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L’Anatomie
Mathias B U VAL
Marius Michel del.
Preface
prenons tout d’abord celui-ci comme point de départ de nos études : à lui seul il nous permet de fixer les lois qui régissent les mouvements des segments de membre les uns vis-à-vis des autres, et des membres vis-à-vis du tronc, ainsi que la direction réciproque de ces segments les uns par rapport aux autres et par rapport à l’ensemble du corps. Qu’à ces notions fondamentales vienne se joindre celle des masses musculaires qui meuvent ces os, et l’artiste sera dès lors à même d’analyser à travers la peau, comme à travers un voile transparent, le jeu des parties qui produisent les formes avec leur infinie variété de caractère et de mouvements.
Ce mode d’enseignement, dont on pourrait dire qu’il procède par synthèse, diffère de celui suivi dans la plupart des ouvrages sur ce sujet, ouvrages qui procèdent par analyse. Nous faisons surtout allusion au traité de Gerdy, qui représente ce qui a été publié de plus consciencieux sur l’anatomie plastique1 2, mais qui pèche en ce qu’il se complaît dans la description du modelé extérieur, tandis qu’il abrège l’explication des raisons anatomiques de ce modelé. D’autre part, les autres ouvrages d’anatomie qu’ont entre les mains les élèves de nos écoles d’arts se composent en général* d’un volume de texte et d’un atlas de planches. Dans ces conditions, qu’il me soit permis de le dire presque brutalement, nos jeunes artistes étudient l’atlas, en copient et en
1. P.-N. Gerdy. — Anatomie des formes du corps; humain appliquée à la peinture, à la sculpture et à la chirurgie. Paris,
2. Il n’en est pas toujours de même à l’étranger: ainsi en Allemagne l’ouvrage de E. Harless ( Lehrbuch der Plastischen Anatomie filr Akademisc1}e Anstalten. Stuttgart, 1876, 2e édit.); en Angleterre celui de John Marshall {Anatomv for Artists. London, 1878).
Préface
recopient les figures, mais ils ne lisent jamais le texte. On comprendra donc pourquoi il a été ici procédé différemment, et sans doute le fait que les figures sont ici intercalées dans le texte, et de manière qu’elles ne soient bien compréhensibles qu’à l’aide des pages qu’elles accompagnent, sans doute ce fait amènera-t-il celui qui les étudie à faire une lecture réelle et attentive de ce texte.
Il faut bien le reconnaître (et nous passons ici à ce qu’on peut appeler la manière de se servir du présent livre), la lecture de ces détails anatomiques est au premier abord sèche et aride ; elle le sera toujours, s’il n’y est procédé dans certaines conditions fort simples à préciser. Dans l’enseignement oral du cours, le professeur, maniant des pièces anatomiques, s’aidant du dessin improvisé au tableau, peut rendre attrayante la description des parties les plus complexes, et, par d’adroites reprises et des redites variées, fixer l’attention et forcer la compréhension. Mais il n’en est plus de même d’une description écrite. Ici c’est le lecteur qui devra lui-même animer pour ainsi dire le texte, en s’aidant de l’examen et du maniement de pièces propres à compléter les descriptions. A cet effet, un squelette et un bon écorché en plâtre seront suffisants. Sur l’écorché, avec l’aide des figures qui accompagnent le texte, il sera facile de suivre le trajet des muscles et alors seulement leur étude sera profitable en permettant de considérer leur modelé de différents côtés; en maniant les os, en mettant leurs surfaces articulaires en contact, les arides descriptions de mécanique articulaire prendront une réalité saisissante et resteront à jamais gravées dans la mémoire. Malgré les figures schématiques que nous donnons, par exemple pour les mouvements de pronation et de supination, celui qui en étudiera la des-
cription en maniant les os de l’avant-bras, celui-là seul arrivera à saisir le mécanisme merveilleux par lequel la rotation du radius autour du cubitus permet à la main de présenter en avant alternativement sa face palmaire et sa face dorsale; de même pour le squelette du pied et de la tête, de même pour les mouvements de la mâchoire, etc.
Si l’artiste trouve dans ce livre quelques pages consacrées à l’étude de Vangle facial , des formes de la tête ( brachycé - . phalie et dolichocéphalie ) et de quelques autres questions à! anthropologie, sans doute nous saura- t-il gré d’avoir résumé ici des notions, qui tendent à devenir aujourd’hui presque familières même aux gens du monde. Notre seul regret à l’égard de ces études anthropologiques est que les limites de ce volume ne nous aient pas permis de puiser plus largement dans l’enseignement du laboratoire d’anthropologie, dont la direction nous a été confiée après la perte de notre illustre maître Broca.
Qu’il me soit permis d’adresser ici un vif témoignage de reconnaissance à mon excellent maître, le professeur Sappey, qui nous a permis d’emprunter à son magnifique traité d’anatomie les figures d’ostéologie et de myologie qui feront le principal mérite de ce livre, et à mon ami et collaborateur E. Cuyer, dont l’habile crayon a reproduit les figures empruntées à l’atlas photographique de Duchenne, ainsi que les deux figures du gladiateur, les divers dessins schématiques et les deux planches terminales destinées à compléter les explications théoriques du texte.
Mathias Duvau
PRÉCIS
D’ANATOMIE
A L’USAGE DES ARTISTES
PREMIÈRE LEÇON
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The end
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