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De la recherche de la vérité

Nicolas Malebranche · 1842 · Free in the US

823,401 words · about 57 h 40 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1842 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=De_la_recherche_de_la_vérité&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Nicolas Malebranche
Language
French
Published
1842
Length
823,401 words · about 57 h 40 min
Sections
11 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (11)
  1. Front matter about 19 h 2 min
  2. Livre I about 2 h 51 min
  3. Livre II about 3 h 47 min
  4. Livre III about 2 h 18 min
  5. Livre IV about 2 h 32 min
  6. Livre V about 2 h 36 min
  7. Livre VI about 4 h 38 min
  8. Préface about 22 min
  9. Texte entier about 19 h 1 min
  10. I about 30 min
  11. VII about 3 min

Continue:

Front matter

L’esprit de l’homme se trouve par sa nature comme situé entre son Créateur et les créatures corporelles ; car, selon saint Augustin, il n’y a rien au-dessus de lui que Dieu, ni rien au-dessous que des corps. Mais comme la grande élévation où il est au-dessus de toutes les choses matérielles n’empêche pas qu’il ne leur soit uni, et qu’il ne dépende même en quelque façon d’une portion de la matière ; aussi la distance infinie qui se trouve entre l’Être souverain et l’esprit de l’homme n’empêche pas qu’il ne lui soit uni immédiatement, et d’une manière très-intime. Cette dernière union l’élève au-dessus de toutes choses ; c’est par elle qu’il reçoit sa vie, sa lumière et toute sa félicité ; et saint Augustin nous parle en mille endroits de ses ouvrages de cette union, comme de celle qui est la plus naturelle et la plus essentielle à l’esprit. Au contraire, l’union de l’esprit avec le corps abaisse l’homme infiniment ; et c’est aujourd’hui la principale cause de toutes ses erreurs et de toutes ses misères.

Je ne m’étonne pas que le commun des hommes, ou que les philosophes païens ne considèrent dans l’âme que son rapport et son union avec le corps, sans reconnaître le rapport et l’union qu’elle a avec Dieu ; mais je suis surpris que des philosophes chrétiens, qui doivent préférer l’esprit de Dieu à l’esprit humain, Moïse à Aristote, saint Augustin à quelque misérable commentateur d’un philosophe païen, regardent plutôt l’âme comme la forme du corps que comme faite à l’image et pour l’image de Dieu, c’est-à-dire, selon saint Augustin, pour la vérité, à laquelle seule elle est immédiatement unie. Il est vrai que l’âme est unie au corps, et qu’elle en est naturellement la forme, mais il est vrai aussi qu’elle est unie à Dieu d’une manière bien plus étroite et bien plus essentielle. Ce rapport qu’elle a à son corps pourrait n’être pas : mais le rapport qu’elle a à Dieu est si essentiel qu’il est impossible de concevoir que Dieu puisse créer un esprit sans ce rapport.

Il est évident que Dieu ne peut agir que pour lui-même, qu’il ne peut créer les esprits que pour le connaître et pour l’aimer, qu’il ne peut leur donner aucune connaissance, ni leur imprimer aucun amour qui ne soit pour lui et qui ne tende vers lui ; mais il a pu ne pas unir à des corps les esprits qui y sont maintenant unis. Ainsi le rapport que les esprits ont à Dieu est naturel, nécessaire, et absolument indispensable ; mais le rapport de notre esprit à notre corps, quoique naturel à notre esprit, n’est point absolument nécessaire ni indispensable.

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