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artez, mon fils ; volez où l’honneur vous appelle ; n’écoutez que sa voix sacrée ; repoussez loin de vous tout sentiment indigne de votre famille, et de la carrière dans laquelle vous devez vous signaler. Terrible avec les ennemis de votre patrie, n’insultez point à la misère du vaincu ; gardez-vous de profiter de ses malheurs, pour porter la honte dans sa demeure. Songez que vous avez des sœurs, et cette pensée vous arrêtera si votre cœur emporté par la fougue de l’âge, vous excitait à commettre la plus odieuse des actions, celle qui déshonore et la victime et le séducteur. Je n’ai point besoin de vous recommander de garder dans les camps, une noble réserve qui mette entre vous et les mauvais sujets, une barrière qu’ils ne franchiront jamais si la considération en fait la défense. Rappelez-vous, mon fils, que vos ancêtres, soit dans leurs provinces, soit à la cour, remplirent les premières dignités civiles ou militaires ; n’en tirez point un vain orgueil, qui vous rendrait l’objet de la haine de ceux qui vous environneront ; mais que ce souvenir encourage votre émulation, et dites-vous : „Mes aïeux n’auront point un descendant indigne du nom qu’ils m’ont transmis.”
Ainsi parlait le comte d’Oransai à son fils aîné prêt à partir pour l’année, où il allait remplir une vocation irrésistible.
Alexandre, dès son jeune âge, ne soupira qu’après l’instant qui lui permettrait de se livrer à ses inclinations belliqueuses. Sa mère chercha vainement à le dissuader de courir une telle carrière, ce fut en vain. Le sensible, mais fougueux Alexandre, résista aux caresses, aux prières de sa famille ; et appuyé par son père dont les désirs, se trouvaient conformes aux siens, il triompha des obstacles que lui présentait sa tendre mère, et enfin son impatiente ardeur vit luire le beau jour qui lui permit de ceindre l’épée du soldat. Oh ! que de larmes versa la comtesse, lorsqu’il fallut qu’elle se séparât de son fils ! Que de fois elle le pressa sur son sein maternel ! „Cher fils, lui disait-elle, ah ! je t’en conjure, n’expose pas une vie qui m’est si précieuse. Dans les garnisons, garde-toi de provoquer tes compagnons d’arme ; vois les pleurs que je verse au moment où tu vas me quitter, quoique j’aie la douce espérance de te revoir, et juge quelle serait ma douleur si la nouvelle de ta mort parvenait jusqu’à moi ! je n’y survivrais pas. N’est-ce pas, mon Alexandre, que tu ne seras point querelleur ? Que tu éviteras même les occasions qui pourraient te forcer à t’armer contre un Français ? Promets-le-moi, mon fils ; jure-le-moi, ou tu ne pars pas.”
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The end
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