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Travaux publics et constructions civiles

Exposition universelle de 1867 à Paris. Jury international · 1868 · Scanned text · Free in the US

139,645 words · about 9 h 47 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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About this book

Author
Exposition universelle de 1867 à Paris. Jury international
Language
French
Published
1868
Length
139,645 words · about 9 h 47 min
Sections
63 reader sections
Text
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Rights
Public domain in the United States · PD-US by publication date

 

Contents (63)
  1. Front matter about 5 min
  2. Chapitre I. Propriétés Générales about 27 min
  3. Chapitre III. Matériaux Artificiels about 5 min
  4. IV Substances Trouvées about 42 min
  5. Chapitre I. Matériel Des Chantiers about 21 min
  6. Chapitre III. Serrurerie Appliquée Aux Batiments about 6 min
  7. Chapitre IV. Couverture Et Plomberie about 7 min
  8. Chapitre V. Vitrerie Des Batiments about 1 min
  9. Chapitre VI. Serrurerie Fine, Coffres-forts, Serrures, Quincaillerie about 17 min
  10. Chapitre I. Routes about 9 min
  11. Chapitre II. Ponts Et Viaducs En Maçonnerie about 13 min
  12. Chapitre III. Ponts Et Viaducs Métalliques about 35 min
  13. Chapitre IV. Navigation Intérieure about 23 min
  14. Chapitre V. Fondations, Operations Diverses about 14 min
  15. Chapitre VI. Résumé about 21 min
  16. VI about 18 min
  17. Chapitre I. Travaux Relatifs A L’alimentation En Eau Des Villes about 53 min
  18. Chapitre III. Travaux D’égouts Et De Drainage about 12 min
  19. Chapitre IV. Chaussées Et Matériel Servant A Leur Entretien about 25 min
  20. Chapitre I. Considérations Générales about 5 min
  21. Chapitre II. Dispositions D’ensemble Des Ports about 9 min
  22. Chapitre IV. Divers Procédés D’execution De Travaux Sous-marins about 12 min
  23. Chapitre V. Grandes Écluses Et Formes De Radoub about 5 min
  24. Chapitre VI. Désengorgement Des Ports about 6 min
  25. Chapitre VIII. Conservation Des Matériaux De Construction Dans L’eau De Mer about 3 min
  26. Chapitre 1. Considérations Generales about 1 min
  27. Chapitre II. Travaux Hydrauliques Des Arsenaux about 3 min
  28. Chapitre III. Batiments Civils Des Arsenaux about 9 min
  29. Chapitre IV. Usines De La Marine about 3 min
  30. Chapitre VI. Résumé Et Conclusion about 2 min
  31. Chapitre I. Observations Générales about 24 min
  32. Chapitre II. Appareils D’éclairage about 10 min
  33. Chapitre III. Modes De Production De La Lumière about 3 min
  34. Chapitre IV. Construction Des Édifices about 39 min
  35. Chapitre I. Service Mécanique about 50 min
  36. Chapitre II. Service Hydraulique about 37 min
  37. Table Des Matieres about 1 min
  38. Chapitre III. Serrurerie Appliquée Aux Batiments under 1 min
  39. Chapitre IV. Couverture Et Plomberie under 1 min
  40. Chapitre VI. Serrurerie Fine, Coffres-forts, Serrures, Quincaillerie about 1 min
  41. Chapitre VII. Carrelages, Revêtements, Peinture Et Gypserie under 1 min
  42. CHAPITRE I. Routes under 1 min
  43. Chapitre II. Ponts Et Viaducs En Maçonnerie about 1 min
  44. Chapitre III. Ponts Et Yiaducs Métalliques about 1 min
  45. Chapitre IV about 1 min
  46. Chapitre V about 1 min
  47. Chapitre VI. Résumé about 1 min
  48. Chapitre I. Travaux Relatifs A L’alimentation En Eau Des Villes about 1 min
  49. Chapitre II about 1 min
  50. Chapitre III. Travaux D’égouts Et De Drainage under 1 min
  51. Chapitre IV. Chaussées Et Matériel Servant A Leur Entretien under 1 min
  52. VIII about 1 min
  53. Chapitre IV under 1 min
  54. Chapitre III. Batiments Civils Des Arsenaux under 1 min
  55. CHAPITRE I. Observations générales . 315 under 1 min
  56. Chapitre II. Principaux Ouvrages Exposés under 1 min
  57. Chapitre III. Comparaison Des Divers Systèmes Des Ouvrages Exposés under 1 min
  58. Chapitre II. Appareils D’éclairage under 1 min
  59. XIV Matériel Et Procedes De Pisciculture Fluviale under 1 min
  60. XV about 1 min
  61. Chapitre I. Service Mécanique about 1 min
  62. Chapitre II. Service Hydraulique under 1 min
  63. XVII under 1 min

Continue:

Front matter

EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1867

TRAVAUX PUBLICS

ET

Chapitre I. Propriétés Générales

§ 1 . — Résistance des matériaux de construction.

La résistance des matériaux de construction est une donnée de la plus haute importance pour tous les constructeurs ; il est donc nécessaire de faire connaître les recherches dont elle a été l’objet.

Citons en première ligne celles qui sont dues à M. le capi¬ taine Fowke, officier du génie anglais, enlevé par une mort prématurée (1). Ces recherches, qui se proposaient l’étude des bois, ont porté sur de nombreuses collections réunies par ses soins pendant les Expositions antérieures, particulièrement en 1855 et en 1862. Plus de 3,000 échantillons ont été essayés par M. Fowke. Il a déterminé d’abord leur pesanteur spécifique, puis leur résistance à la rupture et leur flexion lorsqu’ils étaient soumis à un effort transverse ; ensuite il a mesuré leur résistance à l’écrasement en les comprimant tantôt dans le

(l) Tables of the results of a sériés of experiments on the slrength of British colonial and other woods made at the South Kensington Muséum, by C. Fowke. R. E.

sens (les fibres, tantôt perpendiculairement aux fibres ; enfin il a encore mesuré leur élasticité.

Les fortes pressions qu’il fallait exercer s’obtenaient à l’aide d’une petite presse hydraulique qui sortait des ateliers de MM. llayward Tyler. La manœuvre en était très-facile et elle donnait des résultats qui étaient précis et toujours bien com¬ parables. Cette presse portait deux cadrans dont le premier servait à indiquer la pression supportée par la pièce de bois, tandis que le second marquait, pour chaque demi-tonne, la flexion exprimée en millièmes de pouce.

Les bois expérimentés par M. le capitaine Fowke provenaient de presque toutes les parties du monde, de Hongrie, d’Autri¬ che, de Russie , mais particulièrement des colonies anglaises, telles que l’Inde, la Guyane, la Trinité, la Jamaïque, l’Etat de Liberia, la Tasmanie et surtout l’Australie. Les résultats obte¬ nus forment à eux seuls un volume ; ils accusent des diffé¬ rences très-grandes entre la densité et la résistance des bois, montrant bien l’avantage qu’il y aurait à utiliser beaucoup de ceux que fournissent les colonies. Toutes les personnes qui se sont occupées d’expériences sur la résistance des matériaux, et nous sommes du nombre, pourront apprécier facilement combien les travaux de M. le capitaine Fowke ont réclamé de temps, de soins et de persévérance. L’examen comparatif de ses tableaux témoigne d’ailleurs de l’utilité et de l’intérêt de pareilles recherches.

M. Michelot, ingénieur en chef des ponts et chaussées, a fait aussi un très-grand nombre d’expériences sur la résistance à l’écrasement des pierres servant dans les constructions ; nous donnerons ici les résultats obtenus pour celles qui ont surtout été employées dans le nouvel Opéra.

NATURE ET PROVENANCE.

POIDS

du

mètre cube.

POIDS

supporté

par

centimètre carré lors

de l’écrasement.

Jaspe du mont Blanc, carrière de Saint- Gervais (Haute-Savoie) .

Porphyre granitoïde brun, du bois de Vauban, commune de Bazoches (Nièvre)..

2,585

1,487

Porphyre vert (Mélaphyre) de Ternuay (Haute-Saône) .

2,855

1,111

Porphyre granitoïde rouge, du bois de Planoïse, commune d’Autun .

2,585

1,080

Granit porphyroïde des bois de Saint- Martin du Puy (Nièvre) .

2,567

1,077

Granit micacé, commune de Lormes (Nièvre) .

2,694

1,077

Syénite d’un rouge corail, du haut du Them, à Servance (Haute-Saône) .

2,654

Syénite, dite feuille-morte, du Menil, commune de Servance (Haute-Saône).

2,685

Granit porphyroïde du mont Cornu, com¬ mune de Servance (Haute-Saône) .

2,643

Marbre sanguin, de Sampans (Jura) ....

2,637

1,076

Marbre violacé, de Sampans (Jura) .

2,663

Pierre de Damparis, dite de Saint-Ylie, carrière de l’Abbaye, banc de fond (Jura) .

2,683

Pierre de Damparis, dite de Saint-Ylie, carrière du Canal, banc jaspé (Jura).

2,668

752 ;

Échaillon (pierre dite de 1’), carrière de Revon, commune de la Rivière (Isère).

2,726

Échaillon blanc, carrière de l’Échaillon, commune de Saint-Quentin (Isère) _

2,529

781 ?

Échaillon (marbre jaune clair, dit roche de 1’), carrière de Lignet .

2,686

Échaillon rose, carrière de l’Échaillon..

2,472

Pierre de Damparis, dite de Saint-Ylie, carrière Rouge (Jura) . . . .

2,553

Pierre de Damparis, dite de Saint-Ylie, carrière de l’Abbaye, banc blanc .

2,583

Pierre d’Anstrude (Yonne) .

2,261

Pierre tendre, du Larrys de la Guiche, commune de Cry (Yonne) .

2,161

Pierre tendre, du Larrys delà Guiche, com¬ mune de Cry, bas de la carrière (Yonne).

2,171

Pierre de Ravières ; milieu (Yonne) .

2,157

— haut (Yonne) .

2,124

— bas (Yonne) .

2,121

2,130

MATÉRIAUX UE CONSTRUCTION.

Tous les matériaux de construction de l’Opéra ont été choi¬ sis avec beaucoup de soin, comme le prouve le chiffre élevé de leur résistance a l’écrasement. Dans les jaspes de Saint- Gervais , qui ont servi à faire des colonnes , elle est excep¬ tionnelle. Dans les porphyres, elle est aussi très-grande, supé¬ rieure même à celle des granits et des syénites, ce qui tient à ce que ces dernières roches ont une structure plus grenue et plus cristalline. Certains calcaires très-compactes, comme les marbres de Sampans , de Saint-Ylie et de l’Échaillon, peu¬ vent d’ailleurs offrir une résistance qui est, non-seulement égale, mais même plus grande que celle des granits.

Les matériaux qui ont été employés à la construction de l’Opéra sont extrêmement variés, et ceux qui ont servi à sa décoration le sont encore bien davantage. C’est qu’en effet, depuis l’établissement de notre réseau de chemins de fer, les architectes de Paris ont renoncé à l’emploi exclusif du cal¬ caire grossier qui, malgré ses avantages, est une pierre de qua¬ lité médiocre et résiste souvent mal à l’action de l’air, comme l’atteste la dégradation de plusieurs de nos monuments. Rom¬ pant avec des habitudes séculaires, ils ont cessé de prendre exclusivement leurs matériaux dans les environs de Paris ; et, dès à présent, presque toutes les parties de la France sont mises à contribution. Des matériaux de choix sont surtout em¬ pruntés aux terrains jurassiques, qui les renferment en quan¬ tités inépuisables ; et Paris tire maintenant une partie de ses pierres de construction des carrières de la Champagne, de la Lorraine, de la Bourgogne, de la Franche-Comté, et même du Poitou et du Dauphiné.

§ 2„ — Coloration des matériaux de construction.

Les joailliers ont souvent recours à des réactifs pour donner aux agates et à diverses pierres précieuses des couleurs plus belles que celles qu’elles présentent dans la nature. En trai-

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION.

tant de la même manière les pierres employées comme maté¬ riaux de construction, M. F. Kuhlmann a constaté, par de nombreuses expériences, qu’il serait possible également de faire varier leurs couleurs.

Lorsque le brai, par exemple, est chauffé avec des matières minérales, il pénètre dans leurs fissures et jusque dans leurs pores, en sorte qu’il leur donne des couleurs plus ou moins sombres. Si l’on opère à une haute température, le brai peut agir comme désoxydant ; c’est particulièrement ce qui a lien pour l’oxyde de fer, qui se rencontre si fréquemment dans les roches, dans lesquelles il passe alors à l’état d’oxyde noir , en modifiant leur couleur et leur aspect physique. Ces effets de désoxydation sont surtout faciles à reconnaître sur les marbres qui contiennent du carbonate ou de l’oxyde de fer, comme la griotte, l’onyx et le portor.

D’un autre côté, M. Kuhlmann a également métamorphosé la couleur des marbres et des agates en les soumettant à des agents oxydants, tels que le nitrate de soude et le bichromate de potasse : ainsi, avec le nitrate de soude, le marbre de Sienne passe de la couleur jaune à un rose veiné de rouge.

CHAPITRE IL

MATÉRIAUX NATURELS.

Les matériaux naturels comprennent une grande variété de roches qui sont employées tantôt à la construction, tantôt à la décoration. Ces roches peuvent être siliceuses comme les grès, les meulières, ou bien silicatées comme les granits, les por¬ phyres, les trachytes, les serpentines, les ardoises ; toutefois, le plus souvent elles sont calcaires. Nous mentionnerons seu¬ lement celles qui offrent quelque intérêt par leur nouveauté ou par des qualités exceptionnelles.

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION.

g 1. — Pierres dures.

Les ruines des monuments de l’antiquité nous montrent la grande importance qu’avait autrefois le travail des pierres dures, et l’infériorité dans laquelle nous sommes restés sous ce rapport à l’égard des anciens. Dans ces dernières années cependant, des progrès notables ont été accomplis, et il semble que le goût se réveille en faveur des œuvres d’art, qui, bra¬ vant impunément les siècles, peuvent être léguées intactes à la postérité la plus reculée. Si nous n’avons plus le travail des esclaves qui nous permette d’édifier des monuments en pierre dure, comme ceux que nous ont laissés les Egyptiens, les Grecs et les Romains, le progrès de la mécanique et la facilité des voies de communication ont contribué à rendre quelque vitalilé à cette industrie.

Parmi les pierres dures travaillées en France, il convient de citer les syénites, les granits et les porphyres des Vosges, le mélaphyre vert de Ternuay, les granits et les protogynes du mont Blanc. Les usines de M. Colin, à Épinal, et de M. Varel, à Servance, sont en mesure de livrer de beaux produits. A Paris, M. Hermann obtient, à l’aide de la taille au diamant noir, des objets d’art d’une grande élégance; mais, malheu¬ reusement, leur vente se trouve entravée par des prix presque inaccessibles.

En Écosse et dans le comté de Cornouailles, les granits sont aussi tournés et polis avec une grande perfection ; de plus leur usage se répand à Londres. Le porphyre d’Elfdalen, en Suède, est toujours employé à fabriquer des colonnes, des vases et divers objets d’ameublement ou d’architecture; son exploitation s’est cependant ralentie. A Weissenstadt, dans le Fichtelgebirge, on exploite une diorite porpliyroïde d’une cou¬ leur verte foncée qui était représentée par deux vasques se trouvant à l’exposition de la Bavière; mais les produits les plus remarquables sortent des fabriques impériales de la Russie. Indépendamment de ce qu’ils sont travaillés avec soin,

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION.

ils doivent surtout leur supériorité à la rareté des matières premières qui sont mises en œuvre. Signalons particulière¬ ment divers porphyres, les jaspes de l’Oural, le rhodonite ou bisilicate de manganèse, que l’Exposition montrait en pièces d’une grandeur jusqu’alors inconnue. La marbrerie impériale de Tiflis avait également envoyé quelques objets façonnés avec une obsidienne qui paraissait pour la première fois; elle est noire-grisâtre, caractérisée par des reflets blancs et chatoyants qui, sous ce rapport, la font ressembler à certaines opales. Elle trouvera des applications dans l’ameublement et mieux encore dans la bijouterie.

Jaspes de Saint-Gervais. — Étudions particulièrement les jaspes de Saint-Gervais, près du mont Blanc, auxquels s’at¬ tache l’intérêt de la nouveauté et qui, par leur beauté, mé¬ ritent une mention toute spéciale. Leur gisement est sur la rive droite du Bonnant, route du Fayet à Saint-Gervais, dans la Haute-Savoie ; ils s’y trouvent en quantité pour ainsi dire indéfinie, et de plus en blocs de toutes les dimensions. On peut d’ailleurs les exploiter facilement et à ciel ouvert.

D’après des recherches récentes de M. Lory, ces jaspes pro¬ viennent d’un métamorphisme subi par une couche de grès appartenant à l’étage du trias . Ils paraissent reposer sur des schistes cristallins, et, au-dessus d’eux, l’on rencontre suc¬ cessivement un grès feldspathique (arkose), puis des dolomies. Leur état originaire était celai de grès quartzeux, plus ou moins mélangé de mica gris ou verdâtre ; ensuite ils ont été tra¬ versés par des sources minérales qui les ont imprégnés de si¬ lice et d’oxyde de fer produisant les veines de jaspe. Ultérieu¬ rement leurs retraits ont été remplis par des carbonates mixtes de chaux , de magnésie et de fer, qui forment un ciment spathique, blanc, ayant l’inconvénient de brunir et de s’altérer par l’action de l’air. Leur structure, qui est à la fois jaspée et brèchiforme, leur donne un aspect exceptionnel et très-re¬ marquable. Ils présentent d’abord des couleurs variées d’une

MATERIAUX DE CONSTRUCTION.

manière très-capricieuse, parmi lesquelles domine habituelle¬ ment le rouge de sang. Le rose, le vert, le gris s’y montrent également. Du quartz blanc y forme, soit des veines irrégulières, soit des taches panachées. La variété rouge de ce jaspe est trèsdure et prend un beau poli ; c’est un jaspe composé de silice co¬ lorée par de l’oxvde de fer. Mais la variété grise contient plus spécialement des carbonates, en sorte qu’elle s’use d’une ma¬ nière un peu inégale par le poli et que les parties quartzeuses y forment de légères saillies. Les taches blanches panachées sont produites par des filons quartzeux qui imprègnent intimement la roche, et, dans leur centre, il y a quelquefois de la baryte sulfatée. Des veinules de sulfures métalliques peuvent même s’observer accidentellement. La présence de carbonates et de baryte sulfatée dans les jaspes de Saint-Gervais tend à donner quelque inégalité. à leur poli ainsi qu’à leur travail; et, d’un autre côté, comme leurs parties tendres sont susceptibles de s’altérer par les intempéries de l’atmosphère, il serait bon de les employer seulement pour la décoration intérieure.

Quant à leur prix de revient , il est actuellement de 1,500 francs sur la carrière et s’élève à 2,000 francs pour le mètre cube rendu à Paris. Le mètre cube en tranches ne dé¬ passe pas 100 francs et l’on estime qu’il atteint 200 francs, c’est-à-dire qu’il double de valeur par le polissage. Toutefois, lorsque l’exploitation aura reçu les développements que l’on a projetés, ces prix subiront des réductions très-notables.

Les jaspes de Saint-Gervais étaient représentés à l’Exposi¬ tion par deux colonnes magnifiques qui se trouvaient à l’entrée de la serre des plantes équatoriales. Des colonnes semblables ont été employées dans le nouvel Opéra de Paris ; mais il est à regretter qu’elles soient placées sur le péristyle extérieur ; car les carbonates qui les imprègnent les exposent aux dégra¬ dations de l’atmosphère. Du reste les jaspes de Saint-Gervais seraient facilement utilisés dans les ameublements, à l’état de plaques polies, de socles de pendules ; ils pourraient servir à fabriquer des objets d’art. En effet aucune roche ne revêt des

2**

MATERIAUX DE CONSTRUCTION.

couleurs plus riches et ne prend plus d’éclat sous le poli ; au¬ cune ne convient mieux à la décoration des palais et des monuments.

§ 2. — Marbres.

Lorsqu’un calcaire est compacte et susceptible de rece¬ voir le poli , lorsqu’il présente des couleurs vives et des dessins d’un aspect agréable, lorsque, en outre, il se laisse exploiter en dalles qui sont bien exemptes de fissures , il peut être employé comme marbre. L’on conçoit d’après cela que les marbres soient assez communs dans la nature et qu’ils se ren¬ contrent, pour ainsi dire, dans tous les pays. Tel est, en effet, l’enseignement qui ressort de l’examen des marbres de l’Ex¬ position Universelle de 1867. Non-seulement ils se montrent en collections très-nombreuses, mais encore ils proviennent des contrées les plus diverses et de celles dont l’exploration est la plus récente : l’Australie, le Canada, l’Amérique en of¬ frent même qui rivalisent avec ceux de l’ancien monde. Généralement, l’on en rencontre beaucoup dans les pays de montagnes, et particulièrement dans ceux qui sont occupés par les terrains métamorphiques, gisement le plus habituel des calcaires cristallins.

Toutefois, bien que les échantillons propres à figurer dans une collection soient innombrables, c’est seulement dans des circonstances exceptionnelles qu’on trouve des marbres réu¬ nissant la richesse de tons et les qualités qui les font recher¬ cher par les constructeurs ; il est rare aussi qu’ils forment des gîtes puissants, d’une exploitation et d’un accès faciles, situés en outre à proximité de la mer ou de grandes voies de com¬ munication. Si l’on considère, par exemple, le marbre blanc statuaire, l’on reconnaît que malgré l’abondance dans la nature des calcaires blancs et saccharoïdes , le gisement de Carrare est jusqu’à présent unique, et conserve, depuis les Romains, le privilège de pourvoir presque seul à la consommation du monde entier.

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION.

Il faut dire aussi que les marbres exploités par les anciens sont naturellement plus connus et, par suite, plus recherchés que les nouveaux; leur emploi dans les monuments de l’anti¬ quité leur constituant, en quelque sorte, des titres de no¬ blesse.

La France possède quelques marbres à couleurs vives et harmonieuses qui jouissent d’une grande notoriété et ne se retrouvent pas dans d’autres gisements. Tels sont certains marbres des Vosges, des Alpes et surtout des Pyrénées. D’au¬ tres, tels que ceux de Boulogne, de Château-Landon etdu Jura, sont au contraire remarquables par leur compacité, leur ré¬ sistance à l’écrasement et leurs bonnes qualités comme maté¬ riaux de construction. Ces derniers sont exploités régulière¬ ment et sur une grande échelle, en sorte qu’ils peuvent être livrés à des prix très-bas. Quant aux marbres de luxe, ils don¬ nent généralement lieu à une extraction intermittente, et leurs prix sont, par cela même, beaucoup plus élevés.

Le défaut d’entretien des chemins et des carrières peut même conduire à l’abandon complet des marbres les plus re¬ nommés; c’est malheureusement ce qui vient de se produire pour un marbre classique et en quelque sorte national, auquel le palais de Versailles doit une partie de sa splendeur, le mar¬ bre de Campan. Le mètre cube brut rendu à Paris dépassant 1,200 francs, la marbrerie n’a plus avantage à l’employer; aussi M. Geruzet, qui dirige le grand atelier de Bagnères-de- Bigorre, a-t-il suspendu son exploitation de Campan jusqu’à ce que la construction d’un monument permette de la reprendre.

La griotte de Caunes, le grand incarnat et les marbres qui les accompagnent dans le terrain dévonien du département de l’Aude, sont, au contraire, exploités dans de bonnes con¬ ditions et avec une activité croissante, grâce à une entente des propriétaires des carrières, qui ont réuni leurs efforts, après s’êlre fait une concurrence ruineuse, grâce surtout aux facilités que les chemins de fer donnent actuellement pour la vente. Avant l’établissement des chemins de fer, ces marbres

MATERIAUX DE CONSTRUCTION.

étaient à peu près limités aux. départements voisins ; ils ne s’employaient à Paris que pour les travaux de luxe et ils y revenaient alors à 1,500 francs. Mais, à mesure que le réseau de nos chemins de fer s’est complété, leur prix a diminué suc¬ cessivement et a fini par se réduire à 350 francs. Il en ré¬ sulte que, pour le marbre rouge incarnat, par exemple, la quantité qu’on exploite, en 1866, est cinq fois plus grande qu’en 1855; de plus ce beau marbre, qui était d’abord ré¬ servé pour les palais, les églises et les monuments, est consa¬ cré maintenant à décorer nos habitations.

L’exposition française renfermait plusieurs colonnes remar¬ quables qui étaient destinées, pour la plupart, au nouvel Opéra ; elles provenaient de Sarrancolin (Hautes-Pyrénées), de Saint- Béat (HauterGaronne), de Félines (Hérault), de Saint- Antonin (Bouches-du-Rhône), de Pourcieux (Var), de Jeumont (Nord), et elles témoignaient de nos ressources en marbres de luxe.

En ce qui concerne le commerce des marbres en France, il est utile de mentionner quelques chiffres recueillis par l’admi¬ nistration des douanes. L’exportation, qui était seulement de 350,405 francs en 1855, a suivi une progression' croissante et s’est élevée à 1,440,279 francs en 1866; elle a donc plus que triplé pendant les douze dernières années. Ce sont les marbres sculptés et ouvrés qui représentent, de beaucoup, la plus grande part dans cette exportation; toutefois, les marbres en blocs et en tranches, fournis par nos carrières, tendent aussi à se répandre, et la valeur de ceux qui sortent de France a sextuplé pendant la même période.

Pour l’importation, la marche est également croissante, mais moins rapide que celle de l’exportation ; représentée par 1,038,271 francs, en 1855, l’importation a été de 2,357,1 15 francs en 1866, et, par conséquent, elle a seulement augmenté d’un peu plus du double. La part des marbres bruts est de beaucoup la plus considérable ; ordinairement elle est supérieure à un million de francs, et en 1857 elle a dépassé deux millions; du reste elle est sujette à des oscillations et ne tend pas à s’ac-

MATERIAUX DE CONSTRUCTION.

croître. Le marbre blanc statuaire fourni par l’importation est coté pour une valeur qui est ordinairement supérieure à 100,000 francs et présente aussi quelques oscillations.

L’emploi des marbres de France dans les constructions tend à se propager ; mais il est entravé par leurs prix qui sont souvent trop élevés. Comme la main-d’œuvre représente de beaucoup la dépense principale à laquelle ils donnent lieu, son renchérissement ne permet malheureusement pas toujours de les réduire. Ainsi, malgré les avantages qui résultent de l’amé¬ lioration des voies de communication, les prix de beaucoup de marbres des Pyrénées sont restés à peu près les mêmes qu’en 1855. Cependant, pour la plupart de nos marbres, ces prix ont pu être diminués, grâce à l’extension des chemins ruraux et des canaux , grâce à l’extension des voies ferrées et aux tarifs avantageux que plusieurs d’entre elles ont accordés. C’est sur¬ tout en cherchant à répandre nos beaux marbres de France sur les marchés étrangers qu’il deviendra possible de les exploiter sur une grande échelle et, par suite , avec moins de frais ; la réduction de leurs prix aura d’ailleurs pour effet de propager leur emploi, et la vente devenant plus facile donnera, par cela même, des bénéfices plus considérables.

\ 3. — Marbres d’Algérie.

Les marbres d’Algérie ont été exploités autrefois d’une ma¬ nière active par les Romains, et pourraient redevenir une source de richesse. Ils étaient bien représentés à l’Exposition, et nous mentionnerons les plus remarquables, en prenant pour guide M. Ludovic Ville, ingénieur en chef des mines, à Alger.

Marbres onyx. — Dans la province d’Oran, à Aïn-Tekbalet, sur les bords de l'Isser, l’on trouve un marbre très-rare et d’une grande beauté; on lui a donné le nom d’onyx, à cause de sa transparence et de sa structure veinée, qui le fait ressembler à

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION.

cette variété d’agate. Il a d’abord été exploité par les Romains, plus lard par les Maures de Tlemcen, et enfin retrouvé par M. Delmonte, ancien marbrier à Oran. Ses carrières four¬ nissent ces admirables onyx, dont rien n’égale la transparence, la douceur et la variété de tons. L’industrie parisienne les recherche pour l’ameublement et pour l’ornementation artis¬ tique, en sorte qu’ils sont, dès à présent, l’objet d’un com¬ merce assez considérable.

Le marbre d’Aïn-Tekbalet est un dépôt récent formé par des sources plus ou moins thermales, aujourd’hui éteintes. Il se compose de couches régulières, presque horizontales, pré¬ sentant chacune une nuance particulière, d’où résulte cette variété que l’on admire dans l’onyx. Le gîte de marbre a une épaisseur totale de 6 à 10 mètres, et couvre une superficie de plus de 100 hectares.

En outre l’on a signalé récemment auprès de Nedroma un marbre jaune transparent qui fournit une espèce particulière d’onyx imprégné d’hydroxyde de fer. Dans ces dernières an¬ nées, le marbre onyx a d’ailleurs été retrouvé et exploité hors de l’Algérie ; l’Exposition montrait, en effet, un échan¬ tillon envoyé par le gouvernement turc, qui provenait du village de Van, dans la province d’Erzeroum. On pouvait voir aussi, dans la section de la Russie, de magnifiques onyx exploités dans le Caucase et travaillés dans la marbrerie du gouvernement, à Tiflis. Ces marbres onyx étaient remar¬ quables par leur blancheur, par leur translucidité et montraient qu’il est possible d’en obtenir de très-belles dalles dans le Caucase.

Enfin, nous rappellerons encore que le marbre onyx se re¬ trouve également au Mexique, et qu’il y a même été exploité.

Marbres divers. — Dans la province d’Alger, le marbre de la pointe Pescade est en couches lenticulaires compo¬ sées de brèches à couleurs variées. On y a fait une tentative d’exploitation bientôt abandonnée. II est enclavé dans les ter-

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION.

rains cristallophylliens de la Bouzareah dans les environs d’Alger.

Le marbre du Chenouah se trouve à dO kilomètres E. de Cherchel. Par l’abondance de ses produits, la beauté de ses brèches, la proximité de la mer et les facilités qu’il présente pour rembarquement, ce marbre paraît appelé à un bel avenir industriel. La mer est profonde au pied même du gîte, et de plus, elle est complètement abritée des vents d’ouest qui régnent si fréquemment pendant l’hiver sur les côtes de l’Algérie. L’on pouvait juger de la beauté du marbre du Chenouah par les divers objets d’ornement qui se trouvaient à l’Exposition Universelle. Son exploitation prendrait une grandeactivité si les capitaux venaient la vivifier.

Le marbre brèche des environs de Fondouk se trouve dans deux gîtes puissants, mais d’un accès très-difficile ; c’est ce qui explique l’abandon dans lequel ils ont été laissés jusqu’à ce jour. Le marbre brèche du cap Matifou provient d’un gîte situé sur le bord de la mer, à peu de distance d’Alger. L’ex¬ ploitation a été faite autrefois par les Romains, et il serait fa¬ cile de la reprendre aujourd’hui s’il était accueilli avec faveur par l’industrie. Ce marbre appartient au terrain cristallophyllien.ll existe encore beaucoup d’autres gîtes de marbre dans la province d’Alger, mais ils sont loin des centres de consomma¬ tion, et les abords en sont trop difficiles.

Dans la province de Constantine, signalons d’abord le mar¬ bre du Felfela, l’un des plus importants de l’Algérie. Il est situé près de Philippeville, sur le bord de la mer. C’est un calcaire saccharoïde qui se rapproche beaucoup du marbre de Carrare. Poli, il devient un peu translucide. Généralement d’une belle couleur blanche, il est associé à du marbre bleu turquin, bleu fleuri, noir veiné de blanc, ainsi qu’à du mar¬ bre jaune et rouge. Il a été exploité autrefois par les Ro¬ mains ; du reste , il peut fournir de beaux marbres d’or¬ nement et même des marbres statuaires. La superficie to¬ tale du gîte est de 53 hectares. Une exploitation sur une

MATERIAUX DE CONSTRUCTIChW grande échelle ne présenterait pas de très-grandes diffi¬ cultés.

Les marbres de l’Oued-el-Aneb forment des couches répar¬ ties en trois massifs différents, à 28 kilomètres 0. de Bone ; ce sont des calcaires saccharoïdes , tantôt blancs , tantôt gris blanchâtres ; quelquefois, ils sont blancs veinés de jaune et de bleu très-pâle. Ils ne sont pas exploités aujourd’hui, et leur irrégularité nuit beaucoup à leur valeur industrielle.

Le marbre du fort Génois est sur le bord de la mer, à 8,500 mètres de Bone. Ce marbre est très-résistant et se polit parfaitement. Sa couleur est le blanc grisâtre avec des veines noires, le gris clair homogène ou légèrement moucheté. L’ex¬ ploitation est ouverte sur les anciens travaux romains ; elle se fait à la poudre et au coin, avec descente des blocs sur un plan incliné jusqu’à la mer. Le gîte est enclavé dans le terrain cristallophyllien du massif de l’Adough.

L’énumération que nous venons de faire suffit pour montrer que les marbres peuvent être comptés parmi les richesses mi¬ nérales de l’Algérie. Du reste, les recherches de M. Fourncl ont démontré l’importance que leur exploitation avait acquise au temps des Romains. Les marbres onyx de la province d’Oran n’ont pas de rivaux au monde; les gisements de Turquie, du Caucase et du Mexique dans lesquels l’on en a trouvé de sem¬ blables sont, jusqu’à présent, peu accessibles, en sorte que leur concurrence n’est pas à craindre.

Les marbres brèches du Chenouah et les marbres blancs du Felfela, par suite de leur situation privilégiée sur le bord de la mer, seront vraisemblablement exploités un jour sur une grande échelle ; mais, pour que ce résultat soit obtenu, il faut des capitaux et une direction intelligente.

Parmi les autres pays qui avaient envoyé à l’Exposition les collections de marbres les plus remarquables, nous mentionne¬ rons encore l’Italie, qui reste sans rivale pour le marbre blanc ; la Grèce, qui possède le marbre rouge antique retrouvé à Péranora, en Laconie, mais dont les richesses sont toujours inex-

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ploitées ; le Portugal , qui avait réuni une très-belle série de marbres, sur le gisement et le travail desquels la commission géologique a publié les renseignements les plus précis (1) ; la Belgique, dont les marbres bien connus sont largement im¬ portés en France; la Prusse, qui exploite en Silésie, et surtout en Westphalie, des marbres livrés au commerce à un taux très-bas ; l’Autriche, qui montrait un marbre rouge marron de Hongrie, s’exploitant sur les plus grandes dimensions ; l’Es¬ pagne, très-riche en marbres, comme tous les pays de mon¬ tagnes ; l’Australie, le Canada et enfin les États-Unis.

g 4. — Note additionnelle sur l’emploi des marbres (2).

On semble ignorer dans le monde des architectes et des entrepreneurs, malgré les exemples du règne de Louis XIV, malgré l’éclat et la solidité des colonnes de tant de monu¬ ments (3), quelle est la variété des marbres de couleur des Pyrénées et quelles ressources ils offrent à la décoration des édifices et des maisons. Ils seraient employés, dès à présent, avec avantage, si la demande en était plus générale et si les exploitations, se développant sur une large échelle, pouvaient à la fois produire plus et à meilleur marché. Mais, même dans les conditions actuelles de la production, il suffirait que les moyens de transport fussent plus réguliers et moins dispendieux pour que, à Paris, des marbres de valeur, des décorations du¬ rables vinssent remplacer dans les revêtements, sans coûter davantage, ces imitations du marbre par le moyen des stucs, qui n’ont aucune solidité et qui, une fois atteintes par la destruction, ne sauraient plus trouver d’emploi utile.

(1) De Neves Cabrai : Catalogue français de l'Exposition du Portugal.

(2) Celte note, que M. Delesse a permis d’intercaler dans son rapport, a été rédigée sur des notes fournies par des exploitants de carrières, M. le maire de Bagnères, M. Seguin et M. Ch. Garnier.

(3) Voir les articles de M. Ch. Garnier ( Moniteur du 5 janvier et suivants).

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Des carrières aux gares de chemins de fer les plus voisines, la viabilité est presque partout encore dans un grand aban¬ don. Il y a même des endroits où, faute de chemins et dans l’ignorance des services que rendrait un système de plans inclinés, de couloirs ou de glissoires, on fait rouler, du haut des cimes, des blocs entiers dans le fond des vallées. Ces blocs n’y arrivent que brisés en fragments plus ou moins volumineux, mais qui, réunis, sont bien loin d’avoir la valeur de la masse entière (1). C’est ainsi que, dans les mêmes régions, le minerai des minières élevées se descend à dos de mulets, par un sin¬ gulier esprit de ménagement pour des habitudes traditionnelles ou pour des intérêts qu’une exploitation rationnelle servirait mieux. En quelques endroits seulement, par exemple aux en¬ virons de Bagnères, il y aurait une amélioration à signaler dans l’état des chemins qui conduisent aux voies ferrées. Mais on ne saurait trop attirer l’attention du public et du Gouverne¬ ment sur le préjudice que causent à l’industrie des marbres les tarifs élevés des Compagnies de chemins de fer qui n’ont pas toutes un même intérêt à effectuer certains transports et qui n’offrent pas les mêmes conditions de transit à l’expéditeur. Outre l’inconvénient de la cherté, il y a celui des difficultés de détail, des formalités, des délais sans nombre. On ne sait jamais exactement comment et à quel moment s’achèvera un transport qui s’effectue sur les chemins de certaines com¬ pagnies.

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