Front matter
Je sors de citez les Germondy, un ménage des Batignolles, où, en ma qualité de célibataire, je vais m’inviter à dîner, quand ça me prend. Eh bien, c’est absolument comme les autres lundis. Je ne sais pas ce que j’ai ! Je me sens tout chose. Au lieu de me coucher tranquillement, pour être demain de bonne heure à mes affaires, si je m’écoutais, je crois que je ressortirais, pour faire je ne sais quoi, des bêtises.
Ce n’est certainement pas la nourriture, ni les vins fins. Germondy, un ami très sûr et qui ne ferait aucune cérémonie à cause de moi, ne jouit pas d’un bon estomac. Après avoir longtemps abusé de la table, aujourd’hui, par ordre du médecin, il est obligé d’enrayer. Plus d’huîtres ni le truffes ! Plus de mets exotiques, aux saveurs perverses, relevés par des épices incendiaires ! Mais la soupe et le bœuf, un plat maigre, un rôti substantiel, arrosé d’un bordeaux de propriétaire. On ne prend pas de café le soir, dans cette maison. Seulement une tasse de thé léger, avec de la crème et des petits fours, vers les onze heures.
Ce n’est pas non plus l’impression des charmes de madame Germondy. Outre que le mari est pour moi une sorte de frère aîné, auquel, pour rien au monde, je ne voudrais causer du désagrément, je considère cette femme comme la plus foncièrement honnête, la plus inattaquable de toutes les mères de famille. Même autrefois, lorsqu’elle était toute jeune et gaie, du vivant de ses deux amours de babys, je ne m’y serais pas frotté. Encore moins aujourd’hui ! Aujourd’hui que, dans le vide de la maison sans enfants, madame Germondy, à jamais triste, commence à avoir quelques cheveux blancs. Elle ne songe même pas à les teindre.
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The end
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