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Aben-Humeya o La rebelión de los moriscos

Francisco Martínez de la Rosa · 1827 · Free in the US

19,543 words · about 1 h 22 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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About this book

Author
Francisco Martínez de la Rosa
Language
Spanish
Published
1827
Length
19,543 words · about 1 h 22 min
Sections
46 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (46)
  1. Advertencia about 3 min
  2. Avant-Propos about 7 min
  3. PERSONAJES about 1 min
  4. 04 about 5 min
  5. Escena II about 2 min
  6. Escena III about 2 min
  7. Escena IV about 1 min
  8. Escena V about 2 min
  9. Escena VI about 2 min
  10. Escena VII about 2 min
  11. Escena VIII about 2 min
  12. Escena IX about 1 min
  13. Escena X about 1 min
  14. Escena XI about 9 min
  15. 15 about 3 min
  16. Escena II about 1 min
  17. Escena III about 1 min
  18. Escena IV under 1 min
  19. Escena V about 1 min
  20. Escena VI under 1 min
  21. Escena VII about 1 min
  22. Escena VIII about 3 min
  23. Escena IX about 3 min
  24. Escena X about 3 min
  25. Escena XI under 1 min
  26. Escena XII under 1 min
  27. Escena XIII about 1 min
  28. 28 about 2 min
  29. Escena II about 4 min
  30. Escena III about 4 min
  31. Escena IV about 2 min
  32. Escena V about 1 min
  33. Escena VI under 1 min
  34. Escena VII about 5 min
  35. Escena VIII under 1 min
  36. Escena IX under 1 min
  37. Escena X under 1 min
  38. Escena XI under 1 min
  39. Escena XII about 3 min
  40. Escena XIII about 1 min
  41. Escena XIV under 1 min
  42. Escena XV under 1 min
  43. Escena XVI about 1 min
  44. Escena XVII about 1 min
  45. Escena XVIII about 1 min
  46. Escena XIX under 1 min

Continue:

Advertencia

Ha corrido este drama tan extraña fortuna que, probablemente ha de excitar la curiosidad del público, cualquiera que sea el mérito que se le atribuya. Antes de determinarme a componerle, había sentido vivos deseos de presentar en la escena francesa alguna de mis obras dramáticas; y cabalmente, el buen éxito que había ya logrado en París la imitación de una de ellas me animaba no poco a la empresa. Mas en breve desistí de tal propósito, habiéndome convencido plenamente de que una obra de esta clase, compuesta para una nación, difícilmente puede trasladarse a otra, sobre todo cuando el gusto dramático es muy distinto en ambas. Aun el estar mis obras en verso, y el haber de reducirlas a humilde prosa, acabó de retraerme de mi intento; porque temí, con entrañas de padre, desnudar mis composiciones de un encanto que encubre muchas faltas; pocos cuadros hay que consientan perder el colorido, y que aun aparezcan bellos con los meros contornos.

Me decidí, pues, en vista de estas reflexiones, a componer de intento un drama para el teatro francés; pero ¿qué rumbo seguir en empresa tan aventurada?... La primera idea que me ocurrió, como la más natural, fue escribir un drama en castellano y después traducirle; mas, por fortuna, conocí con tiempo que una obra concebida en cerebro español, y vestida al nacer en traje de Castilla, mostraría siempre, por más esfuerzos que se hiciesen, demasiado claro su origen.

Al cabo no me quedó más recurso que componer mi drama en lengua extranjera; y entonces fue cuando se presentaron de tropel dificultades: en una obra didáctica, por ejemplo, cabe practicarse, con o menos presteza, la traducción que se hace siempre en el ánimo cuando se piensa en un idioma y se expresa uno en otro; pero en obras dramáticas no cabe hacerse así, se necesita más celeridad en la concepción de los pensamientos, y más calor en la expresión; las ideas y las palabras tienen que salir vaciadas a un tiempo en el mismo molde.

Tales son los obstáculos que he tenido que superar; y cuando he acabado de convencerme de su gravedad ha sido al verter después mi obra en castellano. Nunca he palpado más de lleno la diversa índole de cada lengua, las ventajas que cada una de ellas posee, lo difícil de trasladar exactamente los pensamientos de una a otra. ¡Cosa singular, y que, sin embargo, no es posible de explicarse! ¡Más me ha costado traducir mi propia obra que si hubiera sido ajena!... Acontece con una traducción lo que con un retrato.

Por lo tocante al argumento de este drama, poco o nada tendré que decir: le busqué y escogí en la historia de España, porque juzgué que así parecería más nuevo y original, al paso que me dejaría campear con más desembarazo, conociendo mejor el terreno. Hasta la circunstancia de ser alusivo a acontecimientos de mi país natal, concurrió a decidirme a favor suyo, aun prescindiendo de otras muchas ventajas: el que haya vivido largos años fuera de su patria concebirá fácilmente esta predilección tan natural; y aun me lisonjeaba, ya que he de decirlo todo, la idea de oír repetir unos nombres tan gratos para mí, y de oírlos en tierra extraña, y tal vez con aplauso.

El éxito ha correspondido a mis deseos: este drama ha recibido del público de París la más favorable acogida; pero no me ciega tanto el amor propio que deje de conocer que ha sido juzgado, así en el teatro como en los periódicos, con no poca indulgencia. Mi calidad de extranjero ha desarmado la severidad de la crítica; se ha perdonado mucho en favor de lo extraordinario de la empresa, y no se ha perdido de vista al autor al pesar el mérito de su obra.

Avant-Propos

Au milieu de tant de combats livrés sur le terrain de la littérature, et de cette espèce de révolution qui règne dans le monde théâtral, la première condition que je me suis imposée, au moment d'entreprendre cet ouvrage, fut celle d'oublier tous les systèmes, et de suivre, pour toute règle, ces principes clairs, incontestables, qui tiennent à l'essence même du drame, et qui formeront toujours, par rapport au théâtre, le code du bon sens.

Puisque je me propose, me suis-je dit, d'écrire un drame historique, il faudra d'abord choisir un grand événement, qui réveille l'attention et qui excite l'intérêt; il faudra aussi qu'il ait, si c'est possible, quelque chose d'extraordinaire, une physionomie qui le distingue de tous les autres; et qu'il offre en même temps ce mouvement, ces contrastes qui saisissent l'âme et l'entraînent.

Ayant conçu cette idée toute simple du drame historique, il s'agissait de remplir de mon mieux les deux conditions essentielles qui semblent en dériver: il fallait tracer le tableau avec la plus grande fidélité possible, sans rechercher néanmoins cette exactitude scrupuleuse qu'on exige dans une chronique; mais en s'efforçant de graver sur l'ouvrage, comme sur une médaille, le cachet de l'époque et du pays.

Une fois l'esquisse du tableau faite, on devait tâcher d'y encadrer en quelque sorte une tragédie; car je suis intimement convaincu (et si c'est une erreur, elle est bien excusable) que jamais le drame historique ne réussira au théâtre, que lorsqu'il parviendra à satisfaire en même temps la raison et le coeur, par le reflet fidèle d'un grand événement, ainsi que par la lutte animée des passions.

Quant au sujet que j'ai choisi, je dois avouer franchement qu'il me paraît remplir presque toutes les conditions que les maîtres de l'art peuvent exiger; il n'est pas aisé de trouver dans l'histoire plusieurs événements aussi extraordinaires, aussi dramatiques que cette révolte des Maures sous Philippe II. Qu'il me soit permis d'en dire un mot, pour indiquer au moins sa nature et son importance.

Lors de la conquête de Grenade par les Rois Catholiques, on accorda aux vaincus la capitulation la plus avantageuse; ils pouvaient se retirer librement en Afrique, ou rester dans le pays, en conservant leurs mœurs, leurs usages, l'exercice de leur religion. On commença pourtant à les inquiéter du vivant même de Ferdinand et d'Isabelle; ce qui donna lieu à quelques soulèvements partiels, qui furent bientôt étouffés. Sous Charles-Quint, on répéta les mêmes tentatives; mais ce ne fut que sous Philippe II, vers la moitié du seizième siècle, que l'on résolut d'effacer jusqu'aux traces de ce peuple vaincu. On publia, à cet effet, de nouvelles ordonnances, qui défendaient aux femmes leur costume, encore rapproché du moresque, qui interdisaient aux descendants des Maures de parler en arabe, de célébrer leurs fêtes, de prendre même des bains, de fermer les portes de leurs maisons, à certains jours de la semaine... Pour empêcher l'exécution de ces décrets, les Maures eurent d'abord recours à des remontrances, à des prières; le marquis de Mondejar, capitaine-général du royaume de Grenade, homme du plus grand mérite, intercéda vainement en leur faveur; le gouvernement s'obstina à faire exécuter ses ordres.

Ce fut alors qu'éclata la révolte, préparée de longue main, et qui mit en danger la monarchie espagnole, au faîte de sa puissance. Les descendants des Maures se trouvaient en très grand nombre dans plusieurs provinces, dans celle de Grenade sur-tout; ils étaient industrieux, riches, puissants; ils comptaient sur le secours des États Barbaresques, et même de l'empereur de Constantinople, avec les quels ils étaient en communication; et voyant l'Espagne engagée, à cette époque, dans des prétentions ruineuses et des guerres lointaines, ils crurent que le moment de leur délivrance, si longtemps annoncé par des prédictions et des augures, était enfin arrivé.

Tout-à-coup, comme par enchantement, on vit paraître une nation musulmane au milieu d'une nation chrétienne; la haine de deux peuples, nourrie pendant huit siècles de guerre à mort, se montra plus envenimée que jamais; et ils sentirent bien tous les deux qu'il s'agissait de leur existence.

Cet événement n'a pas eu, en général, aux yeux des étrangers, toute l'importance dont il était digne; il faut voir dans les historiens espagnols, même dans les poëtes, jusqu'à quel point cette révolte jeta l'alarme dans la nation. L'élite de l'armée accourut de toutes parts, pour étouffer le feu avant qu'il n'embrasât le royaume; les chefs les plus renommés pénétrèrent, à plusieurs reprises, dans les montagnes des Alpujarras; le roi lui-même s'approcha du théâtre de la guerre; et s'il ne marcha pas en personne contre les révoltés, comme il en fut question, il ne confia le commandement suprême de l'armée qu'à son propre frère, le célèbre don Juan d'Autriche, qui plaça la victoire sur les Morisques à côté du triomphe de Lépante.

Pour peindre assez fidèlement un sujet d'une telle gravité, la littérature espagnole offrait de grandes ressources; car elle possède deux histoires particulières de cette révolte, d'un mérite singulier, chacune dans son genre. L'ouvrage de don Diego Hurtado de Mendoza, qui lui a valu à juste titre le surnom de Salluste espagnol, suffirait à lui seul pour faire apprécier cet homme d'état célèbre, profond politique, grand historien, poëte, auquel l'Europe savante est redevable de plusieurs trésors littéraires qu'il tira de l'obscurité. Placé par sa haute naissance, ainsi que par ses qualités personnelles, à même de bien juger les hommes et les événements; frère du fameux marquis de Mondejar; possédant à fond la langue arabe, et connaissant parfaitement bien les localités, il consacra ses loisirs, dans sa retraite de Grenade, à tracer de main de maître l'histoire de cette insurrection, et il enrichit la littérature castillane d'un modèle accompli.

L'ouvrage de Luis del Marmol est loin d'avoir un mérite littéraire aussi relevé que celui de Hurtado de Mendoza; mais c'est une histoire plus complète, plus détaillée, dont l'auteur conduit le lecteur par la main, lui fait parcourir les lieux, le rend témoin de chaque événement. « J'écris, dit Marmol, la révolte et la punition des Morisques de Grenade, avec toutes les choses mémorables qui s'y rattachent; et j'ai été à même de le faire mieux que tout autre, ayant été employé, depuis le commencement jusqu'à la fin, dans l'armée de Sa Majesté.» Quand même il n'aurait pas révélé cette circonstance, on aurait aisément deviné que c'est un témoin oculaire qui parle; il ne raconte pas, en simple historien; il met sous les yeux ce qu'il a vu lui-même.

A la faveur de tels guides, il m'a été plus facile de saisir l'ensemble de ce grand événement, et d'en connaître plusieurs détails, qui m'ont servi pour donner à ma composition cette couleur locale, sans laquelle l'illusion dramatique court grand risque de se dissiper.

La circonstance même d'être né à Grenade, et d'avoir parcouru, dans ma jeunesse, une partie des Alpujarras, m'a été aussi de quelque utilité; car j'ai pu mettre à profit des traditions populaires, des souvenirs d'enfance; et j'ai fini par regarder avec une sorte d'attachement de famille, si je puis m'exprimer ainsi, un sujet si intimement lié à l'histoire de mon pays natal... ¡Qu'il est doux de se le rappeler, d'entendre répéter des noms si chers, quand on est loin de sa patrie!

Peut-être ces circonstances, étrangères au sujet, ne m'ont-elles que trop prévenu en sa faveur; mais j'ai cru y apercevoir plus d'un avantage, qui le recommandaient pour être mis sur la scène. Tel est, par exemple, celui d'offrir des caractères fortement prononcés, qui admettent, comme les décors du théâtre, d'être dessinés à grands traits. Je ne sais si je m'abuse; mais ces Morisques des Alpujarras, très avancés en civilisation, et conservant néanmoins un certain air sauvage, offrent un modèle fort original à l'imitation de l'artiste; on voit, sous les traits de l'Européen, couler le sang de l'homme d'Afrique.

Même par rapport au style, qui tient aussi intimement au sujet que l'écorce au tronc de l'arbre, cet événement historique se prêtait à merveille à une composition de ce genre. On pouvait donner au tableau un coloris bien plus saillant que n'en peuvent supporter d'autres; ce qui, loin de nuire à la vraisemblance, était au contraire un nouveau moyen de l'accroître. Les peuples du midi, même dans des situations ordinaires, empruntent souvent leur langage à l'imagination; et s'ils sont agités par des passions violentes, rendues plus impétueuses encore par une longue contrainte; si on les suppose entraînés par des sentiments aussi vifs, aussi profonds, que l'ardeur de la vengeance, l'amour de la patrie, le zèle religieux, on peut bien risquer, en les faisant parler, des expressions poétiques, des images hardies; on restera presque toujours au-dessous de la réalité.

Tout me souriait donc dans mon projet, avant d'avoir touché les difficultés que devait présenter en foule l'exécution d'un pareil ouvrage; mais je ne l'ai jamais abordé sans crainte, en songeant surtout à l'instrument indocile dont je devais me servir. Je me suis vu forcé (comme les Maures que j'ai dépeints l'étaient avant leur révolte) de parler une langue étrangère; et sous un tel joug, il est presque impossible que l'ouvrage ne se ressente souvent de la gêne qu'a éprouvée l'auteur. Pour suivre le cours d'une action dramatique, le mouvement du dialogue, la rapidité du langage, l'esprit le plus délié aurait besoin de se servir d'ailes; et moi, j'ai été obligé de marcher avec des entraves.

Cet immense désavantage m'auraît arrêté tout-à-fait, dès les premiers pas, si je n'avais beaucoup compté sur l'indulgence du public... Mon espoir n'a point été trompé. Le succès que cet ouvrage vient d'obtenir sur la scène n'a été dû, pour la plus grande partie (je me plais à le reconnaître), qu'à ma qualité d'étranger; chez un peuple si poli, la justice même aurait paru déplacée, dans une circonstance pareille; l'hospitalité est toujours bienveillante.

Je ne pourrais non plus, sans m'exposer à être accusé d'ingratitude et de présomption, passer sous silence les divers éléments qui ont concouru à la réussite de mon ouvrage: la richesse des décors et des costumes, la vérité de la mise en scène, le zéle des acteurs, le charme de la musique, y ont beaucoup contribué; les choeurs, composés par mon compatriote, M. Gomis, qui vient de donner une si grande preuve de son talent, suffiraient à eux seuls pour exciter la curiosité du public... En rendant à chacun sa part dans le succès, je ne fais que m'acquitter d'une dette.

PERSONAJES

ABEN HUMEYA, (don Fernando de Válor).

ZULEMA, (doña Leonor), su mujer.

FÁTIMA, (Elvira), su hija.

MULEY CARIME, (Miguel de Rojas), padre de Zulema.

ABEN JUHAR, tío de Aben Humeya.

ABEN ABÓ, Promotores de la rebelión.

AREN FARAX, Promotores de la rebelión.

EL ALFAQUÍ, o sacerdote de los moros.

LARA, enviado por el capitán general de Granada.

EL PARTAL, Caudillos de los sublevados.

EL DALAY, Caudillos de los sublevados.

EL XENIZ Caudillos de los sublevados.

ALIATAR, esclavo negro.

Una esclava vieja.

Un pastorcillo.

La viuda de un castellano.

Moriscos sublevados.

Soldados castellanos.

Gente del pueblo.

Pastores y zagalas.

Esclavos negros.

Mujeres y esclavas al servicio de Zulema y de Fátima.

La escena en Cádiar, en las sierras de la Alpujarra.

04

Acto I

El teatro representa una sala de arquitectura arábiga de la casa de campo de ABEN HUMEYA, en las cercanías de Cádiar; está adornada decentemente, pero con mucha sencillez, y vense en las paredes aprestos y despojos de montería. A mano derecha de los espectadores habrá una ventana, y enfrente de ella una puerta; también habrá otra en el foro, por la que se sale a una especie de azotea con vistas al campo. Hasta la escena séptima, todos los actores se presentan vestidos a la española, excepto las mujeres, que tendrán un traje bastante parecido al de las moras, con un gran velo blanco.

Escena I

ABEN HUMEYA, ZULEMA.

ABEN HUMEYA estará sentado, componiendo una ballesta. ZULEMA se levanta, deja en su silla unos bordados que tenía entre manos, y se acerca a él.

ZULEMA.- ¡No, querido Fernando; el corazón de una esposa no se engaña nunca!... De algún tiempo a esta parte, noto que estás inquieto, caviloso, acosado de tristes pensamientos... Sin duda guardas en tu pecho algún secreto grave; y lo que más temes, al parecer, es que tu Leonor llegue a descubrirlo.

ABEN HUMEYA.- ¿Y qué secreto pudiera yo ocultarte?...

ZULEMA.- No lo sé; ¡y cabalmente esa misma duda es la que aumenta mi desasosiego!... Te veo en un estado muy parecido al que me causó tantos días de pesar cuando acabábamos de unirnos en Granada; pero entonces yo misma me anticipaba a disculparte: te hallabas en la flor de la mocedad, veías oprimida a nuestra raza y la sangre real de los Aben Humeyas hervía en tus venas con sólo ver al vencedor... Ese fue, y no otro, el motivo que me estimuló a salir cuanto antes de aquella ciudad cautiva, llena de memorias amargas, que mantenían tu ánimo en un estado de tristeza y de irritación, que me puso en mucho cuidado... Después llegué a lisonjearme, te lo confieso con franqueza, de haber logrado mi objeto, desde que fijamos nuestra morada en estas sierras... Al ver que ibas recobrando la paz del alma, me sentía envanecida con mi triunfo; y si tenía que compartirlo, ¡sólo era con mi hija!... Me parecía que su presencia serenaba tu corazón; y los delirios de la ambición no perturbaban ya tu sueño...; pero, te lo repito, de algún tiempo a esta parte...

ABEN HUMEYA.- ¿Qué has notado? Dilo.

ZULEMA.- ¿Qué he notado?... ¡Todo cuanto puede afligirme!... Evitas con el mayor cuidado desahogar tu corazón conmigo; y hasta parece que temes que se encuentren nuestras miradas... Cuando mi padre, participando también de mis recelos, ha procurado tantear la herida de tu alma para procurarle algún alivio, has escuchado sus consejos con tibieza y desvío; al paso que te veo rodeado de los más díscolos de nuestras tribus, refugiados en las Alpujarras; de cuantos sufren con mayor impaciencia el yugo del cruel Felipe... ¡Guárdate, Fernando mío, guárdate de dar oídos a sus imprudentes consejos; escucha más bien la voz de tu esposa, que te pide por su amor, por nuestra hija, que no expongas una vida de que pende la tuya!

ABEN HUMEYA.- Tus temores no tienen ni el menor fundamento; y tu mismo cariño te hace ver mil riesgos que no existen sino en tu fantasía. Estoy triste, no lo niego; mi corazón está lleno de amargura... ¿Tengo acaso motivos para estar alegre?... Tú misma me despreciarías, si me vieras contento.

ZULEMA.- No, Fernando; yo no me alucino respecto de nuestra situación: sé bien los nobles sentimientos que te animan; y yo propia, así cual me ves, ¡no he nacido tampoco para ser esclava!... Pero ¿qué podemos nosotros, débiles y miserables, contra los decretos del destino?... Si hubiéramos nacido algunos años antes; si me hubiera visto siendo tu esposa cuando el trono de Boabdil aun se mantenía en pie contra todas las fuerzas de Castilla, ¿crees por ventura que hubiera yo entibiado tu aliento, detenido tu brazo?... Pero cuando la ruina de nuestra patria se ve ya consumada; cuando no queda arbitrio, recurso ni esperanza...

ABEN HUMEYA.- ¡Debo yo estar alegre!

ZULEMA.- (Después de una breve pausa.) ¿Y de qué sirve atormentarte con ese torcedor?... Aun en medio de tantas desdichas, no te faltan motivos de consuelo: ves correr tus días en el seno de tu familia, vives en la tierra de tu predilección, esperas mezclar tus cenizas con las cenizas de tus padres... A veces suelo, cuando me hallo más decaída de ánimo, trepar hasta la cumbre de estas sierras, y desde allí me parece que diviso a lo lejos las costas de África... ¿Creerás lo que me sucede?... como que siento entonces aliviarse el peso que oprimía mi corazón, y me vuelvo más tranquila, comparando nuestra suerte con la de tantos infelices, arrojados de su patria y sin esperanza de volverla a ver en la vida... ¡Esos sí que son dignos de lástima!

ABEN HUMEYA.- (Levantándose de pronto.) No son tan afortunados como nosotros.

ZULEMA.- Pero ¿de dónde proviene esa agitación, que intentas en vano ocultarme?...

ABEN HUMEYA.- ¿Yo? Estoy tranquilo... ¿No lo ves?...

ZULEMA.- ¡Ah! esa misma tranquilidad es la que me hace estremecer.

ABEN HUMEYA.- Sí, estoy tranquilo; y sin embargo, veo el trono de mis mayores hollado por el insolente español, nuestras mezquitas convertidas en polvo, nuestras familias esclavas o proscritas... ¿Qué más quieren de mí?... Yo propio, indigno de mi estirpe, blanco de la ira del cielo y del menosprecio de los hombres... ¿Qué digo?...; ¡ni aun puedo volver los ojos sobre mí, sin sentirme cubierto de vergüenza!

ZULEMA.- Sosiégate, Fernando...

ABEN HUMEYA.- Muy desgraciados son, haces bien en compadecerlos; muy desgraciados son los que pueden todavía, a gritos y a la faz del cielo, aclamar el nombre de su patria y maldecir a sus verdugos; los que adoran al Dios de sus padres; los que conservan sus leyes, sus usos, sus costumbres... ¡Cuánto no deben envidiar nuestra dicha!... ¡Nosotros vivimos con sosiego bajo el látigo de nuestros amos, adoramos su Dios, llevamos su librea, hablamos su lengua, enseñamos a nuestros hijos a maldecir la raza de sus padres!...; pero ¿por qué te has inmutado?

ZULEMA.- ¡Si te oyese alguien!...

ABEN HUMEYA.- Tienes razón; se me había olvidado: los viernes no nos permiten nuestros amos ni aun cerrar nuestras puertas... ¡Quieren acechar hasta los votos que dirigimos al cielo en este día, consagrado por nuestros padres...; han menester, para saciar su rabia, escuchar los ayes de las víctimas!

ZULEMA.- Por Dios, Fernando, aguarda un instante; al punto vuelvo...

(Va a cerrar la puerta, a tiempo que entra FÁTIMA, turbada y sin aliento, y se arroja en los brazos de su madre; trae un velo en la mano.)

Escena II

ABEN HUMEYA, ZULEMA, FÁTIMA.

FÁTIMA.- ¡Madre mía!...

ZULEMA.- ¿Qué es eso?

ABEN HUMEYA.- ¡Elvira!

ZULEMA.- Habla, hija, explícate... ¿Por qué vienes tan azorada?...

FÁTIMA.- Ya nada temo... me hallo en vuestros brazos.

ZULEMA.- Pero ¿qué te ha sucedido? ¿No ibas con tus esclavas?

FÁTIMA.- Sí, madre mía; con ellas salí esta tarde para ir a ver la fiesta de Cádiar...; mi querida Isabel venía también conmigo, y su hermana nos seguía de cerca... ¡íbamos tan contentas, tan alegres!... Casi estábamos ya a las puertas del pueblo, cuando me dio un vuelco el corazón al divisar soldados castellanos...

ABEN HUMEYA.- ¡Siempre, siempre castellanos!

FÁTIMA.- Íbamos a pasar junto a ellos con los ojos clavados en el suelo, y ya nos estrechábamos las tres para salvar al mismo tiempo las puertas, cuando oímos de pronto un grito, y vimos a los soldados abalanzarse y arrancarnos los velos que nos cubrían el rostro.

ABEN HUMEYA.- ¡Eso han hecho, hija mía!

ZULEMA.- Escucha, Fernando, siquiera...

FÁTIMA.- Yo desprendí al punto mi velo, viéndoles desgarrar el de Isabel, que cayó medio muerta del susto...

ZULEMA.- ¿Y qué ha sido de ella?... ¿Cómo te salvaste tú sola?...

FÁTIMA.- Ni aun yo misma lo sé... ¡estaba tan turbada!... Por fortuna vi venir a mi abuelo, que acudió a nuestro socorro... Le he dejado en medio de los soldados; acababan de pregonar un nuevo bando; no se oían más que ayes y murmullo... Ni aun la cara me atreví a volver, creyendo ver a los soldados seguirme y alcanzarme... ¡Nunca más en mi vida me volveré a apartar de mi madre!

ZULEMA.- Sí, prenda de mi alma..., pero ve y da un, beso a tu padre... ¡No estaré con sosiego hasta que te vea en sus brazos!

FÁTIMA.- (Al dar un beso a ABEN HUMEYA.) ¡Estáis también temblando!

ABEN HUMEYA.- ¡No, hija, no..., los hombres no tiemblan jamás!

ZULEMA.- ¡Así callas, Fernando, y recibes con tanta tibieza las caricias de tu Elvira!

ABEN HUMEYA.- (Besándola en la frente.) Al contrario... mira como la beso.

FÁTIMA.- Ya todo se me pasó; no hay para qué afligiros...; estoy viendo que se os saltan las lágrimas...

ZULEMA.- ¡Llora!... ¡Perdidos somos!

Escena III

ABEN HUMEYA, ZULEMA, FÁTIMA, MULEY CARIME.

MULEY CARIME.- Hijos míos, llegó el día de prueba, y es necesario desbaratar, a fuerza de prudencia, las tramas de nuestros enemigos.

ZULEMA.- ¿Qué nueva calamidad nos amenaza?

MULEY CARIME.- Ya sabréis lo que ha pasado con nuestra Elvira... El cielo mismo me condujo a Cádiar cuando acababan de publicar un nuevo edicto contra nuestra nación. Quieren borrar con el hierro hasta el rastro de nuestro origen; nos prohíben el uso de nuestra habla materna, los cantares de nuestra niñez, hasta los velos que cubren el pudor de nuestras esposas e hijas... No queda ni asomo de duda: su intención es apurar nuestra paciencia, para tener ocasión de agravar más su yugo... ¡El cielo nos libre de caer en semejante lazo!

ZULEMA.- ¡Dios de clemencia, escucha la voz de mi padre!

MULEY CARIME.- Mi presencia en aquel punto, me atrevo a decirlo, no ha dejado de ser de provecho... Advertí que se reunían grupos de gente en los contornos de la plaza... Reinaba en ella un profundo silencio..., todos se apartaban con ceño airado al acercarse los castellanos..., ni una sola ventana estaba abierta. Temí entonces que algún grito imprudente, alguna muestra de descontento y odio provocase el furor de la soldadesca y atrajese al pueblo mil desastres... ¡Al punto me aboqué con nuestros amigos; les pedí por cuanto aman en el mundo que se volviesen a sus casas, y que sobrellevasen con resignación las nuevas plagas con que Dios nos anuncia su ira!...

ZULEMA.- (A ABEN HUMEYA.) Ni siquiera dices una palabra...

ABEN HUMEYA.- (Está sentado, como pensativo, y contesta con frialdad.) Estoy escuchando.

MULEY CARIME.- ¡Cuánto me alegré de que no te hallases en medio del bullicio!... A cada instante temía encontrarte en aquel tropel, y sobre todo lo temí al ver a nuestra Elvira, que iba huyendo con otras muchachas de la tropelía de los soldados...

FÁTIMA.- (A MULEY CARIME.) ¡Qué gesto tan terrible tenían!...

MULEY CARIME.- Yo me puse de por medio, para atajar sus pasos... «No iréis más allá, sin barrer antes el suelo con mis honradas canas...» Les dije estas palabras con acento tan firme, tan resuelto, que al punto se pararon... ¡No se atrevieron a hollar a un anciano, que acudía al socorro de unas inocentes!

Escena IV

ABEN HUMEYA, ZULEMA, FÁTIMA, MULEY CARIME, ABEN FARAX.

ABEN FARAX.- ¿Lo estáis viendo?... Nuestros recelos no llegaban ni con mucho a la realidad. Aun no conocíamos a fondo a nuestros tiranos; con nuestra baja sumisión hemos acrecentado su avilantez, y en el desvanecimiento de su triunfo, ¡hasta privarnos quieren del aire mismo que respiramos!

ZULEMA.- Por compasión siquiera... ¡mira que tiene mujer, que tiene hijos!...

ABEN FARAX.- También tengo yo mujer, también tengo hijos; pero antes que deshonrados, prefiero verlos muertos. Aun no era bastante tolerar tanto vilipendio y ultraje, ver nuestras personas y bienes pendientes de su antojo; se atreven a mirar con ojos licenciosos a nuestras esposas e hijas... ¿Hay algo en el mundo que respeten ellos?

MULEY CARIME.- ¿Y crees que el mejor medio de evitar tantos males es soltar la rienda a la ira?... Eso es lo que desean nuestros enemigos.

ABEN FARAX.- ¡Nos han hecho ya tan infelices, que nada tenemos que temer!

MULEY CARIME.- Ayer... ¿qué digo?... hoy mismo, creíamos que nuestras desgracias habían llegado a su colmo... Buen cuidado han tenido ellos de desengañarnos.

ABEN FARAX.- ¿Y qué les queda ya por hacer?... Acaban de agotar hasta los recursos de su odio. Prepáranse a penetrar en nuestras casas; van a contar, en el seno mismo de nuestras esposas, el número de nuestros hijos, o por mejor decir, de sus esclavos; aun corren voces de que intentan arrebatárnoslos y llevarlos al corazón de Castilla...

FÁTIMA.- (Cogiendo la mano de su padre.) ¡Eso no!... ¿Quién en el mundo podrá arrancarme de vuestros brazos?...

Escena V

ABEN HUMEYA, ZULEMA, FÁTIMA, MULEY CARIME, ABEN FARAX, ABEN ABÓ, EL PARTAL y otros caudillos.

ABEN ABÓ.- (Al entrar.) Hijo de Aben Humeya, ¿sabes ya tu afrenta?

ABEN HUMEYA.- Acabo de saberla.

ABEN ABÓ.- ¿Y todavía estás indeciso?

ABEN HUMEYA.- Aun no es tarde...

ABEN ABÓ.- ¡Aun no es tarde!... Si hubiéramos levantado el brazo de venganza antes de recibir las postreras injurias; si no hubiésemos contenido, por una culpable flaqueza, el alzamiento de cien tribus, prontas a sacudir el yugo de nuestros tiranos, ¿hubieran éstos llevado a tal extremo su opresión y sus demasías?... ¡No por cierto; antes bien hubieran disfrazado su miedo con capa de benignidad; no habrían sacrificado tantas víctimas, ni osado sepultar en un calabozo al descendiente de nuestros reyes!

ABEN HUMEYA.- ¿Qué dices?

ABEN ABÓ.- Pues ¿ignoras la desgracia de tu padre?

ABEN HUMEYA.- ¡De mi padre!

ABEN ABÓ.- Sí, Aben Humeya, sí; ya está cargado de cadenas, y no aguarda sino la muerte.

ABEN HUMEYA.- (En un arranque de cólera.) Se acabó. ¡Sangre, amigos, sangre!... Estoy de ella sediento.

ZULEMA.- ¡Esposo mío!

MULEY CARIME.- ¡Fernando!...

ABEN HUMEYA.- Dejadme... dejadme todos...

ZULEMA.- Mira a tu hija, cómo se echa a los pies de su padre...

ABEN HUMEYA.- ¡De su padre!... También tengo yo el mío... también le tengo, y voy a vengarle.

MULEY CARIME.- Pero deja que a lo menos sepamos de cierto...

ABEN ABÓ.- ¡Ah! demasiado cierto que es... El valiente Alí Gomel acaba de llegar de Granada, de donde destierran del modo más cruel un gran número de nuestras familias; las arrojan, so pena de muerte, de sus pobres hogares; las entregan a la miseria, las impelen a la desesperación y a los delitos, para tener pretextos de castigarlas... Tres días ha que ha salido de la ciudad el marqués de Mondéjar al frente de sus tropas; y va a penetrar en estas sierras, para asegurar el cumplimiento de esos decretos bárbaros... Le prescriben esta sola respuesta: «Los moriscos están a nuestros pies... o ya no existen.»

ABEN FARAX.- ¿Qué aguardamos, pues, qué aguardamos para dar a nuestros hermanos la señal, que ha tantos años nos demandan?... (Clavando los ojos en ABEN HUMEYA.) ¿Habremos menester, para que nuestro valor se reanime, que la sangre de nuestros padres haya teñido ya el cadalso?

ABEN HUMEYA.- ¡No, amigos, no; el día de la venganza nos está ya alumbrando!

ZULEMA.- ¡Desdichada Leonor, todo se acabó para ti!

MULEY CARIME.- ¡Hija!...

ZULEMA.- ¡Ven, Elvira, ven... ya no le queda a tu madre más consuelo que tú!

MULEY CARIME.- Apenas puedes mantenerte en pie... tranquilízate, mi querida Leonor... ¡El brazo de Dios nos servirá de escudo!

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