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Les Chroniques de la Canongate (Montémont)

Walter Scott · 1837 · Free in the US

429,782 words · about 30 h 6 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1837 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Les_Chroniques_de_la_Canongate_(Montémont)&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Language
French
Published
1837
Length
429,782 words · about 30 h 6 min
Sections
7 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (7)
  1. Front matter about 10 h 2 min
  2. Texte entier about 10 h 2 min
  3. Introduction about 18 min
  4. Histoire de M. Croftangry about 2 h 4 min
  5. La Veuve des Higlands about 1 h 58 min
  6. Les Deux Bouviers about 51 min
  7. La Fille du chirurgien about 4 h 52 min

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Front matter

—

Tous ceux qui connaissent l’histoire des premiers temps du théâtre italien savent qu’Arlequin, dans la conception originale, ne se borne pas, comme sur notre théâtre, à faire des miracles avec son sabre de bois, à entrer et à sortir par la fenêtre ; mais on trouve en lui, ainsi que l’indique sa veste bigarrée, un bouffon ou un dont la bouche, loin d’être éternellement fermée, laisse échapper, comme celle de notre Touchstone, une foule de quolibets, de railleries piquantes et de saillies ingénieuses, la plupart improvisées. Il n’est pas facile de deviner pourquoi on lui donna son masque noir, qui représentait anciennement la figure d’un chat ; mais il paraît que le masque était essentiel à ce rôle, comme le prouvera l’anecdote suivante.

Un acteur du Théâtre Italien, établi à la Foire Saint-Germain, à Paris, était renommé pour la vivacité et la hardiesse de son esprit, les saillies brillantes et les reparties heureuses dont il assaisonnait à pleines mains son rôle de bouffon. Quelques critiques, qui avaient moins de jugement que de bienveillance pour un acteur favori, s’imaginèrent de lui adresser certaines remontrances au sujet de son masque bizarre. Ils se dirigèrent adroitement vers leur but en lui faisant observer que ce déguisement insignifiant jetait une teinte burlesque et ridicule sur son esprit cultivé et vraiment attique, sur l’originalité de ses saillies, et sur son heureuse facilité pour le dialogue : certes, de pareils talents produiraient bien plus d’effets s’ils étaient secondés par la vivacité de son regard et l’expression naturelle de ses traits. La vanité de l’acteur une fois mise en jeu, il se décida facilement à tenter l’expérience. Il joua Arlequin à visage découvert, et tout le monde fut d’avis qu’il avait complètement échoué. Il avait perdu la hardiesse que lui donnait le sentiment de l’incognito, et, avec elle cette imperturbable gaieté qui donnait tant de vivacité à son jeu. Il maudit ses conseillers et reprit son masque grotesque ; mais jamais, ajoute-t-on, il ne put retrouver l’insouciante et heureuse légèreté qu’il avait puisée d’abord dans la conscience de son déguisement.

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