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Une Page sur Vichy et ses environs. Les hospices et leurs fondateurs, etc

G. Décoret · 1895 · Scanned text

151,049 words · about 10 h 35 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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About this book

Author
G. Décoret
Language
French
Published
1895
Length
151,049 words · about 10 h 35 min
Sections
19 reader sections
Text
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Rights
Public Domain Mark 1.0

 

Contents (19)
  1. Front matter about 37 min
  2. Chapitre II about 45 min
  3. Chapitre III about 20 min
  4. Chapitre IV about 14 min
  5. Chapitre V about 53 min
  6. Chapitre VII about 29 min
  7. Chapitre VIII about 18 min
  8. Section II about 19 min
  9. Chapitre IX about 17 min
  10. Chapitre X about 15 min
  11. Chapitre XI about 21 min
  12. Chapitre XII about 22 min
  13. Chapitre XIII about 1 h 19 min
  14. Chapitre XV about 27 min
  15. Chapitre XVI about 54 min
  16. Chapitre XVII about 20 min
  17. Chapitre XVIII about 33 min
  18. Chapitre XIX about 35 min
  19. Chapitre XX Ancien Plan De Vichy La Ville Et Ses Abords, En about 1 h 17 min

Continue:

Front matter

7- 7 • c\/M 167 (Lxemplaize J\° A. WALLON, Imprimeur-Editeur, VICHY Les Hospices et leurs Fondateurs Par g. dégoret ANCIEN SECRÉTAIRE EN CHEF DE LA MAIRIE DE VICHY DES COMMISSIONS ADMINISTRATIVES DE L'HOSPICE ET DU BUREAU DE BIENFAISANCE PREMIÈRE PARTIE: DE 148:; A 17*;:. Orné de 170 Gravures, Portraits, Vignettes, Armoiries, Sceaux, Timbres. L' extension donnée au sujet principal fait de ce livre une véritable %evue rétrospective de Vichy, la ville et ses environs, Bourbonnais et Auvergne. PRÉFACE Ce livre a pour but principal De retracer la modeste origine des Hospices de Vichy ; De rappeler leur existence, sinon depuis les premiers temps, peu connus, du moins à partir de V époque où elle se trouve officiellement affirmée ; De signaler à la reconnaissance publique tous les bienfaiteurs dont la sollicitude, la haute protection où la simple générosité ont permis à rétablissement charitable d'atteindre le degré de prospérité actuelle ; De donner en même temps un aperçu de ce que pouvait être pendant cette période la Ville dont les intérêts se trouvaient en commun avec ceux de V Hôpital.

Ce sera donc bien, par le fait, une Page sur Vichy, et par extension du sujet, sur les Environs. U ouvrage, de trop longue portée pour un seul volume, se divisera en deux parties ; la première comprend tout ce qui a été recueilli depuis i^.8<j jusqu'en 17$ s, époque où le second Hôtel-Dieu fut transféré au quartier du Boulet ; la seconde partie se continuera jusque vers 188$, où un second transfert eut lieu extrà muros. PRÉFACE 8 Ce récit ne contient rien de politique, pas la moindre allusion ; il met simplement en évidence tous les bienfaits dont nos concitoyens pauvres profitent aujourd'hui de près ou de loin. Après un classement des archives de l' Hôpital, dont nous avions été chargé, et qui n'a pas duré moins de trois ans (de 1864 à i86j), VAdmi nistration d'alors, frappée de Vimportance, du cachet tout particulier des documents retrouvés, avait eu ïidèe de les résumer dans un volume qui aurait été probablement publié, mais les préoccupations du moment, où Vichy prenait un si grand essor, ne Vont point permis ; ce projet fut ajourné.

Quelques-uns de MM. les Administrateurs nous ont à diverses reprises engagé à faire cette publication sous titre privé, mais le temps nous a manqué. Lorsqu'il s'est agi du déplacement 'du second Hôpital, cette idée nous est revenue ; elle a été encouragée comme étant le seul moyen de conserver un souvenir de ce qui allait disparaître ; souvenir bien cher, nous n'en doutons pas, à bon nombre de nos hôtes étrangers. On se mit donc à l'œuvre, avec autorisation spéciale ; à force de patientes recherches, d'informations recueillies auprès des personnes repré sentant aujourd'hui les familles des fondateurs, grâce encore à la collabo ration toute officieuse de notables savants ou sachants, dont les noms seront cités à V occasion, il nous a été permis de reconstituer fidèlement presque une histoire locale.

Chapitre II

| Ier. — Louis-Charles de Vict Au moment où FHôpital de Vichv obtint ses lettres patentes (mars 1696J, les fonctions de lieutenant du Roi en la châtellenie étaient occupées, comme nous Favons dit, par Louis Charles de Vict, sieur de Pontgibaud. Celui-ci était né à Vichy le 26 octobre i652 ; fils de Jean de Vict, ayant exercé la même charge de i63o à 1676 ; Petit fils de François de Vict, docteur en droit, aussi lieutenant général en la châtellenie de Vichy, de 1 5g8 à 1629. François de Vict avait épousé en 1606 une demoiselle Marie Gravier et habitait la maison située dans Fancienne rue du Pont, aujourd'hui rue d'Allier, et qui est restée la demeure de cette famille jusque vers le milieu du xvine siècle. Louis Charles succéda comme lieutenant général à son père en 1678, et en 1681 il épousa damoiselle Jeanne de Doyat dont il eut un fils, Jean-Louis, et une fille, Catherine, mariée en 1710 à Jean Claude de Bardon, écuver, seigneur du Méage, ancien enseigne des gardes françaises.

A cette époque la famille de Bardon habitait la maison située près de la Porte-de-F rance, faisant aujourd'hui face à la rue d'Allier. Elle possédait aussi le château des Bartins et les terres de ce nom qui s'étendaient sur les deux rives du Sichon, depuis Cusset jusque vers l'Allier. Les détails qui précèdent sur ces deux familles se rapportent à d'autres actes intéressant FHôpital, que nous retrouverons plus tard (au chap. VI). Revenons à notre sujet, Louis Charles de Vict ; il nous semble à propos de lui réserver quelques pages en raison des deux offices dont il s'est trouvé pourvu en même temps : Lieutenant en la châtellenie royale et Gouverneur de la ville de Vichy. Le premier titre était plutôt honorifique, les attributions relativement limitées; le lieutenant ne connaissait que des affaires civiles et de police en première instance.

Quant aux attributions du gouverneur, nous ne trouvons, pour les bien définir, d'autre moyen que de reproduire in extenso les lettres de provisions avec le compte-rendu sommaire des formalités accessoires. On y verra dans quelles circonstances et dans quel but les charges de gouverneur dans les villes fermées avaient été créées : LETTRES de PROVISIONS du TITRE de GOUVERNEUR de la VILLE de VICHY A Louis Charles de Vict, sieur de Pontgibaud, Conseiller du Roy et Lieutenant Général en la châtellenie de Vichy Données à Versailles le 8 avril 1699. Louis, par la Grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut, Ayant jugé à propos pour le bien de nostre Estât de créer dans chaqu'une des villes clauses de nostre Royaume un gouverneur héréditaire pour y commander en nostre absence soub nostre authorité, celles des Gouverneurs, nos Lieutenants Généraux et de nos Lieutenants chacun dans leur département, tant aux habittants des villes qu'aux gens de guerre passant qui sont ou pourraient estre cy après establys en garnisons, mesme aux Collonels, Major, Cappitaines et Lieutenants de la milice bourgeoise par nous cy devant establye dans nos dittes villes.

Nous aurions à cet effet donné nostre Edit au mois d'août 1696 portant exécution de nostre charge héréditaire pour en jouir par eux et leurs veuves, héritiers ou ayant cause des gages attribués aux dittes charges par chacun et suivant la finance qu'ils en auront payé ; les dits gages payables par les receveurs généraux de nos finances ou autres chargés de nos estats et entre les mains desqu'els les fonds en seront remis suivant les quittances de finance et provision de finance qui leur seront expédié. En conséquence révoquons à cet effet touttes nos lettres de provision, commission à brevet que nous avons cy-devant accordé à aucun de nos sujets, tant en qualité de Gouverneur que Capitaine chastelains de nos dittes villes qui ne sont pas employés sur nostre estât major, comme les autres gouverneurs et officiers des places fortes de nostre Rovaume, terres et seigneuries de nostre obéissance et désirant en vertu de nostre Edit que les'dittes charges soient possédées par personnes dont les et la fidélité et l'affection à nostre service nous soient cogneues.

Nous, pour ces causes et autres considérations à nous mouvantes, avons donné et octroyé, donnons et octroyons par ces présentes de nostre main, A nostre bien aimé Louis Charles de Vict, sieur de Pontgibaud, nostre Conseiller et Lieutenant Général en nostre Châtellenie Royalle de Vichy, l'estat et charge de gouverneur de nostre ditte ville de Vichy créée héréditaire par nostre dit Edit, auquel n'a esté encore pourveu pour l'avoir tenu en aveu, en jouir et après le dit sieur de Vict ses successeurs ou ayant cause héréditairement aux honneurs, aucthorité, prérogatifves, préséances, toucher ses gages au denier vingt, tous frais, proffits, recettes émoluments y attribués et appartenant, ensemble des autres immunités et privilèges; droit de commander dans notre ville de Vichy tant aux habitants qu'aux gens de guerre passant et qui y sont et pourraient estre cv-après establvs en garnison, et aux Collonels, Major, Capitaines et Lieutenants de la milice bourgeoise sv aucuns y a dans nostre ditte ville; faire vivre les habitants en bonne union et concorde íes uns avec les autres, et les dits gens de guerre en bon ordre et police suivant nos règlements et ordonnances militaires ; faire sévèrement chastier ceux qui y contreviendront et générallement faire pour nostre service, sécurité et conservation de la ditte place en notre absence ce qu'il pourrait faire cy bien que sy nous y estions en personne, soub nostre authorité celle des gouverneurs nos lieutenants généraux et de nos lieutenants créés par nostre dit Edit du mois de février 1692 en nostre province de Bour bonnois, ainsi qu'il est parlé dans nostre dit Edit.

Et avons rendu en conséquence deux coppies sous scel attachées sous le contre scel de nostre chancellerie. Cy mandons en mandement à nostre très cher et féal chevallier de France le sieur Boucherat, commandeur de nos ordres, que lui estant apparut des bonnes vie, mœurs, aage, compétance, religion catholique, apostolique et romaine du sieur de Vict et de luy pris le serment en tel cas requis et accoutumé, il le fera mettre et instituer par nous en possession et jouissance du dit Estât et charge, en le faisant jouir et user aux honneurs, authorité, prérogatives, préséance, franchise et liberté, gages, revenus et esmoluments pleinement et paisiblement et héréditairement, et à lui obéir et entendre de tous ceux qu'il appartiendra ès choses suivant et conformément à ladite charge. Mandons en outre à nos amez et féaux conseillers, les Présidents trésoriers de France et généraux de nostre finance à Moulins, que par les Receveurs généraux de la dite généralité et autres comptables qu'il appartiendra ils fassent payer et de leur comptant des avances receues par chacun au dit sieur de Vict les dits gages au dit taux en la manière accoutumée à commencer du jour de la réception rapportant coppie de laquelle et des présentes duement collationnées pour en faire scellement, avecq sa quittance sur ce suffi sante, vouloir les dits gages en ce qui lui aurait esté payé à l'occasion sus-dite et autres passé et alloué dans la despance des comptes de ceux qui en auront fait le paiement par les. amez agents de nos comptes auxquels mandons aussi de faire sans difficulté.

Car tel est nostre plaisir, en témoin de quoi nous avons fait mestre nostre scel à ces dittes présentes. Donné à Versailles le huitième jour d'Avril, l'an de grâce mil six cent quatre-vingt dix-neuf et de nostre règne le 56". Signé: LOUIS. Et sur le replis — Par le Roy : Phelypeaux. Scellé du grand sceau de cire jaune. ■H^g-®*^ Sur production de la quittance constatant que le sieur de Vict a versé le i5 mars 1699 au sieur Bertin, trésorier des revenus casuels du Roy, la somme de 5,ooo livres pour la finance de l'office dont il s'agit, lequel office sera aux gages de 25o livres par année, avec toutes les obligations et prérogatives énumérées dans Pacte qui précède, la dite quittance enregistrée au controlle général à Versailles le 21 du dit mois, signé Phelypeaux, Messire Jacques Levayer, chevalier conseiller du Roy en tous ses conseils, maistre des requêtes ordinaires de son Hostel, intendant de justice, police et finances de la géné ralité de Moulins, En vertu aussi de la commission à lui donnée par Monseigneur Boucherat, chevalier de France, pour recevoir en son lieu et place le serment dû à Sa Majesté par Louis- Charles de Vict en raison de sa nommation au titre de gouverneur de la ville de Vichy ; sur le yû encore de l'extrait baptistaire produit par le sieur de Vict à la date du 27 octobre i652, signé Mareschal, curé de la dite ville, le 6 juillet 1699, et en vertu des pouvoirs à lui donnés par le dit seigneur chancellier de France, Prononce l'admission de Louis Charles de Vict à l'offìce de gouverneur et reçoit en personne du titulaire nouveau le serment requis de fidélité au Roy.

A Moulins, le 4 juillet 1699. Du... novembre 1702. Installation par François Choisv, maire perpétuel, du sieur de Pontgibaud en qualité de gouverneur : Après que lecture a esté faicte des lettres de provision de gouverneur de cette ville données par Sa Majesté à Louis-Charles de Vict, sieur de Pontgibaud, conseiller du Rov, lieutenant général en la châtellenie royalle de Vichy, Nous ordonnons qu'elles seront enregistrées en ce greffe pour y avoir recours quand besoing sera, et ce pendant nous Pavons installé et mis en possession du dit état et charge de gouverneur de cette ville pour en jouyr aux honneurs, prérogatives droits, soins, proffis, revenus et émoluments y attribués. Signé : Choisy. Ces documents sont relatés aux registres des délibérations de la municipalité de Vichy ; au bas de la dernière page se trouve cette mention, écrite de la main de Louis Charles de Vict, avec signature et paraphe : J'ay retiré mes lettres de provisions de gouverneur.

Louis-Charles de Vict mourut à Vichy le 12 juin 1707, âgé de 55 ans, et fut inhumé le lendemain dans l'Eglise Saint-Biaise. Son fils Jean-Louis fut l'y rejoindre deux ans plus tard (18 juillet 1709). De son vivant, M. L. Ch. de Vict recevait comme hôtes des personnages de distinction. Dans un article publié en 1884 par M. le docteur Grellety, aux Annales Bourbonnaises, il est dit : « La Mercure Galant, du mois de mai 1678, nous apprend que le Chevalier de » Lorraine et M. le Marquis de Seignelay, Secrétaire d'Etat, sont depuis quelques jours à » Vichy, logés par M. de Pontgibaud, lieutenant général. » Dans un dossier très volumineux, celui de la propriété des Voissières, dont il sera parlé au second volume, nous avons remarqué plusieurs cachets authen tiques donnant les armoiries des familles de Vie et d'Orvillier (1).

A propos d'une rente annuelle due à la famille de Vie par Jacques Fortin, (1) Les De Vie, de Vict ou de Vict étaient seigneurs de Chavannes, d'Eschelette, de Pontgibaud, de la Motte-Chamaron. Les Guillouet d'Orvilliers possédaient les seigneuries d'Orvilliers, de Rochette, de la Motte-Cha maron, de Vellatte, de la Tronçais, de Laleuf, de Liernolles et de la Garenne. On compte parmi les membres de cette famille Gilbert Guillouet d'Orvillier, vice-amiral, décédé vers la fin du xvm8 siècle. (Tiré de V Armoriai du Bourbonnais, édition de 1890). écuver, sieur des Voissières, et après lui ses héritiers, il est résulté toute une série de lettres et de quittances dont nous n'avons relevé que les suivantes, à intervalles, avec l'orthographe emplovée pour les noms par les titulaires même : I. — 1686, 8 août : Lettre, datée de Chevenes (pour Chavannes), de M. de Pongibaud (sic), à Mlle des Voissières.

Scellée d'un cachet de cire rouge portant : « d'or au lion de sable, au chef d'azur, chargé d'une étoile d'argent ». L'écusson est surmonté d'un casque d'écuyer avec panache. II. — 1699, 20 mars: Quittance par de Vie à Mlle des Voissières. III. — 1700, 12 septembre: Lettre datée des Echelettes, accu sant réception par De Vie de 100 livres. II réclame le surplus qui lui est dû, « n'en ayant jamais plus besoin, dit-il, car » l'orage qui est arrivé icy lui a jette presque deux domaines » par terre. » Même cachet que dessus. IV. — 1701, icr septembre : Autre quittance signée : De Vict V. — 1702, 10 septembre: Quittance de 100 livres, signée par E. de Pongi baud, pour M. de Pongibaud, son père. VI. — 1703, 10 juillet : Reçu de 60 livres, signé Elisabet de Pongibaud, pour son père absent. (M. Louis-Charles de Vict meurt en 1707).

VII. — 1712, 18 février: M. de Pongibaud-d'Orvillier donne quittance de 1 10 livres, « reçues par les mains de M. Almans ». VIII. — 1 7 1 3, icr décembre : Madame de Vic-d'Orvillier, fondée de procuration de M. d'Orvillier, son mari, donne quittance de 140 livres, « reçues des mains de Madame Alarose ». IX. — 1716, 3o janvier: Lettre de M. d'Orvillier, datée de Moulins (portée par exprès aux demoiselles des Voissières), rappelant un paiement en retard. — Scellée avec un cachet de cire noire, portant : « d'azur à 3 fers de pique d'or ». L'écusson est surmonté d'une couronne de marquis. X. — 1716, 14 may : Lettre de M11*- de Pongibaud, réclamant le paiement de 200 livres en retard. Cachet de cire noire, entre lacs, couronne de marquis. ■Hs-3-gg-©^ § II. — Claude Fouet, Intendant des Eaux minérales de Vichy- Ayant beaucoup à dire sur la famille Fouet, en raison de ce qu'elle compte un certain nombre de ses membres parmi les bienfaiteurs de ['Hôpital de Vichy, nous avons cru devoir, autant qu'il nous a été permis du moins par les renseignements obtenus, présenter cette honorable famille aux lecteurs.

A la date du 24 septembre 1634, on trouve dans les registres de paroisse de Vichy l'acte de mariage de M. Pierre Fouet, « fils de Louys et d'honeste femme » Catherine Billard, de la paroisse de Saint-Pourçain, avec honeste fille Jeanne » Dayat, fille à M. Laurent Dayat, notaire royal, et d'honeste dame Françoise » Geoffroy, de la paroisse de Vichy ». Le même jour, Antoinette Dayat, sœur de Jeanne, épouse Claude Quin, dont nous aurons quelquefois à parler. En 1646, on le retrouve notaire, à la suite de Laurent Dayat, son beau-père. M. Pierre Fouet ne tarda point à fixer sa résidence à Vichy, où il exerça la profession d'apothicaire. II a un premier fils du prénom de Claudius, baptisé le 10 décembre 1637; le parrain était maître Claude Guinard, notaire royal et greffier de la châtellenie (1), puis viennent par rang de dates : i63g... 14 juin.

Jean-François Fouet, ayant eu pour parrain, seigneur Jean- François de Champfeu ; pour marraine, Gilberte Geoffroy, femme à Claude Guynard. 1641... 6 octobre. Jeanne-Charlotte Fouet, plus tard épouse et veuve d'Antoine Ray (V. chap. VII). 1644... 27 mai. Pierre Fouet, auquel on donna pour parrain son cousin Pierre Quin, fils de Claude, notaire royal, et de Antoinette Dayat. 1645... 10 septembre. Claudius (autre) qui fut baptisé le 29 janvier 1646. C'est ['Intendant. 1648... 3o mars. Magdeleine Fouet, ayant eu pour parrain son oncle, Claude Fouet, alors prieur de Saint-Marc, et qui fut trois années plus tard (en 1 65 1) curé de Chatel-de-Neuvre (V. chap. IV). Pierre Fouet épousa en secondes noces Jehanne Magdelon Jobert, dont il eut : Le 25 novembre i65o... François Fouet, ayant pour parrain vénérable personne François Jobert, chanoine de .'église d'Aigueperse ; pour marraine Françoise Souverain, femme à Jean-Jacques Jobert, marchand à Aigueperse.

(1) C'est le même qui fournit Tannée suivante, toujours en sa qualité de parrain, le battant de 'a grosse cloche de la Tour, appelée Saint-Christophe. Ensuite, Joseph-François Fouet qui fut prieur de Saint-Romain à Paris, après avoir été curé d'Aigueperse et de Riom (V. chap. XVI) (i). Dans son testament fait à Paris en 1733, Joseph-François Fouet parle en très bon termes de cette famille Jobert. Pierre Fouet et sa seconde femme voulant assurer pour eux et les enfants des deux lits un droit de sépulture dans la chapelle de l'Hôpital, s'entendent avec MM. les prêtres communalistes de Vichy et arrêtent les conditions suivantes : 4. Novembre i653. — Concession de droit de sépulture dans la chapelle de /' Hôpital, à la famille Fouet.

Furent présens en leurs personnes Messire Claude Mareschal, bachelier en théologie, presbtre, curé et recteur de la paroisse de Vichy, Messires François Villatte, Jean Ray et Michel Choisy, tous presbtres communalistes du dit lieu, Lesquels de leurs bons gré et vollonté, agréant et consentant à la prière et réquisition de Pierre Fouet, maistre apothicaire, Directeur de la maison Royalle des Bains et Eaux minéralles de Vichy, et d'honneste femme Jehanne Magdelon Jobert, dheument autorisée par le dit Fouet, son mary, Ont accordé et accordent par ces présentes audit Fouet et sa femme, droict de sépulture à eulx et leurs enfans, ensemble aux enfans du dit Fouet de son premier lit et leurs successeurs à venyr, dans YEglise de ta chapelle de l'Hospital de cette ville de Vichy au lieu et endroit qui leur a esté cejourd'huy marqué par les dits sieurs curé et communalistes, qui est à prandre deux pieds près de la muraille du costé de la maison du dit Fouet du costé du midy en bas de la dicte Eglise, laquelle contiendra du despuy le marchepied de l'hostel jusques à Ventre-deux qui fait la séparation de la chambre des pauvres et de la dicte chapelle qui est à main droicte de la dicte Eglise de la largeur et longueur de six pieds en quarré.

Dans laquelle place et endroict susdicts les dits Fouet et sa femme et leur postérité comme sus est dict, pourront estre ensepulturés et s'y placer de leur vivant, pour oyr les divins services qui se feront dans la dicte Eglise ; et à cest effet pour le salut et remèdes de leurs âmes, ont fondé à perpétuité troys messes, scavoir une messe haulte pour les trespassés et deux messes basses, une à l'honneur du St-Esprit et l'autre à l'honneur de la Sainte Vierge. Lesquels sieurs curé et communalistes seront tenus dire et célébrer chascun an dans la ditte chapelle de l'Hospital, à commencer d'huy en un an prochain venant, pendant la vie du dit Fouet et de sa dicte femme ; et leurs décéds arrivés, sera le dict service sus spéciffié, dict et célébré chascun an à perpétuité dans la ditte chapelle par les susdits sieurs presbtres et leurs successeurs, le jour du décéds de l'un ou de l'autre qui déceddera le premier, à leur intention et de leurs enfants et successeurs, comme aussi seront tenus les dicts sieurs presbtres de dire en fin d'iceluy service un de profondis et absolution sur leurs tombes et d'adcister et chanter en hault la ditte grand messe, en fin de chascune des dittes années à perpétuité.

Pour lesquels services et charges susdicts faits par les susdicts sieurs presbtres et leurs successeurs, les dicts Fouet et Jobert sa femme leur ont donné et constitué la somme de troys livres de rente annuelle payable à chascune fin d'année à compter de ce jourd'huy, néantmoings racheptable pour soixante livres en principal. Laquelle rente tant en principal qu'intérêts les dicts Fouet et sa femme ont assis et assignez sur tous et un chascun leurs biens présent et à venyr avecq conventions que dans troys ans d'huv ils feront le rachapt et admortissement de la ditte rente; quoy fezant, la ditte somme de soixante livres sera mize et employée par les dits sieurs communalistes, par le consentement des dicts Fouet et Jobert, sa femme,'sur fonds et personnes solvables et responsables de la ditte somme.

Les héritiers des dicts sieurs Fouet et Jobert seront tenus en outre de payer aux dicts sieurs presbtres leurs droits d'enterrement, services qui voudront faire faire dans la ditte Esglise. Car ainsy les partyes l'ont voullu, promis et accordé, obligeant à l'entretenement de (1) On ne peut préciser la date de sa naissance à cause d'une lacune dans les registres de paroisse. ce que dessus scavoir les dicts vénérables presbtres tous les biens temporels de la ditte communauté présent et venir, et les dicts Fouet et sa femme sollidairement tous leurs biens aussy présent et à venyr. Et se sont soubmis à touttes cours royalles, en exé cution etc. etc., Renonçant etc. etc. Fait et passé au dict Vichy ès étude du notaire avant midy le quatriesme jour de novembre mil six cent cinquante trois, présent Jacques Thonneau, marchand, demeurant au dict Vichy qui, et les partves, ont signé, et Michel Bernard, laboureur du dit lieu qui n'a seu signer ; et soit scellé.

Signé : Mareschal, curé, Villatte, Ray, Choisy, Fouet, J. M. Jobert, Thonneau, Quin, notaire. (D'après une copie communiquée par M. Gravier du Monsseaux). Afin de remonter le plus loin possible dans la généalogie des membres de la famille Fouet, dont il va être question, nous avons cru devoir compulser les registres de Saint-Pourçain, lieu d'origine. Les recherches ont été assez difficiles, car la ville de ce nom contenait autrefois trois paroisses distinctes : Saint-Pourçain, Saint-Georges et Souittes(i). Au 20 décembre 161 5, on trouve l'acte de baptême, en l'église paroissiale de Saint-Pourçain, d'Anthoinette Fouet, fille de M. Louvs Fouet et de dame Cathe rine Billard, ayant pour parrain noble Anthoine Billard, son oncle, alors Procureur du Roy. (Dans un autre acte du 20 janvier 1616, le même Anthoine Billard est qualifié de Notaire Royal).

Rien autre chose de plus direct. <-->3&«>ìH> Revenons à notre sujet principal, Claude Fouet. Nous avons déjà cité les noms de ses père et mère; la date précise de sa naissance est du 10 septembre 1645. On lui donna pour parrain Maître Claude Quin, notaire roval, son oncle, et pour marraine dame Françoise Geoffroy, sa grand'mère. Dès qu'il eut obtenu le titre de docteur en médecine, après de sérieuses études, si l'on en juge par ses écrits scientifiques, il revint exercer son art à Vichy auprès de sa famille, dont les relations pouvaient lui assurer un bel avenir. (1) Au cours de ces recherches qui nous ont été facilitées de la manière la plus courtoise par M. Guyot, Maire, auquel nous adressons ici tous nos remercîments, nous avons remarqué quantité de documents très curieux, une vraie bonne fortune pour des savants en quête.

Ce qui nous a frappé le plus, c'est tout d'abord une série de cahiers contenant les procèsverbaux d'as semblées — de 1568 á 1609 — où se discutaient alternativement les intérêts de chacune des treize bonnes villes d'Auvergne classées comme il suit : Clermont, Riom, Montferrand, Bilhom, Aiguesparce, Saint- Porçain. Brioude, Issoire, Cusset, Taugheac, Saint-Germain-V Embron, Esbreuille. Puis un Plan de ville, sur carte coloriée, levé en 1783 par Nicolas Dufour, arpenteur du Roy, à la réquisition de MM. les Bénédictins Seigneurs Hauts-Justiciers du lieu, conjointement avec MM. de Saint- Lazare de Paris. Dans l'angle supérieur, à gauche, un cartouche finement dessiné donne les armoiries de la ville (D'azur au baril d'or surmonté d'une fleur de lys aussi d'or). Vers le milieu da Plan, on remarque le Prieuré des Bénédictins et l'Eglise de Saint-Lazare, aujour d'hui paroissiale, contenant encore la statue en pierre dite de YEcce Homo, considérée depuis très longtemps ccmme un petit chef-d'œuvre de sculpture.

Un peu plus au nord, l'Eglise de Saint-Georges, désaffectée et utilisée pour la Halle au blé. Cinq ans plus tard, le 23 décembre 1677, il épousa demoiselle Anne Sicaud, fille de Messire Geoffroy Sicaud, procureur en la châtellenie de Vichy. Son père, Pierre Fouet, se trouvant déjà « Directeur de la Maison Royalle des Bains » rien d'étonnant qu'il fût lui-même désigné pour l'office d'Intendant devenu vacant par le décès d'Antoine Griffet, seulement on sépara pour lui l'Intendance de Vichy de celle de Bourbon-l'Archambault ; il peut donc en quelque sorte être considéré comme le premier Intendant des Eaux de Vichy . Les archives de l'Hôpital possèdent les originaux ou copies collationnées par les Notaires au Chatelet de Paris, de toutes les pièces concernant la nomination de Claude Fouet depuis sa présentation jusqu'à son investiture (1), mais comme elles se répètent en grande partie et qu'il serait trop long de les reproduire il nous a paru suffisant d'en citer quelques-unes pour mention, en donnant toutefois le texte des documents les plus courts à leur date respective : Le 23 Juin 1684, Antoine Daquin, premier Médecin de Sa Majesté, Surintendant général des Bains, Eaux et Fontaines minérales et médicinales de France, étant bien et dûment informé des bonnevie, mœurs, probité, religion de noble maistre Claude Fouet, docteur en médecine, de ses sens, capacité et expérience dans la dite profession, le présente au Roy pour être pourvu sous le bon plaisir de Sa Majesté, de l'estat et office de son conseiller médecin ordinaire, Intendant des Eaux, Bains et Fontaines minérales de Vichy dont était ci-devant pourvu Antoine Griffet.

Des lettres patentes données à Versailles le dix juillet octroient le dit office à Claude Fouet qui prête serment le 14 août, aussi à Versailles, entre les mains de Daquin, ès dites qualités. Le lendemain il paie à la chancellerie le droit de marc d'or afférant à sa charge, ainsi qu'il résulte de la mention suivante : J'ai receu de M" Claude Fouet la somme de quarante deux livres pour le droit de marc d'or pour la première fois, sans tirer à conséquence de l'office d'Intendant et Maitre des Eaux Minéralles et Médicinales, Bains et Fontaines de Vichy, dont il entend se faire pourvoir par la mort de M" Antoine Griffet, dernier possesseur. Fait à Paris, le quinzième jour d'août 1684, Plus bas est écrit : Quittance du thrésorier général du marc d'or des ordres du Roy, année 1684. Signé : Damon.

Et au dos : Enregistré au Conseil général du Marc d'or des ordres du Roy, par nous conseiller de Sa Majesté, et controlleur général du Marc d'or. A Paris, le 16"' août 1684. Signé : Renard. Collationné à l'original par nous conseiller et secrétaire du Roy, Maison et Couronne de France et des Finances. Signé : Junquières. (1) Elles forment le dossier n' 1 1 de la série A . i s- . . - r u a « ! Le 6 novembre 1684, les lettres patentes sont registrées au Greffe du Bureau des Finances. Suit le texte de l'acte : Les Présidens, Trésoriers de France et généraux des finances, en la Généralité de Moulins, Chevaliers conseillers du Roy, Veu par nous les lettres patentes de sa Majesté données à Versailles le dixième juillet 1684 signées sur le repli par le Roy Phelypeaux, et scellées du grand sceau de cire jaune par lesquelles et pour les causes y contenues sa Majesté sur la nomination du sieur Daquin, Conseiller du Roy, en ses conseils et son premier médecin, a donné et octroyé à M'" Claude Fouet, docteur en médecine, l'office d'Intendant et maître des Eaux minéralleset médicinales, Bains et Fontaines de Vichy, divisées de l'intendance des Eaux Minéralles de Bourbon-PArchambault et du dit lieu de Vichy qui était réunie en la personnne de deffunct M"' Antoine Griffet, dernier paisible possesseur d'icelle pour office d'In tendant et maître des Eaux Minéralles et Médicinalles, Bains et Fontaines du dit Vichy.

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