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COLLECTION JULIEN BOITEL
DEUX ANNÉES
Préface
Da/?s /e petit Traité que nous offrons aujourd’hui au public , noüs n’avons pas visé à introduire toutes les connaissances que doit posséder un bon comptable; nous nous sommes seulement appliqué à présenter sous la forme la plus claire tous les éléments nécessaires pour former un bon teneur de livres .
Nous avons pris comme plan de notre ouvrage les matières à enseigner dans les Écoles primaires supérieures.
Ce livre étant ainsi destiné plus spécialement à des enfants de treize à seize ans, nous nous sommes efforcé de traiter chaque question aussi simplement que possible. Chaque fois qu’un livre, un compte ou un document quelconque pouvait avoir plusieurs variantes, nous nous sommes attaché à la meilleure de ces formes, évitant ainsi les modèles variés au milieu desquels l’enfant est incapable de fixer son choix.
Dans un complément nous avons ajouté à ce Traité un résumé des matières que l’élève des Écoles primaires supérieures doit voir en troisième et quatrième années, sur les notions de droit commercial.
Tel qu’il est, ce petit ouvrage comprend le bagage nécessaire à un teneur de livres et les notions les plus indispensables à un ^ comptable.
Toutefois, malgré les soins que nous g avons apportés, notre Traité peut laisser à désirer sur certains points, et en le recom- 4 mandant à l’attention de nos collègues, nous les prions de nous ; communiquer leur appréciation. Nous serons heureux de recueillir ''z les critiques qu’il aura pu soulever, afin de nous permettre d’améliorer les éditions ultérieures .
*5
J. BOIT EL.
DEUX ANNÉES
DE
COMPTABILITÉ
DANS L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SUPÉRIEUR
PREMIÈRE PARTIE
COMMERCE
COMMERCE ET COMMERÇANTS
Différentes sortes de commerce.
1. Définition clu commerce. — Le commerce consiste dans l’échange, la transformation et le transport des marchandises ou denrées, des monnaies, des valeurs mobilières et des services, le tout en vue de réaliser des bénéfices.
2. Divisions : commerce de gro§, demi-gros et détail; — commerce intérieur et commerce extérieur. — Suivant l’importance des affaires, le commerce se divise en commerce de gros , demi-gros et détail .
DEUX AN. DE COMPT.
Au point de vue géographique, le commerce se divise en commerce intérieur et commerce extérieur.
Le commerce intérieur est celui qui se fait entre habitants d’un même pays.
Le commerce extérieur est celui qui se fait entre nabitants de pays différents.
Le commerce extérieur se subdivise lui-même en importation , exportation et transit.
3. Importation. — L’ importation consiste dans rintroduction en France, de marchandises provenant de l’étranger ou des colonies.
4. Exportation. — L'exportation consiste dans l’expédition à l’étranger, ou aux colonies, de marchandises provenant de France.
5. Transit. — Le transit consiste dans le transport à travers la France de marchandises provenant de l’étranger, à destination de l’étranger, ce transport étant effectué sans que la marchandise ait à payer de droits de douane à l’entrée et à la sortie de France.
A l’exception de quelques commerces dont l’État s’est réservé le monopole, tels que : le commerce du tabac, des allumettes, le transport des dépêches, etc., tous les commerces sont permis, s’ils ne sont pas contraires aux lois.
Au point de vue de la nature des opérations, le commerce se divise en quatre grandes branches : l’industrie, le négoce , la banque et les entreprises .
Différentes sortes de commerçants et intermédiaires.
6. DéfÏBiition du commerçant. — L’article 1er du Code de commerce définit les commerçants : « Ceux qui
DIFFÉRENTES SORTES DE COMMERÇANTS 3
exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle. »
7. Actes cle commerce. — Par les articles 632 et 633, le même code énumère les actes de commerce. Ils consistent principalement en : achat , vente ou location de marchandises, entreprises de manufacture , commission et transport , opérations de banque et locations de services.
Tout individu capable de contracter peut faire le commerce... 11 en résulte que :
L’interdit ne pourra pas faire de commerce;
Le mineur ou la femme mariée ne pourra le faire que sous certaines conditions.
A ces exceptions, il faut ajouter : les fonctionnaires de VÉtat, les avocats , avoués , huissiers , notaires, qui ne peuvent faire aucun commerce, les membres du parlement à qui certains commerces sont interdits.
Les commerçants seuls peuvent être mis en faillite ou en liquidation judiciaire.
8. Obligations du commerçant. — Le commerçant doit :
2° Payer patente ;
3° Tenir des livres;
4° Dresser un inventaire annuel;
5° Faire publier un extrait de son contrat de mariage ainsi que des jugements prononçant divorce ou séparation de biens;
6° S’il suspend ses paiements, déposer dans les quinze jours son bilan au tribunal de commerce et demander sa mise en liquidation judiciaire ou en faillite.
9. Avantages du commerçant. — Il est électeur et éligible au tribunal de commerce et aux chambres de commerce.
Il est dispensé du bon ou approuvé au-dessus de sa signature sur les effets non écrits de sa main.
10. Divisions : commerçants proprement dits et intermédiaires de commerce. — Les commerçants au sens légal du mot se divisent en commerçants proprement dits et en intermédiaires de commerce.
Les commerçants proprement dits gèrent les quatre grandes branches du commerce, industrie , négoce , banque et entreprises. Ce sont :
Le fabricant ou industriel pour l’industrie;
Le négociant et le marchand pour le négoce;
Le banquier pour la banque;
L'entrepreneur pour la location des services.
Les principaux intermédiaires sont : les agents de change, coulissiers, remisiers, commissionnaires en marchandises, commissionnaires en transports, courtiers en marchandises , courtiers maritimes , courtiers d'assurances maritimes, représentants , entrepositaires, etc .
11. Fabricant. — Le fabricant est celui qui vend la matière première, après l’avoir transformée en produits plus aptes à satisfaire nos besoins et appelés produits fabriqués.
12. Négociant. Marchand. — Le négociant et le marchand vendent les marchandises dans l’état où ils les ont achetées.
Le négociant achète et vend les marchandises par grandes quantités. On l’appelle aussi marchand en gros.
Le marchand achètp en gros au négociant pour revendre par quantités moindres, soit à un autre commerçant, soit à un consommateur. On l’appelle suivant le cas marchand en demi-gros et marchand au détail ou détaillant.
13. Bancpiicr. — Le banquier est un commerçant qui, au lieu d’opérer sur des marchandises ordinaires, opère sur des monnaies et effets de commerce.
14. Entrepreneur. — L 'entrepreneur est un commerçant qui, moyennant une rémunération, se charge de rendre à une autre personne un service convenu, tel que transporter une marchandise d’un lieu à un autre.
15. Entrepreneurs de transports. — On appelle
IFFÉRENTES SORTES DE COMMERÇANTS entrepreneurs de transports ou transporteurs , des commerçants qui se chargent du transport des voyageurs ou des marchandises.
Les principaux entrepreneurs de transports sont : les compagnies de chemins de fer ou d’omnibus, les armateurs, les bateliers, etc. Ils sont responsables des objets qu’ils transportent.
16. Afina-teiirs. — On appelle armateurs des négociants qui arment des navires, c’est-à-dire qui les munissent de tout ce qui leur est nécessaire pour naviguer, recrutent l’équipage, choisissent le capitaine, etc.
Aujourd’hui les armateurs sont le plus souvent de puissantes compagnies.
17. A§sureur§. — Ce sont des capitalistes qui, moyennant une prime, prennent à leur charge des risques quelconques : « Risques d’incendie, d’accident, de mort, risques maritimes, etc... » Ce sont ordinairement des compagnies anonymes disposant d’énormes capitaux. Il existe aussi des assurances mutuelles.
18. Agrcnts de elismg'e. — Les agents de change sont des intermédiaires officiels et obligés pour l’achat et la vente de toutes les valeurs mobilières cotées à la Bourse : rentes, actions, obligations, délégations, parts , bons , etc.
Pour être agent de change, il faut :
1° Être Français ;
2° Avoir vingt-cinq ans accomplis; 1
3° Jouir de ses droits civils et politiques;
5° Prêter serment;
6° Fournir un cautionnement;
7° Ne pas être dans un des cas d’exclusion indiqués à l’article 85 du code de commerce.
L’agent de change doit tenir un carnet de toutes les opérations qu’il accomplit et doit garder secret le nom de ses clients. Il ne peut être mis en faillite sans être déclaré banqueroutier.
19. Coulissiers. — On appelle coulissiers des intermédiaires officieux qui font les mêmes opérations que les agents de change. Ils sont tolérés, mais non reconnus par la loi.
20. Remisiers. — Les remisiers sont des intermédiaires qui recrutent des clients pour le compte d’un agent de change ou d’un coulissier. Ceux-ci leur abandonnent en retour une commission.
21. Courtiers en marclmndises. — Ce sont des intermédiaires qui, moyennant une commission appelée courtage, mettent en relations acheteur et vendeur, constatant les cours sans jamais s’engager eux-mêmes.
Avant le 1er janvier 1867, les courtiers en marchandises étaient des officiers publics investis d’un monopole. Ce monopole a été aboli par la loi du 18 juillet 1866.
22. Courtiers inscrits. — Il existe pourtant des courtiers privilégiés, ce sont les courtiers assermentés ou courtiers inscrits. On désigne sous ce nom des courtiers inscrits sur une liste dressée par le tribunal de commerce. Ils sont seuls chargés des ventes publiques, aux enchères et en gros, de marchandises neuves, rédigent la cote et expertisent les marchandises déposées dans les magasins généraux et destinées à être warrantées.
Pour être courtier inscrit il faut :
1° Être Français;
2° Ne pas avoir fait faillite ou être réhabilité;
3° Justifier de sa moralité et de sa capacité professionnelle;
4° Payer un droit qui ne peut excéder 3 000 francs.
23. Courtiers maritimes. — Les courtiers maritimes, appelés aussi interprètes et conducteurs de navires , sont chargés du courtage des affrètements et locations de navires. Ils constatent le taux du fret ou nolis et ont seuls le droit de traduire en français les
DIFFÉRENTES SORTES DE COMMERÇANTS 7
pièces de bord nécessaires à la douane et écrites dans une langue étrangère, qu’ils ont prouvé connaître.
Ce sont des officiers ministériels jouissant d’un monopole. Ils doivent acheter une charge: ils sont nommés par décret.
24. Courtiers d’assurances maritimes. — Ce
sont des officiers ministériels chargés de négocier les assurances, d’en rédiger les polices, d’en attester la vérité par leur signature et de certifier le taux des primes pour tout voyage de mer.
25. Commissionnaire en marcbaiulises. — Le commissionnaire en marchandises est celui qui achète ou vend en son propre nom, et pour le compte d’autrui.
Il reçoit pour cela une rétribution, appelée commission, de tant pour cent sur le montant des affaires faites.
26. Ducroire. — Il est dit ducroire lorsqu’il se porte envers son commettant, garant du paiement de ce qu’il a vendu.
Il reçoit pour cela une commission supplémentaire appelée également ducroire .
27. Facteurs aux: halles. — Ce sont des intermédiaires chargés de vendre dans les halles les produits qui leur sont expédiés, ou d’acheter pour le compte de leurs commettants.
28. Magrasiulers. — Ce sont des propriétaires de magasins qui reçoivent, moyennant un droit de magasinage, les marchandises, matières premières ou objets fabriqués, que les négociants ou industriels veulent y déposer.
ÉCHANGES ET DOCUMENTS RELATIFS AUX ÉCHANGES
SECTION I Échanges
29. Déftaiition de l’éeliangre. — L’échange est un contrat par lequel deux personnes se donnent respectivement une chose pour une autre.
Si les marchandises ainsi échangées sont quelconques, l’échange est dit échange en nature ou troc .
Le troc , encore employé chez les peuples peu civilisés , est devenu rapidement incommode. Pour remédier à ses inconvénients, les peuples civilisés ont inventé la monnaie, c’est-à-dire choisi une marchandise dont la valeur est prise pour commune mesure dans l’évaluation de la valeur des diverses marchandises, et que l’on peut par conséquent facilement échanger contre toutes les autres marchandises.
L’or et Yargent ont été choisis comme monnaies et l’échange de marchandises contre de la monnaie prend le nom d’échange commercial.
30. Achat-vente. — On appelle achat-vente l’opération de commerce par laquelle deux personnes s’engagent, l’une à livrer une chose : marchandise , valeur mobilière ou immobilière , denrée , etc....; l’autre, à en prendre livraison et à payer le prix convenu.
Cette opération prend le nom d'achat si on la considère par rapport à la personne qui s’engage à payer le prix et que l’on nomme acheteur. Elle prend le nom de vente si on la considère par rapport à la personne qui
ÉCHANGES 9
s’engage à livrer la marchandise et que l’on nomme vendeur.
31. Différentes sortes de vente. — Suivant que la livraison de la marchandise et le paiement ont lieu au moment de la vente ou à une époque ultérieure, on distingue trois espèces de vente : au comptant , à crédit , à terme.
32. Vente mi comptant. — La vente est dite au comptant si l’acheteur prend livraison de l’objet de la vente et en paye le prix au moment même de la vente,
33. Vente à crédit. — La vente a lieu à crédit quand les marchandises sont livrées au moment de la vente et ne doivent être payées que plus tard à une époque convenue.
34. Vente à terme. — La vente est dite à terme , lorsque la livraison et le paiement ne doivent avoir lieu qu’à une époque déterminée et postérieure à la vente.
Ces trois modes de vente se subdivisent eux-mêmes en un grand nombre d’espèces de vente, suivant les conventions relatives au mode de livraison et de paiement.
Documents relatifs aux échanges.
35. Définition. — On appelle documents des écrits destinés à constater les conventions faites entre l’acheteur et le vendeur, ou la réalisation de tout ou partie de ces conventions.
Ces documents doivent être établis de façon à permettre à chacune des parties de faire la preuve des conventions. Pour cela, ils sont établis en autant d’exemplaires que de parties au contrat, ou bien chaque partie garde une copie des documents qu’elle envoie à l’autre, ce qui se fait : soit en recopiant le document au copie de lettres, soit en détachant ce document d’un registre à souches, sur lequel se trouvent reproduites les principales mentions du volant.
Nous allons étudier les différents documents employés, dans l’ordre où ils se présentent lors d’une opération commerciale.
36. Ordre d*acliat — C’est une note remise par un commerçant à un commissionnaire , pour le charger d’acheter d’ordre et pour compte les marchandises détaillées dans la note.
37. Ordre de vente. — C’est une note remise par un négociant à un commissionnaire, pour le charger de vendre d’ordre et pour compte, les marchandises à lui expédiées et détaillées dans la note.
38. Hou de commission. — On appelle bon de commission une note écrite et signée par l’acheteur sur laquelle celui-ci fait sa commande au vendeur.
Exemple :
AMEUBLEMENTS COMPLETS
Rapporter la présente en livrant.
MENUISERIE d’art
— MOREL et Cie
Installation de Bureaux
Spécialité de
MEUBLES DE FANTAISIE
Paris, le 7 novembre 1897.
No 3825. être livré le 25 novembre .
N°s
d’ordre
DÉTAIL
PRIX
Buffet noyer ciré de lm,40. . . .
Table unie 130x115. Tournage
clu buffet
Chaises assorties
DOCUMENTS RELATIFS AUX ÉCHANGES H
39. Facture. — On appelle facture une note détaillée des marchandises vendues avec les conditions de vente, de paiement, et, s’il y a lieu, de transport, que le vendeur remet à son acheteur.
Il y a lieu de distinguer :
1° La facture de place ou facture simple, qui constate la vente et la livraison des marchandises livrées sur la place du domicile du vendeur ;
2° La facture d’expédition, qui constate la vente et la livraison de marchandises expédiées sur une place autre que celle du domicile du vendeur;
3° La facture à la commission envoyée par un commissionnaire à son commettant.
Les deux premiers genres ne diffèrent que par ce fait, que le deuxième indique le mode de transport et le lieu de paiement qui n’ont pas lieu de figurer dans le premier.
La facture d’expédition et la facture simple se divisent en deux parties :
1° L’en-tète;
2° Le corps.
En-tète. — L’en-tête comprend :
1° Le lieu et la date de la yente;
2° Le nom et l’adresse du vendeur;
3° Le nom et l’adresse de l’acheteur, précédé ou suivi du mot doit ;
4° Si la vente est faite avec ou sans escompte;
5° L’époque du paiement;
6° Le lieu du paiement ;
7° Le mode d’expédition;
8° Aux frais, risques et périls de qui voyage la marchandise.
Si la facture est pour la même place on supprime les mentions inutiles 6°, 7°, 8°.
Corps. — Le corps de la facture est le tableau qui en remplit la partie inférieure.
Il contient :
1° Les marques, numéros et nombre de colis;
2° Les quantités, espèces et qualités des marchandises ;
3° Le prix par unité;
4° Le prix total par chaque espèce de marchandises ;
5° Le total général, et, s’il y a lieu,
6° L’escompte à retrancher,
7° Le net à payer.
40. Modèle fie facture simple*
AMEUBLEMENTS COMPLETS MOREL ET G*6
Spécialité
dc Doit : Monsieur Perrin , E. v. , les
meubles de fantaisie marchandises suivantes payables au comptant . Escompte 10 et 2 °/0.
Paris . 10 ianinp.r 1897.
fr.
c.
fr.
c.
Buffet noyer ciré de lm,40
130x115, 4 allonges, tournage du buffet
>t
Escompte 10 %.
- 2 0/0.
Net à payer.
41. Modèle de facture d’expédiiion.
ÉPICERIE EN GROS
DENREES COLONIALES
MOREL ET Ci(
Spécialité
de
Doit : Monsieur Bernard , négociant à Chaumont , les mar - thés et de cafes ckandises suivantes à lui expédiées par chemin de fer , petite vitesse , à ses frais, risques et périls , payables dans Paris à 30 jours sous escompte de 2 °/0.
POIDS
runo,vc / 1/ llusc i/iL/i e i ou i . z
fr.
C.
fr.
c.
MARQUES
N°s
BRUT
Kg
E M
G
*
Tare 2 o/o
Poids net.
Café Santos à 350 fr. les 100 kos
Tare.
Poids net.
Savon Marseille blanc, les
Escompte 2 %.
Net, valeur au 10 janv. 1898.
—
==
Les énonciations de l’en-tète doivent être faites avec soin, car elles fixent les responsabilités en cas de perte ou d’avarie de la marchandise.
La désignation du lieu de paiement fixe le tribunal compétent en cas de litige. Le lieu du paiement est ordinairement le domicile du vendeur.
Les marques sont des lettres, ordinairement les initiales du vendeur ou de l’acheteur, qui sont reproduites sur tous les colis d’un même envoi.
Les numéros servent à distinguer les uns des autres les colis d’un même envoi.
42. Escompte. — L’escompte est de deux sortes :
1° L 'escompte sur facture ou escompte du commerce, qui est une réduction de tant pour cent sur le prix des marchandises, consentie par le vendeur à son acheteur. Il varie avec la nature des marchandises et est réglé par les usages du commerce.
2° V escompte de caisse , calculé le plus souvent en un tant pour cent, qui est bonifié à l’acheteur pour anticipation de paiement.
L’escompte de caisse se calcule sur le montant de la facture, après déduction de l’escompte du commerce.
43. Poids lîmit. — On appelle poids brut le poids de la marchandise y compris le poids de l’enveloppe.
44. Poids net. — On appelle poids net le poids de la marchandise déduction faite du poids de l’enveloppe.
45. Tare : tare réelle, tare d’usage, tare légale. — La différence de ces deux poids constitue la tare .
Les tares se divisent en tares réelles, tares conventionnelles et tares légales.
Tare réelle. — On appelle tare réelle le poids exact de l’enveloppe.
Tare conventionnelle ou tare d’usage. — Si le poids de l’enveloppe n’est pas connu exactement, on l’évalue d’après le mode habituel d’enveloppe de ces marchandises, en un tant pour cent du poids de la marchandise fixé d’après les usages du commerce.
Tare légale. — Pour certaines marchandises énumérées dans la loi du 13 juin 1866, la tare est fixée par cette loi. Elle est dite tare légale.
46. Rabais. — Outre la tare, on accorde souvent sur la facture d’autres rabais, exprimés en tant pour cent du poids de la marchandise, légitimés par les avaries , déchets, altération , ou qualité livrée inférieure à la qualité achetée. Ces rabais sont intitulés : don , surdon, bonification , réfaction.
47. Avis <ie traite. — L’czm's de traite est une lettre écrite à un client débiteur pour l’informer qu’on a disposé sur lui et lui faire connaître dans quelles conditions on l’a fait.
Le plus souvent l’avis de traite s’écrit en bas de la facture; quelquefois on l’envoie par lettre séparée.
Il se libelle ordinairement ainsi :
Monsieur,
Paris, le...
Nous avons l’honneur de vous informer que nous avons pris la liberté de disposer sur vous fin courant, sans novation ni dérogation à la clause payable dans Paris, pour nous couvrir du montant de la présente facture s’élevant à la somme de 647 fr. 70.
Nous vous prions d’en prendre bonne note et de faire honneur à notre signature.
E. Morel et Cie.
Ainsi l’avis de traite ne détruit pas la mention payable dans Paris, et, en cas de difficultés, on reste justiciable du tribunal de commerce de cette ville.
On attend généralement plusieurs jours après l’envoi de l’avis de traite, avant de mettre l’effet en circulation, afin que le débiteur puisse produire les réclamations qu’il pourrait- avoir à adresser pendant que l’effet est encore entre les mains du vendeur, qui peut ainsi le modifier, quant à l’échéance ou à la somme, d’après les observations de son client.
48. Relevé de factures. — Lorsqu’un client fait des achats fréquents et en quelque sorte réguliers à une maison, le vendeur délivre une facture pour chaque envoi. 11 porte en compte le montant de chaque facture ainsi que les rendus, et à époque fixée, tous les mois, par exemple, il envoie à son client le relevé de toutes les factures adressées pendant la période non réglée.
Le relevé se compose comme la facture de deux parties : Yen-tête et le corps.
Uen-tête comprend le nom et l’adresse du vendeur, le nom et l’adresse de l’acheteur précédés ou suivis du mot doit et la date.
Le corps comprend la date de chacune des factures du mois, le montant de cette facture et, s’il y a lieu, les rendus et escomptes de facture.
49. Modèle d’un relevé de factures.
ÉPICERIE EN GROS
— MOREL et Cie
DENRÉES COLONIALES
Spécialité
de
THÉS ET DE CAFÉS RELEVÉ DE FACTURES
Monsieur Legros , 45, rue Lafciyette , Doit :
— rurib, a ucccruu/ c iov i .
fr.
c.
fr.
c.
Novembre
N/, facture
—
*24
—
—
A déduire : Vases rendus.
Esc 3%.
Net à payer, Fr.
—
Au reçu du relevé, l’acheteur vérifie si ses livres sont bien d’accord avec ceux du vendeur et en donne acte à ce dernier, qui fait encaisser ce qui lui est dû.
Lorsque l’acheteur paie une facture ou un relevé de factures, ceux-ci doivent être acquittés.
L’acquit consiste dans les mots : Pour acquit , écrits par le vendeur, datés et signés par lui.
Si le montant de la facture est supérieur à 10 francs, l’acquit doit être timbré au moyen d’un timbre-quittance de 0,10 aux frais de celui qui paye la facture.
Ce timbre est oblitéré. Pour cela, le payeur répète sur le timbre la formule de l’acquit.
50. Facture a la commission. — On appelle factures a la commission les factures dressées par les commissionnaires pour être remises à leurs commettants.
Elles se divisent en deux espèces, suivant qu’elles sont dressées par des commissionnaires à l’achat ou des commissionnaires à la vente. Ce sont :
1° Les factures d'achat ou comptes d'achat ;
2° Les factures de vente ou comptes de vente.
51. Compte d’aeliat. — Les commissionnaires agissant en leur nom s’engagent personnellement. Les vendeurs leur remettent donc une facture à leur nom. A leur tour ils remettent à leur commettant une facture qui contient la copie de celle qui leur a été remise et, de plus, les frais nécessités par l’expédition et leur commission. C’est cette seconde facture qui forme le compte d'achat.
Le compte d’achat se divise en 3 parties : Yen-tête, le corps , les frais.
L’en-tête et le corps ne diffèrent pas de la facture ordinaire.
Les frais faits par le commissionnaire se mettent au bas de la facture et s’ajoutent au montant de cette dernière, ainsi que la commission et le courtage s’il y a lieu.
A l’achat, la commission se prend sur le montant dé l’achat augmenté des frais.
DEUX AN. DE COMPT.
52. Modèle d’on compte d’aelnat.
COMMISSION
EXPORTATION
PERRIN et Cie
83, Cours Belzunce,
MARSEILLE
Doit : Monsieur Bernard , à Soissons , pour achat fait pour son compte des marchandises suivantes , payables dans Marseille , à 30 jours sous escompte de 2 °/0, à lui expédiées par chemin de fer p. y. à ses frais , risques et périls.
Marseille , 15 décembre 1897.
PC
50 caisses savon Marseille lre quai.,
à
pesant brut2.850 kil.
1.899
Escompte 2%.
1.861
Frais :
Camionnage et manutention. . .
Lettres et menus frais
1.919
Commission d’achat 2% s/ 1919,05.
Net, valeur 15 janvier 1898. Fr.
1.957
53. Compte «le vente. — Ce sont les factures dressées par les commissionnaires à la vente pour être remises à leurs commettants.
Elles sont disposées comme les comptes d’achat, mais les frais, au lieu de s’ajouter au total de la facture, se retranchent de ce total.
A la vente, la commission se prend sur le montant de la vente avant d’en avoir déduit les frais.
54. Modèle d'au compte de veinte.
MOREL et Cie
Compte de vente et net produit des mar -
chandises ci-après désignées , vendues à 30 jours , sous escompte de 2 °/0, d'ordre et pour compte de Monsieur Bernard , négociant à Marseille .
MC
— . x u/ cô 9 / t/ Cvt/C /L'IiLUI J O d / •
400 caisses savon de Marseille,
à
lre qualité,
18.313
Esc. 2 % accordé aux acheteurs
17.946
17.946
Fkais A DÉDUIRE '
Transport deMarseille àParis.
Manutention
Lettres et menus frais ....
Commission et ducroire,
1.471
Reste à votre crédit, valeur ciul 5 janvier.
16.475
COMMISSION
EXPORTATION
55. Bon de livraison. — On appelle bon de livraison une note qu’un fournisseur remet à son acheteur, en même temps que les marchandises qu’il lui livre, pour" lui permettre de vérifier tout de suite les articles livrés et de contrôler ultérieurement la facture qui lui sera envoyée.
Le bon de livraison contient la nature et la quantité des objets livrés, il n’en contient pas le prix.
En voici le modèle :
Papeterie en tous genres MOREL ET Qi(
Spécialité de Registres
Livré à Monsieur Pierre, 123, boulevard Malesherbes .
Paris, le U) novembre 1 R97 .
— - 7 ~ ~ '
Registres n° 63.
Rames papier quadrillé.
— — vergé.
56. Bon tle réception. — On appelle bon de réception une note qu’un fournisseur demande à son client de vouloir bien signer au moment de chaque réception de marchandises, lorsque la facture de cet envoi ne doit pas être dressée immédiatement, mais doit être réunie aux factures d’autres envois, pour être adressée à la fin d’une période déterminée, par exemple à la fin du mois.
Le bon de réception contient les mêmes mentions que le bon de livraison. En voici le modèle :
Papeterie en tous genres
MOREL et Cie
Spécialité de Registres
Paris, le 10 novembre 1897.
Monsieur Pierre, 123, boulevard Malesherbes, reconnaît avoir reçu de Messieurs Morel et Cie :
Registres n° 63.
Rames papier quadrillé.
— — vergé.
Ce document permet au fournisseur de s’assurer que la livraison a bien été effectuée et, en cas de difficultés avec l’acheteur, elle lui sert de pièce justificative à l’appui de sa facture.
Le bon de livraison reste entre les mains de l’acheteur.
Le bon de réception revient au fournisseur signé par l’acheteur.
57. Correspondance commerciale. — La correspondance commerciale doit être claire, précise, concise et ordonnée.
Pour cela il faut :
1° Écrire lisiblement et bien chiffrer;
2° Éviter les mots à double sens et les mots superflus;
3° Si la lettre concerne plusieurs sujets, traiter chacun d’eux dans un alinéa distinct.
Toutes les lettres écrites dans une maison de commerce doivent être recopiées sur un registre spécial, obligatoire au point de vue de la loi. Le plus souvent cette copie est faite à l’aide d’une presse à copier; on a ainsi économie de temps et fidélité absolue de la copie.
Les lettres reçues, dès qu’on y a répondu, sont pliées dans le sens de la hauteur; en haut on écrit le nom de l’expéditeur, la date de la lettre, celle de la réception et celle de la réponse.
Elles sont mises dans un biblorhapte, où on les groupe par lettres alphabétiques, d’après le nom de l’expéditeur.
Au bout d’une période déterminée, variant suivant l’importance de la maison, on fait des liasses de toutes les lettres ainsi classées et on les porte aux archives.
Les télégrammes se conservent comme les lettres.
RÈGLEMENT DES ÉCHANGES
Généralités.
58. Differents modes de reglement. — Les
échanges peuvent se régler de 3 façons :
1° Par un règlement au comptant ou paiement;
2° Par un règlement à terme ou règlement proprement dit;
3° Par un virement.
59. Paiement. — Le paiement est le fait de donner, en échange de la marchandise reçue, des monnaies, des billets de banque ou un chèque.
60. Règlement . — Le règlement d’une vente consiste dans la remise que l’acheteur fait au vendeur d’un engagement de payer le prix de la marchandise. Cet engagement est constaté par un effet de commerce.
61. Virement. — Le virement consiste dans l’extinction de la dette par l’inscription simultanée du montant de cette dette, au débit du compte du débiteur et au crédit du compte du créancier, dans un même établissement de banque.
Cette inscription se fait sur le vu d’un bon de virement que le débiteur remet à son créancier pour le banquier commun.
RÈGLEMENT DES ÉCHANGES
Paiement. — Monnaie et chèque.
62. Définition de la monnaie. — Monnaie métallique. — On appelle monnaie une marchandise dont la valeur .sert de commune mesure pour évaluer la valeur des autres marchandises.
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The end
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