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La Coopération, ou Les nouvelles associations ouvrières dans la Grande-Bretagne

Élie Reclus · 1863 · Free in the US

105,300 words · about 7 h 22 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

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Licence: PD-US · Published in 1863 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=La_Coopération,_ou_Les_nouvelles_associations_ouvrières_dans_la_Grande-Bretagne&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Élie Reclus
Language
French
Published
1863
Length
105,300 words · about 7 h 22 min
Sections
8 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (8)
  1. Front matter about 2 h 27 min
  2. Introduction about 1 min
  3. Texte entier about 2 h 27 min
  4. 1 about 38 min
  5. 2 about 27 min
  6. 3 about 26 min
  7. 4 about 35 min
  8. 5 about 21 min

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Front matter

(Discours prononcé à Rochdale.)

Il a fallu des grèves gigantesques pour attirer l’attention publique sur le prolétariat anglais, complètement négligé depuis l’avortement du mouvement chartiste. C’est inopinément que l’existence de puissantes organisations ouvrières a été révélée au public, fort étonné d’apprendre que des artisans opposaient à leurs patrons coalition contre coalition, et déclaraient vouloir obtenir de force l’élévation de leurs salaires. La grève de Preston, en particulier, a produit une impression profonde ; et cet événement mérite, en effet, de prendre place parmi les incidents mémorables de l’histoire anglaise. Les ouvriers ont perdu cette bataille ; mais ceux qui comprennent les signes des temps ont reconnu que le prolétariat de la Grande-Bretagne est déjà devenu une force sociale indépendante, dirigée par des hommes qui, en restant maîtres d’eux-mêmes en des circonstances très-difficile, se sont montrés digne d’une meilleure destinée. Le nouvel ordre de choses qui surgit actuellement n’est pas d’origine purement anglaise ; il ne restera pas non plus, ce nous semble, un produit exclusivement britannique ; et nous serions bien étonnés si, tôt ou tard, il ne passait pas le détroit de la Manche. Il est donc grand temps que nous apprenions à le connaître, car il n’est jamais trop tôt, il n’est jamais trop tard non plus, pour réaliser un progrès.

Depuis le rappel de la loi contre les coalitions d’ouvriers, de nombreuses associations ont sous le nom de Trades’ Societies ou de Trades’ Unions, surgi dans une foule d’industries. Elles ont toutes pour but de donner des secours à leurs membres, en cas de maladie et de chômage, et de maintenir ou d’améliorer le taux des salaires. Elles sont avant tout des sociétés de secours mutuels, parfaitement analogues aux autres sociétés de bienfaisance qui foisonnent en Angleterre, sous les noms de Forestiers, Vénérables Druides, — Drôles de corps (odd Fellows), — Anciens Romains, — Jolis Bergers, — Ordre de la Toison, — Ordre indépendant et loyal de l’Arche ; appellations bizarres semblables à celles que prennent les loges maçonniques, qui ont pu leur servir de modèle : Rose du Parfait Silence, Temple de l’Honneur, Colombe pacifique, etc.

Introduction

(Discours prononcé à Rochdale.)

Il a fallu des grèves gigantesques pour attirer l’attention publique sur le prolétariat anglais, complètement négligé depuis l’avortement du mouvement chartiste. C’est inopinément que l’existence de puissantes organisations ouvrières a été révélée au public, fort étonné d’apprendre que des artisans opposaient à leurs patrons coalition contre coalition, et déclaraient vouloir obtenir de force l’élévation de leurs salaires. La grève de Preston, en particulier, a produit une impression profonde ; et cet événement mérite, en effet, de prendre place parmi les incidents mémorables de l’histoire anglaise. Les ouvriers ont perdu cette bataille ; mais ceux qui comprennent les signes des temps ont reconnu que le prolétariat de la Grande-Bretagne est déjà devenu une force sociale indépendante, dirigée par des hommes qui, en restant maîtres d’eux-mêmes en des circonstances très-difficile, se sont montrés digne d’une meilleure destinée. Le nouvel ordre de choses qui surgit actuellement n’est pas d’origine purement anglaise ; il ne restera pas non plus, ce nous semble, un produit exclusivement britannique ; et nous serions bien étonnés si, tôt ou tard, il ne passait pas le détroit de la Manche. Il est donc grand temps que nous apprenions à le connaître, car il n’est jamais trop tôt, il n’est jamais trop tard non plus, pour réaliser un progrès.

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