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Chapitre Premier Naissance De Jésus
I. — Mathieu commence son évangile par la Généalogie de Jésus, fils de David, fils d'Abraham.
Get arbre de race aboutit à Joseph, non à Marie. Or selon le texte des évangiles Joseph n'est certainement pas le père de Jésus; nous devons donc tenir cette descendance comme apocryphe. Jésus n’est pas fils de David. L’évangile s'ouvre par une affirmation au moins imprudente.
Joseph fut en effet profondément indigné que Marie _ sa fiancée se trouvât enceinte. Il la voulut non pas chasser mais abandonner secrètement. C'était un homme de bonté et de pardon. Il avait peur de la déshonorer. Il finit cependant par l’épouser. Eût-il une preuve réelle de son innocence ? Non. Il fut persuadé par des parents de Marie, puis il eut un songe. Un ange, qui avait nom Gabriel, le même qui aurait _ visité Marie Vierge, lui affirma que sa fiancée avait conçu du Saint-Esprit, Joseph fut satisfait.
Cette question de la naissance de Jésus, qui nécessairement ouvre les évangiles, y jette un jour trou- _ blant! La science nousinterdit formellement de croire
à la fécondation du sexe féminin sans l’approche du _ masculin. Ajouter foi aveugle à l’assertion de témoins _ prévenus, ignorants, croyant à d'impossibles miracles, n’est vraiment pas permis devant l'affirmation précise, absolue de la science.
On voit trop d’anges dans l’évangile. Si ce titre suffisait aux temps de Moïse et même de Jésus, il ne peut suffire aujourd’hui pour expliquer des faits contraires aux lois scientifiques. On voit un ange à la piscine, où un homme a pu très facilement remplir son office : remuer de la-boue. On en voit deux au caveau de Jésus, mais Luc a la franchise de nous dire que ce sont deux hommes en brillant costume.
Que devient ici cet ange Gabriel qui a visité Marie Vierge et qui apaise l'époux dans un songe? Tout cela ne doit-il pas mettre en défiance et troubler qui connaît la vie et n’y a jamais vu d’anges? Savoir jusqu'au nom de ces anges, n'est-ce pas là aussi une précision inquiétante ?
Malgré toute sincère bonne volonté, avec Le sens critique qu'ont développé dans les esprits les graves méthodes des sciences, on ne peul pas prendre au sérieux de pareilles affirmations. L’Evangile les laisse d’ailleurs sans aucune preuve, il se contente de les énoncer. Un ange est un personnage dont nul n’a constaté l’existence. Un songe est un amas de fantaisies sans portée réelle; on est allé jusqu'à dire que c'était une folie normale.
Quoi qu’il en soit Joseph crut, épousa Marie; mais: par délicatesse, irritée peut-être encore, il ne la connut qu'après la naissance de Jésus.
Il résulte de tout ce qui précède que l'Evangile s'ouvre d’une façon pénible pour l'esprit réfléchi, désireux du vrai et de la gravité de l’histoire. Nous devons pour nous en convaincre approfondir tous ces faits.
Cette idée de la Virginité a d’ailleurs préoccupé toujours les grandes fois Aryennes. Elles ont voulu que leur Dieu — avatar, le médiateur, vint au monde sans souillure. Ce désir avait certainement une élévation théorique indéniable. — La difficulté était de le réaliser. L'impossible était là. On en créa partout l’apparence au moyen de fraudes et de mensonges. Des feintes analozues se retrouvent ici pour Jésus. Les légendes diffèrent, le but : la mère Vierge enfantant
NAISSANCE DE JÉSUS 3.
le pur avatar, sauveur divin, est le même. D'où vient cette idée pour Jésus? Est-ce lui qui l’inculqua en secret aux apôtres? C’est possible, mais nous n’en avous nulle preuve. Cependant il serait naturel et logique de le penser. L’Idée s’imposa-t-elle par le res- _ pect qu'on lui portait? En tous cas elle indique un souvenir des vieilles religions In‘dloues.
On peut adresser un éloge à la hauteur d’esprit de ces races; mais une noble idée ne se doit jamais réaliser par des tromperies et des actes coupables.
II. — Pourquoi le long, le double séjour à Bethléem? Il faut pénétrer ce secret.
Marie enceinte fait deux voyages à Bethléem. Le premier semble correspondre aux commencements de sa grossesse, le second à sa délivrance. Dans le premier était-elle avec Joseph? On n'en peut douter. Ils restent longtemps chez la bonne parente Elisabeth.
Pourquoi ce premier déplacement? Marie est désespérée de son état, de l’indignation de Joseph à qui elle l'a laissé voir ou qui l’aura surpris. Elle ne sait à qui se confier autour d'elle. Dans Nazareth, elle serait
déshonorée. Elle pense, et peut-être avec elle,y pensa le bon Joseph, à sa vieille et indulgente parente ElisSabeth. A elle seule, on peut dévoiler ce secret, ouvrir son âme. Bethléem d’ailleurs est loin de Nazareth. Le long séjour de Marie (trois mois) montre combien elle a besoin des consolations et du soutien de l'excellente femme. Il montre aussi la difficulté qu’on eût à calmer la colère de Joseph et à lui faire accepter la paternité de Jésus.
Marie revient à Nazareth et ne semble en partir que lorsqu'elle sent le terme approcher. Chez nombre de femmes, la grossesse la plus avancée est peu apparente. Les époux, d'accord cette fois, vont ensemble. J1s ont fait la paix, se sont mariés. Moitié sur les conseils d'Elisabeth, et peut-être de Zacharie, moitié par les pleurs, les explications, les supplications de Marie, Joseph s’est apaisé. Nous venons de voir, qu’à ces moyens naturels, l'évangile ajoute un songe avertish JÉSUS ET L'ÈRE DE LA SCIENCE doc seur. En réalité l'Histoire ne connaît pas es raisons ee du pardon de Joseph; l’amour et la bonté sans doute. à
Quoi qu'il en soit, dans ce second voyage à Bethléem, Marie et Joseph paraissent complètement unis d'intention et de conduite.
Le lieu de l'accouchement, une étable, peut paraître surprenant. Tout semble un peu imaginé autour de ce berceau. Veut-on faire intervenir la vache qui donnait le b-urre de l’antique communion? Peut-être celicu de naissance ne fût-il que supposé. Peut-être voulut-on dissimuler la date de la délivrance de Marie. Jésus d’ailleurs naquit-il véritablement à ce jour? Noël, correspondant au solstice d'hiver, a pu paraître le moment favorable pour faire naître un Verbe révélateur. Le soleil n'est-il pas révélateur aussi ? Les avatars Indous ne sont-ils pas les successeurs du soleil du Véda? Peut-être faut-il voir ici des souvenirs de Fois anciennes notamment du grand et simple culte védique.
Il en est de même de la visite si inattendue des Mages, qui n’est d’ailleurs appuyée sur aucune preuve. D'où vient cette affirmation qui mêle les cultes anciens devant le berceau de Jésus? Ce n’est point de Marie qui jamais n'affirma la naissance divine de son fils. Ce n’est pas de Joseph qui voulait. tout cacher. Ce n’est pas des apôtres qui paraissent trop sincères pour rien inventer. C'est de qui avait intérêt à faire croire à la naissance divine de l'enfant.
Vient-elle donc de Jésus, qui l'aurait dite à ses disciples? Quoi qu’il en soit le merveilleux ne suffit pas.
pour convaincre. Loin de là. Il doit mettre en défiance les esprits graves et exiger des preuves. Tout reste en l'air. L'étoile suivie par les Mages montre-1-elle simplement us adoraient le feu? En tout cas ce n’était, ce semble, qu’un astre de direction.
La fuite en Egypte et le long séjour qui la suivit doivent être approfondis. Les époux y restèrent des. années. L'histoire ne confirme pas la cruauté d’'Hérode et le massacre des nouveau-nés. Quelle fut donc la cause de ce déplacement qui étonne ? Comme
NAISSANCE DE Tune FN AA 5
É la fuite à Bothlécn, la fuite en be nid n’est- site pas la suite naturelle, nécessaire, de cette conception avant le mariage de Joseph et de Marie? Joseph toujours, et à bon droit, est occupé de sauver l'honneur de sa femme et le sien. Marie paraît l'avoir secondé entièrement dans ce projet. Sans doute Joseph pour consentir au mariage exigea d'elle le secret éternel. Marie. semble l’avoir gardé toute sa vie, malgré le désir de Jésus de lui faire affirmer sa naissance toute divine. Joseph dut vouloir cacher la délivrance prématurée et sa date. De là la nécessité de l’absence, le voyage à Bethléem, où la vieille parente discrète et douce, Elisabeth, devait secourir et cacher Marie; de là la fuite et le séjour en Egypte pour pouvoir tromper Nazareth sur l’âge réel de l'enfant. Ces choseslà se font tous les jours; dans tous les pays ; de tous les temps. Les explications de l’évangile demeurant sans réelle valeur, celles-ci deviennent probables, étant si naturelles et si fréquemment pratiquées.
Luc fait Jean, le baptiste, fils de la parente de Marie, Elisabeth, la vieille inféconde. Il invoque un miracle dont il n’était peut-être pas besoin. Il y a des enfants tardifs. Ces cas ne sont pointrares. Ce même Ange, que l’on connaît par son nom, Gabriel, annonce la naissance de Jean. Il apparaît encore ici comme un de ces vestiges de la crédulité ignorante. Il prédit. d’ailleurs des choses qui ne se réalisent point. Il dit à Marie : « Ton fils, que tu nommeras Jésus, aura le trône de David, il régnera sur la maison de Jacob. » Jésus n’a eu pour trône que sa croix; 1l n'a pas régné et ne règne pas encore sur les Juifs.
Qu’était cet ange? n’était-ce qu'un beau jeune homme? Luc dit que Gabriel se retira d'elle. Que signifie ce mot ambigu? Etait-ce viol, Surprise,amour irrésistible? Luc ajoute aussitôt-que Marie s’en alla en hâte vers Elisabeth. Pourquoi cette hâte? La honte la pressait-elle? Gabriel a-t-il suivi secrètement, qu’on le voit calmer Joseph dans un songe?
On sait d’ailleurs par la Bible la liberté des mœurs hébraïques. Ce père offrant sa fille à ceux qui poursuivent lelévite d'Ephraïm; cette Thamar; cette Samaritaine aux cinq maris, à qui succède un qui n'est pas son mari, suffiraient ici pour ouvrir les yeux et causer le doute. Le cantique des cantiques, cette pièce si juive, quoi qu'en dise Michelet, nous fait voir l'amour.
tout entier dans les sens, chez ce peuple. La fille de Jephté pleure non de sa mort, mais de mourir vierge. Ruth s'approche moins pour toucher que pour tenter Booz et cela de parti arrêté avec sa mère. Les exemples sont dans tous les livres saints. Les surprises des sens se comprennent partout, mais surtout chez un tel peuple. La Judée est fort assyrienne. Les mœurs de David et de Salomon le disent assez haut.Son Jéhovah a beaucoup de parenté avec Moloch d’une part, et Les cruautés des Assyriens d'autre part. J’ai connu un assez grand nombre d'israélites dans ma longue existence, la plus grande partie (non pas tous) m'a paru d’une sensualité dénuée de cœur. Il est vrai que les autres races montrent beaucoup d'hommes pareils.
Si nous passons à l’évangile de Luc, il attribue la venue de Joseph et de Marie à Bethléem, au dénombrement commandé par Auguste. Joseph étant de la famille de David devait rejoindre ce bourg pour y être enregistré. Tout cela tient bien de la légende, car cette généalogie de Joseph semble fausse, différant dans les deux évangiles qui en parlent.
Quant à la fuite en Egypte, on doit dire que la cruauté d’'Hérode restant une ent le massacre des enfants demeure controuvé; la fuite en Egypte a donc une autre cause, intime ; collé que nous avons indiquée plus haut.
C’est encore un songe qui inspira à Joseph le désir de se rendre en ce pays. (Mathieu, IL.)Il se cacha pour y aller, partil de nuit. Ceci dit beaucoup. Il ne voulait donc pas qu’on sut où il se rendait avec sa femme. Il y resta plusieurs années.
L'esprit se sent mal à l’aise au milieu de ces mystères. On ne peut s'empêcher de dire: Qu'’y a-t-il sous tout cela ? On est d'autant plus saisi de cette pensée quand on voit si étrangement citées à l'appui, des
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“prophéties qui ne se réalisent pas, témoins celles que nous avons citées, celle aussi d’un prophète anonyme dans Mathieu : Bethléem, tu es grande entre les villes de Juda, car de toi sortira le conducteur qui paîtra Israël, mon peuple. Or, Jésus n’a jamais été le pasteur des Juifs. N'est-ce pas là simplement l'esprit tout Judaïque de Jésus qui reparaît dans son évangéliste ? Mathieu ne pense ici certainement qu'à la direction des Hébreux par Jésus et ses disciples. De l’univers nulle idée.
C’est encore un songe qui avertit les Mages de ne pas retourner vers Hérode. Tout cela à trop l'air d’une histoire de Perrault. Ces événements sur la foi de rêves semblent bien chargés de rêves eux-mêmes.
III. — Joseph revintaprès quelquesannées à Nazareth aveclamèreet l’enfant. Il était désormais impossible de constater si la naissance de Jésus avait été trop précoce. C’est là un fait qui doit rester certain. Il y a donc probabilité que ce fut la véritable cause de toutes ces absences ? On peut, on doit le penser, quand on voit que l’on considéra toujours Jésus comme le fils de Joseph, quand on voit que Joseph très jaloux de son honneur et de celui de sa femme fut en même temps bon, indulgent pour cette grossesse, qui l’avait tant irrité. Ces vérités sont attestées par l’évangile et reconnues par les exégètes les plus orthodoxes; on a donc le droit d’en tirer les conséquences qu’on peut appeler nécessaires tant elles sont naturelles.
C’est toujours un songe qui dit à Joseph de revenir à Nazareth pour accomplir cette prédiction que Jésus serait appelé le Nazaréen. Voilà encore une prédiction qui implique une inexactitude, car Jésus est Bethléemite non pas Nazaréen. On est pas parisien pour habiter Paris, on reste toujours de la ville et du pays où l’on a reçu le jour. Il nous faut donc conclure que l’évangile est plein d'à-peu-près et aussi d’affirmations erronées en tous ces commencements.
Quant à la généalogie de la race de Joseph elle est presque complètement différente dans Mathieu, I, et
JÉSUS ET L’ÈRE DE LA SCIENCE.
Luc, III. Les autres évangiles sont muets. Cela jette He une suspicion grave sur toutes les allégations de livres dits inspirés. Il eut été sans doute possible. d’avoir la suite vraie de la race de David. Ce point historique n’est même pas respecté. Jean n’en dit rien, il se contente d'affirmer que Jésus est le Verbe.
Quand l’on en prend si à l’aise avec l’histoire, que fera-t-on avec la légende ?
On a beaucoup discuté l’authenticité des évangiles plutôt avec le désir de donner raison à un système qu’au besoin de trouver la vérité par les faits. Or les faits sont dans les évangiles, nous avons donc tout ce qu'il faut pour bien juger. Le présent ouvrage va le prouver.
On a beaucoup douté de l’évangile de Jean. Je le trouve d’accord avec le caractère droit et tendre de l’apôtre, d'accord avec les idées qu’il a pu recevoir de l’orient ou peut-être de Jésus même sur l’avatar- Verbe.
Marc et Mathieu sont moins discutés, se contentant de simples faits racontés, sans se lancer dans des théories transcendantes.
Pour moi j'admets l’authenticité des évangiles. Je pars d’eux et ne veux voir que leurs récits. Si l’on redoute quelque interpolation du pouvoir catholique, si longtemps tout puissant, on peut prendre quelque version drone comme celle d’Osterwald. Si l’on ne veut s'appuyer que sur les faits, il n° ve a point de danger.
Luc parle par ouï-dire, sur renseignements qu'il assure exacts. IL nous le dit avec une entière bonne foi dès le commencement de son livre (Ch. I. v. 3). Nous nous trouvons dans tous les cas avec tous ces conteurs en présence d’une histoire, qui peut et doit contenir une large part de légende mais dont les faits précis restent valables surtout quand ils sont concordants. ë
Comment une femme stérile et devenue trop ne pour concevoir peut-elle enfanter? On peut l’expliquer par certaines anomalies; mais comment une si
NAISSANCE LE JÉSUS 9 vierge seule peut-elle être mère? Comment le Saint-
Esprit qui n’est qu’esprit, et non matière, peut-il être le germe matériel de l’enfant dans le sein de cette Vierge ? Ce sont là des questions qui se résolvent par des impossibilités scientifiques, donc absolues. On se contente de nous dire : Rien n’est impossible à Dieu, c’est un miracle. |
C’est une erreur. Dieu ne peut pas détruire les lois de son essence propre. Il ne peut pas détruire non plus les lois de l’univers qui sont des conséquences fatales et nécessaires de celles de son Essence. Donc Dieu en sa création du moins ne peut pas tout. IL ne peut créer que des êtres finis, vivant dans d'infrangibles lois, causes de leur vie, si elles sont respectées ; et, si elles ne le sont pas, causes de leur douleur et de leur mort. Ce mot de l’évangile : Tout est possible à Dieu, est donc un aphorisme mensonger et dangereux. Il met l’action capricieuse de Dieu à la place de celle de l’homme. Il invite l’homme à l’inaction fataliste.
Marie magnifie le Seigneur et déclare que les âges l’appelleront bienheureuse. Jésus cependant, nous le verrons, la tint en mépris, comme Renan lui-même. Jésus la repoussa même en public. Toujours il fut dur pour elle. Quant au culte de Marie, il n’a commencé que plus de mille ans après la mort de Jésus, Le culte de Marie est déjà une décadence du vrai Christianisme.
IV. —Ainsi en résumé, Marie Vierge allavers sa parente Elisabeth demeurant à l’autre bout de la Judée. Elle s’ouvrit à elle de son état. Elle reste là quelque temps, trois mois. Quand la délivrance fut proche, Marie revint de Nazareth à Bethléem près d’Elisabeth. Il est permis de penser que ce retour était convenu. Joseph fut de ces voyages. Irrité de la grossesse, il avait voulu renvoyer Marie. Elisabeth et son époux semblent l’avoir dès le premier voyage apaisé et dé cidé à accepter cette paternité ; mais il ne veut pas connaître sa femme avant la naissance de Jésus!
Cet homme sage, digne et épris d'amour, GA la. Un faute par une longue absence en Egypte et ba. 7 _l’enfant étranger, le traite comme son fils. Les époux se sont juré sans nul doute de ne jamais révéler à Jésus, ni à qui que ce soit sa naissance ? Jésus le devina- il à quelque indice inconnu? Ses parents les plus ponte et ses concitoyens le tinrent jusqu'à la fin pour fils de Joseph. Sa mère l’affirma toujours. |
Plus de 1FRpndes nous sommes dans l’histoire.
Chapitre II Mission De Jésus
I. — Mathieu seul ouvre l’évangile par la généalogie de Jésus. 11 semble ainsi faire primer sur la mission par le baptême, celle qui viendrait du titre apocryphe de fils de David. La race, selon lui, aurait d’abord déterminé la Mission.
Luc place au chapitre III le baptême de Jésus par Jean, avant la généalogie ; semblant attribuer au baptême plus de force pour la mission qu’au titre de fils de David. Ces deux arbres de race, d’ailleurs comme je l’ai dit, sont en désaccord sur les noms et le nombre des générations. Mathieu en compte 28 et Luc 40 de David à Joseph.
Marc ne commence son évangile qu’à la mission par le baptême qui est pour lui la seule.
Jean a préalablement posé une cause céleste de la Mission : le Jésus Verbe. ILest le seul. Jean savait beaucoup de l'Orient. Les autres évangélistes l'ignoraient.
Mais pour Jean, comme pour tous les autres, la mission terrestre de Jésus par le baptême de Jean le Baptiste, a une importance considérable. Tous la racontent comme point de départ nécessaire et base de la vie du Christ. Jésus lui-même, nous le montrerons, semble y attacher un grand prix.
Ne doit-on pas voir en tout cela des contradictions ? Quelle importance devait avoir un acte comme le baptême? Il ne pouvait être pour le Verbe divin, qu'une simple formalité extérieure, faite tout au plus pour satisfaire à l’étroitesse de l'esprit judaïque. En réalité il ne pouvait avoir valeur de mission pour un
Dieu, fils de Dieu, Le mandat réel ne pouvait venir que de Dieu même. Ce principe de la mission de Jésus, le baptême, ne peut donc rester que comme un artifice humain qui rabaisse Jésus au lieu de l'éléver.
_ Tout mâle premier né devait être consacré au Seigneur (Luc, II. 22.). Ceci mérite d’être bien pesé: est-ce la raison qui fit naître dans l’esprit de Jésus l'idée qu'il était fils de Dieu ? Sa mère lui insinua-t-elle cette pensée sachant en son cœur qu'il n'était pas fils de Joseph, et, encore adolescent, innocent, put-il croire que cette consécration indiquait qu'il était réellement fils de Dieu? Toute cette phraséologie de légende peut recouvrir ces simples faits de vie, qui devienennent explicables quand on les dépouille de leurs airs de vision. Ce titre de consacré au Seigneur peut-il expliquer la sorte de solitude roide, peut-être orgueilleuse, que Jésus garda dans la famille, et qui semble lui avoir attiré l’animadversion de ses frères ? Il reste en tous cas que la première idée de la mission put venir dans la pensée de Jésus de ce titre de consacré au Seigneur, qu'il se sentait légitimement acquis.
Quoi qu’il en soit Jésus semble n'avoir été chercher la mission parle baptême de Jean que postérieurement à son échec de Nazareth, où il osa s’affirmer fils de Dieu devant ses frères et ses compatriotes. La lecon fut terrible. Par une adresse qu'on ne s’explique pas bien, il échappa à une indignation violente : on ne voulait rien moins que le jeter du haut des rochers de Nazareth, sorte de roche tarpéienne plus épouvantable que celle de Rome.
Tous les évangélistes, même Jean, semblent considérer ce fils de David et d'Abraham, ce fils de Dieu comme bien faible par soi, puisqu'ils sentent le besoin de l’étayer de la mission par le baptême. Jésus lui-même se sent faible puisqu'il y a recours. Sont-ce là vraiment les commencements d’un fils unique de Dieu ; d’un Verbe ayant créé le monde par sa parole et son savoir nécessaire (mais jamais aperçu) des lois de sciences, qui sont les vraies lois divines, et les constitutives des réalités terrestres ;: d’un Dieu enfin qui
; “MISSION DE JÉSUS A de 43 doit juger, à Le place du Père, les vivants et les morts?
Cette grande chose qui préoccupa tant Moncton: 4, la mission, préoccupe Jésus fortement. Il tranchera la question en s’affirmant fils de Dieu comme nous le verrons. Mais en attendant il va chercher un mandat terrestre.
On n'en doute pas quand on le voit aller demander à Jean l’onction de l’eau sacrée, et revenir souvent au lieu où il la reçut, comme pour le rappeler à tous.
Jean vit une colombe sur la tête de Jésus et entendit cette phrase : « C’est mon fils bien-aimé en qui J'ai mis mon affection. » Qui dit ces mots? quelque disciple enthousiaste sans doute. Quant à cette colombe qu’on veut être le Saint Esprit, nous nous garderions de salir Jésus de la supercherie, peu digne, d’un lächer de pigeon apprivoisé, nous voulons croire seulement à un oiseau venant boire au fleuve à ce moment. (Mathieu, IT. — Jean, I.— Luc, Il.) Mahomet avait sa colombe saint-esprit lui parlant à l'oreille.
Une contradiction grave: Jean le Baptiste dit : (Saint Jean, I.) « Je ne connaissais pas Jésus; mais Je suis venu baptiser pour qu'il soit manifesté. » Comment Jean, fils d'Elisabeth, ne connaissait-1l pas son parent Jésus, avec lequel les peintres chrétiens l’ont tant fait jouer ? Ceci reste incroyable. « C’est la colombe, dit . Jean, qui me fit connaître Jésus. »
Il. — Il faut s'appesantir sur ce qui suit le baptème.
Au sortir des mains du Baptiste, Jésus-Dieu va dans le désert pour être tenté par le diable ! Après un jeûne de quarante jours et quarante nuits 1l eut faim. Ce jeûne inouï n'est-il un simple souvenir des pratiques indoues ? on peut se le demander quand on voit Jésus prendre le rôle d’un avatar indien. |
Comment le diable peut-il traiter Dieu ? Qui a jamais démontré, prouvé l'existence du diable ? Le diable n’est qu’une entité factice en réalité. C’est un de ces esprits mauvais que voient les sauvages primitifs.
44 gésus ET L'ÈRE DE LA SCIENCE
Au vrai la tentation de Jésus n’est que la méditation définitive de son projet. On doit la réduire ainsi: Jésus se fera-t-il roi temporel de Jérusalem ? C'est ce que le diable lui propose en le portant sur le temple. Jésus renonce à ce projet insensé ; les Romains sont là, force universelle ! IL dit au diable : « Tu ne tenteras pas ton Dieu.» Le diable tenter Dieu! est-ce là un mot digne de Dieu ? Le diable le porte sur une haute montagne et lui propose tout le pays. Les Romains sont partout De nouveau Jésus renonce. Lé diable, c'est-à-dire l’idée obsédante du pouvoir temporel, abandonna Jésus (Math., IV.)
Jésus n'avait pas ici, comme on le croit, le détachement humain, la grandeur d'âme, la religiosité purement idéale. Il ne pouvait pas être roi temporel, voilà tout, s’il l'avait pu, il l’eut été, pour vaincre.
L'histoire a donc le droit de dire : Sa mission reçue, Jésus esprit très net, très précis, détermine sa voie. Il est dans le désert. Sous le nom de tentation de Satan, les évangélistes lui font peser les chances de réussite d'un royaume temporel eflectif, ou simplement d’un royaume spirituel.
En face des Romains Jésus sent son impuissance. IL se souvient des échecs, des morts de ceux qui ont voulu avant lui affranchir la Judée. Il accepte l’esclavage de sa patrie, ce qui lui fera dire plus tard le « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est
, à Dieu. » Il ne veut donc (car il ne peut aspirer plus loin) qu'un royaume spirituel. C’est là la signification réelle du Jésus tenté sur la montagne et sur le temple, par le diable qui transporte son Dieu; mot véritablement dérisoire.
IT. — Nous avons dit que la mission de Jésus pour lPapôtre Jean venait de sa qualité de Verbe de Dieu ; (Nous le méditerons à la théorie du Verbe). Est-ce la raison pourquoi l’apôtre n’a pas tenu compte des tentations temporelles de Jésus? Il n’en dit rien.
Jésus avait donc pris son parti ne voulant qu’un royaume qui ne fut pas de ce monde, il n’aspirait
| MISSION DE JÉSUS (ULB qu’au pouvoir clérical et papal, laissant à César ce qui appartient à César. Nous sommes sous Tibère. S’opposer peu ou beaucoup aux Romains c'était être brisé. Le baptême et non le couronnement est donc bien le principe de la mission de Jésus sur la terre pour les évangélistes matérialistes et ignorants, qui ne remontaient pas comme Jean à la notion du Verbe.
Jésus a-t-il senti après sa défaite de Nazareth qu’il lui fallait un signe visible de sa mission ? Est-ce pour se faire donner ce signe qu'il est allé recevoir le baptême de Jean? Nous croyons cette conjecture probable. Au chapitre I‘ de Marc, Jésus semble timide encore. Il commande au lépreux guéri de ne rien dire à personne. Jésus se sent plus fort par son baptême ; redescendu en Galilée, il s’installe au lac de Tibériade, y est accepté, acclamé comme prophète.
Ce n’est rien pour ce dominateur ! Il veut être pape absolu des Juifs ! Il veut être fils de Dieu ! 11 veut donner son corps et son sang à manger et à boire! Il veut exiger qu’on s'aime en lui seul ! Il veut dompter les douze tribus par les douze apôtres! cet excès le perdit. Dès les premiers mots de ces prétentions indoues et juives, on murmura, cria. Il fut abandonné, honni, en Galilée comme à Nazareth. On voulut le lapider.
Si l’on suit la pensée intime de Jésus au travers des faits de sa vie, on voit qu'ayant osé cette aifirmation, il ne l’abandonna plus. Ses apôtres le croient. Cela lui suffit. Mais comment arriver ? Son embarras est affreux. Il médite sans doute, mais n’ose encore frapper son grand coup à Jérusalem. Il mande ses disciples en Pérée. Les ignorants peuvent croire des hommes enthousiastes affirmant qu'ils ont vu le fils de Dieu, l’homme-Dieu, le sauveur des maux accablants ; Jésus venait de faire en Galilée l’expérience que les ignorants mêmes ne croient pas un homme qui vient dire : « Je suis Dieu, adorez-moi. » Il mande donc ses disciples prêcher qu'ils ont vu le fils de Dieu et ses prodiges. La Pérée croit. C’est le seul succès durable que semble avoir eu Jésus sur la terre. Il s’en trouve fort, et veut se servir de cette force. Il entraîne les Péréens croyants à Jérusalem, il prépare et accomplit le miracle de la résurrection de Lazare. Alors il monte au temple avec une foule, enthousiaste cette fois, il chasse les vendeurs du temple, excitant ainsi le peuple à un conflit contre les prêtres, qu’il espérait vaincre. Il va les remplacer par son organisation théocratique et papale, avec ses douze disciples pour lieutenants dans chaque tribu. Vainqueur des marchands, il est vaincu par les prêtres. Abandonné des siens, il est maudit par le peuple autant que par les Pharisiens. Calme et courageux, il a une mort pleine de simplicité. Car on le laisse pour mort. L’était-il? Nous le verrons plus loin. Cette mort a bien . de l’énigme.
IV. — Telle fut la mission de Jésus, cet ensemble
général des événements est nécessaire tant il est d’accord avec les situations où se trouve Jésus et avec le fond de son dessein. C’est la seule suite logique à donner à cette existence, qui sans cela reste en l'air inexpliquée, inexplicable. Nous allons par ce travail approfondir ces assertions. Mais disons dès maintenant que déjà nous pouvons sentir la différence des Fois aryennes avec les fois Judaïco-chrétiennes. Les Fois aryennes malgré leurs immenses erreurs sont larges, le Judéo-christianisme est étroit et de courte vue.
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The end
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