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Des Cénomans anciens et modernes. Histoire du Département de la Sarthe depuis les temps les plus reculés

Auguste Voisin · 1852 · Scanned text

176,703 words · about 12 h 22 min to read

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About this book

Author
Auguste Voisin
Language
French
Published
1852
Length
176,703 words · about 12 h 22 min
Sections
10 reader sections
Text
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Rights
Public Domain Mark 1.0

 

Contents (10)
  1. Front matter about 1 min
  2. Introduction about 1 h 12 min
  3. Chapitre II about 2 h 51 min
  4. Chapitre III about 1 h 37 min
  5. Chapitre IV about 2 h 5 min
  6. Chapitre V about 3 h 52 min
  7. Chapitre I about 4 min
  8. Chapitre II about 20 min
  9. Chapitre IV about 8 min
  10. Chapitre V about 12 min

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Front matter

H M LES CÉNOMANS ANCIENS ET MODERNES HISTOIRE DU DÉPARTEMENT DE LA SARTHE DEPUIS LES TEMPS LES PLUS RECULÉS Par H. L'ABBI. Aicasn VOISIK Membre de plusieurs Académies scientifiques. TOME PREMIER. PARIS JULIEN, LANIER ET Cie, ÉDITEURS RUE DE BUSSY, 4, F. S. -G. LE MANS CHEZ TOUS LES LIBRAIRES LES CÉNOMANS ANCIENS ET MODERNES. LES CÉNOMANS ANCIENS ET MODERNES HISTOIRE DU DÉPARTEMENT DE LA SARTHE DEPUIS LES TEMPS LES PLUS RECULÉS Par ». 1/ HHílù li ci_.ii VOISliV Membre de plusieurs Académies scientifiques. TOME PREMIER. PARIS, JULIEN, LANIER ET Cic, ÉDITEURS, RUE DE BUSSY, 4, F. S. -G. LE MANS, CHEZ TOUS LES LIBRAIRES. 1852. ■t MONSIEUR LE PRÉFET y A -MESSIEURS LES MEMBRES DU CONSEIL UÉNÉRAL DE LA SARTHE . HOMMAGE DE RECONNAISSANCE ET DE RESPECT. L'uutcur, Aug. VOISIN Prèlro

Introduction

. Habité par lu. Cénomans, dont nous traçons ici l'histoire, le département de la Sarthe est compris entre le 1° 29' et le 2° 44' de longitude occidentale; entre le 47° 35' et le 48° 29' 1/2 de latitude septentrionale : sa surface, à peu près circulaire, contient environ 62 myriamètres carrés. Les trois principales rivières, qui traversent ce territoire, présentent en quelque sorte trois bassins d'un aspect diffé rent : à celui de la Sarthe répondent plus particulièrement les terrains primitifs, les roches de transition ; à celui de ITIuisne, les sables, les grès-verts; à celui du Loir, enfin, les terrains crétacés. Vers l'ouest, c'est la Suisse avec ses sublimes horreurs, son sol et sa race de granit, ses ruis seaux froids, ses forêts sombres. Vers l'est, c'est le pays des Landes, pour ainsi dire, aux milliers de collines d'un sable meuble, arrondies, moutonnant avec leurs couronnes de pins les unes sur les autres : là se trouvent le sol des déserts, INTRODl'CTION.

VIII les eaux stagnantes, les chétives bruyères et des peuplades également chétives; au contraire, vers le midi, c'est la terre molle du Rlésois, de la Touraine : elle produit, selon lajuste expression du Tasse, des hommes qui lui ressem blent, cc Vive verdure en août comme en mai; partout des fruits, partout des arbres : si vous regardez le bord du Loir, l'autre rive semble se perdre dans les airs, tant l'eau réflé chit fidèlement le ciel. Le blanc nénuphar et le jonc fleuri s'épanouissent sur Fonde, où le saule vient baigner sa blonde chevelure : derrière, le peuplier, le tremble, le noyer; les îles fuyant quelquefois parmi les îles. En mon tant, des bosquets délicieux, des grottes sans nombre où s'abritent sans frais de gais villageois, aux mœurs élégantes et douces : dans ce paresseux climat, sous ce brillant soleil, parmi ces riants vaux du Loir, le travail est bien chose contre nature. » L'esprit est .'artiste de sa propre demeure ; il la façonne à son gré, mais le milieu dans lequel il vit influe puissamment sur tout son être.

La Loire ases bords enchantés et ses sables perfides; la Rretagne, ses âpres rivages et ses rochers inébranlables : le pays des Cénomans se place justement au milieu, tout en faisant limite aux plantureux her bages des fougueux taureaux de Normandie. Ce mème pays n'est pas la patrie des aigles ni des vautours ; en échange, les campagnes voisines du Mans et de la Flèche nourrissent prodigieusement de fines poulardes; l'ouest du déparle ment a ses épaisses forêts encore bien pourvues de san gliers; l'est abonde en chevreaux d'une petite vie; Mamers a des moutons, La Ferté, des agnelles d'une espèce rare et ìsunobucTioív. IX cjui, selon l'adage du lieu, craint assez peu la dent du loup. Depuis César, l'épitbèle à'imbelles, en français moderne gens cotonneux, s'applique aux Tourangeaux; celle i'acres convient aux Cénomans modernes comme à ceux du moyen-âge, qualifiés par les historiens normands; comme à ceux qui dès les premiers jours de Rome colonisaient 1c nord de l'italie.

Naturellement impatients du joug, nos compatriotes ont toujours lutté volontiers : les uns, contre le roi, les autres, contre la ligue; jamais le pouvoir aristocra tique ni même théocratique ne les a fortement dominés : le mème esprit règne d'ailleurs aux points les plus opposés du territoire. On le reconnaît, nos voisins de la Loire man quent d'activité, d'énergie; ont peu d'instruction, peu de désir d'en acquérir : le Maine, au contraire, selon notre immortel fabuliste, naguère était un pays de sapience, de gens pesant Vair, fine fleur des humains. Sans souscrire entièrement à ces éloges, nous pouvons dire que le dépar lement de la Sarthe n'est pas un de ceux qui réclament une moindre portion de la gloire nationale, ou contribuent le moins à l'augmenter. En composant cet ouvrage notre but a été de rappeler les illustrations et la haute antiquité des Cénomans; d'opposer aux infidèles compilations des derniers siècles les textes pris à leur source; de mettre notre histoire locale en rapport avec la science moderne, avec les travaux des auteurs les mieux famés de notre époque; enfin, notre but a été dtí livrer au public le fruit de nos propres recherches, afin de rendre utiles quelque peu nos loisirs.

Les départements qui nous entourent viennent d'obtenir leur histoire tracée par I. A X ÌNTIIODUCTIO.S. des mains aussi élégantes qu'habile., le nôtre seul reste rait-il donc longtemps encore privé même d'un monument beaucoup plus modeste? L'histoirc littéraire du Maine vient d'être achevée; un volume de l'histoire ecclésiastique a déjà paru : nous avons entrepris de donner ici l'histoirc civile plus particulièrement. Quand le volume, dont nous parlons, nous a été remis, le nôtre était sur le point d'êlre publié; nous n'avons pu dès lors mellre à profit les recherches laborieuses de l'auteur, ni combattre des assertions formellement opposées aux nôtres; que le lecteur éclairé daigne instruire la cause et prononcer enlre nous. Malgré la plus grande déférence pour notre ancien condisciple, nous croyons devoir raffirmer ici de nouveau : le Mans n'a point eu d'évêques, nommés, S. Thuribe 11, en 490; S. Victorius II, en 511; Scienfroi , l'an 543 : il serait temps de ne plus répéter les méprises des doctes compila teurs qui nous ont précédés.

Après toutes ces nombreuses et si longues dissertations, il s'en faut néanmoins que les anciennes légendes de PEglise du Mans aient été appré ciées à leur véritable valeur, et que la lisle de nos évêques, avant le ixe siècle, ait été dressée jusqu'à ce jour sur ses véritables bases. Lorsque nous éditions un premier volume sur les polyp tiques, autrement les archives de la cathédrale , nous nous proposions de donner notre histoire ecclésiastique : en pré sence de celle qui paraît nous avons du suspendre ce travail, ou du moins en le mettant au jour y mêler largement noire histoire civile. Des bénédictins modernes on attendait la continuation du Galtia Christiana; notre pieux émule ré- INlllODUCTlOIS. pond dans sa préface : « Nous avons pensé que le temps était « venu de remplir à ce sujet la promesse faite publiquement « par Solcsme il y a plus de seizè ans; » nous osons deman der quel rapport le lecteur judicieux pourra trouver entre la promesse et cc commencement d'exécution , même aiec son immense valeur?

A nous, qui devons réclamer ici l'in dulgence de la critique, il siérait mal assurément de nous ériger en aristarque; cependant nous croyons pouvoir reprocher à nos estimables devanciers d'avoir beaucoup trop fait rhistoire, au lieu de reproduire fidèlement les textes anciens : dans cet ouvrage par conséquent nous nous sommes proposé de donner avant tout une exacte traduction de nos documents les plus dignes d'intérêt. Notre plan s'est trouvé tracé naturellement par nos principales périodes historiques : pendant la période gallique domine Pélément hellénique qu'introduisent d'un bout à l'autre de la Gaule, lesPélasges, les Rhodiens, les Phocéens, etc.; pendant la période gallo-romaine, règne la puissance des Césars avec leur mode de civilisation parfaitement connu. La conquête des Franks amène avec la période mérovingienne de non moins grandes réformes, par l'introduction des lois, des mœurs et de la langue des Germains.

De grandes révolu tions intérieures signalent l'avènement des Carlovingiens, des Capétiens directs, etc. ; de même qu'au règne de chacun d'eux répondent la domination de quelques éminents per sonnages et tout une série de faits importants pour notre province. Puisque Phisloire des premiers temps nous fait défaut, nous avons dû présenter à la place une appréciation nouvelle des hommes et des monuments de ces époques I5TB0DLCTI0N. trop éloignées; mais sur ce dernier terrain nous ne man qìierons pas et déjà même nous n'avons point manqué de graves contradicteurs. 11 y a deux ans, par exemple, on a découvert au Mans des tronçons de deux aqueducs entièrement différents de forme et de dimension; une commission nombreuse de la société archéologique a trouvé que le canal supérieur porte parfaitement un cachet de tout point semblable à celui des autres constructions gallo-romaines de notre pays : petit appareil exactement jointoyé, ciment ordinaire sans mélange de brique broyée, etc.

Le passage d'une grande quantité d'eau, dans des temps fort reculés, est attesté par un épais sédiment calcaire jusqu'à la voûte; nous supposons que ce canal aquifère est un reste de celui qui conduisait, pendant la période gallo-romaine, le produit de plusieurs réserves d'eau sur la place dite aujourd'hui des Jacobins, afin de servir aux spectacles de naumachic : si l'on en croit une vague tradition. Un de nos respectables édiles, dans une brochure qui vient de paraître, nie formellement nos asser tions, et affirme carrément que la commission a fait erreur : à son avis cette construction est toute moderne, d'un appa reil et d'un ciment des plus communs, tandis que le ciment rouge distingue les ouvrages des Romains; elle ne conserve aucune trace de sédiment : en sortant de ce tronçon les eaux auraient donc été obligées de voler par les airs, etc. , etc.

Nous nous garderons bien de prolonger le débat sur un si mince sujet, de mème que dans le cours de cc travail nous n'avons point voulu entrer en lutte avec nos devanciers; l'aimable et laborieux Cauvin nous disait un jour : ils ont

INTRODUCTION.

. XIII planté des jalons; cherchons plutôt à les dépasser, et plan tons d'autres jalons à notre tour; los interminables discus sions ont été surtout l'écueil des érudits du cloître. Puissent ceux qui daigneront noiis lire se bien convaincre que nous avons écrit d'une manière très grave et consciencieuse, comme il convient au caractère dont nous sommes revêtu! En considération également de ce caractère et à la vue des condamnations récentes, nous nous empressons de déclarer ici que nous avons toujours réprouvé du fond de l'âine les doctrines de la secte gallicane, et qu'à l'exemple de notre éminent prélat , dans la profession de foi du concile de Rennes, nous adoptons très fermement et embrassons les tra ditions apostoliques et ecclésiastiques, les autres observances et les constitutions de l'Eglise catholique , apostolique , romaine.

Nous soumettons nos écrits pour le fond et pour la forme au jugement irréformable du Saint-Siège, et s'il nous est arrivé d'appeler saints, bienheureux ou vénéra bles plusieurs évêques auxquels l'Eglise n'a point accordé ces titres, nous avons voulu seulement nous conformer à l'usage ordinaire de parler. Afin que ce travail obtienne quelque succès, nous Pavons placé sous la protection de l'immaculée vierge mère de Dieu, au jour de l'Incarnation du Sauveur. Le Mans, 25 mars 1852. Av. J. Av De J 711 PREMIERE LISTE DES DUCS ET DES COMTES PROPRIÉTAIRES DU MAINE. DOMINATION DES GALLO-GRECS. -C. 000. Elitovius, duc des Cénomans qui colonisèrent la Gaule transpadane. í8. Lc Dunicius des Chroniques d'Amboise, duc du pays entre Seine-et-Loire et de la Neustrie jusqu'à Cologne fondateur de Château-Dun ; le même peut-être que le duc Dumnacus vaincu par César.

DOMINATION DES ROMAINS. 2ùi. Vadus, établi souverain des Cénomans par Auguste, selon une inscription peu authentique, conservée autrefois à la Fontaine-Saint-Martin. •C. 1-117. Pendant l'apostolat de S. Julien, les Cénomans avaient pour chef de leurs magistrats municipaux un comte ou prince de la cilé, nomffté Défensor ; d'après l'explicatiou de plusieurs, ce comte aurait eu simplement le titre de Défenseur. Goda, femme de Défensor ou du Défenseur, dans la lé-* gende de S. Julien, INTRODUCTION, 117-123. Gajanus, selon la légende de S. Thuribe, était regardé comme duc par ses comprovinciaux. Savinie, femme de Gajanus. 380-400. Un préfet des Lètes de Souabe du corps des Geniiles résidait au Mans. Conan, prince Breton, s'empare de l'Armorique, DOMINATION DES BRETONS. 431-470. Hengist, duc de Saxons, auxiliaires des rois de la Grande- Bretagne, occupe l'Anjou et vraisemblablement le Maine, le pays de Séez, le Bessin, etc.

Le Saxon Ga'ùts ou Gajanus lui succède avec le titre de comte d'Angers, et à celui-ci Paul, son fils : c'est ainsi, dit un auteur Breton, que les comtes possesseurs de l' Anjou ont été de race saxonne, jusqu'aux ducs Capétiens qui s'emparèrent de la couronne. DOMINATION DES FRANKS. 470-481. Childérik, patrice ou roi des Gallo-romains et duc des Franks-mérovingiens, fait périr Paul ; détache l'Armorique de la Grande-Bretagne, et place au Mans, comme roi ou duc souverain, Regnomer, son neveu supposé. 481-Í5H, Clovis, voyant ses parents et Regnomer, l'un des premiers, chercher à le frustrer des dignités de son père, s'empare de leurs Etats, après les avoir mis à mort. Son filleul, S. Léonard, fils du roi du Mans, renonce au siècle en se dépouillant de la chevelure mérovingienne : il se retire dans une forêt près de Limoges.

D'après la légende de S. Vivenlien, Emolenus et Waimer, son fils, conduisaient les troupes des Cénomans à la bataille de Youillé. 540. Au temps du voyage de S. Maur en France, Florus, Maire du palais de l'illustre roi Théodebert, était comte d'Angers, tandis que son proche parent Arderad était vjcomte ou vidame de l'évèque du Mans : les Méro-

INTRODUCTION.

. XVII vingiens établissaient alors dans nos cités des évêques comtes pour les gouverner en leur nom. 575. Roccolen, duc de Chilpérik , dirige une expédition des Cénomans en Touraine. 578. Bepolen, successeur du précédent, commande une armée levée dans le Maine et les pays voisins. 581-586. Baigis ou Baudégisile, Maire du palais de Chilpérik, devient évêque-comte d'Angers et du Mans. 586-G24. S. Bertran, prince de sang royal, de la famille aquitano- Franke, succède à Baugis en qualité d'évêque-comte du Mans; tandis que S. Licinius, fils du Maire Garnier, après avoir été connétable de Chilpérik, obtient d'être évêque-comte d'Angers. 043. Gui, comte de Chartres, duc d'une armée de Dagobert contre les Bas-Bretons : la bataille se lhre entre lo Mans et La\al. 005. L'évèque S. Béraire obtient un diplôme royal, afin que les comtes ou ducs des Cénomans soient nommés par le suffrage du clergé et du peuple.

DOMINATION DES AQUITAINS. 710. Roger (Chrodeijarius), duc des Cénomans, père de Clothilde abbesse de Châlons. Av. 745. Le duc Roger avec ses fils : Hervé, comte du Mans, et Gauzlin, évêque, soutient vivement le parti des Mérovingiens d'Aquitaine contre Charles-Martel et Pépin d'Austrasie. DOMINATION DES AUSTRASIENS. Vers 750. Le comte Hervé tombe sous le fer des assassins; Guérin, son frère, lui succède pendant la minorité de son neveu, sans doute. Pépin impose à nos comtes la suzeraineté de son frère Gripon ou Griph, qui bientôt après se révolte avec eux, et se retire à la cour d'Aquitaine. 752-774. Milon ou Emile d'Angers, gendre, dit-on . de Pépin,

INTRODUCTION.

. prend la place de son oncle, et maintient le Maine avec les provinces voisines sous la domination des Austrasiens. Le Mans avait alors pour vicomte Aymar ou Adhémar, et pour vidame Abraham; Gauzlin était évêque-comte, tandis que son neveu et filleul Gauzlin grandissait à la cour de Charlemagne. Rolland, guerrier tant vanté, obtint la suzeraineté du Mans et le gouvernement des marches de Bretagne, à la mort de son père : après la défaite de Roncevaux il fut remplacé par son gendre Gui, fondateur de la ville et de la maison de Laval. 774-778 790 Charlemagne accorde le duché du Maine à son fils aîné Chari.es : c'est-à-dire un commandement militaire dans le pays entre Seine et Loire, pour une campagne seulement. Av 810 Rorik I, fils du comte Gauzlin et à' A clellrueìe ou Adélaïde , frère de Théoclrade ou Gauzbert et petit-fils d'Hervé par conséquent , vivait à la cour de Charlemagne , lorsque d'une union illégitime avec Rotrou, fille de cet empereur, il donna naissance au prince Louis.

Louis devint abbé de Saint-Denys et chancelier, à la place de son aïeul, selon quelque vraisemblance; il eut pour successeur dans cette charge Gauzlin, son plus jeune frère. S38 Cii.vRLES-.e-C/ìaiíi'í, obtient de son père le duché du Maine en apanage; Louis le fait couronner roi de Neustrie. et l'envoie tenir au Mans sa cour. 841 A la mort de cet empereur, les comtes propriétaires du Mans avec les seigneurs marquis de Laval, proches parents vraisemblablement, veulent secouer le joug des Caiìovingiens, et redevenir indépendants : ils exilent l'évèque austrasien, S. Aldrik. Vers le temps de la bataille de Fontenay Rorik I cesse de vivre : Rorik II son fils, le remplace. 844 Bernard de Poitiers, gendre de Rorik I, périt dans un combat avec Hervé, son frère; Bernard II, tige avérée des ducs d'Aquitaine, lui succède. Les Normands arrivent à l'embouchure de la Loire.

INTRODUCTION.

. XIX 854-857. Le duc normand Siderik vient au secours d'Erispoé de Bretagne, en guerre avec le roi des Franks : il assiège le Mans, et fait d'importantes conquêtes en se retirant à Rouen. Charles-le-Chauve donne à son fils Louis-.e- Bègue le duché du Maine en apanage. 801 Pour éloigner les Normands et soumettre nos comtes souvent rebelles, Charles établit duc de France et marquis de l'Anjou et du Maine stoòerí-le-Fort. 805. Rorik II est tué dans un engagement avec les Normands : Godefroi ou Geoffroi, son frère, prend sa place, tandis que Gauzlin, autre fils de Rorik I, obtient celle du prince Louis, archi-chancelier. Peu d'années après, les Scandinaves et les Bretons réunis s'emparent du Mans et le livrent au pillage. 870-874 IIuGUES-l'abbé, successeur de Robert, continue de combattre avec Geoffroi du Mans les Normands, qui néanmoins réussissent à se fixer dans les murs d'Angers.

Charles vient au Mans ; fortifie la province, et nomme plusieurs comtes pour la défendre. L'abbé Gauzlin et son frère se maintiennent vaillamment dans l'héritage de leurs pères. Le premier quelque temps après est chargé de protéger le royaume entier contre les invasions des enfants du Nord. 878 Les comtes du Mans Gauzlin, Godefroi, et les fils de celui-ci soutiennent les fils de Bilichilde du Mans, Bernard et Emenon, en lutte avec Louis-le-Bègue. Gauzlin devient évêque de Paris, ville dont il éloigne les Normands par des prodiges de valeur. Une maladie épidémique enlève Gauzlin , Godefroi et son fils du même nom : Edom, surnommé Bras-cle-fer, et Roger, également fils de Godefroi, selon toute vraisemblance, lui succèdent. Le comte du Mans Edom et celui d'Angers, vassaux du roi Eudes, livrèrent une bataille aux Scandinaves près de Chartres; Roger, au contraire, quelque temps après s'étant révolté contre le roi capétien, fut chassé du Mans par le frère d'Eudes, Robert, qui mit à sa place le comte Gauzlin; mais, aidé du vicomte Raoul, il ne tarda pas à rentrer en 880-898

INTRODUCTION.

. XX possession de Phéritage de ses aïeux, et réussit à éloigner l'évèque Gonthier de son siège. DOMINATION DES NORMANDS. L'histoirc de nos provinces sous le règne de Charles-le- Simple est peu connue : Rollon envoie Gerlon s'emparer du Mans et de l'Armorique entière, où le duc Raijnold établit la domination des Danois. 898-922. Hugues- David, fils supposé de Roger, comte propriétaire du Mans, comme ses ancêtres, et issu de Charlemagne par les femmes, refuse de se soumettre au roi capétien Robert : celui-ci lui impose la suzeraineté du comte d'Angers, auquel il donne ce qu'il possédait dans notre province. 922-970. 924 HucuES-ie-Graná, duc de France, règne en souverain dans le Maine, l'Anjou, etc. 11 paie une somme d'argent considérable au duc Raynold, afin qu'il se retire en Bourgogne, et qu'il lui abandonne ses droits sur le Maine. 970-1015 Hugues II remplace son père, et comme lui lutte vivement contre les Capétiens et leurs fidèles vassaux de l'Anjou. 1015-1030 Herbert I, surnommé V Eveille-chien, fils de Hugues II, continue la guerre avec ardeur, pour demeurer indépendant. 1030-1044 Herbert II, surnommé Baccon, fils de Hugues-David, succède à son neveu, pendant la minorité du fils de ce dernier. 1044-1051 Hugues III, fils d'Herbert I. Bcrthc, veuve d' Alain de Bretagne.

DOMINATION DES COMTES D'ANGERS ET DES DUCS DE NORMANDIE. 1051-1000. GEOFFRoi-il/strie/, comte d'Angers, vassal du roi capétien, chasse du Mans Berthe et ses deux enfants, et fait

INTRODUCTION.

. XXI gouverner le comté par son fidèle sénéchal Lisois de Bazougers, petit-fils du vicomte du Mans. 1001 1062 Herbert 111, fils unique de Hugues III, avec l'aide du duc de Normandie rentre en possession de son héritage, à la mort de Geoffroi-Martel, et malgré la vive opposition du successeur de ce comte. La jeune Marguerite, sœur d'Herbert, est fiancée à Robert, fils de Guillaumcle-Conquérant. Gauthier de Moulent, gendre d'Herbert I, fait valoir les droils de Bluue, sa femme, et gouverne quelque temps le Maine ; mais Guillaume fait valoir à son tour ceux de Robert et de Marguerite, puis le droit du plus fort : Gauthier et sa femme sont empoisonnés; Robert de Bellème est mis à la tète des Cénomans , au nom du Conquérant de l' Angleterre, qui pour maintenir ces derniers sous ses lois bâtit le château du Mans.

Robert, son fils aîné, conserve le simple titre de comte du Maine. 1062 1064 1003 1073 Jean de la Flèche, né de Gerberge, autre fille d'Herbert I, s'appuie en vain sur Geoffroi d'Anjou, pour obtenir le comté dont nous parlons; son oncle, Azzon de Gênes, mari d'une troisième fille d'Herbert, est préféré par les Cénomans, qui chassent du château le sénéchal Omfroi et tous les officiers normands. Lorsqu'.l:_on se retire, Hélis, fils de Jean de la Flèche, cherche à obtenir le comté ; mais Guillaume-le-Conquérant reprend à main armée notre province. Robert, à la mort de son père, se fait reconnaître comte du Mans. 1087 1090 Les Cénomans chassent les garnisons normandes, et appellent pour les gouverner Hugues de Langues, íils du marquis Azzon ; celui-ci vend peu de temps après ses droits à son parent Hélie, qui accepte la suzeraineté de Foulques d'Angers, et fiance son héritière avec le fils de cc mème comte. 1090 1098 Hllie tombe eutre les mains du roi d'Angleterre, qui 10',I8> 1 INTRODUCTIONrétablit sa domination dans le Maine : à sa mort, Hélie s'empresse de revenir au Mans.

Mathilde de Châleau-dU-Loir. Agnès de Poitiers. REUNION DU MAINE ET DE L'ANJOU. 1110-1129. Foulques d'Angers, mari à'Erembourge du Mans, réunit les deux provinces, après le décès de son beau-père, et fait hommage du Maine au roi de France ; le roi d'An gleterre le contraind bientôt de sc désister et de rendre à lui-même cet hommage. Erembourge du Mans. Mélissende de Jérusalem. 1129-1151. GEOFi-Roi-P/oíiía(/e)icí, Geoffroi-Martel, Gcoflìoi-le-Bel , fils de Foulques-le-Jcune et mari de Mathilde d'An gleterre, comte des trois provinces unies, duc de Normandie. Mathilde, veuve de Henri V, empereur. Le frère de Geoffroi, Hélie, mari de Philippe de Mortagne, disputa pendant plusieurs années la possession du Maine, qui devait être son partage. 1151-1168. Henri II, fils aîné de Geoffroi-le-Bel, comte d'Anjou, du Maine et de la Touraine, duc de Normandie et d'Aquitaine, roi d'Angleterre, etc.

Eléonore d'Aquitaine, dernière des descendants de Bernard de Poitiers et de Bilichilde du Mans. GEOFFROi-J/or/eJ , frère d'Henri II , réclame en vain le Maine, qui devait lui appartenir, lorsque ce dernier obtint l'héritage de leur mère. 1168-1199. Henri cède le comté du Mans à Rich.vrd-c_?ì.»--c-c-/-ío.., son lits aîné, et celui-ci rend hommage ensuite au roi de France. Bérengère de Navarre. 1199-1204. JEAN-sans-Tcrre, frère de Richard, lui succède, après avoir évincé le légitime héritier, Arthur de Bretagne, comte du Mans pendant tort peu de jours; Jean, après iNTUODUCTIO'N. XXIII le meurtre de son neveu, est dépouillé lui-même par Philippe-Auguste. DOMINATION DES ROIS DE FRANCE. 120 í- 1234 Bérengère, veuve de Richard, obtient lc comté du Mans comme échange de son douaire ; mais cè ne fut qu'en 1260 que lc roi d'Angleterre abandonna son titre de comte du Maine, en faveur de S. Louis, et moyennant une somme considérable. 123S-12Ì0 Le Maine, gouverné par le sénéchal des trois provinces réunies, est assigné pour douaire à Marguerite de Provence, femme de S. Louis. 12 Í6- 1285 Charles 1, frère du roi, est investi des comtés du Maine et de l'Anjou ; la Touraine reste à la couronne.

Béatrix de Provence. 1285-1290 Chaules 11, fils de Charles I, roi de Naples, comte du Maine, de l'Anjou, etc. .Marie de Hongrie. 1290-1317 Charles de Valois, fils de Philippe-le-Hardi , devient comte du Maine à raison de son mariage avec Marguerite, fille de Charles II. Marguerite d'Anjou-Sicile. 1317-1328 Charles de Valois cède le comté du Mans à Philippe, son fils, qui lc réunit à la couronne, en montant sur lc trône laissé vacant par les Capétiens directs. PREMIERE LISTE DES ÉVÊQUES DU MANS.1 DOMINATION DES ROMAINS. S. Julien, romain, apôtre 47 ans 3 mois 20 jours S. Thuribe 5 0 16 5 O 16 S. Pavace 43 0 0 DOMINATION DES TYRANS OU ROIS INDEPENDANTS. Evêques inconnus. DOMINATION DES FLAVIENS Maîtres de la Grande- Bretagne et des Gaules. Sous les premiers empereurs chrétiens, évêques inconnus: S. VaJterinus, S. Gundanisolus, clc. ? 345-394.

S. Liboire, gallo-romain 49 ans Omois 0 jours. 394-428. S. Victor ou Victeur, du Mans 34 7 13 429-469. S. Victorius, du Mans 40 7 10 DOMINATION DES SAXONS. 470-479. S. Séverin 9 ans 1 mois 21 jouis. (1) D'après deux anciennes listes de la bibliothèque du Mans : l'une dres sée sous Avesgaud; l'autre, avant Hamelin et continuée depuis, jusqu'à Robert de Clinchamp. I. B Introduction. XXVI DOMINATION DES FRANKS 482-5*1 1. S. Pbiscipe-, Frank 29 ans 1 mois 21 jours. 511-558. S. Iiwocess, gallo-romain 45 10 25 559-581. S. Domnole, abbé à Paris 22 0 0 581-58G. Baldegisile {Baui/is), évêque-comte 5 0 0 587-624. S. Bertran, aquitain , évêque-comte 37 0 0 624-655. S. Hadoun, gallo-Frank 30 11 24 655-680. S. Bér.ure, aquitain 25 4 18 680-714. Le V. Ayglibert, aquitain 34 6 11 DOMINATION DES AQUITAINS. 707-710.

Bëraire 11, aquitain 3 ans 6 mois 0 jours. 710-727. Le V. Herlemond, Frank 16 9 13 730-770. G.aJ_xi_.,duMans, évêque-comte 40 0 O 753-762. Heiilemosd II, Frank 9 0 0 770-772. Hodi.ng, Frank 2 0 0 772-785. Mérole, du Maine, cor-évêque puis évêque 20 0 0 785-704. Joseph , du Chartrain ou du Maine 0 0 0 DOMINATION DES AUSTRASIENS. 704-816. Frank I, d'Hasbanie patrie des *PePin 22 ans 4 mois 13 jouis. 816-832. Frank II, neveu du premier 16 5 3 832-856. S. Aldrik, austrasien 24 3 2 857-883. Robert-, de Touraine? 26 0 0 883-800. Lambert 7 O 0 890-913. GùNTHiEli 23 0

INTRODUCTION.

. XXVtl DOMINATION DES NORMANDS. 901-939. Hubert, du Maine 37 ans 10 mois 11 jours. 939-960. Mainard, frère du vicomte 20 5 6 960-994. Sigefroi de Bellême 33 1 1 16 DOMINATION DES CAPÉTIENS. 994-1036. Avesgaud de Bellême 42 ans Omois 0 jours. Intervalle. 0 0 20 1036-1055. Gerv ais de Chàteau-du-Loir(l) 20 0 0 DOMINATION DES COMTES ANGEVINS ET DES DUCS DE NORMANDIE. 1058-1067. Vulgrin, de Vendôme, abbé à Angers Sans 9 mois 11 jouis. 1067-1069. Intervalle. 2 4 0 1069-1084. Arnault, de l'Avranchin 14 0 0 1084-1085. Intervalle. 1 4 23 1085-1097. Hoel, de Basse-Bretagne (2) 12 3 7 Intervalle. 0 4 0 1097-1125. LeB.HiLDERÌ_RTdeLavardin(3) 28 6 0 Intervalle. 0 3 0 1126-1135. Gui d'Etampes, de Ploërmel (4) 9 5 0 Intervalle. 0 7 0 1136-1143. Hugues de Saint-Calais 7 4 17 Intervalle. 0 11 0 1143-1186.

Guillaume de Passavant , de Saintonge 42 4 25 Intervalle. 0 7 0 (1) Archevêque de Reims, le 15 octobre 1055. (2) Sacré le 21 avril 1085. (3) Sacré à Noël, en 1097; archevêque de Tours, l'an 1125; il dit lui même qu'il fut 28 ans évêque du Man». (4) Mort le 7 février 1135. 1. B*' \\\ ni

INTRODUCTION.

. 1187-1189. RegnaulL, du Maine (I) 2 ans 0 mois 8 jours. Intervalle. 0 í 0 1190-1218. Hamelin (2), aumônier d'Henri H 28 0 0 1214-1215. Nicolas (3), aumônier de Richard 1 8 0 Intervalle. 0 1 0 1216-1231. Maurice (í) 13 0 0 1231-1234 Geoffhoi de Laval (5) 3 0 0 DOMINATION DES ROIS DE FRANCE. 1234-1255. Le B. Geoffroi de Loudou (6) • près de 21 ansO mois 0 jouis. J255-125S. Guillaume Rolland, du Mans 3 0 0 1258-1272. Geoffroi Fresloh, du bas-Vendomois 14 0 0 1272-1274. Geoffroi d'Assé, de Saint-Marceau 2 0 0 1274-1289. Jean de Taulay (de Courtenay) 17 0 0 1289-1296. Pierre le Royer, de Trou 7 0 0 1296-1299. Denys Benaiston, de Falaise 4 0 0 1299-1309. Rodeïit de Clinchamp (7), du Maine 10 0 0 1309-1327. Pierre de Longueil, de Normandie 16 6 4 (1) Mort le 2 aoùt 1189. (2) Elu le 1er décembre 1190, sacré à Rome par le pape Célestin 111, mort la veille de la Toussaint, l'au 1218 [M. S. du Mans). 11 se démet au milieu du carême 12U. (3) Elu le mardi 27 mai, après l'octave de la Pentecôte, en 1214 [M. S. du Mans).

(4) Elu le 24 mars 1216, sacré à Tours le dimanche dans l'octave de l'As cension. (Ibid. ) (5) Elu le 12 août 1231, mort le 10 août 1234. (6) Elu lc 16 septembre 1234, mort le 3 août 1255. (7) Mort le jour de S. Michel; 29 septembre 1309, d'après son épitaplie. CORÉVÈQUES OU COADJUTEURS. Ap. 680. Pierre, de Champagne, coadjuteur du V. Ayglibert. Vers 762. Scienfroi ou Siffroi, prieur de Saint-Symphorien, coadjuteur de Gauzlin. Av. 768. Didier, coadjuteur de Gauzlin, après Siffroi. Av. 708. Berthoud, coadjuteur également de Gauzlin. Ap. 768. Mérole, de l'abbaye d'Evron, quatrième coadjuteur de Gauzlin. Av. 836. David, coadjuteur de S. Aldrik. LISTE DES VILLES DU MAINE, antérieures a l'invasion des normands, Et dont la seigneurie appartenait soit au pouvoir civil, soit au clergé. 1 . l_a Quinte ou banlieue du Mans, domaine public et canonique.

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