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VNCO-/ .Ai ION SUR LA LOIR b; iles et combats •ec cinq Ga p ai? A !. Li.'íl.l. n . ir-e DE SA!N n - ■ d( trou. I PÁRrs i c SUR LA LOIRE BATAILLES & COMBATS OUVRAGES DU MÊME AUTEUR: LES HAUTES-PYRÉNÉES Histoire et Géographie. — Description des principales villes : Tarbes, Bagnères-de-Bigorre, Lourdes, etc., avec cartes et plans . — (Documents inédits sur la campagne du maréchal Soult dans les Pyrénées). Paris, Dentu 3 fr. 50 LA FRANCE A TUNIS. Expédition française en Tunisie, 1881-82, précédée d'une description géographique et historique de la Régence de Tunis. Paris, Baudoin y^SîI^ir^ 2 fr. GUERRE FRANCO-ALLEMANDE DE 1870-71 LA DÉFENSE NATIONALE. SUR LA LOIRE BATAILLES & COMBATS PAR lVta.Tj.rice BOIS Capitaine au "16e Régiment il'Infaaterie; Ancien Profeíseur-adjoint de Géographie à l'École spéciale militaire de St-Cyr Officier d'Académie. « C'est la sagesse des vaincus de savoir lire dans leur propre histoire et d'y trouver la vérité qui peut les instruire et les fortifier. » (L. guerre de France.)
Ch. de Mazade PARIS E. DENTU & C*», ÉDITEURS LIBRAIRES DE LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES 3, Place i>k Vawu», 3, Palau-Rotal. 188* A LA MÉMOIRE DO GÉNÉRAL CHANZY DES SOLDATS MORTS Pendant la campagne sur la Loire eu xs-^o-^x PRÉFACE. Cet ouvrage devait avoir au début des propor tions plus modestes. A mesure que je parcourais les environs d'Orléans et les champs de bataille de la Loire, que je cherchais à arracher leur histoire à chacun des endroits illustrés en 1870, je sentais croître en moi le désir de raconter cette période de la guerre qui, après les opérations de Metz, a coûté le plus de sang à TAIIemagne et à la France. Les documents et les ouvrages qui pouvaient m'ai der ne m'ont pas fait défaut ; ils sont innombra bles. Mais, je m'aperçus tout de suite qu'il y avait de grands écueils à éviter.
Certains livres ou mémoires ont leur raison d'être uniquement parce que leurs auteurs ont joué pendant la guerre de 1870-71 un rôle prépondérant et qu'ils veulent taire en quelque sorte la justification de leurs actes. Dans d'autres ouvrages où l'auteur n'envisage que le côté politique, la par tialité apparaît d'une façon manifeste. L' exagération, le manque de données précises que l'on remarque dans le plus grand nombre témoignent que les auteurs ont dû être mal renseignés ou qu'ils connaissent peu les choses de la guerre. Guidé par les sentiments d'un soldat qui aime son PRÉFACE II pays et l'armée, j'ai voulu rendre hommage à la mémoire des braves tombés à Orléans, Coulmiers, Loigny, Beaune-la-Rolande , cn défendant le sol sacré de la patrie. J'ai raconté les faits brutalement et sans passion, après en avoir vérifié l'exacti ude avec le plus grand soin et je me suis abstenu de toute critique et de tout commentaire, laissant au lecteur le soin de j uger et d'appré cier .
Preface
III Ce serait une faute grave que de jeter un voile sur ce qui s'est passé en 1870. II faut au contraire met tre le doigt sur la plaie et rechercher la cause du mal : un peuple est loin de tomber quand il reconnaît ses erreurs. Je dirai avec le général Cailliot, un des division naires les plus sympathiques à l'armée : « J'aime à revenir sur le passé, à interroger l'his « toire de cette funeste année de 1870, et chaque fois, « j'y trouve des enseignements qui, s'ils ne sont pas <i nouveaux pour nous, militaires, gagnent toujours à être répandus. »{1) Méditons la cause de nos désastres; montrons avec fierté à la jeune France ces tombes, ces mo numents que l'on rencontre dans les champs de bataille des armées de la Loire et qui sont autant de témoins de la bravoure de ses aînés. Apprenons aux générations satures, les dévoue ments sans nombre et les traits d'héroïsme des braves qui ont généreusement versé leur sang pour la patrie.
Et nous, qui avons vu les souffrances et les revers de nos soldats, sachons nous pénétrer pour Tavenir des graves enseignements que procure í'his toire de cette grande et malheureuse guerre : Au milieu de nos revers, un homme, dont l'ar dent patriotisme excuse un peu L usurpation qu'il fit de l'autorité des chefs de l'armée, éclaire d'une lueur consolante le triste souvenir de la défaite : Gambetta lit des efforts surhumains pour sauver l'honneur de la France et l'intégrité de son territoire; retrait du discours prononcé par le général Cailliot, le 26 novembre 1886.il l'iiiangiiratinn du monument de Ladou, PRÉFACE IV en deux mois, il équipa, arma et lança contre les Al lemands plus de 500.000 hommes et 1.500 canons; mais il eut la douleur de voir ses armées battues parce qu'elles n'avaient pas pour elles l'instruction et la discipline, qualités essentielles qui préparent le succès et assurent la victoire.
Après seize années passées dans le recueillement, la France ne s'estfpas imposé en vain des charges et des sacrifices énormes : son armée instruite et dis ciplinée est prête à toute éventualité. Vienne le jour des combats: elle saura glorieusement justifier les hautes espérances que le pays fonde sur sa force et sur son patriotisme. Maurice BOIS. Orléans, 30 avril
Livre I
". PREMIERS COMBATS AUTOUR D'ORLÉANS, OCCUPATION DE CETTE VILLE PAR LES BAVAROIS. I. — La délégation de tours. — Organisation df. la défense en province; la garde nationale mobile. — Incursions de l'armée allemande dans le Loiret. — Le 15e corps d'armée. Combats de la Croix-Briquet (26 septembre), de Toury (5 octobre) et d'Artenay (10 octobre). II. — Combat d'Orléans (11 octobre); le général de la motterouge se retire derrière la Loire : les Bavarois entrent a Orléans . III. — Les Bayarois a Orléans. Le Gouvernement de la Défense nationale songea, après Sedan et de Paris, à former une armée pour délivrer la capitale et couvrir le Midi. Mais, au lieu de quitter Paris assiégé (1), il commit la faute d'envoyer à Tours, pour gouverner la province, une délégation à la tête de laquelle fut M. Crémieux (2). « Cette organisation élait doublement délec « tueuse : elle supprimait loute entente entre Paris et la pro i vince et introduisait forcément des actions divergentes là (1) « Je crois que parmi.les faiblesses qu'on a pu avoir, celle-là est capitale et je suis convaincu que les choses anraieut tout autrement tourné si le Gouvernement, au lieu d'être bloqué, avait été un Gotivernemeut agis sant an dehors. » Commission d'enquête sur les actes du Gouvernement de la Défense nationale. — (Déposition de Gaiubetta.)
(2)Ladelégatiou de Tours fut d'abord composée de MM. Crémieux et Glais- « où l'unité était une des conditions indispensables de suc « cès (1). » II restait à la France quelques éléments de résistance; le nom bre des hommes qui se trouvaient dans les dépôts s'était con sidérablement accru par les levées de la dernière classe et les échappés de Sedan. Chaque dépôt forma une compagnie de "200 hommes et servit à créer les régiments de marche (2). On travaillait à la formation de la garde nationale mobile avec une activité fiévreuse. Les mobiles les mieux organisés reçurent des chassepols et furent enrégimentés, puis encadrés dans les brigades. Enfin l'on fit venir les troupes qui restaient en Afrique (16e, 38'-, 39° dejligne) ; et la division de cavalerie Reyau, qui s'était repliée sur Versailles au moment de Investissement, fut renforcée de quelques régiments de marche et envoyée sur Orléans.
Ainsi fut créé le premier noyau du 15e corps, que l'on forma en arrière de la barrière de la Loire (3). Malheureusement la Délégation de Tours « envoya les trou « pes au combat à mesure qu'elle pouvait en réunir, avant « même de les avoir organisées, armées et équipées, avec « le matériel qu'elle avait sous la main (4). » Dans la lui te désespérée qui s'engagea de la Loire à la Seine, les membres du Gouvernement n'eurent qu'une pensée : celle de délivrer Paris tout en couvrjnt Tours. Orléans devint le centre de la concentration de nos forces nationales. La loi d'organisation de la garde mobile avait été votée le !•' février 1868. On s'était bien occupé de cette formation jus- Bizoin assi.-té**** de l'amiral Fourichon comme délégué du .Ministre de la Cuerre (Décrets des 12 et IG septembre 1870V L'amiral Fourichon fut puissamment secondé par le général Lelbrt.
(1) Amédée Lesanre (Histoire de la guerre Franco- Allemande 1870-7IÌ. y) Décret du 19 juillel 1870. (3) Eu même temps que le l.'.1* corps s'nrganisait au centre, sur la Loire. on formait également des armées dans l'Est fgénéral Cambriels), dans l'Ouest (général Fiéreck). el dans le Nord, où vint plus tard le général Bourbaki. (t) Martin des Pallières (le général' Orléans, campagne de l§70-7J, qu'à la fin de 1869, mais., à partir de ce moment, les projets de réforme militaire du maréchal Niel étaient restés à l'état de lettre morte jusqu'au 14 juillet 1870. A cette date seulement, on reprenait le travail interrompu. Le général Peytavin avait été nommé au coin mandement de la subdivision du Loiret. C'est sous sa direction que furent définitivement constitués les cinq bataillons de la garde mobile du Loiret.
Le 30 juillet, les cadres arrivaient á Orléans et étaient mis en subsistance au dépôt du 8e de ligne qui occupait la caserne de l'Etape. Une circulaire du Ministre de la Guerre, en dale du 13 août, chargeait le Préfet de réunir immédiatement les gardes mobiles du département. Le dimanche 21 août, le général Peytavin passait en revue les cinq bataillons de la garde mobile du Loiret qui, dès le 25, étaient répartis sur le territoire du département afin de garder les routes conduisant á Orléans. Les hommes avaient re;u une blouse bleue à collet et pare ments rouges et un képi en drap fin, aux couleurs de la garde mobile. Du 5 au 8 septembre, on leur distribua le pantalon bleu-gris à bande garance et la vareuse en bourre de laine noire á collet et parements rouges. Ils étaient armés de la baïonnette et du fusil íV tabatière.
Leur équipement consistait en un cein turon et une carlouchière de basanne jaune. A partir du 21 septembre seulement, on leur donna le sac en toile goudron née, destiné à servir de hâvre-sac (1). Le 7 septembre, le 1er bataillon, qui se trouvait dans les environs de Montargis, dut se rapprocher d'Orléans, par suite du départ pour Paris des 4 autres bataillons du Loiret (2). Quelques jours plus tard, ce bataillon recevait Tordre d'aller garder les débouchés de la forêt et d'en défendre l'accès à la cavalerie de l'armée d'investissement de Paris, qui poussait (1) Voir l'intéressanle brochure de M. de Rancourt de Miraérand (le lieutenant-colonel'), le l" Bataillon du Loiret. ì í.** *** S" compagnies des 8»( 3e, í", 3' bataillons restèrent à Orléans, ses reconnaissances dans le sud et menaçait d'étendre ses incursions jusque dans le Loiret.
A Orléans, l'autorité civile s'était concertée, dès les pre ■ miers jours de septembre, avec l'autorité militaire, afin de prendre des mesures contre ['invasion qui semblait prochaine. II avait été décidé que Ton exécuterait des travaux de défense et que la direction de ces travaux serait confiée à la place d'Or léans. On se mit de suite à l'œuvre: les ouvriers terrassiers se présentèrent d'eux-mêmes en certain nombre, d'autres turent requis par les municipalités. La place d'Orléans donnait les ordres ; les travaux étaient conduits et surveillés par les conducteurs des ponts et chaussées et les agents-voyers pour les rou tes nationales et départementales, par les gardes généraux et les brigadiers forestiers pour les routes forestières (1). Les voies de communication qui partent du val de la Loire pour déboucher dans les plaines de la Beauce et du Gâtinais passent à travers bois.
Elles turent toutes interceptées ou cou pées ; partout on avait également eu soin de faire disparaître des murs et des croisements de routes les inscriptions et po teaux indicateurs pouvant renseigner Tennemi. « La forêt d'Orléans était devenue un immense labyrinthe « dont les forestiers et quelques habitants du pays avaient « seuls la clef » (2). Le 1" bataillon de la garde mobile du Loiret, chargé de protéger Texécution de ces travaux, et de garderies débouchés de la forêt, occupait, le 14 septembre, les positions suivantes : 1° à Textrême gauche, la 6(* compagnie à Chevilly et à Cet cottes, gardant la route et la voie ferrée d'Orléans à Paris ; 2° au centre, la 5e compagnie à Neuville-aux-Bois, couvrant Tentrée de la forêt à droite et près de l'ancienne route d'Or léans à Etampes. (I) Voir: Journal pour servira l'invasion allemande dans V Orléanais par G. B., Orléans 1872.
(2) DeRancourt de Mimérand (le lieutenant-colonel) 1" Bataillon du Loiret. 3° à la droite, Tétat-major avec les 2e et 4e compagnies, à Chil leurs-aux-Bois, en avant de la forêt, gardant la route qui relie Orléans à Fontainebleau par Pithiviers et Malesherbes. En arrière de cette ligne Chevilly — Neuville-aux-Bois — Chilleurs-aux-Bois, la 8e compagnie était à Loury et à Rébré chien, et la Ie compagnie à Vitry-aux-loges et à Fay-aux-loges ; enfin, la lrc compagnie occupait Beaugency, la 3° compagnie, Meung-sur-Loire. Chacune des compagnies de première ligne (6e, 5e, 2e et 4e) se couvrait par un réseau d'avant-postes. Le service de correspondance avait été établi; celui des gui des avait été réglé avec M. de la Taille, garde général des forêts, commandant les guides forestiers et attaché, dans ce but, au chef de bataillon de Rancourt de Mimérand.
Chaque jour des rapports étaient envoyés íi Orléans, à la subdivi sion (1). Cependant Tennemi avançait. Le 18 septembre, les cava liers du prince Albert de Prusse (4° division de cavalerie) furent arrêtés, aux environs de Dannemois, par la 8" compagnie du 1er francs-tireurs de Paris, embusquée dans un bois avec les gardes nationaux des communes environnantes. Une centaine de hussards du 2° régiment et le lieutenant-colonel prince Horn sont mis hors de combat. Les Allemands se vengent en incendiant plusieurs villages sur leur passage, mais partout les populations sontsoulevées : à Milly, à la Montignotte, les éclaireurs ennemis sont attaqués, et les gardes nationaux vont jusqu'à ouvrir le feu contre une colonne de 800 hommes en voyée de Melun pour assurer les communications de la 4e di vision de cavalerie.
Le Préfet d'Orléans, M. Péreira (2), crut qu'il était utile de renouveler aux habitants du Loiret Tinvi talion qu'il leur avait (1) De Rancourt de Mimérand (lieutenant-colonel) le l" Bataillon du Loi ret. (2) Après le 4 septembre, M. Dureau, préfet du Loiret, fut remplacé par M. Péreira, adjoint au Maire d'Orléans ïi«cret 'lu . septembre faite, le 13 septembre, de transporter sur la rive gauche du lleuve leur blé, leurs bestiaux, leurs chevaux, leur fourrage, en un mot tout ce qui pourrait être utile à Tennemi (1). Le 20 septembre, Malesherbes était occupé par 1200 fantassins allemands et 2 régiments de cavalerie ; les coureurs ennemis se montraient à Manchecourt et á Marsainvilliers, dans la direction de Pithiviers. Une dépêche annonçait en même temps au Préfet du Loiret qu'un fort détachement ennemi sem blait vouloir se diriger sur Orléans.
A cette nouvelle, le général Peytavin informa le Préfet que dans la nuit il se retirerait sur Blois et donna Tordre de faire sau ter tous les ponts de Tarrondissement (2). Le mouvement de retraite commença à 1 heure du matin. Le 1" bataillon de la mobile du Loiret se retira derrière la Loire, à La Ferté St-Aubin, d'où il fut dirigé, par la voie serrée, sur Yierzon. Le lendemain matin, 21 septembre, il n'y avait plus un seul soldat à Orléans. La subdivision du Loiret fut alors réunie à la 19e division militaire, général de Polhès. Le général Faye remplaça à Or léans le général Peytavin, appelé au commandement d'une brigade active. Une partie de la Indivision du 15e corps tut en même temps envoyée à Orléans. Ces troupes y arrivèrent, le 23, dans la soirée, savoir : 29e régiment de marche ; 12e régiment de la garde nationale mobile de la Nièvre (de Bourgoing, lieutenant-colonel) ; (1) Les murailles d'Orléans perdant, l'oecupation prussienne; 1870-71.
Or léans, Herluison. (2) Le 24 septembre, tous les ponts situé? sur la Loire, de Beaugency à Sully, ce dernier et les deux pont» d'Orléans exceptés, sautèrent ou lurent détruits en partie. Le maire de Sully parvint à empêcher la des truction du pont de cette localité, en s'engageaut, en cas de besoiu et devant l'ennemi, seulement, à faire démonter tous les bois d'une travée ou à défaut de temps, á brûler le tablier. Les deuxponts d'Orléans surent éga lement conservés grâce á l'énergie du Conseil municipal et du l'réfet. Tirailleurs algériens (Capdepont, lieutenant-colonel) ; 2 batteries d'artillerie ; 6e dragons et d1' hussards (brigade de cavalerie du général de Longuerue). Le 24, les troupes occupaient les emplacements suivants : 1° sous les ordres du colonel Tillion (du 6* dragons), com mandant provisoirement la brigade de cavalerie ll ), à Arte nay : 1er tirailleurs à Artenay, Basoches-les-Gallerandes ; 29e de marche, 4 compagnies à Neuville-aux-Bois; 1" bataillon de mobiles de la Haute-Savoie aux tranchées de St-Lyé, Bougy et Rebréchien; 1er bataillon du Loiret, 3 compagnies à Neuville-aux-Bois, 4 à Chilleurs, derrière les tranchées ; 8e compagnie du 4e bataillon du Loiret à Cercottes ; 8e compagnie des 2e et 3e bataillons du Loiret à Chevilly ; 1 batterie d'artillerie à Artenay ; La cavalerie occupait Artenay et avait des détachements à Toury, Bazoches, Villereau, Neuville-aux-Bois. 2° Sous les ordres du général Bertrand, dont le quartier général était à Châteauneuf-sur- Loire : 1er bataillon du Loiret, une compagnie à Courcy-aux-Loges et derrière les tranchées ; 29e de marche, 2 compagnies à lngrannes, Chemault, Cham bon, Châteauneuf, Châlenoy, Coudray; 19e mobiles (Cher; à Lorris, Ouzouer-sur-Loire et Sully.
Le général Bertrand avait en outre à sa disposition le colo nel Maurandy avec le rcsle de ses tirailleurs, plus une batterie d'artillerie et deux pelotons de cavalerie. 3" le 12° mobiles (lieutenant-colonel de Bourgoing) restait à Orléans, ainsi que la 8° compagnie du 5e bataillon de la garde mobile du Loiret. Dans Taprès-midi du 24, le colonel Tillion partit d'Artenay (.1) Gc dragons et C« hussards. avec la section d'artillerie Derennes de la 14" batterie (capitaine Chastang) du régiment à pied de Tex -garde et 3 escadrons du 6° hussards et du 6e dragons. « On aperçut la cavalerie prussienne vers trois heures et « demie, à deux kilomètres environ du village. Elle poursuivit « mollement nos troupes qui, après une pointe sur Bazoches, « se repliaient sur Artenay. On pouvait évaluer les forces en « nemies à 2,400 uhlans et cuirassiers blancs, soutenus par « dix bouches à feu, s'avançant sur deux colonnes, à droite « de la route de Paris. « A deux mille mètres, la section Derennes ouvrit un feu « bien dirigé qui arrêta Tennemi.
Ce dernier forma bientôt « sur sa droite une troisième colonne longeant la chaussée « même de la route où la section s'était mise en batterie, et les a trois colonnes reprirent leur marche en avant. « Le capitaine Chastang fit tirer sur la nouvelle colonne, « qui appuyait sur notre gauche dans Tintention probable de « nous tourner, et cette colonne disparut aussitôt derrière les « bois et les maisons. Le tir de la section fut alors dirigé sur * les deux autres colonnes, qui, vers cinq heures, se reti « rèrent en bon ordre. -• L'artillerie ennemie n'avait lancé qu'un petit nombre « d'obus, tous trop courts, et ne nous avait fait aucun mal(l). » A la suite de cet engagement sans importance, Tennemi s'arrête à Toury. Le lendemain, 25, un détachement français composé de tirailleurs et de cavalerie engage avec Tennemi (2), au sud-ouest de Bazoches-les-Gallerandes, une légère escarmouche qui force nos troupes à se replier sur Neuvitle-aux-Bois et sur Artenay.
Les reconnaissances qui avaient été faites dans cette jour- (1) Rapport du commandant Tricoche sur le combat du 24 septembre à Artenay. Voir de Blois (le général), l'artillerie du 15e corps, pendant la guerre de 1870-71. (2) La 8' brigade de la 4' division de cavalerie prussienne, moins 2 escadrons, plus la 2e batterie à cheval du rég. d'art, de camp, hessois, n» 11. née avaient permis de constater la présence de partis de cavalerie ennemie assez nombreux. Aussi les troupes françaises qui se trouvaient trop en avant se replièrentelles sur la forêt. / Le 26 septembre, la 4e division de cavalerie du prince Albert faisait une reconnaissance par la route de Paris dans la direction d'Orléans. Le même jour, vers deux heures de Taprès midi, le 2e escadron du 6e dragons, suivi d'un escadron du 6e hussards, quittait Cercottes et se dirigeait vers Artenay.
Après avoir traversé le village de Chevilly, le lieutenant-colonel qui commandait la cavalerie française aperçut quelques uhlans sur la gauche de la colonne. II fit porter avec son peloton le sous-lieutenant de dragons de La Guesneriedans la direction de Tennemi pourl'observer. Mais, bientôt, on s'aperçut queles éclaireurs étaient soutenus par un peloton de uhlans. Le capitaine de Fontenay reçut Tordre de rejoindre le sous-lieutenant de La Guesnerie avec le peloton du lieutenant Petit. Les deux pelotons réunis se mirent à la poursuite des uhlans, qui filaient à 400 mètres devant eux et leur envoyèrent quelques coups de fusil . Les uhlans continuèrent à se retirer jusque sur la route; là, ils firent face, car, derrière eux, se trouvait rangé en bataille un escadron que nos cavaliers n'avaient pu voir, parce que La route est en chaussée en cet endroit.
Se voyant plus nombreux que les Français, les uhlans se précipitèrent au grand galop sur les dragons, en poussant des hurrahs . Le capitaine de Fontenay commanda alors : chargez ! et mar cha à leur rencontre le revolver k la main. II chargea à la tête de ses cavaliers avec tant de vigueur que les deux troupes se traversèrent dans le choc. Le lieutenant Petit et le sous-lieu - tenant de La Guesnerie furent grièvement atteints de plusieurs coups de lance. Le lieutenant Petit, malgré sa blessure, resta en selle, et parvint à se faire jour dans la mêlée ; niais le sous lieutenant de La Guesnerie, dont le cheval blessé aussi s'était renversé, resta sur le terrain (1). (1) Le sous-lieutenant de La Guesnerie fut conduit à Artenay. Placé chez capitaine de Fontenay et le lieutenant Petit firent sonner le ralliement sur la route à deux cents mètres du point où avait eu lieu la rencontre, mais ne purent réunir autour d'eux que quelques dragons, les autres ayant dépassé de fort loin les uhlans.
Le lieutenant-colonel, voyant cette division aux prises avec des forces supérieures (1), donna Tordre d'appuyer avec le reste del'escadron et celui des hussards; mais après avoir ga lopé pendant deux kilomètres environ, le capitaine Rousseau s'aperçut qu'il était menacé sur sa droite par un régiment de cuirassiers placé au-delà du chemin de fer qu'il cherchait à franchir. En mème temps, plusieurs escadrons de uhlans for més sur la route s'apprêtaient à charger. Le capitaine Rousseau battit en retraite dans la direction de Chevilly. Les uhlans chargèrent alors avec vigueur, mais ils furent reçus parle feu très vif des deux compagnies de mobi les du Loiret (2) embusquées derrière les premières maisons du village, et couchées dans un pli de terrain, entre la route et le chemin de fer. A ce moment, les dragons reprirent l'offensive avec les hussards et repoussèrent Tennemi dans la direction d'Arte nay.
Ces divers engagements sont connus sous le nom de combat de la Croix-Briquet (hameau situé sur la route de Paris, au nord de Chevilly) . Nous eûmes dans cette affaire 4 morts, 15 blessés, dont 2 officiers, et 22 dragons disparus. Les uhlans appartenaient au 10e régiment. Ils perdirent environ 80 hommes, dont un particulier, car les ambulances étaient encombrées, il s'enfuit la nuit et regagna Orléans. (1) Ces troupes avaient devant elles le régiment des uhlans de Poseu N° 10 (moins le premier escadron ; 4° division de cavalerie). (2) Ces mobiles appartenaient à la 8° compagnie du 2' bataillon et à la 8*-* compagnie du 3U bataillon (capitaine Prat). Le i" bataillon de mobi les du Loiret était rentré à Orléans, le 26, à 5 heures du matin, d'après les ordres qu'il avait reçus. plusieurs officiers; un capitaine fut tué par le trompette Madergand (1).
A la suite de cet insuccès et aussi par ses reconnaissances ultérieures, Tennemi acquiert la certitude que la lisière nord de la foret d'Orléans est occupée par nos troupes. Le prince Albert s'établit alors, jusqu'à nouvel ordre, dans les environs de Toury avec les 8° et 10e brigades de cavalerie, tandis que la 9° cantonne autour de Pithiviers. Les Orléanais semblent avoir repris confiance en appre nant, le soir, ce qui s'est passé à la Croix-Briquet. Quelle n'est pas leur stupeur lorsque la dépêche suivante, aussi surpre nante qu'inattendue, est affichée sur les murs de la ville, dans la matinée du 27 septembre : « Après un engagement victorieux qui a eu lieu à la Croix « Briquet, près Chevilly, et où la garde mobile du Loiret s'est « distinguée, les généraux, reconnaissant qu'un corps nom o breux d'ennemis tournait la forêt pour arriver par la ì-oute k de Patay, ont. décidé qu'il était opportun de se replier. « En conséquence, cette nuit mème, toutes les troupes c sous leur commandement ont évacué la ville en bon ordre (2).
Lc Préfet du Loiret, « A. PÉRIiIRA J> Celle décision avait été prise dans un conseil de guerre tenu dans la soirée du 26 et auquel 1c Préfet du Loiret avait été admis. **]) Extrait dune lettre du capitaine de Fontenay .i son frire, volontaire rie Cathelineau, en date du 28 sept. 187(1, à Beaugency. — Voir le journal du Loiret, i\\\ ■'<. sept, 1871), et le premier bataillon du Loiret par le licute nant-colonel de Rancourt de Mimérand. Le 27 septembre au matin, il ne reslail plus à Orléans, que la8*-*i,|!'* du .'i' bataillon d'* la garde mobile du Ldiret. Cette compagnie, vers b heures lin mutin, faisais ['exercice sur le Mail, lorsque des agents de police informèrent le capitaine, M. Demen, qu'à la suite d'un conseil Je guerre tenu la veille au soir, toutes les troupes avaient reçu Tordre d'évacuer Orléans avant le jour.
Le capitaine Demen n'avait reçu aucun ordre. H conduisit sa compagnie á Beaugency, (Rapport du capitaine Demen . — Voir: le premier bataillon du Loiret par le lieutenant-colonel de Rancourt de Mimérand. général de Polhès annonce cette retraite par la dépêche suivante, adressée au Gouvernement de Tours : « Le Général de division au Ministre de la Guerre à Tours. « Forcé d'évacuer Orléans devant des forces supérieures, je « dirige sur Blois la cavalerie du 15° corps et 7 bataillons de la « garde mobile, Bourges et Nevers étant encombrés et ser « vant à la formation de deux divisions du 15e corps. » Cette nouvelle se répand dans le Loiret avec la rapidité de la foudre. Orléans s'en émeut, une grande panique s'empare de la ville. Le conseil municipal se réunit, et, à la sollicita tion d'un grand nombre d'habitants, M. Adolphe Cochery, dé puti du Loiret avant le 4 septembre, doit se rendre à Tours « afin d'attirer Tattention du Gouvernement sur la situation « faite à la ville, centre d'une position stratégique importante, « pour que les mesures les plus urgentes soient prises pour la « protéger, d'une façon qui concilie autant que possible les « intérêts de la défense nationale et ceux de la ville (1). » M. Cochery lut prié par les membres du Gouvernement de Tours de remplir les fonctions de commissaire délégué du Gouvernement pour la défense du Loiret.
II accepta avec beaucoup de répugnance et ne crut pas devoir le dissimuler. II était bien tard pour organiser la défense de ce département. M. Cochery n'avait par sa mission aucune autorité sur les troupes régulières. Ses rapports avec les généraux étaient ceux d'un préfet dans un département menacé d'être envahi. II avaità pourvoir à Torganisation de la garde mobile, des mobilisés, de la garde nationale sédentaire. II devait fournir, en toutes cir constances, son concours à l'autorité militaire. Ses rapports ne cessèrent d'être excellents avec elle (2). (1) Extrait du registre, des délibérations du conseil municipal d'Orléans. î) La nomination de M. Cochery fut signée par M. Crémieux. « Cette situation n'a eu du reste que quelque jour:} de durée, Orléans n'ayant pas tardé á être occupé par les Allemands.
Les services qu'il a rendus n'ont rien coûté à l'Etat, car il a conservé à son compte les dépenses qu'il a pu faire, ou ordonner personnellement, t Enquête parlementaire sur les actes du Gouvernement de la Défense nationale. Déposition de M. Cochery. La Délégation de Tours ordonne aux troupes de prendre leurs dispositions dans la forêt. Le général Reyau occupe celle ci trois ou quatre jours après avec la division de cavalerie du 15° corps, et les troupes dont nous avons parlé plus haut. Le 15e corps était en bonne voie d'organisation. II comprenait les divisions en formation à Nevers (général Martin des Pallières), à Bourges (général Martineau-Deschesnez), et à Vier zon (général Peytavin) et les deux divisions de cavalerie Reyau et Michel, avec trois batteries par division d'infanterie et une réserve de 12 batteries, plus quelques compagnies de francs tireurs.
Le général de La Motterouge (1) « ce brave vétéran de Sé bastopol et d'Italie qu'on était allé chercher au fond de sa retraite (2) » avait été nommé, le 13 septembre, au commande ment de ce corps d'armée destiné à protéger Orléans et à couvrir Tours (3). II était arrivé, le 15, dans cette dernière ville. Le 5 octobre, il était à Bourges et s'occupait à organiser les détachements qui arrivaient chaque jour pour compléter son corps d'armée. Dans la soirée, il reçut un ordre, du Gou vernement de Tours qui lui enjoignait de se rendre à Orléans et d'y établir son quartier général (4) Le Gouvernement de Tours venait d'apprendre le succès que le général Reyau avait remporté, le matin, à Toury, sur les (Il Joseph-Edouard de La Motterouge était né, eu 1803, à Pteneus (Còtes du-Nord). Sorti de St-Cyr en 1P21, il lit la campagne d'Espagne et le siège d'Anvers.
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The end
You’ve reached the end of Guerre franco-allemande de 1870-71. La défense nationale. Sur la Loire. Batailles & combats.
