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Races Berbères. Kabylie du Jurjura ... Préface de M. Émile Masqueray

Jules Liorel · 1893 · Scanned text

184,314 words · about 12 h 54 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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About this book

Author
Jules Liorel
Language
French
Published
1893
Length
184,314 words · about 12 h 54 min
Sections
3 reader sections
Text
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Rights
Public Domain Mark 1.0

 

Contents (3)

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Front matter

KABYLES DU JURJURA DU MÉME AUTEUR POUR PARAITRE PROCHAINEMENT Le M'Zab. JR A C E S ]3 E F^B È I\E S KABYLIE DU JURJURA PAR / JULES LIOREL Préface de M. EMILE MASÛUERAY DIRECTEUR DE L'ÉCOLE SUPÉRIEURE DES LETTRES D'ALGER PARIS ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 28, Rue Bonaparte, í8 PRÉFACE A quelques mètres au-dessus du petit bourg français de Fort National s'élève une esplanade aé rienne. Des aigles roux en rasent les murs, lesailes étendues. On est là comme en plein ciel, et on y jouit d'un spectacle merveilleux. Une ligne de très hautes montagnes se brise en arêtes et en échancrures sur les profondeurs bleues du sud. Au-dessous, des crêtes ondulent comme les vagues d'un Océan, des vallées effroyables se creusent, des pilons sedressenteomme des écueils ; le tout est cultivé, bêché, planté de beaux arbres.

Sur les crêtes des villages longs, sur les pitonsdes villages ronds blanchissent couverts de tuiles rou ges. Dans les vallées, des hameaux et quelques maisons dispersées sont noyés d'ombre. Pas une ville centrale, par une route ne paraît, qui mette en contact tous ces petits mondes ; rien ne s'y découvre qui y centralise la vie. Vous interrogez. On vous répond ; les villages des crêtes et ceux des pitons sont des villages de guerre, chacun a ses figuiers, ses oliviers, ses champs, son assemblée, ses lois, ses ambitions et ses anciennes vengeances. II y a eu là, il y a peut être encore des haines inexpiables et des amitiés profondes, des divisions infinies et des alliances très larges, tout ce que vous pouvez imaginer de plus contradictoire. Leurs habitants n'ont qu'un seul et même costume, la chemise blanche, le bur- PKÉFACE IV nous blanc, la calotte rouge : ils ne patient qu'une seule et même langue, celle des vieux Libyens mêlée d'arabe ; ils professent la même religion, l'islamisme, qu'ils comprennent d'ailleurs assez mal : mais leurs visages sont tellement différents qu'il est presque impossible de deviner quels ont été leurs pères.

Le Germain s'y heurte au Romain, le Chananéen à l'Indou et à l'Arabe. Ils forment lous ensemble une section bien nette, une lâche isolée dansl'Afriqiie du Nord, et cependant ils n'ont pas de nom. Nous faisons comme les Arabes, nous les appelons les Ligues « Qebaîel », parce que ce sont leurs ligues les plus puissantes qui ont d'abord tenu tête à nos soldats, et de là chacun d'eux est dit « Qebaìli », Ligueur. Ils ont eux-mêmes adopté cette dénomination bizarre et étrangère. Tous ces traits discordants s'ajustent, et toules ces diversités se fondent enune sorte d'unité, quand nous descendons au milieu d'eux pour les étudier sans parti pris. Ce que nous prenons de loin pour désordonné n'est que différent de nos habitudes et de nos conceptions ordinaires. Ce pays des Ligues est surprenant sansdoute, mais organisé, constitué pour vivre, et si bien résistant qu'il a vu passer des empires comme ceux des Césars, des Khalifes et des Sultans de Stamboul, sans en subir de graves atteintes.

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