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TRAICTE
DU TABAC
OU
Dédicace
A MONSIEVR,
MONSIEVR DE
MERLE, CHEVALIER,
CONSEILLER, SECRETAI-
RE DU ROY, ET PREMIER
Preſidant au Bureau des Threſoriers generaux de France, eſtabli à Lyon.
ONSIEVR ,
Mestant tombé entre les mains un traité Latin de la vertu & proprieté, & des dommages qui procedent de l'uſage es abus du Tabac, i ay iugé à propos pour le bien public, de le faire imprimer, & à fin que tout le monde s'en peuſt ſeruir, i'ay mis peine de le faire fidelement traduire en nostre vulgaire. Estant au ſurplus en doute, ſoubs l’appuy de qui ie le pourrois mettre en lumiere, & luy cherchant quel-qu’un qui le peuſt fauoriſer de ſon authorité contre les aſſauts de quelques médifants, i’ay pris la hardieſſe de le faire ſortir ſoubs voſtre adveu, eſtant meſmes adverti par quelques uns de mes amis, que receuant du profit en l’usage du Tabac vous prendriez plaiſir & contentement en la lecture du preſent livre, lequel comme deſtitué de toute aßiſtãce en ceſt effect, se range ſoubs vostre protection. Prenez-le donc à gré, MONSIEUR, non tant pour tel qu’il eſt (eſtant chose fort petite) que comme gage de l’affection d’un qui ſe dit ,
MONSIEVR,
Voſtre plus humble ſeruiteur,
Le traducteur au lecteur
LE TRADVCTEUR
Au Lecteur.
SI iadis ceſt ancien Roy, qu’il n’eſtoit loiſible d’aborder ſans quelque preſent, ne deſdaigna l’accez d’un ſien ſubiet, lequel ſe preſenta à luy avec ſes pleines mains d’eau ; ne meſurant la grandeur de ſa bonne volonté à la valeur de fon offrande ; appuyé fur meſme confiance & animé de pareille affection : l’ay pris la hardieſſe (Amy Lecteur) de te preſanter ce traicté du Tabac en noſtre langage. Le preſent eſt petit en conſideration de ce que i’y mets de mon creu, n’y contribuant qu’une ſimple & fidele verſion ; mais il est d’autant plus relevé à raiſon de ſon excellence, laquelle il emprunte de ſon obiect, qui eſt une plante ſur laquelle le Ciel ſemble auoir verſe ſes influences auec vne ſpeciale ſaveur, & la nature s’eſtre mon- ſtree plus que liberale en luy prodiguant tant de rares & excellentes prerogatives & proprietez, leſquelles te ſont repreſentees au vif & naïfvement deſcrittes dans ce diſcours, toutplein de doctrine, entrecouppé de queſtions autant neceſſaires que curieuſes ; enrichi de quantité de belles hiſtoires & experiences ; embelly de recherches tres-exquises, capable enfin de donner toute forte de satisfaction aux eſprits les plus curieux, leſquels pourront tirer autant de proffit de ſa practique, qu’ils auront perceu de contentement en ſa théorie : car tout son contenu ne butte à autre fin, qu’à dilater les facultez de ceſte Panacee, qu’il va appropriant d’une façon toute methodique, à toutes les incommoditez & maladies du corps humain. Reçoy donc ceſte Medecine universelle, de laquelle tu peus recevoir de l’allegement en toutes tes langueurs ; & la tiens comme une autre boitte de Pandore, laquelle contient en ſoy toute ſorte de bien ; mais venant à eſtre profanee & ouverte à tout le monde, ne produit que mal-heur : N’en eſpere pas de moins, ſi tu en veus meſ-uſer, & t’emanciper à l’abus qui ſe commet iournellement en l’vſage deſmeſuré de ſa fumee, lequel est capable de metamorphoser & peruertir entierement toute ton oeconomie naturelle, au preiudice de la ſanté, avec un final abbregement de tes iours. Apprends donc dans ceſt œuure la maniere de t’en ſeruir deuëment en tes nécessitez, peſant attentiuement les raiſons & exemples qu’il te propoſe pour te faire conceuoir une horreur ſalutaire d’un abus ſi pernicieux. Tu demeureras redevable de l’utilité que tu en recevras à la ſollicitation du ſieur Barthelemy Vincent, marchand Libraire, lequel ayãt ce diſcours entre les mains, apres avoir recogneu l’utilité qui en pouvoit revenir au public, m’a fait condeſcendre à la priere qu’il m’avoit ſouvent reïteree, de donner quelques jours à ceſte traduction, pour t’en faciliter l’uſage, auquel tu ne trouveras aucune difficulté tant en ce qui concerne l’intelligence des noms des ingredients, de laquelle tu ne puiſſes eſtre eſclaircy par les Pharmaciens, desquels tu pourras recouvrer les medicaments ſimples & composez qui entrent en la compoſition des remedes qui te ſont preſantez. Aggree donc & favoriſe nos intentions, en recognoiſſance du deſir & ambition qui ne nous porte à autre choſe qu’à ce qui eſt de ton utilité. Adieu.
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The end
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