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II Histoire
DE LA REPUBLIQUE
DES ÉTATS-UNIS
HISTOIRE
DE LA RÉPUBLIQUE
DES ftTATS-UNlS
liKlMIS 1/ ÉTABLISSEMENT I) K S PREMIKRKS i:OLONIES
JUSQU'A L'ÉLECTION DU PRÉSIDENT LINCOLN
(1620-1860)
PAR
J.-F. ASTIE
PRECEDEE D X'NE
PUKFACE PAR M. VjB, LABOULAYE, de l'institut
La 'civilisation anglo-américaine est le produit (et ce point de départ doit sans cesse être présent à la pensée) de deux éléments parfaitement distincts, qui ailleurs se sont fait la guerre, mais qu'on est parvenu en Amérique à incorporer en quelque sorte l'un dans l'autre, <^t h combiner merveilleusement. Je veux parler de l'esprit do religion et de l'esprit de liberté.
TOCQI'E VILLE.
Il
PARIS
GFiASSART. LIBRAIRE KDITRUR
3. DUE HT. l.À PAIX, ET Iti'K SAINTARNAl'I), %
186.")
Tons droits ré.scivésf.
IMPRIMERIE L. TOINON ET T/ , A SA I M - G ERMA 1 N
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HISTOIRE
DE LA RÉPUBLIQUE n Ks
ËTATS-UNIS
DKPl'IS l' ÉTABLISSEMENT DES PREMIERES COLONIES
JUSQU'A L'ÉLECTION DU PRÉSIDENT LINCOLN
(1620-1860)
PAR
J.-F. ASTIÉ
PRÉCÉDÉE D*"UNE
PRÉFACE PAR M. ED. LABOULAYE, de l'institut
La 'civilisation anglo-américaine est le produit (et ce point de départ doit sans cesse être présent à la pensée) de deux éléments parfaitement distincts, qui ailleurs se sont fait ia guerre, mais qu'on est parvenu en Amérique k incorporer en quelque sorte Tun dans l'autre, et 11 combiner merveilleusement. Je veux parler de l'esprit de religion et de l'esprit de liberté.
TOCQUE VILLE.
Il
PARIS
GRASSAHT, LIBRAIRE ÉDITEUR
3, nilE HE LA PAIX, ET BÎ^E SAINT-ARNAUD, 4 j •* t
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Tous droits réservés.
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HISTOIRE
DE LA REPUBLIQUE
DES ÉTATS-UNIS
DEUXIÈME PÉRIODE
(1642-1088)
CHAPITRE P'
HISTOIRE INFÉRIEURE DES COLONIES ET DE LEUR CONFÉDÉRATION
1. — DÉVELOPPEMENT DES DIVERSES COLONIES ORTHODOXES.
MORT DES FONDATEURS.
Pendant que la petite colonie hérétique de Rhode-Island en était encore à traverser la période des diiSficultés qui accompagne naturellement tout premier établissement, les plantations orthodoxes qui l'avaient devancée, ne restaient pas en arrière. Tout pour elles était déjà moins simple, car, sans parler des difficultés de divers genres que le régime théocralique, pris au sérieux, entraîne après lui, elles avaient à vivre d'une double vie, à la fois fédérale et privée.
Pour ce qui est des divers États composant la confédération de la Nouvelle-Angleterre, ils avaient continue à se développer
II. 4 chacun dans sa direction primitive. Seulement le plus ancien de tous était loin de faire preuve du même degré de vitalité. C'était d'abord la ville de Plymouth qui avait vu la colonie du même nom s'étendre à son propre détriment. Elle était à peine fondée depuis un quart de siècle que déjà elle voyait ses habitants se disperser de divers côtés. Un territoire fort limité et d'ailleurs peu fertile n'était guère propre à retenir les fils des Pèlerins, qui n'avaient qu'à transporter leurs tentes dans le voisinage pour trouver tout à souhait.
L'émigration eut bientôt lieu sur une telle échelle que l'Église alarmée se demanda s'il ne conviendrait pas d'émigrer ailleurs en corps, plutôt que de se laisser affaiblir et dissoudre peu à peu. Après de longues délibérations, la majorité se rangea à cet avis et alla s'établir à Nauset, plus tard Eastham. L'historien de la colonie compare l'Église ainsi réduite en nombre « à une mère devenue âgée, que ses enfants oublient, non pas dans leur cœur, il est vrai, mais pour ce qui est de leur présence et de leur assistance personnelle ; les membres primitifs avaient été, pour la plupart, enlevés par la mort ; les plus jeunes avaient fait comme des enfants qui changent de famille : semblable à une pauvre veuve, elle ne pouvait placer sa confiance qu'en Dieu seul : c'est ainsi que celle qui en avait enrichi plusieurs était devenue pauvre à son tour. »
Toutefois, ce n'était là qu'un appauvrissement relatif : la ville seule était en souffrance , mais la colonie s'enrichissait à ses dépens. Elle était aussi prospère et énergique que ses ressources, fort limitées, le lui permettaient ; nul membre de la confédération ne mettait plus d'empressement et d'esprit de sacrifice à travailler au bien commun. Les distances n'y faisaient rien ; dès que le bruit de quelque attaque de la part des Indiens arrivait à Plymouth, le brave Miles Standish rassemblait ses hommes et arrivait avant tous les autres au lieu du rendez-vous.
Rien d'étonnant qu'une communauté si énergique cherchât à se procurer un théâtre d'activité moins ingrat. Déjà de bonne heure elle avait fondé, sur la rivière Kennebec, un éta-
HISTOIÎIE INTÉRIEURE DES COLONIES. 3
blissement dont le Parlement confirma la concession et agrandit le territoire en 1654. Mais si cette entreprise témoignait du désir de vivre, qui animait le petit État, elle devait contribuer à augmenter encore le manque de cohésion et de concentration qui faisait son péril, en dispersant toujours plus les trois cents citoyens (freemen) que fournissaient ses onze villes.
Plymouth fit également dans ce temps plusieurs pertes en hommes qui furent très-sensibles. Étant la plus ancienne des colonies, elle fut aussi la première à voir les rangs des fondateurs s'éclaircir, alors que l'œuvre était à peine consolidée.
William Bradford et Edward Winslow moururent vers la même époque (1657, 1658). C'est aussi vers le même temps que la colonie de Plymouth fut privée des précieux services de Miles Standish, une des figures les plus originales, qui, aujourd'hui encore, occupe une place distinguée dans la légende populaire de la Nouvelle-Angleterre.
Autant Plymouth, par son manque de cohésion et par son peu d'importance numérique, courait le danger d'être absorbé par ses voisins, autant le Massachusetts présentait de bonne heure le type d'une république forte et puissante qui aurait aisément établi sa prépondérance sur les autres colonies. Elle était de toutes la plus avancée et la plus forte, grâce à l'énergie et aux lumières des hommes distingués, qui, de bonne heure, lui avaient tracé la marche qu'elle devait suivre avec fermeté et persévérance. La question de l'équilibre des pouvoirs, si délicate dans une démocratie, s'était posée de très-bonne heure; les partis en présence se surveillaient de près, et les élections, assez fréquentes, étaient là pour indiquer positivement dans quel sens se prononçait l'opinion publique. Le moindre sujet de mécontentement avait pour effet d'éloigner du pouvoir le parti qui y avait donné heu, ce qui amenait une rotation des offices assez fréquente. Mais, dans les moments critiques, tout était oublié ; on se donnait la main •pour appeler au gouvernail le vénérable Winthrop qui ne cessa d'aller en grandissant dans l'estime publique ; c'est en grande partie à son esprit élevé, à son amour sincère de l'ordre et de la liberté que le Massachusetts doit d'avoir pu présenter au monde le type, si rare encore, d'une démocratie vraiment chrétienne. De 1644 à 1648 on modifia le code de lois et on chercha à augmenter les revenus publics en établissant des impôts et des droits de douane.
Vers cette époque, la jeune colonie commença aussi à voir disparaître les hommes importants de la première génération. La perte la plus sensible fut celle du premier gouverneur, John Winthrop (1649).
Le dernier historien de la Nouvelle-Angleterre lui rend un fort beau témoignage en marquant très-bien sa place dans le développement subséquent de ce pays. <f On se tromperait, dit-il, si on prétendait que les principes sur lesquels l'État reposait fussent de son invention, mais il est hors de doute que c'est lui, plus qu'aucun autre, qui a donné une forme, une vigueur et une portée pratiques, destinées à assurer leur permanence, à ces sentiments et à ces institutions qui plus tard réglèrent, dans la Nouvelle- Angleterre, le cours des pensées et de l'histoire. Il est également certain que parmi les millions Me nos contemporains, 'descendus de ceux qu'il gouverna, il n'en est pas un seul qui, au moyen des influences transmises par la société et le développement intellectuel dans le cours des générations intermédiaires, ne soit redevable de ce qu'il y a de mieux en lui, et dans le monde qui Tentoure* à la sagesse bienveillante et courageuse de John Winthrop. » Quand on songe à l'ihfluence pt*épondérante que le Massachusetts a exercée sur la Nouvelle-Angleterre, et par elle sur le pays entier, on reconnaît en Winthrop un de ces hommes qui méritent d'être salués du titre de père de la patrie. Avant de quitter cette terre, il eut le privilège, assez rare, de jouir du fruit de ses travaux : il laissait en paix et dans une grande prospérité cette république qu'il avait aimée ; les premières souffrances étaient oubliées, une nouvelle génération s'élevait qui allait recueillir les nombreux bienfaits dont les pères leur * avaient assuré la jouissance à la sueur de leur front par leurs sacrifices, et par une indomptable énergie qui puisait sa force dans un égal amour du christianisme et de la liberté.
La jeune colonie eut Fimmense avantage de trouver dans trois hommes, Endicott, Bellingham et Dudley de dignes héritiers, sinon de toutes les vertus et de tous les talents, du moins des traditions et de la politique de Winthrop. Endicott, qui. lui succéda, fut réélu jusqu'à l'âge de soixante-dix-sept* ans, excepté dans deux circonstances, où il n'occupa, momentanément, que la place de vice-gouverneur. Quoiqu'il fût le mieux qualifié de ceux qui restaient, Endicott ne possédait pas toutes les belles qualités de l'homme d'État qui avaient distingué, à un si haut degré, son éminent prédécesseur. Heu^ reusement qu'à tous ses divers talents Winthrop en joignait un autre extrêmement rare chez les hommes distingués, celui d'avoir su fonder la république sur des bases telles qu'il ne fût plus lui-même indispensable à sa prospérité I Les premières difficultés étaient heureusement surmontées ; certaines traditions s'étaient déjà étabttes ; des hommes de second ordre Wr=".*f;9^^^ ^ W'?f<?^{F>^<''.f}.f!éyelopperce
)Û pouilledes Péquots, situé entre les rivi^fjeSii^H.Jfi^miHitHçjlc/Ç),, %^f '9f . . W^Rfil .: \^ ■ .P^RI^cticu^i ^\m}-% . ^m ■ ,pr,ét«f}lioflçj/, fut ^JW^^i^'^^^ii^V^i PWlf^ins .dp,Pft?tfl|i,/ïW y„flrgaqi3èfent nm . ^fP^mWm J^ AO'n,^fiS9.uthfirl<9Wn^ iWJPM,r<J',hHVStoningitw^K .
charte et profitant des circonstances favorables, elle étendit sa frontière nord jusqu'à s'annexer le Maine et autres territoires voisins. En ayant le bon esprit d'admettre les nouvelles populations à la jouissance des mêmes droits et privilèges que les anciennes, les citoyens du Massachusetts triomphèrent aisément du peu d'opposition que 'firent quelques individus (1653). Ceux-ci allèrent bien porter leurs doléances en Angleterre, mais ce fut sans succès.
La condition des colonies occidentales, New-Haven et le Connecticut, n'était pas moins prospère. La première avait fini par s'arrondir aux dépens des Hollandais, en obtenant (1655) la cession de Greenwich, située sur les frontières des deux pays, et depuis longtemps objet de querelles sans cesse renaissantes. L'esprit public, sauvegarde des démocraties, s'était aussi développé dans le bon sens, au sein de cette petite communauté. Ainsi, partant de l'idée que les fonctionnaires sont les serviteurs du peuple, on avait senti de bonne heure que pour être en droit de leur demander un compte rigoureux de leur administration, il fallait les payer. En conséquence, le gouverneur Eaton, le plus riche des citoyens et dont la générosité égalait la fortune, n'en recevait pas moins un salaire annuel de' SOiîVfeà Mlïn^. Il mouM e^
ùf)i\o\ho\{0 >co[(U''iO'/iii -0*jiiBl^.M«-''rir.» >.t)i; iuî.îJiiO'i^ J'j 'jhihlj importun. Wintlirop le jeuae s'était établi à l'embouchure de la rivière des Péquots dans le voisinage du Rhode-lsland.
Haynes et Hopkins furent les colonnes de la plantation du Connecticut. Appartenant à une famille distinguée et riche, Haynes représentait très-bien; des manières gracieuses, dont il était redevable à une éducation soignée, lui gagnèrent la popularité et exercèrent une influence civilisatrice sur les hommes simples qui n'avaient pas joui, dans leur jeunesse, des mêmes avantages. Hopkins était surtout un homme d'action; son talent pratique s'était développé à Londres alors que, comme négociant, il avait acquis une belle fortune dont il devait faire un large usage dans l'intérêt du public. Appelé à se rendre en Angleterre pour régler quelques intérêts, il fut retenu par Olivier Cromwell qui sachant l'apprécier à sa juste \ileur lui contia des fonctmns importantes En léguant (1657) toute sa fortune au Connectiiut pouf dps foijd9tWQ| d utihte eif|?lf()(;p ,^1 ffft m »te8i PneiPiers ^ ^abJir UftiUs^g^ d<?f)t (f trajliiifl^ sçst jjMu^einuejii^u-î^ amoMU^ l)Hi c|ip? les d^^n^apts ûps preii,iievs (mojlauis i
' If — DlS^SIOfiS DANS LE 1EI1V DE LA COISFEDERATION
Comme on le pense bien le développement de cesdi>ei^ États mdependants ne |iou\ait avoir lien san^ souraetire ^ quelilucù tiraillemtntb le lien fédéral qui les réunissait Djhord celui ci, iiuoique fortlaLlie repusiit "Jui des pimupes tre';-ptnériu\ qui dans la pntiqut pouv lient piLstntci bien des (lilliinltis d initipu hlion (|uon n avait pu prLVOir t,(i sujti- nous suons que c i Lut sims 1 impul ion d un mdi\idua hsme f\(-t sif pliiux de puuvou mettie dins toute leui n guciii JLurs piincipeb LU pratique qui les hommes unis par ïtt mcme foi t,t par le mt.me imoui de Ig libi rk s etaient^,^ dès le début, , divisé!» eu plusiem>b Lommim^uleb anues fa^^ distinctes. De peur d'être amenés à faire quelques sacrifices à leurs convictions en se rangeant autour de ceux qui avaient fait les premières conquêtes sur les forêts, chaque groupe particulier avait préféré tenter la fortune pour son compte, au risque des nombreuses privations et des plus grands périls.
On comprend qu'avec de telles dispositions le moindre différend pouvait aisément revêtir le caractère d'une de ces questions de principes qui, souvent pour de simples nuances, divisent les hommes d'ailleurs les plus rapprochés. Or la question des frontières territoriales, qui naturellement n'avait pu être réglée 'que d'une manière très-générale, vu l'ignorance de la géographie du pays, offrait une occasion journalière de discussion entre les communautés voisines, possédées d'un égal désir de s'arrondir en s'emparant des territoires qui étaient encore censés les séparer. A cela venait se joindre la qaeitioft'des droits ide juridiction sur les rivières et bras de mt;^(ltt^ sbùV^t deuk TÉtâta pb^édtfieht» éh cÔttikiillhl^"'*'" '' ^'»' Déjà 'dd tetiMbtinfttfhëùrëV'îrym'^a'ûïie t<»6i'JVi^b 'di^éli^^- sion de ce genre entre le Mà^SàbfttolsëftS'if tihë^ï/ivr yt'^k'ïfôtk autres colonies de l'autre. Elle fut provoquée par la prétention du Connecticut d'établir un bureau de péage à Saybrook (1645)^ vire qui
mais les commerçants de Springfield, autre ville établie sur la rivière, se refusèrent à paver, disant qu'ils étaient sous la iùmikm âi'ÈmmHÉëm[%am'à ;i6HK^iqi!i'eFïa''iiVf{féliaadisë;' 'te«6WfieèW6Ut"iitWyrdffa'ffô lés'&îlrHniïsyàWs 'de
) ; un fort fut établi pour arrêter le passage de tout, naui n aurait pas acquitte un certain droit d exportation ;
dans ces mançres. Le tionnecticut laisait valoir que les droits përçd^' èViiëWt ' dorisaci^ës a f entrëlièn (ïu'férfde êayUrdot*,, destine a garantir la surete de la rivière ; les habitants de jpporier, une por-, tiôn a&i cnarges. Tandis que Plymouth et New-Hàven se ran-
HISTOIRE INTERIEURE DES COLONIES. 9
gèrent à cette manière de voir, le Massachusetts protesta. A l'entendre, la protection de la rivière n'était qu'un prétexte mis en avant pour les besoins de la cause ; il s'agissait, en réalité, de se procurer de l'argent pour désintéresser un premier occupant qui avait consenti à céder ses droits : or les habitants du Massachusetts ne pouvaient être rançonnés pour mettre ceux du Connecticut en état de faire de nouvelles acquisitions. Il y eut réplique et duplique; l'affaire traîna en longueur. Les représentants de New-ïlaven et de Plymoutli crurent mettre un terme au différend en reconnaissant, il est vrai, les prétentions du Connecticut, mais avec cette réserve, qu'à l'avenir les droits ne seraient ni perçus ni élevés sans nécessité et sans l'approbation préalable des commissaires fédéraux ; du reste, la question serait de nouveau examinée pour peu que les habitants de Springfield ou le Massachusetts en exprimassent le désir.
Mail, ceiu c se montra très b ess de ces p oc des a son c_a 1 un sen ment t s pen fele s é a t emi. a é de ses p an teu s ne a-is a t de r e m ns p de le qu oi( a conf de at on e le m ne Ln com lU on i b ç a m er a e so n p r çle du p l F d 1 ( d
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ïilTaires civiles et ecclésiastiques de chaque colonie respective :
ils ne devaient pas même avoir la faculté d'établir, pour exécuter leurs ordres, des fonctionnaires fédéraux dans les diverses plantations ; ensuite le Massachusetts faisant valoir la circonstance qu'il supportait la plus grande partie des charges, réclamait ie droit d'envoyer un commissaire de plus; il était du reste d'avis que les autres colonies eussent le même privilège, à charge de contribuer aux mêmes dépenses, qui dorénavant devaient être fixées en tenant compte du nombre des ressortissants de chacune des parties contractantes; on demandait enfin qu'à l'avenir aucun État ne fût considéré comme ayant violé le pacte fédéral pour n'avoir pas tenu compte des recommandations que lui auraient adressées les commissaires fédéraux, à titre de simples conseils.
Cette proposition de modifier le pacte fédéral n'aboutit pas : tout le monde se défendit d'avoir jamais prétendu que la con - fédération dût porter la moindre atteinte aux droits des États souverams excepté dans les points expressément spe cifiés dans la cnn'.litijtion on duNait so f,aidLt de résoudre a 1 çvance certdincs ilifiiLuUc^ d une manière ilistiaili et at tendre patiemnienl que les cas se produisissent deux mêmes il fallait prendn virile ijnuti t on que le besoin de miiri tenir en chaque uiidnie une juridiction parliculiere et complète ne tompromit pis I inleréf général et les lins qu on avait eues en \ue i n ttabliss^nf la (onfederation Du resle dans quelques piomls de dcinil on élail dL ! a\is du Massa chnsetts et on se montrait dispnst t fiire droit i ses observations Il ètail (.vident aux jt,u\ des commissaires quecette ptoàositiûn àe modifier le picte fédéral aMit elé provoquée iJar* lelfibiiit en litige et qu elle defnssiit k but '
lltfâis lacontioverseau sujcl du droit de pissige contèw tfaVElriçinflt' pas parce que les commissaires fi denuv min qtfaient AéÉ éléments nécessaires pour trancher le cas déhnitivemeirt, le Massachusetts perdant patiencte se laissa aller à des mesures de reprè^aritfes ïl feisait payei^ a tous les havd^es arrivant k Boston un droit d'entrée tlesUtie à coaviir les tràtë,^ âe fc^flififiatiûns indispebikblèè itblii<l& 'sûreté dé lit liè[vlgatioû.
HISTOIRE INTÉRIEURE DES COLONIES. M
Les commissaires fédéraux'envoyèrent une remontrance au Massachusetts et, avec une certaine dignité, ils exprimèrent le désir qu'on voulût bien se dispenser à l'avenir de les importuner de nouveau au sujet de l'affaire de Springfleld.
Le Massachusetts se le tint pour dit. Il paraît même qu'il reconnut bientôt qu'il était allé trop loin dans la revendication de ses droits, car la mesure de représailles fut rapportée dès l'année suivante.
Cette querelle était à peine oubliée qu'il s'en élevait une seconde non moins grave qui allait encore sérieusement compromettre le lien fédéral. Ce fut une question de politique extérieure qui la provoqua. Il s'agissait d'un sujet fort délicat et toujours actuel : les rapports des colons avec les Indiens. Quelques-uns de ces derniers furent soupçonnés de comploter avec le gouverneur hollandais de la Nouvelle-Amsterdam contre la sûreté des établissements anglais. Dès que cette nouvelle parvint à Boston on convoqua, en toute hâte, les commissaires fédéraux en séance extraordinaire. Pour ne pas perdre de temps, le Massachusetts avait pris sur lui d'envoyer des députés feî^ë iihé eric^tiête au sieih de quelques lri1)us,suirieà' lïmtS c(iiî*èotiîaîe^^^ sebôrhàntpàs à tiiér toute péiiséé (le
Peut-être aussi les colons de la Nouvelle-Angleterre trouvaient-ils le moment bien choisi pour se débarrasser de voisins dont ils convoitaient ardemment l'héritage.
Cependant tous les commissaires fédéraux n'étaient pas convaincus de l'existence d'un complot entre les Hollandais et les naturels. La principale preuve à l'appui des soupçons était « le témoignage positif d'un chef, Uncas, mais sa bonne foi était fort compromise : on le suspectait d'avoir inventé toute cette histoire dans des vues intéressées. Le gouvernement et les anciens du Ma ssachusetts ayant été appelés au conseil, leur avis fut qu'avant de s'engager dans une voie qui ne permît plus de reculer, il convenait de reconsidérer à nouveau toute l'affaire.
« Nous sommes, disait-on, un peuple se réclamant de l'Évangile de paix, nous avons affaire à des gens qui se réclament de la même foi; ne convient-il pas que, dans cette grave question, nous offrions au gouverneur hollandais l'occasion ou de se justifier, ou d'accorder des garanties de paix
colonies.» ' , ,
militaires. Mais, les Hollandais, ne se prêtèrent nullement à une le sens des premiers. Sans yo})}{i\J[M};,liKMH^ Â^ .^^Mh, ils maintiennent que les preuves ne leur paraissent pas suffisamment concluantes pour justifier aux yeux du monde une déclaration de guerre.
Là-dessus la chambre des députés du Massachusetts fitsavoir aux commissaires fédéraux que, pour le moment, ils n'estimaient pas qu'ils fussent appelés à déclarer la guerre aux Hollandais. Toutefois, ne tenant nul compte de ce préavis, si bien motivé, les commissaires se prononcèrent pour la guerre à l'unanimité, moins une voix qui était celle d'un représentant du Massachusetts. Mais ce dernier État n'était nullement disposé à prêter la main à une entreprise de cette importance. Une commission fut chargée, par l'assemblée générale, d'examiner si les commissaires fédéraux étaient autorisés à décider de la justice d'une guerre offensive et à y engager les colonies. Les articles du pacte fédéral accordaient bien aux commissaires le droit de trancher tout ce qui concernait la guerre ou la paix, mais on fit valoir des considérations générales et d'autres clauses du pacte pour établir qu'il ne pouvait être question que de la guerre défemive. En conséquence, il fut décidé que ce serait un vrai scandale pour la religion si une assemblée générale de chrétiens était tenue, sur la foi de six délégués, de s'engager dans une affaire que leur conscience condamnait. C'est ainsi que la souveraineté locale et l'autorité fédérale se trouvaient en présence et que la question menaçait de s'étendre, puisqu'il ne s'agissait de rien moins que d'une affaire de conscience, le plus grand des intérêts, au jugement des Américains de ce temps-là.
Dès qu'on connut que les deux branches de la législature du Massachusetts approuvaient cette doctrine, l'agitation fut grande dans les autres colonies. Elles se mettent à l'œuvre à l'envi pour agir et protester ; des messagers de New-Haven et du Gonnecticut arrivent à Boston avec une protestation énergique, exigeant que cette décision soit rapportée. Si Ton refusait, on demandait au Massachusetts la permission de lever et d'équiper des volontaires sur son territoire. Si cette dernière requête était repoussée, New-Haven et le Gonnecticut s'engageraient seuls dans la guerre. Enfin on déclarait que pour le cas où le Massachusetts ne retirerait pas l'interprétation qu'il avait donnée des articles du pacte touchant la guerre, il n'y avait plus lieu pour les commissaires fédéraux de se réunir. La confédération aurait donc cessé d'exister de fait ; mais le Gonnecticut ne voulant pas pousser les choses à l'extrême, ne consentit pas à permettre que les commissaires cessassent de se réunir pour le cas où les opposants de Boston refuseraient de se rétracter.
L'assemblée générale du Massachusetts à son tour protesta contre l'injustice qu'on voulait leur imposer; ils ne pouvaient accepter ce dilemme : agir contrairement à leurs propres convictions, ou passer pour avoir rompu le contrat signé avec les autres colonies. Ainsi la question était des plus délicates et des plus graves, pour des hommes habitués à tout sacrifier aux exigences de la conscience. Les commissaires fédéraux étaient à la fois trop éclairés et trop équitables, pour ne pas sentir que la position prise par les opposants était inexpugnable ; placés dans les mêmes circonstances, ils n'auraient pas raisonné différemment. « Nous savons parfaitement bien, répondirent-ils, que nulle autorité, ni des parents, ni des magistrats, ni des commissaires, ne saurait prévaloir contre les commandements de Dieu . » Us accordaient de fort bonne grâce que tout ordre, de quelque autorité qu'il émanât, devaif être tenu comme nul et non avenu du moment où il était manifestement reconnu comme injuste, mais ils ajoutaient que ce n'était pas là la question débattue. Le Massachusetts soutenait., au contraire, que c'était bien là le point en litige, et, en conséquence, il se refusait à faire la moindre concession. Il n'y avait donc plus moyen de, s'entendre, faute de cette base commune sans laquelle nulle discussion ne saurait aboutir. En conséquence, à la suite d'une correspondance fort vive, les commissaires fédéraux, très-mécontents, déclarèrent qu'il ne restait plus qu'à dissoudre la confédération et à retourner chacun à ses propres affaires.
Le conseil général du Massachusetts répondit fort laconiquement dès le lendemain qu'il ne voyait pas l'utilité qu'il pouvait y avoir à perdre son temps en correspondances inutiles; qu'il s'en référait à ses dernières communications et remettait à Dieu le succès. Gomme les commissaires fédéraux étaient sur le point de se disperser, les représentants de Boston donnèrent un commentaire de leur langage par trop sec. « Nous reconnaissons, disait le conseil général, qu'en tant que les décisions des commissaires sont justes et agréables à Dieu, les colonies sont tenues, par le pacte fédéral, d'agir en conséquence» sous peine de pécher et de rompre le contrat ; mais, hors de ces conditions, nous estimons n'être tenus à rien ni devant Dieu ni devant les hommes. » Les commissaires se contentèrent, pour le moment, de cette explication, se réservant d'en référer à leurs divers États respectifs. Il fut ensuite procédé aux affaires ordinaires de la session.
Telle fut cette pierre de scandale contre laquelle la jeune confédération parut un instant vouloir se briser. Le cas était d'autant plus grave que les principes fondamentaux du puritanisme, le droit de la conscience de ne relever que de Dieu seul et de sa parole écrite, étaient mis en question. Était-il donc vrai qu'en s'unissant, les colonies, renonçant à leurs devoirs et à leurs droits les plus sacrés, s'étaient implicitement, sinon explicitement engagées à obéir aux prescriptioi^s de la majorité, même quand elles ne seraient pas conformes aux exigences de la conscience? 11 est fort probable qu'on n'avait pas prévu le cas. Mais qu'il y eût ou légèreté ou imprudence, il n'était jamais trop tard pour revenir en arrière : même au simple point de vue du droit, un contrat immoral est par le fait même frappé de nullité. En aucune façon donc, le Massachusetts ne pouvait être tenu de s'engager dans une guerre que la majorité de ses ressortissants déclarait inique. Restaient pourtant toujours les articles du pacte qui reconnaissaient aux commissaires fédéraux le droit de décider souverainement des cas de cette nature. Les gens de Boston, il est vrai, avaient cherché à éluder la difficulté en distinguant entre là guerre offensive et la guerre défensive, mais ils n'avaient pas tardé à abandonner cette distinction, qui n'était nullement admissible. Il ne restait donc plus qu'une seule issue : les droits de la conscience se trouvant en conflit avec la lettre des obligations fédérales, entre puritains, la question rie pouvait faire l'objet du moindre doute, c'étaient celles-ci qui devaient céder. Non-seulement le Massachusetts ne pouvait pas s'être engagé à agir contrairement aux prescriptions de la conscience, mais l'eût-il fait, sans s'en douter, il y avait des obligations morales d'un ordre supérieur qui ne lui permettaient pas de tenir ses engagements téméraires. Peu importe la ma-- nière dont elle a été prise, une promesse criminelle ne saurait jamais lier celui qui l'a faite. Malheureusement, d'accord sur la théorie, les parties en présence ne l'étaient plus dès qu'il s'agissait d'apprécier le cas particulier.
Ce que le Massachusetts se refusait à faire comme une iniquité monstrueuse, la majorité des commissaires fédéraux le tenait pour une obligation fédérale parfaitement conforme aux droits de la justice : à leurs yeux, en persistant dans leurs refus, leurs frères de Boston rompaient le lien fédéral. Ceux-ci n'étaient pas insensibles à cette accusation. La confédération leur était chère ; c'était grâce à leurs soins qu'elle avait pu être formée , en dépit de bien des obstacles ; mais que faire ? Pouvaient-ils se résigner à remplir des obligations fédérales qui réclamaient de leur part une conduite qu'en leur âme et conscience, ils tenaient pour criminelle? Sur cette terre classique du puritanisme, conquise au prix de tant de sueurs et de tant de larmes, la loi suprême de Dieu devait-elle cesser d'être la règle infaillible d'après laquelle les lois humaines les plus positives demandent à être appréciées? Sans doute la rupture du lien fédéral devait apparaître comme une calamité publique ; mais n'était-il pas plus terrible encore de s'exposer aux traits de la colère de Dieu et aux angoisses d'une conscience délicate, en consentant à faire ce qu'on savait être mauvais ?
Cependant, pour si fermes que fussent ces principes tutélaires aux yeux de la colonie récalcitrante du Massachusetts , sa position n'en demeurait pas moins extrêmement délicate et pénible. Car enfin, ils ne pouvaient pas se le dissimuler, leurs adversaires étaient, aussi intègres et consciencieux qu'eux-mêmes; ils ne pouvaient s'empêcher de leur rendre le témoignage qu'ils désiraient, en bonne conscience, demeurer fidèles à l'esprit de l'Évangile; et avec tout cela ils avaient pour eux et la majorité et la lettre de la constitution. Qui donc devait céder? A qui appartenait-il de faire, sur l'autel de la patrie, le sacrifice de convictions également sincères? On en conviendra, la tentation était forte, le pas glissant. Pour peu qu'on fût disposé à un de ces compromis pour l'amour de la paix, à une de ces capitulations de conscience qui acquièrent à celui qui s'y livre l'approbation de tous les contemporains intéressés, et que l'histoire impartiale flétrit comme des trahisons, comme des crimes de lèse-vérité, de lèse-conscience, les prétextes plausibles ne manquaient pas. Mais la vertu puritaine était trop jeune encore pour succomber. Les hommes de Boston, placés dans une position si cruelle, puisèrent dans l'estime même qu'ils faisaient de leurs adversaires, la force nécessaire pour raffermir leur courage. Après tout, quand de malheureux conflits de ce genre éclatent entre des hommes qui se rendent mutuellement le témoignage d'être animés par un amour également désintéressé de la vérité et de la justice, il n'est pas si dilBcile qu'il peut paraître de décider qui doit, par une concession opportune, prévenir une rupture déplorable.
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The end
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