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es philosophes ont rarement été heureux quand ils se sont occupés de l’art en général, et en particulier de l’art musical. Ils ont ceci de commun avec les avocats qu’ils ne manifestent pas l’ombre d’inquiétude en abordant un sujet sur lequel ils sont, en général, assez imparfaitement renseignés, et le plaisant, c’est qu’ils affectent une sûreté et une netteté de vues d’autant plus grandes qu’ils sont plus complètement à côté de la question. Ils pataugent avec sérénité ; ils divaguent avec importance, compliquant à l’excès un phénomène naturel et nécessaire, tirant de principes erronés des conclusions où l’absurde et l’incompréhension le disputent quelquefois au mauvais goût.
C’est la fâcheuse aventure qui arrive à un maitre illustre de ce temps, à un conteur délicieux ou puissant, à un penseur profond et pénétrant : le comte Léon Tolstoï. Il n’a pas su se défendre du dangereux travers de vouloir parler de ce qu’il ne savait pas, en consacrant à la musique de nombreuses pages dans l’essai d’esthétique générale paru récemment sous ce titre : Qu’est-ce que l’art ?.
Dans ce travail, tout n’est pas à rejeter. Un maitre écrivain tel que Tolstoï ne pouvait produire une chose absolument banale. Il traite le vaste sujet qu’il s’est proposé avec une concision qui est un mérite ; sur bien des points, d’ailleurs, il touche juste et formule des observations intéressantes.
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The end
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