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Réponse à l’écrit anonyme intitulé: de la formation des églises

Auguste Rochat · 1841 · Free in the US

51,719 words · about 3 h 37 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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About this book

Author
Auguste Rochat
Language
French
Published
1841
Length
51,719 words · about 3 h 37 min
Sections
10 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (10)
  1. Front matter about 1 h 49 min
  2. Avant propos about 3 min
  3. chapitre 1 about 49 min
  4. chapitre 2 about 5 min
  5. chapitre 3 about 9 min
  6. chapitre 4 about 15 min
  7. chapitre 5 about 2 min
  8. chapitre 6 about 3 min
  9. Conclusion about 19 min
  10. Appendice about 3 min

Continue:

Front matter

Appendice.

Du milieu du mouvement religieux de nos jours, si réjouissant à plusieurs égards, et du milieu de l’agitation, quelquefois un peu humaine, qui l’accompagne, surgit, presque chaque année, quelque opinion nouvelle, qui étonne plusieurs de ceux aux yeux desquels elle apparaît. Toutefois, nul ne doit rejeter une idée parce qu’elle paraît nouvelle, pas plus qu’il ne doit l’accepter, en cédant à l’attrait de la nouveauté. Le devoir tracé par la Parole, est d’éprouver toutes choses, et de retenir ce qui est bon (1 Thess. 21). Éprouvons donc, en conférant ensemble les Écritures, (Act. XVII, 11.) les idées , oui vraiment bien nouvelles pour nous, qui sont contenues dans l’écrit intitulé : De la formation des Églises.

Le sujet est important. Si ceux qui se constituent en Églises, en se réunissant autour des ordonnances de la Parole, font une chose qui ne soit pas dans l’intention de Dieu, ils perdent leur temps, et contrarient, quoique sans le vouloir, les desseins du Seigneur. En conséquence, ils doivent se hâter de renoncer à leur œuvre, et de défaire ce qu’ils ont fait. — Mais si c’était l’auteur de la brochure qui se trompât, et s’il était vrai que de nos jours, comme du temps des Apôtres, il pût y avoir des Églises conduites par la Parole de Dieu et par son Esprit, combien ne serait-il pas essentiel d’arrêter la propagation de fausses vues, tendant à ruiner une œuvre qui est dans la volonté de Dieu.

Avant propos

Du milieu du mouvement religieux de nos jours, si réjouissant à plusieurs égards, et du milieu de l’agitation, quelquefois un peu humaine, qui l’accompagne, surgit, presque chaque année, quelque opinion nouvelle, qui étonne plusieurs de ceux aux yeux desquels elle apparaît. Toutefois, nul ne doit rejeter une idée parce qu’elle paraît nouvelle, pas plus qu’il ne doit l’accepter, en cédant à l’attrait de la nouveauté. Le devoir tracé par la Parole, est d’éprouver toutes choses, et de retenir ce qui est bon (1 Thess. 21). Éprouvons donc, en conférant ensemble les Écritures, (Act. XVII, 11.) les idées , oui vraiment bien nouvelles pour nous, qui sont contenues dans l’écrit intitulé : De la formation des Églises.

Le sujet est important. Si ceux qui se constituent en Églises, en se réunissant autour des ordonnances de la Parole, font une chose qui ne soit pas dans l’intention de Dieu, ils perdent leur temps, et contrarient, quoique sans le vouloir, les desseins du Seigneur. En conséquence, ils doivent se hâter de renoncer à leur œuvre, et de défaire ce qu’ils ont fait. — Mais si c’était l’auteur de la brochure qui se trompât, et s’il était vrai que de nos jours, comme du temps des Apôtres, il pût y avoir des Églises conduites par la Parole de Dieu et par son Esprit, combien ne serait-il pas essentiel d’arrêter la propagation de fausses vues, tendant à ruiner une œuvre qui est dans la volonté de Dieu.

C’est avec une certaine répugnance, que j’entame cette discussion. Comme beaucoup d’autres, je suis las de discuter, et j’ai soif de paix et d’amour. Toutefois, il ne faut pas que ce besoin fasse abandonner les intérêts de la vérité qui doit toujours marcher avec la charité. On finirait par se rechercher soi-même en abandonnant pour gain de paix, la défense de vérités importantes.

Je n’aurais pas pris la plume, s’il fût venu à ma connaissance que quelqu’un d’autre l’eût fait. Mais n’ayant rien appris à ce sujet, ma conscience m’a dit : Parle et ne te tais point. De plus, j’ai vu une espèce d’appel à écrire, dans une phrase jetée au milieu de la brochure que je réfute, et dans laquelle le mot Rolle semble avoir été adroitement glissé, comme pour pointer du doigt l’Église que je préside. Il y a évidemment une intention dans cette désignation d’une Église particulière, puisqu’elle est la seule qui soit nommée dans cette brochure. Quelle qu’ait été l’intention de l’auteur, j’ai cru saisir celle de Dieu, qui était de m’inviter à examiner de nouveau et à défendre, si je le pouvais, par la Parole, le système sur les Églises, que j’ai déjà soutenu dans deux autres ouvrages.

Je ne suivrai pas dans ma réponse un ordre méthodique : je l’ai suivi dans les ouvrages ci-dessus mentionnés, où l’on peut trouver la matière de , traitée d’une manière régulière. Je m’attacherai à suivre pas à pas, l’auteur de la brochure, et à relever ses assertions fausses, à mesure que je les rencontrerai.

Je ne réfuterai pas tout, parce qu’il est des choses sur lesquelles je suis d’accord avec l’auteur, comme par exemple sur la nécessité pour les enfans de Dieu, de se séparer du monde et de son culte. Il est d’autres choses que je ne réfuterai pas, parce qu’en quelque sorte elles ne sont pas de mon ressort. Telles sont quelques parties des attaques dirigées contre les frères nationaux. Je ne développerai pas mes idées, autant que je pourrais le faire, parce que sous plusieurs rapports, il est important que je ne sois pas trop long. Mon but est seulement de donner, par le moyen de la Parole bien interprétée, un fil pour se retrouver, à ceux que la brochure aurait pu égarer ou embrouiller sur le sujet qu’elle traite. Quelques mots bénis de Dieu, sont un trait de lumière, auquel de longues pages n’ajoutent rien, si même elles n’ont l’inconvénient de le rendre moins lumineux, en le dispersant sur un plus grand espace.

Que le Seigneur fasse triompher sa vérité ! Que ce qui est de lui demeure ! Que ce qui est de l’homme disparaisse comme la balle emportée par le vent !

S’il n’y a plus d’Églises, s’il ne peut plus y en avoir ; quoique ce fût une triste vérité à découvrir, cependant nous dirions encore amen à cette volonté de Dieu. Mais si le contraire est vrai ; que ceux qui croient à l’existence des Églises et qui les défendent comme l’œuvre de Dieu, aient bon courage, et tiennent ferme ce qu’ils ont. Mais que ceux qui les attaquent y prennent garde.

Suivons maintenant pas à pas l’auteur de la brochure, dans ses divers articles, et que le Seigneur soit avec nous et nous dirige par son Esprit de vérité !

chapitre 1

.

Dans le premier article de sa brochure, (page 1) l’auteur fait connaître le but de son écrit. Il expose d’une manière fort tranchée la différence qu’il voit entre son opinion et celle des frères qui, dans ces derniers temps, ont formé des Églises. Il représente ces derniers comme insistant sur ce point, « que la formation et l’organisation d’Églises, est selon la volonté de Dieu, le seul moyen de trouver la bénédiction au milieu de la confusion qu’on reconnaît exister. » Quant à lui, il estime « qu’un pareil essai est tout à fait humain, et que comme tel, il manque à la première condition d’une bénédiction durable, condition qui est une dépendance entière de Dieu. »

Je me permettrai d’abord de faire observer à l’auteur que jamais les membres des Églises, récemment organisées, ne les ont présentées comme le seul moyen de trouver la bénédiction. Ils pensent sans doute qu’il y en a une plus grande dans un ordre de choses que Dieu a établi, que dans celui qui n’est pas selon sa Parole : mais ils reconnaissent qu’il y a de la bénédiction partout où la Parole est prêchée, et partout où l’on s’unit par la foi, à Celui qui est la vie ; et ils sont bien loin de nier les bénédictions que le Seigneur a répandues sur les fidèles qui vivent encore au sein des Églises nationales. — Il est bon de ne pas nous laisser imputer gratuitement une prétention exagérée, que nous n’avons jamais eue.

Ensuite, je ferai observer en passant, qu’il faut être bien sûr de ce que l’on dit, lorsqu’on accuse si positivement de faire une œuvre toute humaine, et d’agir hors d’une entière dépendance de Dieu, des frères qui ne prennent pour règle de leur conduite dans la formation des Églises, que l’obéissance aux préceptes qu’ils trouvent dans la Parole de Dieu, et qui dans cette œuvre, ne s’appuient que sur son bras. — Nous verrons comment l’auteur fera sa preuve.

L’auteur prétend dans le même article (page 4) que « l’idée de faire des Églises, est le véritable obstacle au désir de tous, l’union des saints dans un seul corps. »

Le premier argument sur lequel il fonde cette assertion, est contenu dans une phrase un peu obscure, mais qui, expliquée par le reste de l’écrit, me semble dire que la dissidence ne peut pas réussir à réunir les enfans de Dieu, parce qu’elle est en partie une œuvre charnelle, dans laquelle on a dépassé les intentions et la puissance de l’Esprit de Dieu. — En effet, si cela était, on ne pourrait attendre d’une telle œuvre la réunion des enfans de Dieu. Mais comme cette assertion doit faire le sujet de notre examen, quand nous attaquerons le fond de la brochure, nous ne nous y arrêtons pas pour le moment.

La seconde raison qu’allègue l’auteur, c’est que « ceux qui sont fatigués du mal du nationalisme, pensant qu’il leur faudrait choisir entre ce mal et ce qui se présente à leurs yeux comme des Églises dissidentes, demeurent où ils se trouvent, en désespoir de cause. » — À cet argument de l’auteur, je réponds d’abord que les Églises, telles qu’elles sont, ont réuni et réunissent encore tous les jours, un certain nombre de ces enfants de Dieu, qui sont fatigués du nationalisme. C’est un fait facile à vérifier, Depuis long-temps on a prédit la chûte de nos pauvres Églises, et l’ennemi a travaillé avec zèle à vérifier cette prédiction. Persécutions, moqueries, mépris, rien ne leur a été épargné. Puis sont venues les plaies plus douloureuses encore, qui leur ont été faites par la main de ceux qui étaient leurs frères en Christ. Des Chrétiens nationaux ont cherché à prouver que les membres des Églises étaient des schismatiques, qui s’étaient séparés à tort de la véritable Église de Dieu. D’autres frères, venus du dehors, se sont lancés au milieu d’elles, comme dans un champ qu’ils ont tenu pour être ouvert à tout le monde, et y ont importé leurs systèmes particuliers et leurs erreurs, qui plus d’une fois les ont troublées et même divisées. D’autres erreurs ont pris naissance dans le sein même des Églises, et par dessus tout cela, elles ont eu à combattre contre le pire de tous les maux, celui qui à la longue attaque tous les réveils, l’attiédissement et la langueur. Et cependant au milieu de toutes ces causes de dissolution, elles subsistent encore, et même quelques-unes d’entre celles qui ont le moins d’apparence selon le monde et dont on parle le moins, attirent à elles la plupart des frères nationaux qui les entourent. Après cela est-on bien en droit d’accuser les Églises d’être le véritable obstacle au désir de tous, « l’union des saints en un seul corps ? » Est-on bien placé pour dire que les frères nationaux restent où ils se trouvent, en désespoir de cause, ayant à choisir entre le mal du nationalisme et ce qui se présente à eux comme des Églises dissidentes ? — Ne serait-il pas plus juste de reconnaître qu’il y a en elles cette force vitale et réparatrice que possède tout ce qui vient de Dieu, et qui tend sans cesse à guérir les plaies et à combattre les causes de mort ?

Je demanderai de plus à notre frère qui nous

L’auteur pose avec beaucoup de logique, la question qui naturellement devait suivre l’exposé de ce fait bien constaté, que généralement il n’existe pas d’Églises qui réunissent en un seul corps, tous les fidèles d’un même lieu, et il s’exprime ainsi : « La question à résoudre, est celle-ci : comment un chrétien doit-il juger et agir quant un état de choses, décrit dans la Parole, a cessé d’exister ? »

Déjà ici tenons-nous sur nos gardes, et faisons des distinctions absolument nécessaires, pour qu’on ne nous entraîne pas dans l’erreur, à la faveur d’une confusion d’idées.

D’abord remarquons qu’il y a une différence entre un état de choses, qui a complètement cessé d’exister, et un état de choses qui existe, quoique différant à quelques égards, du modèle primitif. Par exemple l’économie lévitique a complètement cessé d’exister, mais les Églises, fondées sur les bases de la Parole, n’ont jamais cessé d’exister, comme nous le prouverons plus tard, quoique par certaines circonstances fâcheuses, elles aient rarement depuis un certain nombre de siècles, réuni en un seul corps, tous les enfants de Dieu d’un même lieu. — Secondement, distinguons entre le cas où un état de choses a cessé d’exister, parce que Dieu lui-même y a mis fin, pour le remplacer par un autre ordre de choses ; et le cas où cet état de choses a cessé d’exister par la négligence ou la malice de l’homme, sans que Dieu ait déclaré qu’il dût prendre fin. — Dans le premier cas, vouloir le rétablir, c’est aller contre la volonté positive de Dieu. Dans le second cas, c’est au contraire entrer dans les desseins de Dieu, qui veut que ce qu’il a établi subsiste, jusqu’au moment où il le déclare aboli. — Souvenons-nous bien de cette distinction, nous en ferons usage dans la suite.

L’auteur fait pour nous la réponse à la question qu’il a posée sur le cas où un état de choses, décrit dans la Parole, a cessé d’exister. Il nous fait dire : « Il faut le rétablir. » Nous acceptons volontiers la réponse pour le cas où il s’agit d’un état de choses, non aboli par le Seigneur lui-même.

Maintenant, l’auteur nous répond à son tour : « Votre réponse est une preuve du mal, elle suppose une puissance en nous-mêmes. » — En vérité, ceci est un peu fort !… Toutes les fois donc qu’on voudrait rétablir ce que l’homme a gâté, cela supposerait qu’on croit avoir une puissance en soi-même!!! Oui bien si l’on comptait sur sa force pour le rétablir. Mais ne peut-on pas en s’appuyant sur Dieu, chercher à rétablir avec dévouement et humilité de cœur, ce que lui-même n’a pas déclaré aboli ? — Les rois pieux qui, comme Ézéchias et Josias, bannissaient l’idolatrie d’Israël, rouvraient le temple et rétablissaient le culte du vrai Dieu dans sa pureté ; ces rois là croyaient-ils avoir une puissance en eux-mêmes ? – Lorsque du temps d’Esdras et de Néhémie, les Juifs rétablissaient le temple, comptaient-ils sur une puissance qu’ils eussent en eux-mêmes ? – Lorsque Jean Baptiste, qui avait été prédit sous le nom d’Élie, vint pour rétablir toutes choses (Matth. XVII, 10.), comptait-il pour cela sur sa propre puissance, lui qui avec tant d’humilité : Nul ne peut rien recevoir, s’il ne lui est donné d’en haut ? (Jean, III, 27.)

Un peu plus bas, l’auteur explique et appuie sa pensée par une comparaison tirée de la chûte de l’homme, et il prétend que nous, qui voulons rétablir les Églises, nous sommes dans le cas d’un homme qui, reconnaissant l’état déchu de la nature humaine, «chercherait à la rétablir dans son état primitif, en voulant accomplir la loi, être innocent et plaire ainsi à Dieu. » Il remarque avec raison que nous dirions d’un tel homme, « qu’il est dans sa propre justice, qu’il se fie à ses propres forces, et qu’il ne comprend pas la Parole de Dieu. »

Je demande à tout homme de bonne foi et de bon sens, si cette comparaison est juste ? Nous, nous voulons, avec le secours de Dieu, et fondés sur ses promesses, rétablir en certains lieux un ordre de choses que nous ne voyons pas que la Parole ait aboli. Nous ne comptons pour cette œuvre, que sur la force de l’Esprit de Dieu, qui n’est point amoindri ; nous ne comptons que sur la promesse, faite par le chef de l’Église, d’être tous les jours avec nous jusqu’à la fin du siècle (Matth. XXVIII, 20) ; sur sa déclaration que toute puissance lui est donnée dans les cieux et sur la terre, et sur sa gracieuse présence, promise aux deux ou trois assemblés en son nom. Et voilà qu’on vient nous dire que nous ressemblons à un homme qui, avec ses propres forces, voudrait se rétablir dans l’innocence primitive ! Si l’auteur voit du rapport entre ces deux choses, je déclare que je n’y en vois aucun, et je pense que plusieurs seront de mon avis.

L’accusation portée contre nous me semble, aussi injuste, que si on avait dit à l’Apôtre Paul, lorsqu’il exhortait les Éphésiens à se revêtir du nouvel homme créé selon Dieu, en justice et en sainteté véritable : (Éphés. IV, 24) Quoi ! vous voulez que les fidèles rétablissent en eux l’image de Dieu, qui a été effacée par le péché ! Rétablir suppose une puissance en soi-même : c’est là de l’orgueil et de la propre justice. — Une pareille objection aurait porté sa réponse avec elle.

Notre position est tout simplement celle d’un homme qui, découvrant dans la parole de Dieu, des ordres qu’on avait longtemps méconnus, et qui n’ont jamais été révoqués, entreprend dans un esprit de soumission et d’humilité, de remettre ces ordonnances en vigueur. Dans cette entreprise qui n’est à ses yeux qu’un acte d’obéissance, il s’associe au petit nombre de ceux qui, comme lui, ont reçu la grâce de découvrir la lumière qui était ensevelie dans les ténèbres, et il s’appuie sur la Parole et la force de Celui qui disait à son ancien peuple : Fortifiez-vous, et travaillez ; car je suis avec vous, dit l’Éternel des armées. La parole de l’alliance que je traitai avec vous quand vous sortîtes d’Égypte, et mon Esprit, demeurent au milieu de vous, ne craignez point (Agg. II, 4, 5).

Tant qu’on ne nous prouvera pas que Dieu a aboli les promesses qu’il a faites à son Église, et que son Esprit ne lui est plus accordé, nous croirons que nous sommes en droit de travailler à son rétablissement, en chaque lieu où il y a des fidèles. Nous nous appuierons pour cela sur la force de notre Dieu, et nous espérerons contre espérance, sachant que la force de Dieu, s’accomplit dans la faiblesse. — Il ne nous faut pour cela ni capacité, ni mission particulière, comme l’auteur l’exige de nous ; par la raison toute simple que tout homme a mission d’observer tout commandement de Dieu, qui n’est pas aboli, et qu’il n’a besoin pour le faire d’aucune capacité particulière, parce que Dieu donne toujours la force de faire ce qu’il commande, quand on la cherche en lui avec un cœur sincère.

Je demande à présent ce que valent les accusations de l’auteur, qui prétend que notre entreprise est « peut-être l’effet du même esprit que celui qui conduit un homme à rétablir sa propre justice, quand elle est perdue ; » qui parle de nos prétentions (page 10), qui veut que nous lui montrions « que nous avons tellement reçu de Dieu la mission Die et le don de rassembler les fidèles, que nous puissions traiter ceux qui ne répondent pas à l’appel, comme des schismatiques, condamnés par eux-mêmes, et des étrangers à l’Église de Dieu. » (page 11.)

Voilà des phrases en apparence bien triomphantes, mais qu’y a-t-il de vrai dans tout cela, quand on va au fond ? Ce qu’il y a de vrai, c’est qu’on nous accuse, sans raison, de nous appuyer sur nos forces, et qu’on nous demande, sans plus de raison, une mission et des titres, dont nous n’avons pas besoin. — En passant, je ferai observer à l’auteur que jamais nous n’avons traité de , condamnés d’eux-mêmes, et de gens étrangers à l’Église de Dieu, les frères qui ne se joignent pas à nous. Nous disons seulement qu’ils n’ont pas reçu encore la lumière à cet égard, du moins nous l’espérons, parce que la charité ne soupçonne pas le mal. Nous comprenons comment la force d’anciens préjugés agit encore en eux, ainsi qu’elle a agi long-temps en nous, pour obscurcir à leurs yeux la clarté des portions de la Parole, qui parlent de la nature et de la constitution des Églises. Nous attendons, nous prions et nous agissons, car nous ne croyons pas avec l’auteur (pages 12 et 13) que l’humilité exige de nous que nous ne travaillons pas à rétablir les Églises, et qu’y travailler, soit une preuve que nous ne sommes pas humiliés de leur état de chûte. Nous nous gardons bien de dire que les frères nationaux, qui ne se joignent point à nous, sont étrangers à l’Église de Dieu, parce que cette phrase présenterait une équivoque fâcheuse, et pourrait donner à penser que nous ne les regardons pas comme membres de l’Église des élus. Nous nous bornons à dire qu’ils font partie d’Églises qui ne sont pas constituées selon la Parole ; et plusieurs d’entre nous donnent à ces Églises des titres beaucoup moins injurieux que ceux dont les gratifie l’auteur de la brochure.

Dans un paragraphe de ce chapitre, que je n’ai pu bien comprendre dans plusieurs de ses parties, malgré que je l’aie relu plusieurs fois, j’ai au moins cru saisir comme clair, ce raisonnement-ci : Autrefois, tout ce qui était de l’Église des élus sur la terre, était renfermé dans une Église particulière, et l’on appelait Église de Dieu, l’ensemble de toutes les Églises. que n’être pas d’une Église particulière, ou n’être pas de l’Église de Christ, était la même chose. Maintenant que les fidèles ne sont plus réunis dans chaque lieu, en un seul corps d’Église, on ne peut plus confondre l’Église et les Églises, et on ne peut plus dire à quelqu’un que parce qu’il n’est pas membre de ce qu’on appelle l’Église de Dieu, dans un certain endroit, il n’est pas du tout membre de l’Église de Dieu. Et cependant il faudrait que cela eût lieu, si les Églises actuelles étaient dans la position des primitives Églises.

Voilà comment j’ai cru saisir le raisonnement de l’auteur.

À cela je réponds premièrement, qu’il ne m’est pas rigoureusement prouvé que dans les premiers temps, on ait jamais vu quelques fidèles se tenir par crainte des hommes, éloignés de l’Église de Dieu de leur endroit. Ne serait-ce point le cas, par exemple, de ceux dont il est parlé Actes V, 13., qui n’osaient pas se joindre aux disciples ? Hé bien ! ces gens là étaient de l’Église des élus, de la portion de cette Église manifestée sur la terre ; mais évidemment ils n’étaient pas de la société visible nommée Église, puisqu’ils n’avaient pas voulu s’y joindre.

Secondement. Si quelque fidèle n’avait pas voulu se joindre à une des Églises primitives, ou si par quelque raison il s’en était retiré ; cette Église auroit-elle dû par l’effet du péché de ce frère, se trouver privée du titre d’Église, et cesser de le porter ? Où est-il dit dans la Parole, qu’un corps ne pourra porter le titre d’Église, que lorsque tous les fidèles du même endroit s’y seront joints ? Quant à moi, je pense qu’il mérite ce titre, tant qu’il garde les ordonnances fondamentales du Seigneur sur la constitution de l’Église, qui sont : a) de se séparer du monde (Act. II, 40 et chap. XIX, 9 ; 2 Cor. VI, 17 ; 1 Tim. VI, 4 et 5 ; Tite III, 10 et 11, etc. etc.) b) de recevoir dans le sein de l’Église, tout ce qui est né de Dieu, malgré toutes les différences de vues (Rom. XIV en entier ; Philip. III, 15 et 16) ; c) d’exclure le méchant (1 Cor. V, 13) ; d) de se règler par les ordonnances de la Parole, et non par des institutions d’hommes, dans toutes les choses que la Parole à déterminées (1 Tim. III, 14, 15 ; 1 Cor. XIV, 27.). — Encore une fois, prouvez par la Parole, que lorsque quelque fidèle refuse de se joindre à un pareil corps ; ou s’en retire, ce corps cesse de mériter le titre d’Église de Dieu. Je ne crains pas de le dire, ce serait commettre une grande injustice, que d’imputer à un corps la faute de ceux qui ne veulent pas le reconnaître, et de le dégrader en lui ôtant son titre, par la seule raison que des frères mal éclairés le lui nient, et se tiennent à l’écart.

Troisièmement. Les Églises constituées selon la Parole, n’ont, à ma connuissance, jamais dit que les fidèles qui n’en font pas partie, ne fussent pas de l’Église des élus, ni de même de l’Église qui est sur la terre, si l’on veut entendre par Église, l’ensemble des élus manifestés à une certaine époque, ce que quelques-uns ont appelé : l’Église invisible, ou l’Église universelle. Mais si l’on nous demande s’ils sont de l’Église, en tant que société, nous dirons, en répondant par un fait : Non, ils ne sont pas encore joints à un corps visible, qui selon la Parole, mérite le titre d’Église de Dieu. On en aurait dit autant dans les premiers temps, d’un fidèle qui se serait tenu à l’écart des primitives Églises, et je ne pense nullement que l’Église de Jérusalem eût cru devoir cesser de porter ce titre, parce que quelques timides, tout en lui donnant de grandes louanges, n’osaient pas s’y joindre.

Je ne sais, mais il me semble que je ne puis pas quitter ce paragraphe de la page 11, sans dire encore quelque chose de ce mot Rolle, qui y paraît tout-à-coup, sans qu’on sache trop pourquoi. Il semble que dès le commencement de la brochure, l’auteur ait été gros de ce mot qui, à la page 11, a dû absolument venir au jour. — Ce pauvre Rolle, qu’a-t-il donc fait, pour que les maîtres tireurs de flèches, aient si souvent dirigé leurs coups contre lui ? Pourquoi lui en veut-on ? Est-ce parce qu’il n’a pas voulu varier dans les principes qu’il a cru avoir puisés dans la Parole, et qu’il n’a pas voulu élargir son chemin au gré des circonstances ? Il est vrai qu’il a cru que les circonstances devaient ployer devant la Parole, et non la Parole devant les circonstances. Est-ce là un grand tort ? Lors même que ce vous penseriez qu’il s’est trompé dans sa manière d’entendre la Parole, estimez au moins sa fermeté à suivre, au milieu de l’opprobre du monde et de celui des frères, le chemin étroit qu’il a cru lui être tracé par le Seigneur.

En voudrait-on peut-être à Rolle, parce qu’il n’a pas accepté toutes les nouveautés qui ont paru au milieu des Églises, depuis le réveil ? — Mais je vous le demande à vous-mêmes, aurait-il mieux fait d’essayer tour-à-tour de la doctrine des Lardonistes, de celle des disciples de Meillier, des Irvingiens, des Wesleyens et de quelqu’autre encore ? Lui auriez-vous conseillé de se laisser envahir tour-à-tour par ces diverses opinions, dont chacune en son temps, eut la prétention d’apporter une vérité qui renfermait en elle-même le secret de la vie chrétienne, ou du moins d’un redoublement de vie ? Les Églises que ces diverses doctrines ont envahies, s’en sont-elles bien trouvées ? — Les faits parlent. — Auriez-vous pu nous donner un meilleur conseil que celui que nous ayons suivi, sous le regard de notre chef, qui est d’éprouver toutes choses et de retenir ce qui est bon ?

Nous avons Christ, et nous croyons qu’en lui seul est la vie. Nous désirons connaître toujours plus la communication de sa mort et la puissance de sa résurrection. Quiconque viendra à nous, nous apporter un Christ vivant, et nous communiquer quelque chose de la puissance de l’Esprit de vie ; quiconque viendra nous faire mieux connaître et apprécier le grand amour du Seigneur, et nous porter à nous donner plus entièrement à lui, sera toujours bien venu et bien reçu au milieu de nous, et nous lui dirons : Bénis sois-tu, toi qui viens au nom du Seigneur ! — Mais quant à des doctrines et des systèmes qui n’ont que le mérite de la nouveauté, qui ne se fondent que sur des portions de la Parole, mal interprètées, prises dans un sens forcé, et surtout considérées hors de leur connexion avec d’autres parties des Écritures ; quant à des systèmes qui au lieu de nourrir vraiment la vie intérieure, occupent la curiosité, amusent l’imagination, trompent les besoins du cœur, ou n’élèvent en apparence très-haut, que pour laisser tomber ensuite dans les angoisses et les ténébres, fruit d’une propre justice déguisée ; quant à tous ces systèmes là, nous n’en voulons rien, non décidément, nous n’en voulons rien, et nous prions notre puissant et fidèle Seigneur et Sauveur de nous en garder, comme il nous en a gardés jusqu’à présent, ce dont nous lui rendons nos actions de grâces. — Nous voulons Christ, tout Christ, rien que Christ. Nous voulons la Parole, toute la Parole, rien que la Parole.

Nous croyons maintenant avoir suffisamment répondu à l’auteur, quant au double reproche qu’il nous fait (page 9), de n’être pas capables de rétablir des Églises, et de n’avoir pas de mission pour le faire ; en sorte que nous agissons en cherchant une puissance en nous mêmes, et en faisant ce dont personne ne nous a donné charge.

Maintenant nous allons répondre à la demande que nous fait l’auteur (page 9), de prouver que « c’est la volonté de Dieu, de rétablir de nouveau l’économie de l’Église, après qu’elle a manqué. »

Comme les preuves par lesquelles l’auteur cherche à établir cette thèse, que « l’économie actuelle a manqué, et que la volonté de Dieu n’est pas qu’on la rétablisse », se trouvent dispersées dans les deux articles qui suivent celui dont nous nous occupons ; nous les traiterons dans leur ensemble, en prenant tout ce que l’auteur a dit sur ce sujet, depuis la page 14 à la page 18.

Nous demandons qu’on veuille bien peser les réflexions suivantes, dont chacune répondra à quelqu’une des assertions de l’auteur.

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