Read here

Les Beaux-Arts réduits à un même principe

Charles Batteux · 1746 · Free in the US

117,654 words · about 8 h 14 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1746 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Les_Beaux-Arts_réduits_à_un_même_principe&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Author
Charles Batteux
Language
French
Published
1746
Length
117,654 words · about 8 h 14 min
Sections
41 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (41)
  1. Front matter about 2 h 45 min
  2. Partie 1 about 2 min
  3. chapitre 1 about 3 min
  4. chapitre 2 about 7 min
  5. chapitre 3 about 3 min
  6. chapitre 4 about 4 min
  7. chapitre 5 about 3 min
  8. chapitre 6 about 4 min
  9. Partie 2 about 1 min
  10. chapitre 1 about 4 min
  11. chapitre 2 about 4 min
  12. chapitre 3 about 6 min
  13. chapitre 4 about 6 min
  14. chapitre 5 about 5 min
  15. chapitre 6 about 2 min
  16. chapitre 7 about 4 min
  17. chapitre 8 about 5 min
  18. chapitre 9 about 3 min
  19. chapitre 10 about 6 min
  20. Partie 3 under 1 min
  21. chapitre 1 about 5 min
  22. chapitre 2 about 1 min
  23. chapitre 3 about 10 min
  24. chapitre 3b about 14 min
  25. chapitre 4 about 10 min
  26. chapitre 5 about 5 min
  27. chapitre 6 about 3 min
  28. chapitre 7 about 2 min
  29. chapitre 8 about 4 min
  30. chapitre 9 about 7 min
  31. section 2 about 2 min
  32. section 3 about 1 min
  33. chapitre 1 about 3 min
  34. chapitre 2 about 5 min
  35. chapitre 3 about 7 min
  36. chapitre 4 about 5 min
  37. Privilège about 3 min
  38. Texte entier about 2 h 45 min
  39. Dédicace about 1 min
  40. Explication under 1 min
  41. Avant-propos about 6 min

Continue:

Front matter

IL régne peu d’ordre dans la maniere de traiter les beaux Arts. Jugeons-en par la Poësie. On croit en donner des idées justes en disant qu’elle embrasse tous les Arts : c’est, dit-on, un composé de Peinture, de Musique & d’Eloquence.

Comme l’Eloquence, elle parle : elle prouve : elle raconte. Comme la Musique, elle a une marche réglée, des tons, des cadences dont le mêlange forme une sorte de concert. Comme la Peinture, elle dessine les objets : elle y répand les couleurs : elle y fond toutes les nuances de la Nature : en un mot, elle fait usage des couleurs & du pinceau : elle emploie la mélodie & les accords : elle montre la vérité, et sait la faire aimer.

La Poësie embrasse toutes sortes de matières : elle se charge de ce qu’il y a de plus brillant dans l’Histoire : elle entre dans les champs de la Philosophie : elle s’élance dans les cieux, pour y admirer la marche des Astres : elle s’enfonce dans les abymes, pour y éxaminer les secrets de la Nature : elle pénetre jusque chez les morts, pour y voir les récompenses des justes & les supplices des impies : elle comprend tout l’Univers. Si ce monde ne lui suffit pas, elle crée des mondes nouveaux, qu’elle embellit de demeures enchantées, qu’elle peuple de mille habitans divers. Là, elle compose les êtres à son gré : elle n’enfante rien que de parfait : elle enchérit sur toutes les productions de la Nature : c’est une espece de magie : elle fait illusion aux yeux, à l’imagination, à l’esprit même, & vient à bout de procurer aux hommes, des plaisirs réels, par des inventions chimériques. C’est ainsi que la plupart des Auteurs ont parlé de la Poësie.

Partie 1

IL régne peu d’ordre dans la maniere de traiter les beaux Arts. Jugeons-en par la Poësie. On croit en donner des idées justes en disant qu’elle embrasse tous les Arts : c’est, dit-on, un composé de Peinture, de Musique & d’Eloquence.

Comme l’Eloquence, elle parle : elle prouve : elle raconte. Comme la Musique, elle a une marche réglée, des tons, des cadences dont le mêlange forme une sorte de concert. Comme la Peinture, elle dessine les objets : elle y répand les couleurs : elle y fond toutes les nuances de la Nature : en un mot, elle fait usage des couleurs & du pinceau : elle emploie la mélodie & les accords : elle montre la vérité, et sait la faire aimer.

La Poësie embrasse toutes sortes de matières : elle se charge de ce qu’il y a de plus brillant dans l’Histoire : elle entre dans les champs de la Philosophie : elle s’élance dans les cieux, pour y admirer la marche des Astres : elle s’enfonce dans les abymes, pour y éxaminer les secrets de la Nature : elle pénetre jusque chez les morts, pour y voir les récompenses des justes & les supplices des impies : elle comprend tout l’Univers. Si ce monde ne lui suffit pas, elle crée des mondes nouveaux, qu’elle embellit de demeures enchantées, qu’elle peuple de mille habitans divers. Là, elle compose les êtres à son gré : elle n’enfante rien que de parfait : elle enchérit sur toutes les productions de la Nature : c’est une espece de magie : elle fait illusion aux yeux, à l’imagination, à l’esprit même, & vient à bout de procurer aux hommes, des plaisirs réels, par des inventions chimériques. C’est ainsi que la plupart des Auteurs ont parlé de la Poësie.

Ils ont parlé à peu près de même des autres arts. Pleins du mérite de ceux auxquels ils s’étoient livrés, ils nous en ont donné des descriptions pompeuses, pour une seule définition précise qu’on leur demandoit ; ou s’ils ont entrepris de nous les définir, comme la nature en est d’elle-même très-compliquée, ils ont pris quelquefois l’accessoire pour l’essentiel, & l’essentiel pour l’accessoire. Quelquefois même entraînés par un certain intérêt d’Auteur, ils ont profité de l’obscurité de la matière, & nous ont donné des idées, formées sur le modéle de leurs propres ouvrages.

Nous ne nous arrêterons point ici à réfuter les différentes opinions, qu’il y a sur l’essence des Arts, et sur-tout de la Poësie : nous commencerons par établir notre principe, et s’il est une fois bien prouvé, les preuves qui l’auront établi, deviendront la réfutation des autres sentimens.

The opening of the book is shown; the full text loads in the reader.

Loading the full text…