Read here

Histoire de la guerre de Hongrie en 1848-1849, pour faire suite a l'Histoire des révolutions de l'Empire d'Autriche ... Avec une carte des opérations militaires

Alphonse Balleydier · 1853 · Scanned text

157,323 words · about 11 h 1 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Scanned text — may contain errors · original scans are not available here · view the original source

Licence: PDM · British Library Digitised Books dataset db14 (doi 10.21250/db14) marks the OCR texts CC Public Domain Mark 1.0 (c. 1510-c. 1900 publications); text+metadata JSONL release doi 10.23636/r7w6-zy15 is CC0 1.0. Public Domain Mark is a status label, not a new copyright licence. · Digitised by the British Library (with Microsoft). Text: British Library Digitised Books, CC Public Domain Mark 1.0.

Text from British Library, read from page scans by OCR and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Author
Alphonse Balleydier
Language
French
Published
1853
Length
157,323 words · about 11 h 1 min
Sections
25 reader sections
Text
Scanned text, read from page scans by OCR; may contain errors
Rights
Public Domain Mark 1.0

 

Contents (25)
  1. Front matter about 5 min
  2. Introduction about 1 h 11 min
  3. Chapitre II about 43 min
  4. Chapitre III about 22 min
  5. Chapitre IV about 42 min
  6. Chapitre V about 47 min
  7. Chapitre VI about 33 min
  8. Chapitre VII about 41 min
  9. Chapitre I under 1 min
  10. Chapitre II about 1 min
  11. Chapitre III about 1 min
  12. Chapitre IV about 1 min
  13. Chapitre V about 1 min
  14. Chapitre VI under 1 min
  15. Chapitre VII about 5 h 1 min
  16. Chapitre IX about 46 min
  17. Chapitre I about 1 min
  18. Chapitre II about 1 min
  19. Chapitre III under 1 min
  20. Chapitre IV about 1 min
  21. Chapitre V under 1 min
  22. Chapitre VI about 1 min
  23. Chapitre VII about 1 min
  24. Chapitre VIII under 1 min
  25. Chapitre IX about 2 min

Continue:

Front matter

DES RÉVOLUTIONS DE L'EMPIRE D'AUTRICHE Années 1848 et 1849 Par Alphonse I! M I I VIHIIt TOME PREMIER. GUYOT FRÈRES, ÉDITEURS PARIS 25, RUE SAINT - SULPICE, ti-deTant.u Pftil-Bo.rb__. ;mé«f. maison ì LYON 2, RUE DE L'ARCUEV ÊCHÊ , Uûtel de la Uanécanlí.le. -K DCCC LUI. i IMPRIMERIE DE W. REMQUET ET O, Rue Garancière, 5. années 1848 et 1849 Par Alphonse it .i.i.r. _ nil-it. TOME PREMIER. GUYOT FRÈRES, ÉDITEURS (même miison) PARIS LYON 2, BUE DE L'ABCHEVtCHÊ , 25 , BUE SAINT - SULPICE , miel de la Mati.caoterie. _i-..ïa_t da Pelit-Ooarbon. M D C C C L I I I. Peuple ! Je n'ai jamais recherché tes caresses , je n ai jarnais non plus mérité tes reproches , car fi je ne f ai pas courtisé, je ne t' ai point trompé. Indépendant par condition et par caractère, libre de mon cœur et de ma plume, je n'ai jamais eu qu'une seule pensée pour toi si bon, si loyal, si généreux quand tu n'es que toi-même ! une pensée de sincère sympathie ; je n'ai jamais eu qu'un seul désir, celui de t' éclairer sur tes véritables intérêts.

L'un des premiers en France, protestant i. .« DÉDICACE. VI contre les saturnales des républicains de 4 848. j'ai osé, au plus fort de la tourmente révolutionnaire, alors qu'au nombre de cent mille hommes, tu roulais sur le bitume des boulevarts de Paris comme la vague sur T Océan, alors que, les bras nus au vent, f œil en feu, le geste provocateur, ivre de colère plus encore que de vin, tu vociférais la Marseillaise, à cette époque, dis-je, honteuse pour l'histoire de mon pays, j'ai osé t' offrir les portraits des Révolutionnaires peints par eux-mêmes. L' année suivante, j'écrivis a ton intention, sur les brèches fumantes des remparts de Rome, l'histoire des intrigants qui, voilant leur ambition sous le masque de Vindépen dance italienne, t' avaient jeté dans une guerre injuste contre l'Autriche et dans une lutte impie contre le Saint-Siège.

DÉDICACE. VII L année dernière, à Londres, répondant à d'énormes erreurs, dont quelques-unes ont été rétractées depuis avec courage par l honorable M. Gladstone , qui les avait commises , je t' ai fait connaître la Vérité sur les affaires de Naples. Aujourd'hui, peuple, je t' offre celle sur la révolution de l'empire d'Autriche. Lis par tes propres yeux , analyse sans passions , sans préjugés, étudie avec ton intuition, souvent juste, les documents qui toujours justi fient le fait, puis examine avec ton cœur de quel coté se trouvent tes véritables amis. Peuple, c'est à toi que je dédie ce livre. Alphonse BALLEYDIER. a. AVANT-PROPOS Avant d'écrire ce livre qui doit servir de pendant à notre Histoire de la révolution de Rome, nous avons quitté la France pour étu dier, sur le théâtre même des événements que nous allons décrire, leurs causes, leurs effets; en un mot, la vérité historique des faits.

Introduction

. L' existence politique de l'Autriche repose sur des conditions uniques en Europe; elle ne ressemble en rien à celle des autres peu ples. Comme toutes les grandes nations, l'em pire d'Autriche a eu ses siècles de gloire, de grandeur et de prospérité, mais il n'a eu de nom proprement arrêté qu'en 4806. Jusqu'à cette époque, il s'était appelé : monarchie ; dénomination évidemment erronée, puisqu'il n'était que l'aggrégation de plusieurs États monarchiques régis par des lois diffé rentes et plus ou moins dépendants les uns des autres. Le principe vital de ces divers États rame nés à un centre unitaire est essentiellement pa cifique et monarchique : pacifique, car le rôle du sabre est nul dans .'agrandissement succes sif et régulier de l'empire. L'Autriche n'a point élargi ses frontières par le droit de la con quête, mais par celui des traités, des alliances et des successions.

Elle est monarchique, elle ne peut être que monarchique, elle n'existe rait plus le jour où elle cesserait d'être monar chique, puisque la forme républicaine plus ou moins admissible chez d'autres nations est mo ralement et matériellement impossible en Au-

INTRODUCTION.

. XIX triche. La vérité de cette proposition est infail lible. Sous le régime républicain, le peuple représente, donne et perçoit simultanément l'autorité, à savoir, la puissance souveraine; or, en Autriche, le peuple n'est pas, il n'y a que des peuples fractionnés en diverses races. Donc la forme héréditaire est la seule applicable à la constitution organique de ce grand tout, composé d'éléments multiples, qui, sous le nom d'empire d'Autriche, occupe sur la carte continentale une place indispensable à l'équilibre européen. Ce point important établi, et avant de com mencer le récit des événements qui, durant les années 1848 et 1849, ont captivé les re gards de l'Europe sur ce point du globe, je tons un coup d'oeil d'ensemble sur la configu ration de l'empire autrichien ; arrêtons-nous plus particulièrement à la Hongrie, qui doit XX jouer un si grand rôle dans le cours de cette histoire.

Au Nord, la confédération suisse, les royau mes de Bavière et de Saxe, la Silésie prus sienne, la Pologne et la Volhynie russes , for ment les confins de l'empire d'Autriche. A l'est la Podolie, une lisière de la province russe, la Bessarabie et la principauté de la Mol davie, dépendante de l'empire Ottoman. Au sud , les principautés de Valachie et de Servie, la Bosnie et la Croatie dans l'empire Otto man, la mer Adriatique, la légation de Fer rare, les duchés de Modène et de Parme. A l'Ouest, le royaume sarde et la confédération suisse. Sept cent cinquante milles, depuis Sesto-Ca lende sur le Tessin, jusqu'au confluent de Podhorze avec le Dniester, dans le cercle de

INTRODUCTION.

. XXI Czortkow, dans la Gallicie, forment la plus grande longueur de l'empire. Sa plus grande largeur depuis ïrau, sur l' Adriatique en Dal matie jusqu'aux monts Erzgebirge, dans le cercle de Saatz en Bohème, est de quatre cent quarante-deux milles. La population réunie des États de l'empire forme un chiffre d'environ quarante millions d'habitants. En n'y comprenant point les Bo hémiens, race errante qui compte au plus quarante mille âmes, et les Arméniens, race orien tale moins nombreuse encore, on peut classer la population entière de l'empire en quatre souches principales : La première, la plus nombreuse, est la sou che slave : elle comprend plusieurs races distinctes entre elles, et dont les suivantes sont les principales; les Czekhes de la Bohème, les I. b Slowaques de la Moravie et de la Hongrie, les Polonais, de la Gallicie, les Bosniaques, de la Gallicie et de la Hongrie, les Wendes de la Styrie, de la Carniole, de la Carinthie et du Tyrol; les Serbiens, à savoir, les Serbo-Croates en Croatie, en Hongrie, et dans les confins mi litaires ; les Serbes, proprement dits, en Hon grie, dans les confins militaires de l'Esclavonie et en Dalmatie ; les Bosniaques et les Bulgares en Hongrie et en Transylvanie.

La souche allemande, proprement dite, est la seconde : elle comprend les Allemands, qui constituent la nation dominante et occupent presque sans mélange la haute et la basse Au triche. Ils se classent ainsi : la souche Bajoaro autrichienne , la souche allemanique, la sou che franco-saxonne, la souche rhénane, la souche des Sudètes, la souche saxonne et de la basse Allemagne. Ces différentes races habitent

INTRODUCTION.

. XXIII la plus grande partie de la Styrie, une partie de la Bohème et une partie considérable de la Hongrie et de la Transylvanie. La troisième souche greco-latine comprend les Italiens du royaume Lombard-Vénitien et ceux qui occupent une partie du Tyrol méri dional, du royaume d'Illyrie et de celui de la Dalmatie. Elle comprend également les Vala ques, qui forment la plus grande partie de la population de la Transylvanie, de la Boskovine. et occupent une partie de la Hongrie et de la Dalmatie; les Furlains du royaume Lombard- Vénitien, les Ladius du Tyrol et les Grecs de la Hongrie. La quatrième souche, la souche asiatique, est composée de Magyars, race dominante en Hongrie, et occupant une partie considérable de la Transylvanie; elle comprend en outre b. les Juifs répandus surtout eu Gallicie, en Hongrie, en Bohême et en Moravie.

Ces quatre souches subdivisées constituaient ainsi l'empire d'Autriche en \ 848 : \° Le royaume de Hongrie, proprement dit, avec le royaume d'Esclavonie et de Croatie : 2° Les confins militaires ; 5° Le royaume de Bohême; 4° Le royaume Lombardo-Vénitien ; o° Le royaume de Dalmatie; 6° Le royaume de Gallicie; 7° Le royaume d'Illyrie avec le gouvernement des Laibach pour les duchés de Carin thie et de Carniole, les gouvernements de Trieste pour l'Istrie et le littoral ; 8° L'archiduché d'Autriche, comprenant la haute et la basse Autriche, le duché de Salz bourg;

INTRODUCTION.

. XXV 9° Le duché de Styrie ; \ 0° Le territoire de Cracovie ; \\° La grande principauté de Transylvanie ; 42° Le margraviat de Moravie avec une par tie du duché de Silésie; \ 5° Le comté du Tyrol et du Vorarlbergue. L'empire d'Autriche possède huit grands fleuves qui aboutissent à quatre mers différentes. L'Océan Atlantique reçoit TElbe et le Rhin; La mer Baltique, l'Oder et la Vistule; La mer Noire, le Danube et le Dniester; La mer Adriatique, l'Adige et le Pô. Les principales forteresses de l'empire sont : Théresienstadt, Josephstadt et Kœniggràtz en Bohême; Olmùtz, en Moravie; Arad, Comorn; Munkàcs etTemeswar, en Hongrie; Peterwardein, Esseck, en Slavonie ; Carlsburg, en Tran sylvanie; Zara-Cattaro, en Dalmatie ; Kufstein, en Tyrol; Peschierra, Vérone, Mantoue et Legnago, dans les États Lombard-Vénitiens.

En outre, l'Autriche possède plusieurs ports militaires dont voici les principaux : Venise , Trieste, Fiume, Pola, Zara et Cattaro. Ces deux derniers appartiennent au royaume de Dalmatie. HONGRIE. Le système des Montagnes de la Honcrie appartient aux deux principales familles de l'Europe, les Carpathes et les Alpes. Les Car pathes ceignent la Hongrie au nord et au nord est; les branches considérables des Alpes ser vent de boulevart à la Croatie et à la Dalmatie. D'autres montagnes moins élevées coupent le pays, sans appartenir au système des branches sus-mentionnées. * La Hongrie a des lacs considérables, tels que le Balaton, le Neusiedl; elle possède en outre une grande quantité de marais formés principalement par la Theis et le Danube. La Hon grie passe à juste titre pour l'un des pays les plus fertiles d'Europe.

Sa population flottait, en 4848, entre douze et treize millions d'habitants; il serait impossible d'établir un chiffre exact, attendu qu'il n'y a jamais eu de recen sement. La souche dominante, en Hongrie, la race magyare doit l'influence prépondérante qu'elle a si longtemps exercée sur les autres, à sa su périorité numérique et à sa situation au cœur du pays, la partie la plus belle et la plus fertile. Indépendamment de cet avantage, la no-

INTRODUCTION.

. XXIX blesse qui forme à elle seule les six septièmes de la race magyare, possède, avec d'immenses prérogatives , la plus grande partie du terri toire. La langue magyare possède un autre avan tage sur les langues slaves ses rivales, elle n'est point divisée en divers dialectes, elle est une. Le catholicisme est la religion dominante en Hongrie. Les villes se divisent en cinq catégo ries : villes libres royales, villes militaires, villes épiscopales, villes des montagnes et villes privilégiées. Les blés, la vigne et le tabac sont les prin cipales productions du pays qui retire de ses mines d'or et d'argent de grandes richesses minérales. Mœurs et coutumes. D'une taille généralement imposante, les Hongrois sont agiles, vigoureux et résolus; leurs regards pleins de feu , ombragés par d'é pais sourcils faisant arc-boutants sur des pom mettes de joues saillantes et basannées, présentent le caractère abrupte des races fortes.

Les femmes sont belles et gracieuses. La pas sion des Hongrois pour les moustaches ne cède en rien à celle des Musulmans pour leur barbe. Les moustaches magyares offrent une variété infinie , on en voit de toutes formes et de toutes dimensions.

INTRODUCTION.

. XXXI Cette passion rivalise avec leur enthousiasme pour la langue magyare, la plus belle et la plus riche du globe, selon les Hongrois. La loyauté, la franchise; la générosité, constituent le caractère principal de la nation. Les Hongrois exercent .'hospitalité sur une vaste échelle. Les seigneurs, les paysans, plus ou moins riches, ont toujours une table ouverte à l'étranger mème qui voyage dans des con trées dépourvues d'auberges. Dans ces derniers temps, les privilèges de la noblesse étaient considérables: la personne du noble était inviolable comme sa propriété; un créancier ne pouvait, dans aucun cas, met tre le séquestre sur ses biens : il était , lui et ses gens, affranchis de tout impôt ou redevance au roi et au comitat. Les charges de l'État pe saient uniquement sur la misera plebs contrit buens.

Les abus de ces privilèges étaient portés si loin, que les classes déshéritées pourvoyaient seules au péage du pont de Pesth, l'un des principaux revenus de la ville. Le noble, le bourgeois, l'étranger même passablement vê tus, passaient librement et le front haut sur ce pont; mais le pauvre ouvrier, le malheureux paysan, gagnant le pain de chaque jour à la sueur de leur front, étaient obligés de satis faire à la loi qui n'avait que pour eux de ty ranniques exceptions. Le paysan payait l'im pôt, dit domestical ; il contribuait uniquement aux frais de la diète et à l'administration des comitats; il fournissait les honoraires du maître d'école, des gardes, du notaire, du mi nistre ou du curé; il construisait, réparait, entretenait de ses deniers, et par des cor vées, les routes, les ponts, les églises, les écoles, les édifices publics, les digues et les canaux; il payait les impositions de guerre et

INTRODUCTION.

. XXXIII fournissait les recrues; il donnait la dime au clergé, il devait au seigneur le neuvième de son revenu et cinquante-deux jours de corvée avec un attelage. Enfin, et indépendamment des charges extraordinaires et du transport de bois pour les seigneurs, il subissait les loge ments militaires; il devait en toute saison, ainsi qu'à la première réquisition et à uu prix nominal, des chevaux, soit aux employés du comitat, soit à leurs protégés. L'ilote de Sparte était roi en comparaison de ce malheureux. Le gouvernement autrichien et le comte Széchenyi élevèrent les premiers une voix généreuse pour mettre un terme à un état de choses voisin de la barbarie. Leur réclamation devait servir à l'opposition soi-disant libérale, de prétexte pour provoquer des troubles sérieux et même sanglants.

La position exceptionnelle du noble l'a rendu hautain, vindicatif et prompt à venger l'ombre même d'une-offense, son inviolabilité est re doutable même aux agents de la police des villes. Constitution de la Hongrie. Sous la dynastie régnante, la Hongrie formait avant 1848 une monarchie héréditaire, dont le chef royal possédait exclusivement, dans toute son étendue, le pouvoir exécutif. Ce chef souverain partageait le pouvoir légis latif et le droit de percevoir les impôts, avec la représentation nationale composée de deux chambres. Le pouvoir était partagé entre ces

INTRODUCTION.

. XXXV deux corps, de telle sorte que sans le consentement de la représentation nationale nulle loi ne pouvait être abrogée. Les états ne pouvaient être grevés d'aucun impôt ni d'aucun subside, soit en argent, soit en produits, soit en soldats. Les droits et les devoirs respectifs du roi et des états ont été déterminés par la loi fondamentale établie dans les voies d'une convention réciproque par la consti tution du pays. Une partie des statuts fonda mentaux de cette loi est écrite, l'autre partie ne repose que sur des usages et des coutumes. Parmi les statuts écrits figurent : \° le pacte original que les sept chefs Magyars ont conclu avec le duc Almus; 2° la bulle d'or d'An dré II, de Tannée -1222 et sur laquelle, à l'exception de l'art. 3-1 , le roi de Hongrie prête serment lors de son couronnement; 3° le 9e art. de la première partie du tripartitum qui contient les quatre privilèges principaux de la noblesse; 4° le traité de paix de Vienne de t606 et celui de Linz de t643.

Ces traités accordent aux réformés des deux confessions le libre exercice de leur religion, art. 96 de l'an \ 791 ; 5° les statuts fondamentaux de la succession au trône et du droit d'hérédité. Le diplôme du couronnement, le serment du roi lors de son couronnement résument ces statuts et diverses lois de la pragmatique-sanction. Succession héréditaire. Par un arrêt de la diète hongroise rendu en 1687, ainsi que nous le verrons bientôt, la

INTRODUCTION.

. XXXVII couronne de la Hongrie a été conférée à la branche masculine de Léopold Ier d'Habsbourg et à l'extinction de cette branche à la branche masculine de la ligne d'Habsbourg, régnant en Espagne. Plus tard, l'art. 2 de la diète de 1725 établit l'indivisibilité du pays et le droit de la primogéniture. La nation entière accéda à la pragmatique-sanction qui à l'ex tinction de la branche masculine de la maison d'Habsbourg conférait les droits de succession au trône à la branche féminine. Depuis cette époque la Hongrie est devenue un héritage in divisible de la monarchie autrichienne, et la couronne passa selon le droit de primogé niture, tant aux héritiers mâles que féminins, mais à ces derniers uniquement en cas de complète extinction des descendants directs de la ligne masculine. Les art.

I et 2 de la loi fondamentale qui I. c XXXVIII confère le trône de la Hongrie à la dynastie autrichienne, établissent que tout ayant-droit appelé au trône est obligé de se faire couron ner dans les premiers six mois de son avènement, et de confirmer dans un diplôme spécial, avant son couronnement, les libertés, les lois, les coutumes et les prérogatives du pays. D'après la même loi, l'élu couronné doit s'engager par un serment solennel et verbal à observer ces lois et ces libertés. La cérémonie du couronnement se divise en trois parties : la rédaction du diplôme du couronnement, le couronnement et le ser ment. Le diplôme qui formait le pacte réciproque entre la nation et le roi a toujours été délivré par celui-ci aux états réunis, la veille de son

INTRODUCTION.

. XXXIX couronnement et enregistré dans le code, à la tête du premier décret rendu par le nouveau règne. D'après le cérémonial du couronnement, le roi revêtu du manteau de Saint-Étienne, recevait des mains du primat l'épée nue de Saint- Étienne. Le primat, archevêque de Gran, et le palatin lui déposaient la couronne sur la tête, et le roi tenant d'une main le sceptre, de l'autre le globe, montait les degrés du trône au chant du Te Deum et au bruit du canon. Ensuite il se rendait sur une estrade dressée sous la voûte du ciel, il prononçait le serment et gravissait la colline, connue sous le nom de colline du couronnement; là mettant l'épée à main il la dirigeait vers les quatre points cardinaux, pour désigner sa volonté immuable de défendre le territoire sur tous les points où il serait menacé. c. Le serment était double : l'un était prêté dans la cathédrale sur .'Évangile, devant le maître-autel, l'autre en plein air, en présence du peuple.

Par le premier il promettait solennellement le maintien de Téglise catholique ro maine, par le second celui des lois et des libertés du peuple. Ce dernier serment était par exception enregistré dans le code. ÍLc roi de Hongrie. La personne du roi est inviolable et sacrée, mais le peuple est souverain comme le roi. Dans l'ordre des souverains régnants, le roi prenait rang immédiatement après les deux

INTRODUCTION.

. XLI empereurs chrétiens, les rois de France, d'Es pagne et d'Angleterre; la Sublime Porte lui accordait mème la préséance sur le roi de France. Le titre de roi de Hongrie appartenait invariablement à l'empereur d'Autriche; en cette qualité l'empereur prenait le titre de ma jesté apostolique, que les rois de Hongrie ont toujours porté et que le souverain pontife Clément VIII a confirmé pour Marie-Thérèse. Le roi devait être catholique et ses enfants nés de princesses protestantes devaient être élevés au sein du catholicisme. Le terme de la majorité du roi n'est déterminé par au cune loi, par aucun usage. Des lois antérieures confirmées par celle promulguée en 1483, établissent que la tutelle serait confiée au pa latin pendant la durée de la minorité. L'épée, le globe, le sceptre, le manteau, les souliers et les bas constituent les trésors de la couronne.

La couronne se divise en deux par ties. La partie supérieure est un fragment du diadème que le pape Sylvestre a envoyé, en l'an \ 000, à saint Étienne, roi de Hongrie ; la partie inférieure est un présent dû à la muni ficence de l'empereur grec Michel Dukas. Les trésors de la couronne étaient confiés à la garde de deux gardiens laïques, qui les con servaient au palais royal de Bude. Le palatin. Le palatin est le personnage le plus important du royaume après le roi. La dignité du palatinat remonte au berceau de la royauté

INTRODUCTION.

. XLIII hongroise ; on en retrouve les premières traces dans l'histoire du règne de saint Ladislas. Dans les limites de sa sphère d'action, le palatin était le médiateur légal entre le souverain et les Etats du royaume ; en cas de minorité du roi, il était vicaire-général du royaume, et le pays lui devait en cette qualité la même obéis sance qu'au roi. II était le lieutenant du roi, président légal du conseil de régence, comte, suprême héréditaire des comitats réunis de Pesth, de Pilis et de Solte, et capitaine com mandant l'armée hongroise, propriétaire du 12me régiment de hussards, qui portait le nom héréditaire de régiment palatinal. Pendant la cérémonie du couronnement, il portait le dia dème et, conjointement avec Tarchevêque de Gran, il possédait le privilège de ceindre la couronne au front du roi.

II était président des États réunis, celui de la Chambre des magnats et de la haute-table septenvirale. arrangeait les contestations qui éclataient entre les diverses autorités du pays; il sur veillait les archives du royaume et en délivrait des copies authentiques. En raison de son importance, l'article 9 de 1741 décrète que la dignité palatinale ne pouvait être vacante plus d'une année. L'article 5 de 1 608 confère au roi la faculté de proposer, pour remplir cette dignité, quatre candidats dont deux magnats catholiques et deux ma gnats protestants ; la diète se réservait le droit de choisir entre eux. Prérogatives du roi. La forme du gouvernement hongrois étant une monarchie tempérée, le roi était investi

INTRODUCTION.

. XLV de pouvoirs qu'il exerçait exclusivement ou en commun avec le corps législatif. Au roi appar tenaient tous les droits qui, reposant sur des lois expresses ou sur des coutumes tradition nelles, ont été tacitement confirmés par la nation. La législation, tant par les lois antérieures que par les articles 1 et 2 de 1 791 , était réser vée au roi et conjointement aux États. Droits ecclésiastiques du roi. Le roi nommait les archevêques, les évê ques, les prélats, les abbés mitres, et depuis 1802 seulement, les chanoines. II avait le droit, en outre, d'ériger de nouveaux sièges épiscopaux, de les doter avec une partie des revenus des évêchés déjà existants, de suppri mer les couvents, de limiter le nombre des moines et de régler celui des paroisses ; il per cevait les revenus des sièges vacants jusqu'à la nomination des titulaires; il disposait de la fortune des membres du haut-clergé morts sans avoir fait des dispositions testamentaires.

En vertu de son droit de souveraineté, il était inspecteur suprême des écoles ainsi que des fondations pieuses et ecclésiastiques; il possé dait le droit du placet, en vertu duquel il pouvait surveiller les instances faites auprès du Saint-Siège, et examiner le serment que les évêques prêtent au chef de TÉglise. II exerçait la mème surveillance sur TÉglise réformée. Un arrêt de la diète de 1791 avait accordé aux Grecs schismatiques le libre exercice de leur religion; cependant, leurs affaires religieuses devaient se régler par un congrès ou par un synode qui ne pouvaient être tenus qu'avec

INTRODUCTION.

. XI.VII Tassentiment du roi et en présence d'un com missaire royal. Droits politiques du roi. Le roi seul pouvait conférer la noblesse; les étrangers étaient anoblis par Yindigenat, et la diète les recevait dans les rangs de la no blesse après avoir reçu lc serment qu'ils de vaient prêter devant le roi ou la diète même. Le diplôme de noblesse leur était délivré par la chancellerie aulique hongroise, moyennant une taxe de 2,000 ducats pour un laïque, et de 1,000 ducats pour un ecclésiastique. Toutes les prérogatives ainsi que les honneurs émanaient du roi couronné, qui possédait exclusivement le privilège d'élever à la dignité de baron, de comte, de prince, et le droit de con férer des grades académiques. Le roi était juge suprême du pays, sans pouvoir cependant rien changer aux formes judiciaires consacrées par les lois et les usages.

II conférait tous les emplois des administra tions civiles et militaires, à Texception de la dignité de palatin et des gardiens de la couronne, réservée à Télection de la diète; les emplois des comitats et des villes libres étaient également réservés à Télection de ces villes et de ces comitats. Les biens des nobles, morts sans héritiers légitimes, revenaient à la cou ronne, qui pouvait les transférer à d'autres maisons nobiliaires. II en était de même pour les biens des propriétaires nobles, condamnés pour crime de haute trahison.

INTRODUCTION.

. XLIX Le roi possédait exclusivement le droit de déclarer la guerre, de faire la paix, de con clure des traités avec les puissances étrangères, de leur envoyer des ambassadeurs, d'en rece voir, et d'entretenir des consulats à Textérieur. Le roi seul pouvait convoquer la diète ou la dissoudre. Droits de la nation. Font partie des états de la Hongrie tous les individus qui ont le droit de siéger et de voter, soit en personne, soit par délégation, à savoir L le haut clergé catholique, les archevêques et évêques schismatiques , les barons et les magnats du royaume, les membres de la no blesse inférieure, et les délégués des villes libres royales. Les états constituent la nation, terme générique qui s'applique uniquement à la noblesse formant un corps dont tous les membres sont égaux devant la loi. Droits des Etats à la diète. Ainsi que nous lavons déjà dit, la diète est convoquée par le palatin, dans le cas de h

INTRODUCTION.

. LI minorité du roi. Cette convocation se fait par lettres patentes, émanant de la chancellerie hongroise et qui doivent être remises à chaque membre six semaines au moins avant Touver ture. La convocation de la diète ne doit pas dépasser la limite de trois années; mais la mort du régent et la vacance du palatinat font exception à cette mesure. Dans la première hypothèse la diète doit être réunie en un délai de six mois, dans la seconde en un délai d'un an. Les états réunis en diète forment un corps indivisible qui, conjointement avec le roi couronné, constituent la législative; ce n'est que pour faciliter les délibérations qu'ils siègent dans deux salles séparées, qu'ils se divisent dans la table des magnats et dans celle des députés. La première table est présidée par le palatin ou par un substitut légal, la seconde par le personal, nommé par le roi.

Chaque table se compose de deux états : l'une du haut clergé et des magnats laïques, l'autre des députés, de la noblesse et ceux des villes libres. Les membres de la première catégorie siègent par leur première vertu, tandis que ceux de la seconde ne siègent qu'en leur qualité de mandataires. Les députés de la Croatie à la haute table et quelques membres du clergé à la table des députés font seuls exception à cette règle. Le pouvoir électif appartient uniquement dans les comitats aux comtes, et dans les villes libres aux magistrats. Les trois comitats de la Croatie n'envoient pas individuellement des représentants à la diète, mais réunis en un congrès ils font élection de trois représentants, dont l'un siège à la table des magnats et les deux autres à la table des députés. L'ini-

INTRODUCTION.

. LIII tiative des projets de lois appartient d'une part au roi, d'autre part à la table des députés. Les magnats étaient libres de les accepter ou de les rejeter. Les deux tables se réunissaient en section mixte pour n'en former qu'une seule, chaque fois qu'il importait de discuter certains actes législatifs. Les députés siégaient en vertu des instruc tions imposées par les mandataires, mais ceux-ci s'étaient abusivement arrogé le droit de changer la nature de ces instructions et mème de révoquer leurs représentants. La langue magyare était devenue dans les derniers temps la langue officielle des membres de la diète. Le public était admis sans privilèges de cartes aux galeries; les individus revêtus du costume national et ceints de Tépée étaient reçus dans la salle même des délibéra tions. d i. Finances.

Les revenus de la Hongrie se composaient des biens du royaume, des revenus régaliens et des monopoles, des impôts directs et du re venu des confins militaires. Le sel, le produit des mines, la monnaie, la douane, la poste, la loterie, les monts-de-piété et les taxes extraordinaires constituaient les droits régaliens et les monopoles. Les revenus directs se compo saient des impositions de guerre, des impo sitions immobilières, des impositions prélevées sur les villes libres, sur les seize villes de la Zips, et d'une somme allouée par le haut

INTRODUCTION.

. LV clergé pour l'entretien des fortifications. Le total de ces divers revenus produisait un chiffre moyen de trente-quatre millions de florins qui, abstraction faite d'une partie in* finie, était consacré aux besoins du pays. d. HISTOIRE. Le peuple magyar compte le dixième siècle de son apparition en Europe et le neuvième de son existence politique. Issu d'une race asiatique et compris sous le nom générique des Scythes; il envahit la Hongrie au ixe siècle, au nombre de deux cent trente mille hommes en état de combattre, sans compter les femmes,

INTRODUCTION.

. LVII les vieillards et les enfants qu'il traînait à sa suite. Réputés pour leur laideur et leur féro cité, les Magyars semèrent T épouvante et la mort sur leur passage; appuyés par une cava lerie légère aussi prompte à envahir un pays qu'à le dévaster, ils ruinèrent tout le cœur de l'Europe, jusqu'au jour où, repoussés de Lebe dia, ils s'établirent avec leurs chariots noma des dans la contrée que Constantin a nommée Atelkuzu ; là ils choisirent pour prince et chef suprême un de leurs plus valeureux guerriers, Arpacl qui devait être le fondateur de leur dynastie. Ce prince mourut en 907. Pour suivant ensuite le cours de leur émigration, les Magyars envahirent les régions situées entre les fleuves Bug et Sereth. Alliés de Tempereur, ils furent attaqués par la tribu des Patzinaks sur Tinstigation du roi Bulgare Simon qu'ils avaient vaincu ; à la suite des outrages qui surent la conséquence de cette attaque victorieuse, ils durent abandonner les contrées conquises pour se fixer définitivement dans une partie du royaume de la Grande Moravie; plus tard ils reculèrent leurs limites aux deux rives du Danube, dont ils s'assurèrent la possession par le droit de Tépée.

The opening of the book is shown; the full text loads in the reader.

Loading the full text…