Front matter
DERAACITI TMS AME w res * { Lu Ÿ ü sg trait hs s DST a 5 à 4 gi è Se dosomes #7 À se". 9 issgn Fer £ KO £ WATER Lt Le
Des méthodes et des procédés modernes d’enseignement
- appliqués spécialement aux langues vivantes
Introduction
« Acta, non verba » est un aphorisme universellement répandu depuis des siècles, et dont la vérité se manifeste aussi bien dans lPhumble atelier que dans les milieux sociaux les plus élevés qui constituent ce qu’on peut appeller les classes dirigeantes de l'humanité.
Depuis les manifestations volitives rudimentaires de l'être pensant, ayant un but déterminé, jusqu'aux grands événements qui ont changé la face du monde, ce ne sont que faits qui témoignent de la portée de ce mot.
L'action est le facteur sans cesse en mouvement dans un organisme dont le besoin est de vivre et de se développer par des transformations successives. Supprimez cet élément, c’est l’engourdissement, c'est l'arrêt complet des facultés productives et parfois [a fin de l'organisme même.
« Acta, non verba » c’est la devise du progrès et l’humanité, à la vue d’un horizon sans bornes, bravant les difficultés de toute sorte, marche, confiante dans ses destinées, vers les conquêtes toujours plus merveilleuses que l’avenir lui réserve.
Le genre humain, une fois sorti des obscures ténèbres où le moyen âge l’avait plongé, secoué de sa torpeur, a jeté un regard effaré autour de soi: il a cherché son chemin et sur ce chemin un guide lumineux pour diriger sa marche. Les grands esprits du passé sont venus à son aide, les doctrines l’ont éclairé; c'était l'ère nouvelle qui s’ouvrait. Tout devait être démoli; un édifice nouveau était à reconstruire sur des fondements complètement vierges. On se disposait à fouiller même dans l'antiquité, à puiser aux sources fécondes de la philosophie des temps les plus reculés: car le matériel nécessaire à la solidité des fondements devait être de nature à garantir la durée de l'édifice.
Ce matériel l homme l’a trouvé d’abord en lui-même; il a pénétré sa nature, il a observé son intérieur, il a; vu à travers lui l'humanité tonte entière, il en a démêlé la puissance inépuisable, les facultés merveilleuses. La nature cachaït trop de secrets dans son sein, l’homme en était le détenteur inconscient, il fallait agir sur lui-même, sur son âme, il fallait atteindre les préjugés du passé et savoir se servir, sans craindre de l’épuiser, de la force native qui est en l’homme et qui est capable de produire et de toujours créer. Il était nécessaire, suivant des principes tout à fait nouveaux, de cultiver cet être trop longtemps engourdi, d'amener son esprit et ses facultés dans la voie de la régénération bienfaisante et humanitaire. C'était l’idéal d’une culture nouvelle qui n’a rien à voir avec l’antiquité.
M étant mis un jour à rapprocher les théories philosophiques et morales de la Renaissance sur l'éducation de l'enfant, de l’état actuel de notre instruction publique, j'ai été tout à fait frappé de la quasi nullité des modifications que ces théories, tant de fois étudiées et appréciées, avaient apportées aux procédés de notre culture nationale italienne.
À un moment donné j'ai dû me convaincre que, si ces doctrines n'avaient pas précisément enfanté du verbiage dans des centaines d'œuvres critiques, si elles avaient pu apporter quelques lumières aux générations successives, il n’en était pas de même de l’application de leurs principes: en ce dernier domaine, le succès qu’on aurait dû attendre de leur mise en pratique ne s’est pas produit.
Les considérations que je confie à ce volume proviennent de remarques personnelles faites dans le milieu scolaire où je vis depuis … de nombreuses années. Ce milieu m’a fait voir de près l’état actuel de notre éducation nationale. Il m'a présenté le côté faible de probilèmes qui, agités depuis longtemps, semblent loin d’avoir une solution définitive: ces problèmes m'ont intéressé. En contact avec des doctrines plusieurs fois séculaires, j'ai eu l’occasion de pouvoir apprécier la valeur de certains principes: un rapprochement d'idées en est sorti, les faits me sont apparus dans leur nudité dépouillée de tout artifice, et j'ai pu faire la stricte comparaison du présent avec le passé. L'expérience m'a prêté ses conseils, l’observation ses lumières. J'ai pris la réalite pour guide, la vérité comme unique idéal.
L'état actuel de l’instruction publique en Italie, et particulièrement de l’enseignement des langnes vivantes, constituera le point central de ma thèse.
Loin de me flatter du moindre succès de ce petit ouvrage, je serais heureux si l’on pouvait y trouver quelques côtés utiles et pratiques. En tout cas, je me hâte de témoigner toute ma reconnaissance à {ous ceux qu intéressent ou que passionnent ces questions et qui se donneront la peine de me lire.
Jose donc me demander si l’école jouit de nos jours, dans la société, de toute la consideration qu’elle mérite, si, à l’envisager comme l’institution sociale la plus élevée, elle répond vraiment aux besoins de la civilisation présente, si les résultats qu’elle donne sont précisément tout ce que l’on pouvait en espérér.
C’est, dira-t-on, le signe manifeste d’une étrange naïveté de ma part, voire même d’une ignorance déclarée, que de se poser de telles questions. En plein vingtiène siècle, au moment où la société a atteint un degré de civilisation merveilleux et inespéré, n'est-ce point là une banalité ? - Soit, et puisque, au fond, cela revient au même, pour ne pas choquer la susceptibilité de quelques-uns de ceux qui ont la bonté de me suivre, je me bornerai à me demander si notre ècole, en l’état actuel, répond vraiment à sa tâche.
Des plaintes nombreuses et de différente nature, à ce sujet, montent à nos oreilles depuis un temps immémorial. - Des plaintes, direz-vous peut-être, il y en aura toujours, tant que l'instruction durera parmi les hommes, plaintes provoquées par des difficultés inévitables, par les exigences sans cesse renouvelées de l’évolution sociale, et qui marchent inéluctablement de pair avec elle. - Soit, mais on ne dirime pas, par ces bavardages, les causes du mal et on n’approche pas non plus de la solution du problème. En même temps que ces lamentations sont la preuve qu’un mal existe vraiment, il faut convenir qu’elles doivent porter sur des systèmes incontestablement préjudiciables à la culture de la jeunesse.
Remontons loin dans le passé, nous verrons la fausseté de ces systèmes dès leur origine, et, en cours de route, nous verrons comment des esprits clairvoyants .ont fait quelques tentatives pour porter remède à une situation intolérable. Nous verrons aussi que des améliorations momentanées ont été suivies bientôt de graves inconvénients, d'autant plus gênants et plus nombreux que les nécessités et les exigences d’un milieu routinier et jaloux de sa tradition, se sont dressées contre elles. Il faudrait frapper le mal dès son origine, pour espérer le combattre avec succès et balayer des obstacles qui s’opposent à l’accomplissement de l’œuvre réformatrice.
À bien observer l’enseignement dans nos écoles, on dirait un fragile esquif, balloté par les flots au milieu d’une mer en furie.
En dehors des sceptiques (qui sont peut-être des clairvoyants, mais qui, pour des raisons de caractère ou de situation, préfèrent se tenir à l'écart), personne ne doute en général, que les classes sociales, chargées de la besogne, ne manqueraient pas enfin de s’intéresser sérieusement à la question, pour éloigner les obstacles proclamés dangereux au bon fonctionnement de l’école. Et les espérances sont prêtes à se rallumer toutes les fois qu’un changement ou un remplacement survient dans les organes officiels auxquels sont confiées les destinées de notre culture nationale. Mais nous devrions avoir appris qu'il faut se méfier, ici encore, de l’œuvre des pouvoirs publics. ()
On crie de toutes parts que notre école est en pleine crise; plût à Dieu que cette crise, qui dure depuis si longtemps, ait atteint le paroxysme! Le conflit des forces opposées est fort accentué. Des éléments affaiblis ne sauraient soutenir une lutte à outrance, ni même se conserver au détriment d’autres éléments qui ont droit à la vie et qui ont pour mission l'éternel renouvellement. Ici encore, c’est une loi d'ordre supérieur qui se fait jour: où l’homme ne réussit pas, la nature se met à sa place. À l’impuissance morale et intellectuelle se substitue cette force inconnue et mystérieuse à laquelle rien ne resiste.
Nous sommes fils de notre passé; trop fidèles et trop attachés à la tradition, nous sommes trop conservateurs, nous aimons à l'excès nos habitudes, nous continuons à mesurer le rendement de nos facultés d’après les procédés d’une époque qui n’est plus la nôtre, et nous sommes myopes devant les événements qui nous entourent; nous ne pénétrons l’avenir que du côté où il peut nous intéresser immédiatement.
L'histoire est la grande maîtresse de la vie, si vous voulez: regardez-la d’un œil expert, mais n’en tirez que ce qui peut amener à développer votre jugement et à renouveler vos idées; cherchez-y des, conceptions pour une forme nouvelle de production
(1) J'avais déjà manifesté cette opinion avant que l'espoir d’une résurrection des destinées nationales se levât sur notre patrie.
fi Le malaise qui trouble notre école n’est qu’un héritage d’une poque antérieure; c’est la continuation d'institutions et de systèmes urannés qui Ar en dépit d'éléments adverses. D’autre part, | otre attachement aveugle à la tradition, nos préjugés, notre faiblesse, otre manque de courage, d'énergie et de foi nous empêchent de ursuivre les amendements indispensables au succès de l’entreprise, . et entravent quelquefois les tentatives et les efforts des gens in- _ clinés à agir en conséquence. - Trop souvent au fond de notre ture se cache le germe de nos malheurs! - Habitués à nous laindre, faute de savoir mieux faire, nous prêchons et n’agissons
| Dans plusieurs pays étrangers où la crise de l’enseignement, à moment donné, sévissait d’une manière très inquiétante, des
… mesures ont été prises qui ont abouti à des résultats pleins de p omesses. - C’est ainsi que tandis que nous sommeillons, d'autres, 7
He on arrive donc qu’on se plaît he le milieu immuable où l’on Jai et on plie aisément sous son influence; et si les intérêts parti-
Lu culiers s’en mélènt ets si les passions réussissent à nou nous sommes gagnés à la cause du plus fort, non pass
Ua plus sage.
ul Autrefois c'était la raison qui se rendait esclave de M _observez à travers la marche du progrès de l'esprit humain, époque déjà avancée, le conflit entre l'autorité et la raison. Elles se disputaient l'empire des consciences, mais de leur combat es sorti le triomphe de cette dernière. ke, _ Aujourd’hui c’en est fini de l’abus de cette puissance aveugl à qui autrefois primait la raison. : On pourrait objecter que, malgré toutes les récrimiinations,
Ha malgré tous les défauts dont souffre notre instruction, un progrès réel existe dans l’universalité du savoir qui, selon toute apparence ne subit point d'arrêt, à considérer l'avance merveilleuse de l’espr humain, partout où il a engagé ses forces. Serait-on amené pa là à douter de l'efficacité de l'instruction, devrait-on conclure que .
si l’on ne peut ici nier une relation étroite ne cause à effet, l’instruction n’a qu’une influence indirecte et “médiatisée,, sur les créations de la pensée humaine, et pourrait-on excuser le doute ES sur la portée des institutions en cause ?
ni des prie occultes qui attendent d’elle la poussée vivitanté pour l'acquisition du bien présent en vue des conquêtes à venir. ÿ Le chancelier d'Agnesseau avait bien raison d’écrire à l'aîné de ses enfants qui allait quitter le collège: “ Mon enfant, vos classes sont terminées, vos études commencent . - Mais que vont-elles MS bien devenir ces études, après des classes ul faites? L'école se condaire ne forme pas l’élève pour telle ou telle profession: elle: donne, dit-on, des directions pour l'acquisition du savoir, elle prépare Pgui à la vie: c'est justement dE qu “elle se propose de x homme nenemanmnes man ammpane msn esse rsomennmneshranmemeneanmn num agaddarnenmmssntamssnmméminsms mm mmtesnnmssasésnnnnnsssmnnmesmemmn nn ass nammasamsaséssenmasm
Ce grand élève que nous livrons à la société n’est pas de tout formé, et s’il réussit à s'apercevoir, bien tard, qu’une autre forme de culture lui était indispensable, il est forcé de virer de bord, pliant sous les requêtes impérieuses de la réalité. C’est à ce moment-là qu'il doit édifier, aux dépens de lui-même, le milieu intellectuel qu'il lui faut. Le monde réel, lui faisant toucher du doigt les difficultés que l’école [ui avait présentées sous un faux jour, le met en contact avec la pratique de la vie, où il est bien spectateur, mais surtout acteur, l’action personnelle étant la grande créatrice sans laquelle point de succès possible. Alors ses facultés productives, incitées à agir, se forgent et multiplient leur pouvoir; le talent, assisté de la volonté que crée la réalité ambiante, saisissant le côté utile des faits, façonne la nature à son gré; et voilà la porte des conquêtes entr'ouverte sous les regards étonnes et méfiants d’une société arriérée et aveugle.
Car il ne faut pas se faire illusion sur les données fondamentales qui forment, encore actuellement, la base de notre instruction. Tant que l’école n’attachera à l'élève qu’un rôle passif, tant qu’elle restera restreinte dans son milieu et étrangère aux transformations successives des facultés de lélève, tant que la barrière entre le factice et le réel ne perdra pas quelque peu de sa raideur, il est à craindre que nos institutions scolaires ne gardent pour toujours leur fonction de façonnement stérile des jeunes intelligences. - La persistance de cet état de choses perpétue le système qui consiste à confier les destinées de la nation à des esprits en lutte ouverte et continuelle avec la réalité, en dehors de toute ingérence scolaire
Faut-il conciure que l’on ignore la véritable destinée de l’école, la valeur exacte de sa mission, le fond et l’essence même de son action; faut-il croire que la science est muette là-dessus, que la doctrine fait défaut ? - Pas du tout. - Les milieux intellectuels sont endoctrinés à l’excès, les théoriciens jasent même trop, et des esprits éclairés ne manquent pas non plus qui s’acharnent à faire voir les dangers qui menacent l'instruction publique. C’est que l’on ne rencontre que rarement des maîtres capables de communiquer leur activité productive à des gens chez lesquels le savoir doit, pour ainsi dire, se matérialiser, se concrétiser, devenir la substance même de leur esprit.
On serait porté à croire que tous ces gens, qui ont charge d'élever notre jeunesse, s'occupent sérieusement d’une situation si compliquée et qu'ils sont doués d’assez de culture professionnelle, pour pouvoir exercer, avec un véritable profit, une action efficace. sur leurs élèves. Mais ils n’usent de leur doctrine pédagogique que d’une manière fausse et, en tout cas, l'emploi qu’ils en font ne répond pas aux résultats auxquels on est en droit de s'attendre. - Et”
remarquez que ce sont souvent des esprits intelligents auxquels l'humanité entière devrait une reconnaissance infinie, puisque, au demeurant, ce sont bien les maîtres qui seuls pourraient exercer une influence bienfaisante sur l’âme des générations nouvelles.
Peut-être pensera-t-on que je me trompe fort là-dessus, que je risque de tomber dans l’erreur la plus banale; peut-être criera-t-on haro sur moi; n'importe! Loin de reconnaître la valeur incontestable et les mérites distingués, hélas! du petit nombre de ceux devant qui on s'incline par un sentiment de dévouement respectueux, il n’en est pas moins vrai, quoi qu’on en dise, et malgré les éloges faciles et trop souvent flatteurs que lon hasarde, que la plupart, soit par insuîtisance de lumières, soit par négligence ou par manque de foi dans leurs propres forces, ne cessent de donner mauvaise preuve de leur œuvre éducatrice. Car, s’il est utile et intéressant de savoir ce que l’école devrait être, il nous semble indispensable d’abord de savoir ce qu’elle est en effet.
C'est une des mauvaises habitudes inhérentes à notre race, c'est une faiblesse, un manque du sens de la réalité utile que de garder dans notre esprit des connaissances, d'aimer même à les y entasser, sans les mettre en rapport avec le monde extérieur, sans les traduire en action. - Une fois que nous avons entassé dans notre cerveau un amas de science, pour qu'elle y reste à l’état de richesse improductive, nous avons beau nous écrier. - « Nous sommes plus doctes qu'auparavant » et nous enorgueillir. Nous ne devons pas oublier que nous vivons dans une époque où tout ce qui sommeille et s’accroupit est un anachronisme, et qu'aujourd'hui ce qui languit, faute d’essor vivifiant qui renouvelle et transforme, est inutile et par cela même destiné à disparaître.
Ouvrez quelques-uns de ces ouvrages nombreux, très réputés, concernant la philosophie de l’ éducation, spécialement de l'éducation intellectuelle et morale, et qui, par les théories qu’on y professe, contiennent, suivant les dernières données de la science pédagogique, tout ce que l’on pourrait attendre d’excellent et de vraiment conforme er Fi 4
k A À #4 4ÿ + ray he 0: SEE eee numonns en ananas amedemmanemen nn nes nn mem eme tend anann messes nes ememannne mens dan nn se seems denses enm etienne nme pe medessne eme nmsmmmemen een en enensmmnemnsnmmahemmhhe aux exigences de la culture moderne. Nous y rencontrons non seulement les meilleurs procédés à mettre en œuvre pour mieux élever et cultiver nos jeunes élèves, mais aussi les inconvénients et les défauts qui entravent et arrêtent la perfection de l’œuvre magistrale, les maux qui neutralisent et annullent le travail patient et ininterrompu du pédagogue. |
Ces ouvrages sont l’objet d’études longues et assidues de la part de gens préoccupés de l'avenir de la jeunesse qui est aussi avenir de la société. Cependant ceux qui passent leur vie dans Pécole, n'ayant d’autre soin que l’éducation des enfants, s’attardent et méditent sur ces volumes, s'emparent même de leurs saines doctrines, mais, hélas! à quoi bon, si notre école marche toujours du même train, si elle suit invariablement le chemin qu’on lui a tracé depuis des siècles.
Il est temps de penser que, ainsi que l’a déclaré M. Gréard, « l’instruction n’est plus seulement une parure. À côté du beau Putile doit avoir sa place ». ()
Fréquentez d’un peu près notre milieu detre observez de quelle manière fonctionne en général (les exceptions ne manquent jamais) notre enseignement, et vous serez aisément amenés à vous demander si notre école, telle qu’elle est encore de nos jours, n’est pas en réalité un anachronisme, si elle ne heurte pas sérieusement nos institutions modernes.
Este-ce insouciance, est-ce manque d'intérêt, est-ce attachement aveugle à la règle du- passé, sont-ce des difficultés de caractère général ou particulier ? À quoi attribuer cette condition anormale dans une branche si importante de la vie sociale? Cette langueur a-t-elle Son origine dans l’intérieur même de l’école, ou provient -elle du dehors; les mœurs du pays n'y sont-elles pas étrangères, ou bien est-ce un malaise provoqué par les gouvernements incapables et rétifs à reconnaître à l’école sa véritable portée, et impuissants à proportionner les récompenses au travail et aux sacrifices de ceux qui ont voué toute leur existence à l’école ?
Peut-être aucune de ces causes-là n’est à exclure; quoi qu’il en soit, le mal existe et c’est là, sans contredit, une plaie très grave qui fait accuser de stérilité notre système d'instruction.
() Education et instruction. - Enseignement SO RREre Pag. 27, Ier Vol. - Librairie Hachette et Cie - Paris, 1912.
“, 4)
#1 % x D, 1 A LA F4 1 L fe: 4
" 1
L
À bien considérer la nature de la cause principale qui, selon onus, entretient cette crise, nous sommes d'avis que les mesures que Îles pouvoirs publics voudraient prendre à cet égard, ne sauraient être des plus efficaces; aussi auraient-elles une influence indirecte et un succès fort douteux. Il ne s’agit pas d’une réforme organique, il ne s’agit pas davantage de donner plus d’essor à une branche de notre culture de préférence à telle autre; le mal est dans le fond même qui constitue l’essence de l’enseignement et où celui-ci trouve sa raison d’être.
D'ailleurs les remèdes que les gouvernements ont cru devoir introduire dans le but d’améliorer l’état de l'instruction publique, ont le plus souvent échoué, se sont montrés insuffisants ou inefticaces à la besogne, quand ils n’ont pas, par des revirements successifs, compliqué davantage la situation.
C’est vers l’activité professorale qu’il faut d’abord porter ses regards, c’est surtout à la classe intellectuelle qui vit entre les quatre murs d’une école, qu’il faut faire appel; c’est dans l’école même que l’on peut saisir immmédiatament les besoins, les côtés faibles qui réclament l’intervention directe de ceux qui, s'intéressant à l’enseignement, et qui, concevant leur profession comme une mission profondément humanitaire, sont à même de donner à autrui les lumières nécessaires à l’exploitation de cette œuvre immense qui s'appelle l’éducation; c’est à eux seuls qu’il faut demander Îles projets indispensables au succès.
Il est temps, soutenus par la conscience de nos propres devoirs, de regarder la réalité de près, de nous occuper sérieusement des problèmes qui nous touchent. Etant donnée la portée de notre cause sacrée, nous avons le droit incontesté de protester et d'agir contre les obstacles qui se dressent sur notre chemin. Ce serait une marque de faiblesse coupable et de trahison envers cette partie de la société qui a confiance en nous, que de faire la sourde oreille aux appels des nécessités pressantes. Nous portons toute la responsabilité de notre œuvre devant la postérité. Si nous ne savons ou ne pouvons prévenir les dangers, préoccupons nous au moins du présent, sans quoi nous risquerions de continuer à être fatalement entraînés par les événements.
Ÿ a-t-il lieu d’insister sur l’importance de l'éducation, sur la fonction de n’importe quel degré d’écoles, même des écoles primaires, dont le but va au delà de l’idée vulgaire qu’elles servent à apndnimmnnémhémménmnent sentant andere assé émnntmnt el an emmnmns rennes tes mnsmmineadanemedens sensé dnenmsnnnepeenetanamemasesnmemesénsnt dun fase éensiapanad ts ssmmnsinnes tenus
“prendre à. lire, à écrire et à fixer dans la mémoire des écoliers quelques notions générales ?
Pensons plutôt que l’école est le grand ressort qui met en mouvement toute la puissante machine sociale, qui appuyant son œuvre sur des phénomènes essentiellement spirituels et moraux, vise à mettre en branle la multiforme activité humaine, à profiter
.
de la puissance native de l'enfant pour le pousser à saisir les premières offres dont la nature n’est jamais avare.- Soignons donc cette noble, cette sublime institution sociale, comme elle en est digne, en vue de ses hautes destinées. Mais elle est encore loin de jouir de toute l’estime qu’on devrait lui accorder, puisqu'elle ne répond pas au but que la nature et la raison lui ont fixé; aussi, sa dignité étant en jeu, jouit-elle d’une réputation plus que discrète, voire même équivoque.
Il est temps d’en finir avec les formules flatteuses et les grands mots. Les intérêts particuliers ne cessent de primer les intérêts généraux, il est inutile de se le dissimuler. Dans le doute de mener à bien une aïffaire, nous nous engageons souvent par de vaines promesses. - [Il arrive quelquefois que l’œuvre la plus importante est celle à laquelle on pense le moins, parce qu’elle nous coûte, et que lon veut attacher une importance exagérée à des choses qui ne méritent pas d’être prises en considération. Puisque les obstacles qui se dressent devant une entreprise quelque peu difficile nous arrêtent et nous gênent, nous avons l’habitude de nous régler comme
- ces élèves qui préfèrent mettre de côté pour l’instant leur plume et leur cahier et renvoient à plus tard les difficultés de leur tâche. Faute de vouloir exécuter laffaire au prix de nos propres forces, nous en ajournons sine die la solution.
On se plaît au traits séduisants, aux flatteries trompeuses qui: cachent les saillies sournoisement égoïstes (l’égoïsme joue ici encore un grand rôle), parce qu’on n’a pas le courage de regarder la vérité en face, que l’on est dépourvu de tout sens de justice, et qu’on ignore ses propres devoirs, en même temps qu’on discute stupidement sur ses propres droits.
D’autre part, il n’y a pas lieu de s'étonner. Dans une société où tous les milieux sont empreints de mauvaise foi, où tout respire la tromperie, l’égoïsme, l’hypocrisie, où tout ne tend qu’à satisfaire l'ambition et l’intérêt personnel, n’ importe quel moyen est bon. C’est
HAUTES neutres louches ont été préparées habilement et. sans au _scrupule. Il serait naïf de croire que l’école, tout en étant considér ° comme la source de moralité par excellence, est exempte de c à abus. Les effets s’en font sentir même parmi la population scolair Soyons sincères, disons la vérité, laissons de côté le respect à et réel, pour mener à bien PRE DUSe qui nous est confiée. Su JR en fait d'éducation, repoussons les influences honteuses et néfastes d'NE d’une politique sourde aux appels fréquents des esprits éclairés. -. _ Répétons-le encore une fois: jusqu’aujourd’hui notre parfait scepti-, cisme était justifié envers le gouvernement dont le pesant appareil. oi _ gauche et compliqué pesait de tout son poids sur l’organisation, FAUNE scolaire et le milieu enseignant lequel n’a malheureusement jamais D _ eu l'énergie nécessaire de s'affranchir au nom de sa dignité, de. ses droits méconnus et de la force morale, hélas! trop souvent Atos %
| rée qu'il représente. ni ns
_ proprement parler, comme elle Mit pu et aurait dû l’ê tre, à la Me du grand mouvement réformiste intellectuel, déjà avancé chez S peuples européens. sa / Si des savants ont compris le vrai rôle de l’école dans la SOGIBTEE . moderne, ils n'ont à leur suite que trop peu de disciples Gens la ! nombreuse cohorte des maîtres de la jeunesse. AE ce Une brume épaisse nous empêche de voir clair; soulevons le voile et portons directement nos regards sur les besoins les plus. urgents pour le bien-être intellectuel et moral de notre race et pour .. lamour de notre Patrie. - Serrons les rangs et n'oublions pas que. l'œuvre la plus délicate et la plus noble est encore aujourd’hui (il n’y a rien d’exagéré à le dire) la plus méconnue et la plus négligée,
NON NN ONT ENEN NT
[t
The opening of the book is shown; the full text loads in the reader.
Loading the full text…
The end
You’ve reached the end of Des Méthodes et des procédés modernes d'enseignement appliqués spécialement aux langues vivantes. Maux réels et remèdes necessaires ...
