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LOCUTIONS EMPLOYÉES DANS L’HEPTATEUQUE.
TRADUCTION DE M. L’ABBÉ LECLERC.
— II. — Locutions tirées de l’Exode.
Locutions tirées de la Genèse
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LOCUTIONS TIRÉES DE LA SAINTE ÉCRITURE, QUI NE PARAISSENT ÊTRE QUE DES IDIOTISMES OU FORMES PARTICULIÈRES DE LA LANGUE HÉBRAÏQUE ET GRECQUE.
Chapitre I. — 14. Et dividant inter medium diei, et inter medium noctis.
20,26. Volatilia volantia super terram secundum fermamentunt cœli. Comment faut-il entendre secundum fermamentum ? Même question sur ces autres paroles : Faciamus hominem secundum imaginem et secundum similitudinem, que beaucoup de manuscrits latins rendent ainsi, ad imaginem et similitudinem. 28. Implete terram, et dominamini ejus. Le latin demande : dominamini ei.
Chapitre II. — 5. Et homo non erat operari terram. Les versions latines portent : qui operaretur terram.
8. Plantavit Deus paradisum secundum Orientem. Les exemplaires latins portent : ad Orientem.
9. Ce que beaucoup de versions latines rendent ainsi : Et lignum sciendi bonum et malum, ou bien lignum scientiae boni et mali, ou bien lignum sciendi boni et mali, ou toute autre forme semblable, à laquelle d’autres interprètes auraient pu s’attacher, le texte grec l’exprime de cette manière : Et lignum ad sciendum cognoscibile boni et mali ; je ne saurais dire si c’est là une simple locution ; ou s’il n’y a pas plutôt un sens particulier que le texte laisse entrevoir.
16. Dans cette phrase du texte latin : Ex omni ligno quod est in paradiso, escœ edes, il ne faut pas lire : in paradiso escœ, mais escœ edes ; car l’expression escà edes est conforme au génie de la langue latine, qui, dans ces sortes de locutions, remplace ordinairement le datif grec par l’ablatif, que les grammairiens appellent aussi le septième. Ou bien il faut construire la phrase de cette manière : Ex omni ligno escœ.
Chapitre III. — 1. Serpens erat prudentissimus omnium bestiarum. Ainsi s’expriment un grand nombre d’interprètes latins. On lit dans le grec φρονιμώτατος le plus entendu, et non σοφώτατος le plus sage.
7. Il est écrit d’Adam et d’Ève : « Leurs yeux s’ouvrirent. » Mais il serait absurde de croire que jusqu’alors ils étaient aveugles, ou avaient erré, les yeux fermés, dans la paradis terrestre. C’est donc là une locution, la même que nous retrouvons dans ce passage où il est dit d’Agar : « Elle ouvrit les yeux et aperçut un puits ; » certainement, elle n’était pas restée assise jusqu’à ce moment, les yeux fermés. Ils ne marchaient pas non plus les yeux fermés, en suivant avec Jésus le chemin d’Emmaüs, ces disciples qui le Seigneur après sa résurrection, et dont il est dit cependant que leurs yeux s’ouvrirent à la fraction du pain .
15. Au lieu de ces paroles, que l’on trouve dans beaucoup de manuscrits : Inimicitiam ponam inter te et mulierem, le grec porte : In medio tui et in medio mulieris. C’est évidemment une locution, puisque la signification est absolument la même, que quand on dit : Inter te et mulierem. La même remarque s’applique aux paroles qui suivent immédiatement : In medio seminis tui et in medio seminis ejus.
17. On lit dans plusieurs versions latines Quia audisti vocem mulieris tuae, et edisti de ligno de quo prœceperam tibi de eo solo non edere ; et dans le grec : Edisti de ligno de quo prœperam, tibi eo solo non edere ex eo. Mais d’autres interprètes grecs achèvent la phrase par le mot manducasti, ou edisti ; en sorte que, selon eux, le sens serait : Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé du fruit de l’arbre, le seul dont je t’avais défendu de manger, tu en as mangé.
Chapitre IV. — 2. Et apposuit parere fratrem ejus Abel. On rencontre fréquemment cette locution dans les saints livres : apposuit dicere.
8. Et factum est, dum essent in campo, insurrexit Caïn super Abel, et occidit eum. On voit ici une locution ; car si l’on supprimait : Et factum est, pour commencer la phrase par ces mots : Et eum essent in campo ; le sens serait aussi complet.
Chapitre VI. — 6. On lit dans plusieurs versions latines : « Dieu se repentit, et dit : J’exterminerai de dessus la terre l’homme que j’ai créé. Mais on trouve dans le grec le mot διενοήθη, qui exprime plutôt l’action de méditer, que celle de se repentir. C’est aussi le sens qu’ont adopté plusieurs interprètes latins.
14. La plupart des versions latines portent Nidos facies in arcam, quoique le latin demande in arcà, et non pas in arcam. Mais le grec ne met ni in arcam, ni in arcà ; il dit : Nidos facies arcam, pour faire entendre que l’arche ne sera qu’un composé de petites chambres.
16. Au lieu de dire avec la plupart des interprètes : Facies ostium arcæ à latere, quelques uns ont préféré dire ex transverso ; voulant ainsi reproduire le sens du grec ἐκ πλαγίων.
Chapitre VII. — 4. On lit dans plusieurs versions latines : Adhuc enim septem dies, ego inducam diluvium aquæ super terram ; mais le grec porte : ego inducam pluviam super terram. Dans la locution grecque on remarque l’emploi du génitif, et non de l’accusatif, en sorte que, pour se servir du même cas en latin, il faudrait dire : Adhuc enim septem dierum, inducam pluviam super terram. 5. Cette phrase : Et fecit Noë omnia quaecumque præcepit illi Dominus Deus, sic fecit, présente une locution semblable à celle que nous trouvons dans l’histoire de la création du monde, où après avoir dit : Et sic factum est et cela se fit ainsi, Moïse ajoute : Et fecit Deus, et Dieu le fit.
4. Il est à remarquer que dans cette phrase Delebo omnem suscitationem, l’Écriture ne se sert pas du mot creationem, ce qui est créé, mais du mot suscitationem, ce qui a reçu la vie ; c’est le sens du mot grec ανάστασιν, qui ne laisse pas, toutefois, d’être employé habituellement dans les versions grecques pour signifier la résurrection, quoique ce dernier sens soit très-bien exprimé par ἐξανάστασιν : et qu’on eût pu par conséquent, rendre par ανάστασιν l’action de naître, et par ἐξανάστασιν, l’action de ressusciter. C’est de cette dernière expression que l’Apôtre s’est servi, lorsqu’il a dit : Si quo modo occurram in resurrectionem mortuorum ; là en effet le texte grec porte ἐξανάστασιν, et non ανάστασιν.
14. Dans ce passage : Et ommes bestiæ secundum genus, et omnia pecora secundum genus, et omne repens quod movetur super terram secundum genus, et omne volatile secundum genus, intrarunt ad Noë in arcam, bina ab omni carne, in quo est spiritus vitæ, le pronom in quo n’a pas d’antécédent, à moins qu’on ne sous-entende le mot genus comme s’il y avait in quo genere. Car si l’on sous-entendait le mot carne, il faudrait dire in qua : or aucun interprète n’a fait ce changement si ce n’est Symmaque.
23. Et deleta est omnis suscitatio. On voit ici pour la seconde fois l’expression suscitatio, mise pour conditio, creatura carnis.
Après avoir dit : « Et toutes les créatures animées, qui existaient sur la surface de la terre, depuis l’homme jusqu’aux bêtes, tant celles qui rampent, que celles qui volent dans l’air, furent détruites, » l’auteur de la Genèse ajoute « Et elles furent exterminées de dessus la terre. » C’est là une forme particulière de langage, appelée répétition, et dont l’usage est familier aux écrivains sacrés.
Chapitre VIII. — 7. Dans cette phrase : « Noë fit sortir un corbeau, pour voir si les eaux s’étaient retirées ; et le corbeau, étant sorti, ne revint plus, jusqu’à ce que la terre fut entièrement sèche, » on voit une locution qui revient fréquemment dans l’Écriture, et qu’il est bon de signaler dès maintenant : en disant que le corbeau ne revint plus jusqu’à ce que la terre fut entièrement sèche, l’écrivain sacré ne veut pas donner à entendre, qu’il soit revenu dans la suite.
9. Ces paroles : Et extendit manum suam, accepit eam et induxit eam ad semetipsum in arcam, renferment une locution qui me parait venir de l’hébreu ; car elle est très-familière aussi à la langue des Carthaginois, qui a des caractères de ressemblance très-nombreux avec la langue hébraïque. Il suffisait de dire : Et extendit manum, sans ajouter suam. Faisons la même remarquer sur cette phrase, que nous trouvons quelques lignes plus loin : Habebat olivœ folio, surculum in ore suo.
12. Et non apposuit reverti ad eum amplius; cette locution est très-usitée dans l’Écriture.
21. Cette phrase : Et non adjiciam adhuc maledicere super terram, présente une locution semblable à la précédente : Et non apposuit reverti, ad eum.
Ibid. Même remarque sur cette autre phrase : Et non adjiciam percutere omnem carnem vivam.
Chapitre IX. — 5. Au lieu de dire : Et enim sanguinem vestrum animarum vestrarum, votre sang, il eut suffit de mettre sanguinem vestrum, ou bien sanguinem animarum vestrarum.
12. Hoc signum testamenti, quod ego ponam intermedium meum et vestrum ; c’est comme s’il y avait : inter me et vos.
Chapitre X. — 9. Hic erat gigas venator contra Dominum Deum ; peut-être pourrait-on entendre ces derniers mots dans le même sens que coram Domino Deo, devant le Seigneur, puisque le synonyme grec evavtiov est pris ordinairement dans cette acception.
14. Unde exiit inde Philisthiim, il suffisait de dire : Unde exiit Philisthiim.
Chapitre XI. — 1. Et erat omnis terra labium unum; nous disons en latin lingua una. Dans cette même phrase, les mots omnis terra désignent la totalité des hommes qui existaient alors, bien qu’ils ne fassent pas encore répandus par toute la terre.
3. Et facti sunt illis lateres pro lapide. Le grec s’exprime ainsi : Et facti sunt illis lateres in lapidem; rendue en latin, cette locution est moins facile à comprendre.
4. « Venez, bâtissons-nous une ville et une tour, dont le sommet s’élève jusqu’au ciel. » Ce langage est hyperbolique, du moins dans l’opinion de ceux qui y voient une locution ; mais faut il prendre à la lettre les mots : « jusqu’au ciel ? » C’est que nous examinerons dans le livre des questions.
10. Là où quelques versions latines portent Sem filius Noë erat annorum centum, cum genuit Arphaxad, on lit dans le grec : Sem filius centum annorum cum genuit Arphaxat ; il y a donc une ellispe, attendu que le verbe erat n’est pas exprimé. Ensuite, comme on ne lit pas filius Noë mais simplement filins, il faut y reconnaître une nouvelle locution.
30. « Sara était stérile, et n’avait pas d’enfants ; » il suffisait de dire : « Sara était stérile. »
Chapitre XII. — 12. Erit ergo, cum te viderint : Aegyptii, dicent : Quia uxor illius haec. C’est par une espèce de locution que le mot quia a été ajouté ici ; on aurait pu dire simplement, uxor illius haec.
14. Au lieu de dire : Factum est autem statim ut intravit Abram in Aegyptum, on aurait pu se contenter de mettre : Statim autem ut intravit Abram in Aegyptum.
18. Quid hoc fecisti mihi, quia non annuntiasti mihi quia uxor tua est ? il suffisait de dire non annuntiasti. De plus l’expression annuntiasti est elle-même une forme propre à l’Écriture ; car les versions latines la traduisent presque toujours par non dixisti.
Chapitre XIII. — 1. Ascendit autem Abram de Aegypto, ipse et uxor ejus, et omnia ejus, et Loth cum eo in desertum. Il faut sous-entendre ascenderunt. Cependant on ne peut pas dire, dans le sens propre, que les choses inanimées qu’Abram possédait, comme l’or, l’argent et tous ces meubles, soient sortis avec lui : c’est donc ici unelocution, que les Grecs appellent ζευγμα κατʼεκκκειψιν, ellipse.
7. Et facta est rixa inter medium pastorum pecorum Abram et pecorum Loth. Les interprètes latins n’ont pas recherché, pour la plupart, à reproduire cette locution ; mais ils se sont conformés au génie de notre langue. C’est pour la dernière fois que nous mentionnons cette manière de parler ; car elle reparaît dans le texte grec toutes les fois qu’une idée semblable se présente à exprimer.
8. « Parce que nous sommes frères, » disait Abram à Loth. On voit par là que, dans ce langage de l’Écriture, le nom de frères est donné à tous ceux qui sont unis par les liens du sang, lors même que le degré de parenté n’est pas égal pour tous, et que l’un est à un degré supérieur et à l’autre un degré inférieur, comme cela a lieu ici, puis qu’Abram était oncle de Loth.
Chapitre XIV. — 1. Factum est autem in regno Amarphal regis Sennaar. Suivant le génie de notre langue, nous aurions dit simplement : In regno autem Amarphal. Quand donc l’Écriture commence une phrase par les mots : Factum est auteur, elle emploie une forme qui lui est propre.
5. Dans cette phrase : Quartodecimo autem anno Chodollogomor et reges qui cum eo, il faut sous-entendre erant ; et même certains interprètes latins ont eu soin de l’exprimer.
6. Il faut également sous-entendre erantdans ce membre de phrase : Et Chorrœos qui in montibus Seir.
13. Adveniens autem eorum qui evaserunt quidam, nuntiavit Abram transfluviali, ipse autem habitabat ad quercum Mambre, Amorrhis fratris Eschol, et fratris Aunan ; qui erant conjurati Abram. Il existe ici une transposition de mots fort obscure ; l’ordre naturel est celui-ci : Adveniens eorum qui evaserunt quidam Amorrhis fratrisEscholet fratris Aunan, qui erant conjurati, nuntiavit Abram trans fluviali ; ipse autem habitabat ad quercum. Cette transposition de mots est rendue plus obscure encore par une ellipse, car en disant : quidam Amorrhis fratris Aunan, on n’exprime pas ce qu’est cet homme pour le frère d’Aunan, mais on laisse entendre qu’il est son fils. C’est donc la même locution que dans ce passage de l’Évangile : Jacobus Alphei, Jacques fils d’Alphée, où il est impossible de ne pas sous-entendre filius, bien qu’il ne soit pas exprimé. On rencontre souvent dans l’Écriture de semblables locutions, où le mot filius est sous-entendu.
22. On lit dans quelques manuscrits latins Et dixit Abram ad regem Sodomorum : Extendo manum meam ad Deum altissimum, qui creavit ccelum et terram, si a sparto usque ad corrigiam calceamenti. On voit que le traducteur n’a pas compris le sens du mot grec σπαρτιου, qui veut dire fil. La locution du texte sacré est celle-ci : Extendo manum meam ad Deum altissimum, qui creavit ccelum et terram, si accipiam de omnibus tuis. Or si l’on admet que ces paroles : Extendo manum meam ad Deum altissimum, ont le sens de juro, la locution ne pourra passer dans la langue latine ; il faudra tourner la phrase de cette manière : Extendo manum meam ad Deum altissimum, me non accipere de omnibus tuis.
Chapitre XV. — 13. Sciendo scies quia peregrinum erit semen tuum in terra3. Cette locution est d’un usage très-fréquent dans l’Écriture ; le grec l’exprime ainsi : sciens scies, ce qui est presque la même chose.
Chapitre XVI. — 3. Et dedit eam Abram viro suo ipsi uxorem. Le mot ipsiest de trop.
4. Cum autem vidit se conceptum habere, spreta sum coram illa. Le grec emploie ici un participe qui n’existe pas dans la langue latine, le participe taovaa ; c’est comme s’il y avait : Videns autem se eonceptum habere, spreta sum coram illa, où l’on voit une espèce de solécisme. Il y en a également un dans l’emploi du participe ιδουσα, que nous remplaçons par le mot latin videns.
Chapitre XVII. — 6. Ce que les versions latines rendent ainsi : Augeam te nimis valde, est exprimé dans le grec par les mots valde valde.
8. Et dabo tibi et semini tuo post te terram in qua habitas, omnem terram Chanaan in possessionem æternam. On peut se demander s’il n’y a pas une locution dans le mot æternam, traduit du grec αιωνιον ; ainsi que dans ces paroles : Et semini tuo post te, qui expliquent dans quel sens il faut entendre le mot tibi, qui précède.
9. Tu autem testamentum meum conservabis, et semen tuum post te in progenies suas ; conservabis est mis pour conserva, le futur pour l’impératif.
12. Et puer octo dierum circumcidetur, omne masculinum ; omne masculinum est mis pour omnis masculus; comme si la circoncision ne concernait pas exclusivement les enfants mâles.
17. Et procidit Abraham in faciem, et dixit in animo suo dicens : Si mihi centum annos habenti nascetur, et si Sara annorum nonaginta pariet ? Cette locution exprime l’étonnement et non pas le doute ; rien n’est plus certain.
24. Abraham autem erat annorum nonaginta novera cura circumcisus est carnem prœputii sui ; le latin demandait carneou in carne.
Chapitre XVIII. — 7. Et in boves adcucurrit Abraham ; le latin demandait ad boves.
11. Abraham autem et Sara seniores progressi in diebus. Le grec porte progressi dierum.
20. Dixit autem Dominus : Clamor Sodomorum et Gomorrhœ impletus est, et delicta eorum magna valde. Dans le langage de l’Écriture le mot clamor désigne souvent le crime commis avec cette impudence et cette entière liberté qui exclut tout sentiment de honte ou de crainte.
28. Et dixit : Quia non perdam, si invenero ibi quadraginta quinque. Le mot quia semble inutile ; aussi ne se trouve-t-il pas dans certains exemplaires latins.
30. « Seigneur, si je parle encore ? » il faut sous-entendre : vous irriterez-vous ? ou toute autre expression ayant le même sens.
Chapitre XIX. — 29. Cura everteret Dominus civitates, in quibus habitabat in eis.
Chapitre XX. — 13. In omni loco ubi intraverimus ibi.
Chapitre XXI. — 19. « Dieu lui ouvrit les yeux, et elle aperçut un puits d’eau vive. » C’est ici une locution, car on ne peut pas supposer qu’Agar avait les yeux fermés. Nous avons déjà fait la même remarque au commencement de ce livre à l’endroit où il est dit : « Et leurs yeux s’ouvrirent. »
23. Et terra quam inhabitasti in ea.
27. Et disposuerunt ambo testamentum ; c’est comme s’il y avait ; testati sunt ambo ; l’Écriture aime à employer le mot testamentum dans le sens de pacte.
Chapitre XXII. — 2. Accipe filium tuum dilectum. Le mot accipe est une locution, qui se trouve déjà dans les paroles de l’ange à Agar au sujet de son fils.
4. Et respiciens Abraham oculis; il suffisait de dire respiciens.
16. Per memetipsum juravi, nisi benedicens benedicam te ; c’est comme s’il y avait : Per memetipsuin juravi quod benedicens benedicam te, ou simplement et sans conjonction : Per memetipsum juravi, benedicens benedicam te.
17. Et multiplicatis multiplicabo semen tuum ; c’était assez de dire multiplicabo.
20. Et nuntiatum est Abrahæ dicentes : la forme régulière serait celle-ci : Nuntiaverunt Abrahæ dicentes, ou bien : Nuntiatum est a dicentibus.
Chapitre XXIII. — 3. Et surrexit Abraham a mortuo suo ; on devait mettre a mortua sua. Le saint patriarche dit encore en parlant de Sara : Et sepeliam mortuum meum ; ce n’est pas le genre neutre qui est employé ici, comme s’il fallait lire corpus mortuum, mais le genre masculin, ainsi qu’on le voit par le texte grec.
Chapitre XXIV. — 3. Et adjurabo te per Dominum Deum caeli et Deum terræ. Le grec n’a pas la préposition per, mais simplement : Adjurabo Dominum Deum cœli.
Ibid. — Cum quibus ego habito in eis.
5. « Si la femme ne veut pas me suivre. » C’est une forme propre à la langue grecque, d’appeler femme toute personne du sexe.
Ibid. — In terram de qua existi inde.
6. Attende tibi ne revoces filium meum illuc. Ces paroles sont la formule ordinaire d’une défense comminatoire.
9. « Le serviteur mit la main sur la cuisse d’Abraham, et promit avec serment, juravit, « de faire ce qu’il lui avait ordonné. » On voit ici la preuve que ces paroles d’Abraham déjà citées : Adjuro te, sont une locution ayant le même sens que jura mihi, jure-moi. Mais comme cette manière de parler ne nous est pas familière, il faut examiner s’il n’y a pas dans le texte d’autres formules équivalentes qui confirment notre explication. Or Abraham venait de dire : « Si la femme refuse de te suivre, tu seras dégagé de ton serment : » c’est une preuve manifeste, qu’il avait employé l’expression adjuro te, dans le sens de jura mihi.
16. Il est dit de Rebecca : « C’était une vierge d’une grande beauté, elle était vierge, aucun homme ne l’avait connue. » Cette répétition renferme l’éloge de sa virginité. Mais pourquoi a-t-on ajouté : « Aucun homme ne l’avait connue, » si ces paroles ne sont pas une simple locution ? Il serait inouï que le mot vierge servit à désigner la fleur de l’âge plutôt que l’intégrité du corps. On lit dans le grec : « Aucun homme ne l’a connue, » au lieu de « ne l’avait connue ; » l’enchaînement des idées paraît brisé par ce changement de temps.
26. Adoravit Domino ; nous disons en latin Adoravit Dominum.
27. Quoniam non dereliquit justitiam et veritatem a Domino meo ; c’est comme s’il y avait justitiam et veritatem quæ est a Domino meo, ou plus clairement : quam fecit Dominus meus.
28. « La jeune fille courut à la maison de sa mère, porter cette nouvelle, » comme si ce n’était pas aussi bien la maison de son père.
32. Et aquam lavare pedibus ipsius, et pedibus virorum qui cum eo erant.
40. Dominus cui placui ante ipsum, ipse mittet angelum suum tecum ; il suffisait de dire : cui placui, car Abraham pouvait-il plaire à Dieu autrement qu’en sa présence : ante ipsum
42. Si tu prosperas viam meam, qua ego nulle ingredior in eam.
43,44. Le serviteur d’Abraham, rapportant les paroles qu’il avait prononcées lorsqu’il s’approchait de la fontaine, s’exprime ainsi : « La vierge à qui je dirai : Donne-moi à boire un peu de cette eau qui est dans ton vase, et qui me répondra : Bois, et je vais aussi en puiser pour tes chameaux ; cette femme est celle que le Seigneur a destinée à son serviteur Isaac. » Par ces paroles nous voyons clairement que la langue hébraïque donne même aux vierges le nom de femme.
48. « J’ai béni le Seigneur, le Dieu d’Abraham mon maître ; » c’est une formule de respect très-familière à l’Écriture, comme cette expression « Le Dieu d’Hélie. »
49. « Faites-moi connaître vos intentions afin que je sache si je dois retourner à droite ou à gauche. » Par la droite il entend le succès, et par la gauche la mauvaise fortune ; en sorte que ce sera la droite, si sa demande lui est accordée, et la gauche, si elle lui est refusée : car nul doute qu’il ne dût retourner par le chemin qu’il avait déjà suivi. Nous trouverons la même locution dans d’autres endroits de l’Écriture, où la droite désigne toute espèce de biens et la gauche toute espèce de maux, soit au physique comme le bonheur et le malheur, soit au moral comme la justice et l’injustice ; et quelquefois encore la droite est mise pour les choses éternelles et la gauche pour les choses temporelles.
Chapitre XXV. — 13. Hæc sunt nomina filiorum Ismaël secundum nomina generationum eorum ; c’est comme s’il y avait : secundum qua nomina generationes eorum appellatæ sunt.
20. Accepit Rebeccam filiam Bathuel Syri de Mesopotamia, sororem Laban Syri, sibi in uxorem. On pouvait se contenter de mettre uxorem, ou bien sibi uxorem.
24. Et ei erant gemini in utero ejus ; on pouvait se dispenser d’ajouter ejus.
27. Creverunt autem juvenes. On rencontre de semblables locutions même chez les auteurs profanes, par exemple dans ce passage de Virgile : Et scuta latentia condunt, mis pour : condendo latentia faciunt. De même ici la phrase creverunt juvenes, étant appliquée à des enfants ; doit s’entendre de cette manière : crescendo facti sunt juvenes.
31. Jacob dit à Esaü : Vende mihi hodie primogenita tua mihi ; ainsi porte le texte grec.
Chapitre XXVI. — 28. Videntes vidimus quia est Dominus tecum. Et disponemus tecum testamennum. L’Écriture se sert volontiers, pour désigner un pacte, du mot testamentum, en grec diatheken. Ce que les versions latines expriment de cette manière : Et disponemus tecum testamentum ne facias nobiscum malum, revient à ceci : Ut paciscaris non facere nobiscum malum.
Chapitre XXVII. — 1. Et vocavit filium suum seniorem Esaü et dixit. Le mot s eniorem n’est pas employé ici pour indiquer un âge avancé, mais un âge relativement plus grand.
3. Nunc ergo sume vas tuum pharetramque et arcum. On ne lit pas vasa, mais vas. La signification de ce mot est assez obscure, si l’on n’y reconnaît pas une locution, en vertu de laquelle vas exprimerait déjà pharetram. Ce serait donc pour expliquer le mot vas, qu’Isaac y aurait joint pharetramque et arcum ; et ainsi en disant : sume vas tuum id est pharetram; et il aurait ajouté et arcum, pour désigner un second objet différent du carquois déjà exprimé par vas. Ou encore le mot vas désigne en même temps le carquois et l’arc, et le singulier est mis pour le pluriel ; c’est ainsi qu’on dit : accipe vestem tuam, prends ton habit, pour signifier plusieurs vêtements ; on dit également miles, le soldat, pour désigner plusieurs soldats. Nous pourrions apporter beaucoup d’autres exemples.
Ibid : Exi in campum venare mihi venationem.
9. « Cours au troupeau de brebis, et apporte-moi deux des meilleurs chevreaux. » Ces deux espèces d’animaux sont désignés sous la dénomination commune de brebis, parce qu’ils paissaient ensemble.
Chapitre XXVIII. — 4. « Que Dieu t’accorde la bénédiction promise à Abraham ton père. »
Ce sont les paroles d’Isaac à son fils ; mais en réalité Abraham, père d’Isaac, était le grand-père de Jacob.
5. « Et il partit pour la Mésopotamie de Syrie, » comme s’il y avait un autre Mésopotamie que celle qui est en Syrie. Mais ce denier mot ne doit pas venir des Septante, parce que dans cette version il est marqué d’un astérisque.
15. Dieu dit à Jacob : « Je, ne t’abandonnerai pas que je n’aie accompli tout ce que je t’ai promis ; » comme s’il devait l’abandonner une fois les promesses accomplies ; tel n’est pas certainement le sens : c’est donc une locution.
16. Surrexit Jacob de sommo suo et dixit : Quia hoc Dominus in loco hoc, ego autem ignorabam. Le sens serait complet sans le mot quia. Ces paroles « le Seigneur est vraiment en ce lieu, » équivalent à celles-ci : « Le Seigneur s’est manifesté ici ; » car le Seigneur ne peut-être contenu dans un lieu.
Chapitre XXIX. — 5. Jacob demande aux bergers : « Connaissez-vous Laban fils de Nachor ? » Il aurait du dire de Bathuel. Mais nous concluons de ces paroles que le nom de Nachor était plus connu, et que c’est par honneur pour sa dignité de chef de famille qu’il le nomme de préférence. C’est une locution très-commune d’appeler fils d’un aïeul ou d’un bisaïeul ou de tout autre ascendant plus éloigné, celui qui en descend directement. Voilà pourquoi Isaac a donné à Abraham le nom de père à l’égard de son propre fils, comme nous l’avons remarqué tout-à-l’heure.
7. Adhuc est dies multa, nondum est hora congregandi pecora.
Chapitre XXX. — 4. Et dedit illi Balam ancillam suam ipsi uxorem ; le sens eut été complet indépendamment du mot ipsi.
27. Si inveni gratiam antet e, auguratus essem ; benedixitenim me Deus in introitu tuo. Ces paroles du texte ne paraissent pas avoir une raison logique, il fallait dire : Si invenissem gratiam ante te, auguratus essem. Mais puisqu’on s’est exprimé ainsi : si inveni, l’ordre naturel est celui-ci : si inveni gratiam ante te, permute me augurari, comme s’il y avait : O si auguratus essem! dont le sens est : Ad bonum augurium te in domo mea haberem.
33. Et exaudiet me justitia mea in die crastino ; c’est comme s’il y avait exaudiri me faciet.
2. « Jacob remarqua que Laban ne le regardait plus du même œil que la veille et l’avant-veille. » C’est une locution très-familière aux écrivains sacrés, de dire « la veille et l’avant-veille » pour exprimer un temps passé en général.
10. « J’ai vu de mes yeux en songe, » quoique les yeux du corps soient fermés dans le sommeil.
13. Ego sum Deus, qui apparui tibi in loco Dei. On voit ici une locution ; les mots Deus in loco Dei, ne doivent-ils pas être pris dans le même sens que Pluit Dominus a Domino, où est indiquée la génération du Fils par le Père ?
31. Respondens autem Jacob dixit ad Laban Dixi enim, ne forte au feras filias tuas à me, et omnia mea.
33. « Laban entra dans la maison de Lia, pour y faire des recherches. » On s’étonne qu’il soit question ici de la maison de Lia, puisque c’est au milieu du chemin que la famille de Jacob fut rejointe par Laban. Peut-être est-ce un usage de la langue sacrée, de donner le nom de maison à une chambre ou tente, comme quand il est parlé des maisons des servantes.
37. « Jacob dit à Laban : Tu as examiné avec le plus grand soin toutes les choses qui sont dans ma maison. » Il n’est plus question maintenant que d’une seule maison composée des maisons des femmes et des concubines de Jacob : ce qui prouve que ce nom désigne ici des chambres ou tentes, ou, si l’on veut, des pavillons.
42. « Si le Dieu de mon père Abraham, et le Dieu que craint Isaac ne m’eût assisté. » Jacob donne ainsi à son aïeul le nom de père, suivant en cela l’exemple qu’il avait reçu de son père Isaac.
Chapitre XXXII. — 3,4,5. « Jacob envoya devant lui plusieurs de ses gens vers Esaü son frère, qui habitait la terre de Seïr en Idumée, et leur donna cet ordre : Vous direz ceci à Esaü mon seigneur : Voici ce que ton serviteur Jacob te fait dire : J’ai habité chez Laban, et j’ai resté avec lui jusqu’à présent ; j’ai acquis un bon nombre de bœufs, d’ânes, de brebis, de serviteurs et de servantes ; et j’ai envoyé prévenir Esaü mon seigneur. » Il ne dit pas : « J’ai envoyé te prévenir. »
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The end
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