meminisse periti. Près de qua rante ans de service passés dans renseignement public ou libre nous ont convaincu que la jeunesse actuelle est trop initiée à la marche des événements politiques , à toutes les questions qui sc débattent de nos jours , pour qu'il ne soit pas indispensable de lui expliquer les causes des faits historiques qu'on lui expose, et d'établir des principes lixes et solides auxquels elle puisse les rattacher, qui lui servent de guide et de boussole dans lc monde.
Nous aurions cru manquer au plus sacré des devoirs imposés à tout homme dont la vie a été consacrée à Tédu cation , si nous nous étions renfermé dans les bornes d'un récit plus ou moins exact , sans en faire ressortir, et toujours, les réflexions pratiques et morales qui en découlent pour le plus grand enseignement du lecteur. Nous n'avons donc pas hésité , même dans les questions les plus délicates, à formuler notre opinion en termes nets et précis sur les hommes et sur les choses. chie, sous la République , sous l'Empire. Pour atteindre ce but , nous avons pensé qu'il fallait tracer des cartes spéciales avec texte en re gard, formant un véritable cours de géographie historique, faisant corps avec l'histoire et la suivant pas à pas. D'après le système que nous a suggéré une longue expérience de renseignement historique et géographique , l'élève devra adopter une marche contraire à celle qui n'est que trop généralement suivie.
U étudiera d'abord, à l'aide du texte géographique , la carte qui l'aceompapne , attendu qu'il est naturel de se familiariser avec le terrain sur lequel on porte ses pas, avec le théâtre où se sont passes les événements que l'on désire con naître. Celle méthode si simple, en mème temps qu'elle facilite l'étude de l'histoire, la rend tout à la fois plus fructueuse et plus intéressante. Le format que nous avons choisi pour noire publication a donc eu pour but d'unir intimement et réellement l'étude de l'histoire et de la géographie, d'obliger l'élève à ne jamais séparer l'une de l'autre. Ce format nous a encore permis de remplir deux conditions essentielles : offrir un texte irréprochable, offrir au prix le plus modéré un ouvrage qui contient, avec 30 cartes spéciales, tracées avec le plus grand soin et uniquement pour le livre, la matière de six volumes.
Cct ouvrage a été composé avec l'espoir qu'il serait introduit dans les écoles des deux sexes : nous l'avons divisé en deux parties, dont chacune peut être acquise séparément et forme un tout complet. Plus on se rapproche des temps actuels , plus l'histoire prend une impor tance, des proportions considérables. Si l'on veut embrasser par la pensée les faits généraux qui se sont passés en Fiance depuis 1789 jusqu'à nos jours, si l'on veut se rappeler les ouvrages les plus répan dus qui ont retracé les événements prodigieux dont la France et l'Europe ont été le théâtre depuis soixante-dix ans, n'est-on pas effrayé de la tâche de celui qui cherche seulement à en dessiner les traits essentiels, qui cherche surtout à juger les faits accomplis, sans Quelques observations sur la forme et sur le fond de notre livre trouveront naturellement ici leur place.
On a souvent répété que la chronologie et la géographie sont les deux yeux de l'histoire; mais qui de nous n'a remarqué que bien sou vent la géographie et l'histoire ont chacune un rôle distinct, que les cartes géographiques et le texte historique manquent de concordance? La jeunesse, d'ailleurs, par paresse ou indifférence, néglige trop souvent de recourir à un atlas séparé du livre ; le fìt-elle, ce ne serait pas ainsi qu'elle aurait des notions suffisantes des variations de notre ter ritoire, des phases diverses qu'il a traversées sous l'ancienne monaresprit départi, sans dénigrement, beaucoup plus disposé à plaindre qu'à blâmer les chères et nombreuses victimes qui se sont brisées contre tant d'écueils? Jusqu'ici on avait bien trouvé dans les nombreuses histoires qui ont paru depuis quelques années , et dont nous sommes loin de mécon naître le mérite , des détails partiels sur le gouvernement et le mode d'administration de l'ancienne monarchie, mode d'administration diffi cile à saisir, à apprécier, et qui diffère si complètement de la sim plicité des rouages administratifs actuels, dont la centralisation est la base, dont elle fait la force.
Nous nous sommes attaché, pour cette partie de notre œuvre, à présenter un ensemble, un tout, sous des ti tres uniformes, de manière qu après chaque règne on pût se rendre compte des progrès dans le bien ou dans le mal, et que l'étude des in stitutions, des états généraux, des parlements, de la législation , de la justice, de .'administration, des finances, du commerce, de l'industrie, permît de mieux pénétrer dans les causes qui ont amené un effroyable cataclysme. On ne s'étonnera donc pas de retendue que nous avons donnée à la seconde partie de notre travail (1789-1859). L'histoire des dernières années de l'Empire (1813, 1814, 1815) a élé d'ailleurs trop souvent écourtéc, tronquée ou défigurée. Xous avons tenu à démontrer que jamais lc génie de Napoléon n'avait brillé d'un plus vif éclat qu'au dé clin de sa puissance, et que lc plus grand homme des temps modernes n'avait pas été moins grand sur le rocher de Sainle-Hélène que sur le trône.
Nous n'avons plus qu'un mot à ajouter sur nos sommaires, et sur une partie de notre travail que nous croyons pouvoir dire nouvelle. Les sommaires, quand ils suivent les divisions principales de l'his toire, quand ils sont accompagnés de dates, de noms, etc., sont des jalons précieux qui empêchent lc lecteur de s'égarer dans le dédale his torique. C'est un guide pour celui qui a besoin d'apprendre, un point de repère pour celui qui sait et qui veut graver dans sa mémoire tous les détails utiles et importants. Un ardent amour de la jeunesse et du pays nous a soutenu dans l'accomplissement de l'ceuvre que nous avons entreprise ; nous serons amplement récompensé de nos efforts, si nous avons réussi à faire pas ser dans le cœur de nos jeunes lecteurs les sentiments qui nous ani ment pour lc bonheur et la grandeur de notre patrie commune.
TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE PREMIER VOLUME Ctnp. XIV. Philippe I" (1060-1108). . . . 16 — 17 Chap. XV. Louis le Gros. — Louis le Jeune „,„ iltlst\ >t in (1108-1180) 17 — 19 Chap. XVI. Philippe-AugusU. — Louis VIII (1080-1126) 19 — 22 Chap. XVII. Louis IX ou saint Louis. — Phi lippe le Hardi (1226-1285) 22 — 24 Chap. XVIII. Philippe le Bel. — Louis X. — Philippe le Long. — Charles le Bel (1285- J328) _ Observations générales 24 — 27 " ,. , .... . Capétiens-Valois directs. Cl]lp x,x Philippe VI.— Jean le Bon(1328- MISAI ç>o oi sous) zo oi <.„„ xx ch„,es v> VI vu (1364.14(n). 31 _ 36 C™' XXI. Louis XI (1461-1483) 37-40 Chap. XXII. Charles VIII (1483-1498). . . 40 — 41 v ' Valois-Orléins. Chip. XXII. Louis XII (1498-1515) .... 41 — 43 Valois-Angoulêmb. . Chap. XXIII. François I" (1515-1547). . . 43 — 47 - „v„, „ . „ „«\„ ,„,„, ,„ „„ Chap. XXIV.
Henri II (1547-1559) .... 48 — 50 Chap. XXV. François II. — Charles IX. — Henri III (1559-1589) 50 — 59 Introduction ....: 1 — 2 Gaule 1 — 2 „ ... ... . ... a , Chapitre I, 11,111. Les premiers Mérovingiens. 2 — 4 Chap. IV et V. Dagobert I". — Décadence. Rois fainéants. —Pépin.— Charles Martel. 4—5 Chap. VI. Résumé. — Observations générales. — 5 Tableau généalogique des Mérovingiens. ... — 6 Tì^n-ïième ror-r» Deuxième race. f r-,e.a no« Carloungiens (752-987). Chap. VII. Pépin le Bref. 7—8 Chap. VIII. Charlemagne 8— 9 " Chap. IX. Louis le Débonnaire. — Traité de Verdun (843) : royaumes de France, — han lie, _ Allemagne - 9 Rom» de France. Chip. X et XI. Les derniers Carlovingiens (843- 987) t 10 ]2 Chap. XII. Observation, générales. — Société féodale.— Tableau généalogique des Carlovingiens. 12 — 13 _ . ., Troisième race.
Capétiens directs (987-1328). v ' Cbap. XIII. Royauté féodale. — Hngues Capet. — Robert. — Henri I" (987-1060). . . 14—16 Branche des Bourdons. Chip. XXVI. Henri IV (1589-1610) 60 — 65 \ ' c"lp- XXVII. Louis XIII (1610-1643) ... 65 — 73 Chap. XXVIII. Louis XIV (1643-1715). . . 73 — 99 Chap. XXIX. Gouvernement, administration je Louis XIV .... ... .99 107 „ w* >u i ... j . •■ Chap. XXX. Dissolution de la monarchie. . .,„/,„-, — .< Louis XV (1715-1774) : v ' première partie.— Régence (1715-1723) 108—112 , ....... deuxième partie.— De la mort du regent j» a la mort du cardinal Fleury (1723 1743) , 112—118 troisième partie.— De la mort de Fleury . fin m3) 119-133 . n i r j i quatrième partie. — De la Cn de la guerre de sept ans à la mort de Louis xv (i763_,m) 134-138 Cuip. XXXI. Louis XVI : première partie (1774-1783) 138—152 , _.._ .. , , _ deuxième partie.—Situation de la France de 1783 à 1789 152—159 „,,.,., „,. . , „ .
Résumé général de l'histoire de 1 ancienne monarchie française 159—160 ERRATA DU PREMIER VOLUME. Page 7, col. lrc, ligne 3, substituez à 989, 987. P. 8, c. 2, 1. 4, jusqu'à l'Elbe, lisez : l'Èbre. P. 12, c. 1, Louis V, 986-987 et non 998. P. 12, c. 2, I. 9, qu'on sait, litez; qu'on suit. P. 14, c. ]', 1. 15, Robert le Pieux (987-996, lisez : 996- 1031. P. 15, c. 1, substituer à 1030, 1031. P. 33, c. 3, 1. 20, au lieu de traité menteur de vingt-huit ans, lisez : paix menteuse. P. 41, c. 1, I. 31, répondant à appel, lisez : répondant à rappel. P. 65, c. 1, 1 39, perdra (en 1642), lisez : perd. P. C3, c. 1,1. 44, 12 septembre 17 42, lisez : 12 septembre 1642. P. 65 , c. 2 , 1. 24 , gouverneurs des provinces , lisez : gouvernements des provinces. P. 69, c. 1, 1. 29, réunir l'indépendance , lisez : ruiner ('indépendance.
P. 91, c. 2, I. 23, Uomillien, lisez : Ramillies. P. 93, c. 2, I. 40, Mersin, lisez : Marsin. P. 97, c. 2, 1. 5, porté à Denain, lisez : posté. P. 112, c. 3, 1. 34, le gouvernant, lisez : le gouvernent. P. 116, c. 2, I. 15, Molowitz, lisez : Molwilz. P. 122, c. 1, I. 41, 19 juillet 1847, lisez : 1747. P. 127, c. 2, fin de la page, Kollin 1857, lisez : 1757. P. 139, c. 3, I. 21, Rousseau, 1712-1712, lisez : 1712- 1778. P. 140, c. 2, I. 34, janvier-février 1789, lisez : 1779. P. 156, c. 3, 1, 2, on l'appela, lisez : on l'appellera. Atlas (14 premières caries). lre carte, c. 2, Antrebales, lisez .- Atrehates. lrc carte, c. 2, avant-dernière ligne, Prétoriens, lisez : Pé- Irocoriens. Carte de 1812, c. 3, Trento, lisez: Tronic Carte des colonies, c. 3, le fort de France, ajoutez: ou Fort- Royal, la carte (Martinique) ne dunnant que Fort- Royal.
Introduction
A L'HISTOIRE DES FRANCS. GAULE KDÉPENDAXÏB. — GAULE ROMAINE. J. C. , par une colonie de Phocéens venue de l'Asic Mi neure (Turquie d'Asie ou Anatolie). Les Romains parurent dans le midi de la Gaule 120 ans environ av. J. C, s'allièrent arec les Marseillais ou Massaliotcs, et fondè rent Aix et X'arbonne. La Province romaine a donné son nom à la Provence. vèse , avait franchi les Alpes, s'était répandue sur les bords du Pô, et avait fondé Milan. Le nord de l'Italie devint la Gaule cisalpine (c'est-à-dire en deçà des Alpes , par rapport aux Romains , quj appelaient notre Gaule, transalpine, ou au delà des Alpes). A partir de cette époque, les Gaulois surent continuellement cn guerre avec les Romains. En 390 av. J. C., sous la conduite de Rrenniis, un de leurs chefs, ils brûlèrent Rome et forcèrent les vaincus à se racheter à prix d'or.
Refoulés dans la Gaule cisalpine, chassés mème de cette province , les Gaulois virent enfin les Romains prendre pied sur leur sol , dont la partie sud-est fut réduite cn province romaine, avec X'arbonne pour ca pilale; mais il fallut près de dix ans à Jules César pour soumettre tout le reste de la Gaule, qui perdit dans cette lutte près d'un million d'hommes. Depuis l'an 50 av. J. C, elle sit partie de l'empire romain. SOMMAIRE DES LEÇONS. I. Origine des Gaulois. — Étendue de la Gaule. — Quels sont les peuples qui l'ont peuplée? — Qnellcs sont les plus anciennes xilles de la Gaule? — Religion. — Mœurs. Religion. — Moeurs. — Caractère. — Émigra tions. — Les Gaulois, qui croyaient à l'existence d'un Etre suprême, immolaient cependant à la Divinité des victimes humaines. On trouve encore en France, sur tout dans l'Ouest, un grand nombre d'énormes pierres ou dolmens, qu'on croit être des autels grossiers sur lesquels s'accomplissaient ces sacrifices.
Les prêtres et savants tout à la fois s'appelaient druides, du mot celtique dru , chêne. C'était sur cet arbre que, chaque année, à l'entrée de limer, vêtus d'une robe blanche, une serpe d'or à la main, les druides cueillaient en grande pompe le gui, plante parasite à laquelle ils attri buaient une vertu particulière et qu'ils appelaient guérit-tout. 2. Migrations des Gaulois conduits par Sigovèsc. — 279 av. J. C. , ils pillent lc temple de Delpbcs. — GaUtic. — Bellovèse sur les bords du Pô : Milan. — Gaule cisalpine — Pillage de Rome par les Gaulois , 390 av. J. C. — Province romaine. 3. La Gaule, sous les empereurs, est divisée en quatre provinces. — Les vainqueurs lui imposcut leur langue, leur religion, leurs mœurs. — Ecoles célèbres. — Monuments romains. — Lc ebristiauisme cu Gaule, 177 av.
J. C. — Apôtres et martyrs. — Après la mort de Théodose le Grand (395), l'empire romain csl emabi par les peuples barbares. Sous l'empereur Auguste, la Gaule fut divisée cn quatre grandes provinces : la Belgique au nord, depuis le Rhin jusqu'à la Somme; Y Aquitaine au sud-ouest, depuis la Loire jusqu'aux Pyrénées. Le pays intermé diaire forma la Lyonnaise, de la ville de Lyon; l'an cienne province romaine se nommait Narbonnaise. Origine des Gallois. — Le pays que nous habitons , appelé autrefois Gaule, élait plus grand d'un quart que la France d'aujourd'hui. II comprenait tout le pays si tué entre le Rhin, l'Océan et la Méditerranée; entre les montagnes des Alpes et des Pyrénées. Quand les Gaulois marchaient au combat, des bardes ou poêles les excitaient par leurs chants guerriers, des devins les encourageaient par leurs prédictions.
Leurs vêtements nationaux étaient une courle ca saque, appelée saie ou sayon, les braies ou larges pan talons qu'on retrouve chez les bas Bretons ; leurs armes, un sabre mal trempé : Yangon ou javelot ; lc gais, es pèce de pieu. Pour effacer fout souvenir de l'indépendance gau loise, les Romains firent adopter aux vaincus leur langue, leur religion, leur costume, leurs mœurs. Les Gaulois purent exercer des fonctions publiques, ils eu rent même entrée au sénat romain. Des écoles célèbres furent sondées à Lyon, àAutun, à Marseille, à Arles, à Toulouse, et nous avons encore des restes des magni fiques monuments qu'ils élevèrent, de leurs routes, de leurs ponts (le pont du Gard), de leurs arènes (celles d'Arles et de Mines), etc. Trois peuples principaux peuplèrent la Gaule : au nord, les Belges ou Cimbres , originaires d'Asie; au centre, les Celtes ou Galls, que nous avons appelés Gaulois (leur langue s'est conservée dans la basse Bfctagnc); au sud-ouest, entre la Garonne et les Py rénées, les Ibères, Aquitains ou Vascons (la langue des Basques, dans les Pyrénées, rappelle la leur).
Les Gaulois ont été renommés, de toute antiquité, pour leur bravoure, qui allait jusqu'à la témérité, pour leur esprit entreprenant et aventureux. Vers l' époque de la fondation de Marseille , des bandes gauloises, sous la conduite de Sigovèse, traversèrent lc Rhin et s'établirent sur les bords du Danube. Les descendants de ces guerriers pénétrèrent cn Grèce, vers l'an 279 av. J. C, pillèrent le temple de Delphes, se jetèrent dans l'Asie Mineure et s'établirent dans lc pays qui, de leur nom , fut appelé Galalie. Les Gaulois, peut-être parce qu'ils étaient les plus anciens, donnèrent leur nom à la Celtique ou Gaule, contrée alors couverte de forêts sur toutes ses monta- C'est vers 177 ap. J. C, sous lc règne de Tempc reur Marc-Aurèle, que lc christianisme s'est introduit dans la Gaule, qui compte parmi ses apôtres ou ses martyrs : saint Pothin , saint Irénée, tous deux évêques de Lyon ; saint Denis , mis à mort , avec ses compagnons, à Montmartre (mont des Martyrs), suivant les fjnes, de lacs, de marécages.
On se mit à cultiver la terre, à bâtir des villes; les plus anciennes sont : Aimes, bâtie par les plus hardis navigateurs de l'antiquité, les Phéniciens; Marseille (Massala), surnommée plus tard Y Athènes des Gaules, fondée C00 ans avant Une autre troupe de Gaulois, conduite par Bellouns, à Saint-Denis, suivant les autres; saint Martin, évêque de Tours, etc. Mais le monde romain, cor rompu par la mollesse et le paganisme , s'affaissait sous .'on propre poids. II fallait qu'un monde nouveau, régé néré par le christianisme, s'élevât sur ses ruines. Après la mort du grand Théodosc , qui soutenait encore le colosse (395), ses sils Honorius et Arcadius régnèrent, l'un en Occident, l'autre en Orient. Ils étaient impuis sants pour arrêter .le grand mouvement des peuples barbares , dont les hordes , sorties du fond de l'Europe et de l'Asie, se ruèrent sur l'empire romain.
(Voir les cartes n°sl, 2 et 3.) CHAP. IV. — Dagobert Ier. — Décadence des Mérovingiens Les premiers chefs des Francs surent : Pharamond, personnage peut-être fabuleux; (de 631 à 687). 6. Ministres de Dagobert. — Maires du palais. — Mort de Dagobert (63S). — Ses sils. — Ebroin ; sa lutte contre les grands. — Saint Léger décapité en 678. — Ebroin assassiné eu 681. Clodion, dit le Chevelu, sous la conduite duquel ils passèrent le Rhin (vers 430) et s'emparèrent de Tour nai , Cambrai , Amiens ; ils fondèrent ainsi la nouvelle France dans la Gaule. — llataille de Testry (6S7). — Cbute des rois de la première race. Mérovée , en 448, donne son nom à la première race de nos rois, appelés Mérovingiens. II a pour fils et successeur, de 481 à 511, Childéric. Ce dernier est le père de Clovis Ier , chef des Francs Saliens et conquérant de la Gaule.
CHAP. V. — Dekxiers Mérovingiens sods Pépin d'Héristal et sous" Charles Martel (de 687 à 752). 7. Que se passe-t-il de 6S7 à 752 ? — Mort de Pépin d'Héristal (714). — Cbarles Martel (717-741); xictoire de Poi tiers (732); les francs sauvent la ebrétienté de l'invasion mu sulmane. — Mort de Charles Martel (741) ; ses fils Carloman et Pépin le Bref. — Childéric 111 est enfermé dans le monastère de Saint-Iìertin, à Saint-Omer. CHAP. VI. rtÉSUlIlí. ODSERVAT10X5 CÉNÉIULES.
Chapitre II
Clovis Ier et ses quathe fils (481 à 561). 8. Coup d' œil d'ensemble sur l'histoire des Mérovingiens de 420 à 7ò2. — Institutions. — Mœurs. — Religion. — Royauté. — Etat des personnes et des terres. Clovis mit sin, en 486, au fantôme de domination que les Romains conservaient encore dans ce pays, quoique l'empire d'Occident eût été détruit en 476, par Odoacre, roi des Hérulcs. HISTOIRE DES FRANCS. 9. Administration. — Justice. — Peines. — Assemblées publiques. — Monastères , clergé. — Lois des barbares , loi Goin DE 420 A 7ò2. beltc , loi salique. II vainquit, à Soissons (Aisne), Syagrius, dernier général romain, qui s'enfuit à Toulouse. Livré à Clovis, il fut mis à mort. SOMMAIRE DES LEÇONS. CHAP. I". — Les Francs avant Clovis (de 420 à 4S1). Vase de Soissoxs. — Après cette victoire, saint Rémi, évêque de Reims, réclama un vase sacré qui se trouvait dans le butin des vainqueurs.
Clovis voulait le rendre, lorsqu'un soldat le frappa d'un coup de hache, en s' écriant : x Tu n'auras que ce que le sort t'ac cordera, i Clovis dissimula son ressentiment ; mais quelque temps après, dans une revue de son armée, il arracha el jeta à terre les armes de ce même soldat, sous prétexte qu'elles étaient en mauvais état, et pen dant que le soldat se baissait pour les ramasser, Clovis lui fendit la tète de sa francisque , en disant : x II te sera fait ainsi que tu as fait au vase, dans Soissons. » CHAPITRE PREMIER. 1. Origine des Francs. — Première mention en 241 ap. J. C — Battus par Julien (356). — Pharamoud , Clodion, Mérovée, Childéric, père de Clovis Ier (481). Les Francs, avant Clovis (de 420 à 481). Des peuples barbares qui dévastèrent la Gaule au Ve siècle, trois s'y établirent : les Bourguignons, les Wisigoths, les Francs.
CHAP. 11. — Clovis et ses quatre fils (de 481 à 561). % Victoire de Clovis Ier à Soissons (486) ; le vase de Soissons. — Mariage de Clovis et de Clotilde (493). — Bataille de Tolbiac; conversion de Clovis (496). — Bataille de Vouglé (507), ses suites. — Dernières années de Clovis ; meurtre des rois francs. — Seul chef de toutes les tribus franques, il meurt à Paris (511). Les Bourguignons possédaient tout le cours du Rhône et de la Saône. Les Wisigoths, établis au midi de la Loire , avaient pour capitale Toulouse. 3. Partage de la monarchie entre les qnatre sils de Clovis. — Clodomir tué dans la guerre contre les Bourguignons (534). — Ses sils, saint Cloud. — Clolaire 1er seul roi (558). — Sa cruauté à l'égard de Chramne, son sils. — Sa mort impie (561). Les Francs (hommes fiers ou libres), confédération germanique , situés entre le Rhin , le Mein , le Weser et l'Elbe, formaient plusieurs tribus : celle des Ri puaires, des Sicambres , des Saliens '.
En 493 , Clovis épousa une princesse catholique , Clotilde, nièce de Gondebaud, roi des Bourguignons. CHAP. III. — Les quatre fils et petits-fils de Clotaire Ier, Ff.édégonde et Brlxehailt (de 561 à 631). En 496 , les Allemands passèrent le Rhin , près de Cologne, pour lui disputer l'empire des Gaules. Clovis courut les combattre à Tolbiac (aujourd'hui Zulpich, près de Cologne). La victoire demeurant incertaine, il invoqua le Dieu de Clotilde, promettant, s'il était vainqueur, de se faire chrétien. Les Allemands surent mis en déroute, et le jour de Noël le roi franc et trois mille de ses guerriers furent baptisés dans la cathé- 4. Nouveau partage en 561. — Frédégonde et Brunehault. — Meurtres de Galsniulhc (568), de Sigebert (575), de Chilpéiic (584). — Le roi Contran. — Traité d'Andclot (587). 1 C'est en 241 ap.
J. C. que l'histoire mentionne pour la première fois le nom des Francs. Aurélien, qni parvint à l'empire en 270, les désit près de Mayence. Depuis lors ils reparaissent sans cesse, sit leurs irruptions daus la Gaule durent plus de deux siècles. Ils surent battus cn 356 par l'empereur Julien, qui était chargé du gouvernement de la Gaule et avait fixé sa résidence à Lutèce (Paris). On voit encore sur le boulevard de Sébastopol les restes de son palais (les Thermes). 5. Mort de Gontran (593). — L'empire des Francs gouverné par des enfants et des femmes qoi représentent la lutte de l'Ostrasic et de U Neustrie. — Maires du palais. — Puissance et mort affreuse de Brunehault (613). — Clolaire II, seul roi (613-628). ■ — Ses fils, Caribert et Dagobert Ier. drale de Reims (Marne) j par saint Rémi. Sicambre , lin dit l'évèque, adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré.
Le titre de sils aîné de l'Eglise, qui fut donné à Clovis, passa à ses successeurs. mourut à Compiègne (501), s'indignant, dans son délire , que le Roi des cieux tuât les rois de la terre. nehault dut la vie et la liberté aux menaces des Ostra siens. Quant à l'insortuné Mérovée, errant, fugitif, il sut réduit, pour éviter la vengeance de son père, à prier un ami de lc percer de son épée. L'évèque de Rouen , Prétextât , qui avait béni son mariage , fut assassiné au pied des autels par un émissaire de Fré dégonde. Chilpéric lui-même, lc Néron de la France, le bourreau de sa famille, périt d'une mort violente. II revenait de la chasse, quand il fut poignardé par un inconnu (584). On croit que c'était Landry, qu'aimait Frédégonde. Chilpéric Ier laissait un sils en bas âge, Clotaire II. Sa mère le sit reconnaître pour roi en gar dant pour elle l'autorité.
Chapitre III
Fort de sa nouvelle croyance, soutenu par les évêques orthodoxes, Clovis attaqua, en 507, les Wisi goths, sectaires d'Arius, désit et tua leur roi, Alaric II, dans les plaines de Vouglé, aux environs de Poitiers, et les dépouilla de lout ce qu'ils occupaient entre la Loire et les Pyrénées. Ils se maintinrent en Espagne. Les quatre fils et petits -fils iie Clotaire Ier. — Frkhégoxde et Bruxehallt. Clotaire Ier laissait quatre sils et pelits-sils : Sige bert I'r fut roi d'Ostrasie ; Chilpéric I" de Soissons ou Neustrie; Caribcrt, de Paris; Contran, d'Orléans et du royaume de Bourgogne , que les Francs avaient con quis (534), tout en lui laissant ses lois. Mais après la mort de Clovis, le partage se sit d'une manière irré gulière, à tel point que plusieurs villes surent mor celées, ce qui devait être une source de querelles.
Caribert mourut en 567. Ses frères démembrèrent ses États. Dernières années iie Clovis. — Clovis souilla par des crimes les dernières années de sa vie. Pour assurer sa domination sur tous les Francs, il sit périr les chefs établis à Tournai, à Cambrai, au Mans. A sa mort, en 511, il ne restait pour gouverner que ses quatre sils, Ttìicrry, Clodomir, Childcbert et Clotaire. Goxtran en Bourgogne. — Lc règne de Contran en Bourgogne fut beaucoup moins orageux. 11 aimait la paix et chercha plus d'une fois à réconcilier ses frères. II ménagea l'Ostrasie et la Neustrie, Brunehault et Fré dégonde ; il s'était laissé déférer par eclle-ei la tutelle de son sils, Clotaire II. II conclut avec l'Ostrasie (587) lc traité d'Andclot (à 16 kil. N.-E. de Chaumont, Haute-Marne) , par lequel il nommait Childcbert II son successeur.
Ce même traité garantissait aux leudes ou seigneurs leurs bénéfices ; c'était lc premier pas vers rétablissement du régime féodal. Clovis fut enterré dans une église qu'il avait fait élever près du Panthéon actuel, et qu'il avait dédiée à saint Pierre et saint Paul ; elle lc fut depuis à sainte Ge neviève, patronne des Francs. Sigebert et Chilpéric épousèrent deux sœurs , Bru nehault, qui passait alors pour la princesse la plus accomplie de son siècle, et Galsu inlho, toutes deux filles d'Athanagilde , roi des Wisigoths. Mais le roi de Sois sons s'éprit d'une femme aussi belle que sanguinaire, Frédégonde , qu'il mit sur lc trône après que Gal su inlhe eut été trouvée morte dans son lit (568). Bru nehault jura de venger sa sœur, et la haine implacable de ces deux femmes alluma une guerre intestine qui déchira la France pendant un demi-siècle et remplit la maison royale de crimes.
Les Ostrasiens battirent les Xeuslriens sur tous les points; ceux-ci mème, indignés de la lâcheté de Chilpéric, reconnurent Sigebert pour roi et l'elevèrcnt sur le pavois ou bouclier, à Vitry sur laScarpe, entre Arras et Douai. Mais Frédégonde lc sit poignarder (575). Tout changea alors. Brunehault fut conduite prisonnière à Rouen, tandis que lc duc Gondebaud sauva et conduisit à Metz lc sils de Sigebert et de Brunehault, Childcbert II, enfant de cinq ans. II lc sit descendre du haut des murs de Paris dans une corbeille, pendant la nuit. Cc jeune prince fut reconnu pour roi ; les leudes ou fidèles gouvernèrent en son nom. Cette sainte , née à Xanterre , près Paris , cn 422 , morte le 5 janvier 512, vit donc naître la monarchie française. Partage de la monarchie. — Les sils de Clovis firent quatre parts de ses Etats.
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