Read here

Fétichisme amoureux

Alphonse Momas · 1923 · Free in the US

83,238 words · about 5 h 50 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1923 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Fétichisme_amoureux&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Author
Alphonse Momas
Language
French
Published
1923
Length
83,238 words · about 5 h 50 min
Sections
17 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (17)
  1. Front matter about 1 h 56 min
  2. 01 about 4 min
  3. 02 about 5 min
  4. 03 about 5 min
  5. 04 about 5 min
  6. 05 about 6 min
  7. 06 about 8 min
  8. 07 about 8 min
  9. 08 about 6 min
  10. 09 about 22 min
  11. 11 about 6 min
  12. 12 about 16 min
  13. 13 about 8 min
  14. 14 about 9 min
  15. 15 about 9 min
  16. Présentation about 1 min
  17. Texte entier about 1 h 56 min

Continue:

Front matter

FÉTICHISME AMOUREUX

Toutes les folies sont compréhensibles en luxure, parce que les sens surexcités font remonter au cerveau les moindres impressions et y dénaturent les raisons des règles ordinaires de la vie. Si un homme de science s’absorbe dans les grands travaux qui sollicitent l’intelligence humaine dans les diverses branches des mathématiques et des analyses de la nature, au point de le soustraire aux questions d’intérêt personnel, de même l’être de luxure lancé dans le développement de ses facultés cérébrales et physiques, au point de vue sensuel, ne connaît plus rien de ce qui ne touche pas le système nerveux et jouisseur. Des faits qui apparaissent entachés d’idiotie sont pour lui choses naturelles et délectables : il supporte, il sollicite, pour la satisfaction de sa toquade paillarde particulière, des monstruosités, même des abominations : il aime les plus désagréables traitements ; il se complaît dans l’adoration des ignominies, des souillures, des horreurs, pour peu qu’on le pousse.

Parmi les femmes, parvenues à imposer un joug des plus éhontés aux amateurs de luxure, Thérèse Phoncinot, une blonde de vingt-cinq ans, de petite moyenne, comme taille, mais moulée sous le rapport des seins et des hanches, avait acquis une telle réputation de domination sadique, que pas un homme du monde, ayant une fantaisie érotique bien personnelle, n’hésitait à se faire présenter et à implorer le bonheur d’un de ses regards, la félicité d’une de ses attentions, pour parvenir à exercer la petite turpitude qui le travaillait. Il y en avait qui attendaient avec impatience le moment de ses époques pour acheter à prix d’or ses linges maculés, et d’autres qui se livraient à des efforts inouïs d’imagination pour obtenir une paire de ses jarretières, ou une de ses chemises de batiste, ou n’importe quoi ayant touché son corps. Un Anglais paya dix mille francs la faveur de dormir une nuit, vautré sur son linge devant aller le lendemain au blanchissage. Et, un de nos sénateurs, les plus réputés comme honorabilité et irréprochabilité de mœurs, achetait ses pantalons, à mesure qu’elle les quittait, pour les couper en plastrons et les porter sous sa chemise, prétendant que durant les séances ensommeillées du Sénat, il en éprouvait de délicieux chatouillements, qui le faisaient bander, surtout quand Béranger prenait la parole. Thérèse Phoncinot, il faut le dire, méritait le culte de tous les adorateurs de la femme, et si, à la suite d’une brusque rupture avec son mari Jacques Phoncinot, collé avec une horizontale du nom de Marguerite La Férina, elle s’affichait despotique, parfois mauvaise avec les amants qui lui couraient elle n’en restait pas moins une des très jolies femmes de Paris, vivant au grand jour et largement, à un troisième étage de l’avenue de l’Alma. Ayant de nombreuses amitiés dans tous les mondes, elle tenait un salon très couru où bien des illustrations se réunissaient, et où l’on chantait ses louanges, tout en médisant des absents.

The opening of the book is shown; the full text loads in the reader.

Loading the full text…