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Le Département du Cher, ouvrage topographique, historique, statistique et archéologique

Auguste Frémont · 1862 · Scanned text

440,261 words · about 30 h 50 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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About this book

Author
Auguste Frémont
Language
French
Published
1862
Length
440,261 words · about 30 h 50 min
Sections
12 reader sections
Text
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Rights
Public Domain Mark 1.0

 

Contents (12)
  1. Front matter about 1 min
  2. Preface about 16 min
  3. Chapitre 1 about 36 min
  4. Chapitre II about 10 h 46 min
  5. Chapitre III about 3 h 23 min
  6. Chapitre I about 1 h 44 min
  7. Chapitre II about 1 h 13 min
  8. Chapitre III about 50 min
  9. Chapitre IV about 1 h 35 min
  10. Chapitre 1 about 3 h 21 min
  11. Chapitre II about 3 h 29 min
  12. Chapitre III about 3 h 37 min

Continue:

Front matter

vi BtPARTElWf/vr DU CHER PAR AUGUSTE FREMONT. BOURGES IMPRIME CHEZ E. PIGELET; LIBRAIRE-ÉDITEUR. LE DÉPARTEMENT DU CHER. LE DÉPARTEMENT DU CHER OUVRAGE TOPOGRAPHIQUE, HISTORIQUE STATISTIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE par M. Auguste FRËMONT. TOME I ROURGES IMPRIMERIE DE E. PIGELET, RUE DES ARENES, 33. PRÉFACE. L' utilité pour un département de posséder un ouvrage statistique initiant ses habitants à la connaissance de leur pays et révélant ses richesses aux étrangers est incontestable, et c'est pour combler ce vide que ce travail, réalisé déjà dans plusieurs départements, a été entrepris. Décrire la position géographique et F état topographique de notre département; exposer sa constitution géologique qui offre tant de variétés ; relater par comparaison les efforts constants poursuivis depuis le commencement du siècle pour l'amélioration de notre belle région; faire l'énumération de toutes ses ressources territoriales; retracer les faits glorieux dont This toire de notre province est si riche; raconter la vie de tant d'hommes célèbres qui l'ont à jamais illustrée ; enfin, exposer à tous les regards les nombreuses richesses archéologiques dont s'enorgueillit notre sol : voilà, certes, un vaste canevas, et un bel et fécond sujet d'étude.

II nous a semblé que l'exemple de nos devanciers, qui ont entrepris de semblables études pour d'autres départements, était bon à suivre. Non, le glorieux passé de notre pays et ses constants efforts pour recouvrer son ancienne prospérité ne doivent pas rester ignorés, alors surtout que de grands établis sements militaires vont être fondés au chef-lieu ; que l' antique capitale du Berry va devenir un point stratégique de la plus haute importance, et qu'un bel avenir lui est assuré, grâce à

Preface

. 2 son heureuse position et à la sollicitude du Gouvernement. La France entière, l'Europe même auront avant longtemps les yeux fixés sur Bourges, espoir de la patrie dans des circonstances que Dieu veuille éloigner, effroi des gouvernements qui pourraient méditer contre nous des projets insensés. Le moment est donc propice de faire connaître le département du Cher sous tous ses aspects, dans tous ses détails. C'est avec un légitime orgueil, d'ailleurs, que nous pourrons montrer cette contrée, objet d'injustes dédains. Si, un instant affaissée sous le poids des désastres nombreux et terribles qui l'ont affligée à diverses reprises, elle s'est laissé aller au découragement, elle a compris depuis longtemps que l'heure des défaillances était passée et que, par de généreux efforts, elle devait reconquérir son antique gloire et sa position si enviée autrefois.

Notre but, en publiant cet ouvrage, a donc été de faire con naître le département du Cher sous les divers rapports topographique, statistique, historique, biographique et archéologique, et nous avons été amené, après un résumé succinct de ce vaste ensemble, à tirer une conclusion. Nous ne nous sommes jamais fait illusion sur Timportance d'un tel travail, et sur lesnombreuses difficultés qu'il présentait. Tantôt, sans aucun devancier pour guider nos pas et éclairer notre marche, entièrement livré ànous-mème; tantôt, n'ayant à notre disposition que des matériaux incomplets, des travaux à peine ébauchés, il nous a fallu nous livrer à de longues recherches, compulser de volumineux ouvrages, fouiller des dossiers sans nombre. Plus heureux en d'autres matières, nous avons trouvé pour collaborateurs les auteurs estimés qui nous ont précédé et ont publié des ouvrages sur le Berry ou le département du Cher; ici, nous les avons commentés; là, analysés : souvent nous les avons cités textuellement.

Notre choix ne nous a jamais paru douteux, puisque les écrivains auxquels nous avons fait ces emprunts ont dès longtemps conquis l'admiration de leurs concitoyens. PRÉFACE. 3 Si, dans la tâche laborieuse et ardue que nous nous étions imposée, quelques erreurs nous ont échappé, nous comptons sur une indulgence qui, nous l' espérons-, ne nous sera pas refusée. D'ailleurs, toutes les erreurs que nous avons relevées pendant l'impression de l'ouvrage font, à la fin du second volume, l'objet d'un erratum dans lequel nous avons placé les corrections en regard des textes erronés. Nous ne terminerons pas cette préface sans offrir nos sentiments de reconnaissance aux nombreuses personnes qui, dans le cours de notre travail, nous ont prêté un bienveillant con cours. Leurs conseils, leurs lumières, les précieuses communications que nous leur devons, ont puissamment contribué à la publication de cet ouvrage.

S'il nous est impossible de les nommer toutes, qu'il nous soit permis, du moins, d'exprimer spécialement notre profonde gratitude au premier magistrat de ce département, qui a toujours facilité notre tâche et encouragé nos efforts. Chaque fois que nous avons eu occasion de recou rir à sa haute protection, ou besoin de solliciter une faveur dans l' intérêt de notre œuvre, M. Paulze d'Ivoy a accédé à nos demandes avec cette bienveillance qui le distingue. Nous nous plaisons aussi, c'est pour nous un devoir sacré, à rendre hommage à l' accueil empressé que nous avons trouvé près de tous les fonctionnaires auxquels il nous a été néces saire de recourir pour la collection des nombreux renseignements indispensables à l' exécution d'un ouvrage statistique. Leur expérience et leurs lumières nous ont été un puissant secours, et ils ont droit à tous nos remercîments, ainsi qu'à la reconnaissance de leurs concitoyens dans l'intérèt desquels nous sommes heureux d'avoir conçu et exécuté ce travail.

PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE PREMIER. TOPOGRAPHIE. N'OTIONS PRÉLIMINAIRES (Position astronomique du département, Position physique, Limites, Tracé du contour). — OROGRAPHIE. —VALLÉES, ARRIÈRE - VALLÉES , VALLONS. — MARAIS (Marais .anciens,, Marais actuels).— ET ANGS.-TERRES INCULTES. — BOIS ET FORÊTS (Forêts ahcíéinfs. Forêts actuelles). . r I. NOTIONS PRÉLIMINAIRES. Le département du Cher est formé en grande partie d'une portion de l' ancienne province du Rerry (l'autre portion forme le département de Tlndre) et .d'une faible portion de la province du Bourbonnais. Ce département reçoit sa dénomination de la rivière du Cher qui le traverse du sud-est au nord-ouest. II est placé entre le 46e degré 25 minutes 36 secondes et le 47e degré, 38 minutes latitude nord, et entre la 46e minute longitude orientale et la 31e minute oocidentale du méridien de l'Observatoire de Paris.

Ce département est situé au centre de la France. II a pour limites : 1° Au nord, le département du Loiret sur une longueur de 34,000 mètres; 2° A l'est, la Loire sur une longueur de 73,000 mètres, et l'Allier sur une longueur de 23,000 mètres (ces deux rivières séparent le départe ment du Cher de celui de la Nièvre); 3° Au sud-est, le département de l'Allier sur une longueur de 90,000 mètres ; 4° Au sud, celui de la Creuse sur une longueur de 10,000 mètres; 5° A l'ouest, le département de l'Indre sur une longueur de 125,000 mètres; 6° Au nord-ouest, celui de Loir-et-Cher sur une longueur de 73,000 mètres. Le département du Cher a donc plus de 45 myriamètres de tour Si l'on veut mesurer sa plus grande longueur du nord au sud, de puis le point de limite commun aux départements du Loiret et de Loir-et-Cher, jusqu'à la limite qui touche au département de la Creuse, on trouve que cette longueur est de 13 myriamètres et demi.

Sa plus grande largeur de l'est à l'ouest, vis-à-vis de la Charité jusqu'à l'ex trémité ouest de la commune de Saint-Outrille, est d'un peu plus de 9 myriamètres. La plus grande élévation du département, au-dessus du niveau de la mer, est d'environ 433 mètres (montagne d'Humbligny, arrondissement de Sancerre), et son lieu le plus bas (le lit du Cher, à Thénioux) est d'environ 96 mètres au-dessus du même niveau. Ainsi , son éléva tion moyenne au-dessus de la mer est de 264 mètres 50 centimètres. La configuration de notre département n'est pas facile à déterminer à cause des nombreux zigzags qu'elle présente ; cependant on peut dire que son ensemble est compris dans un parallélogramme dont le côté est s'appuie sur la Loire, le côté ouest sur l'Arnon, la ligne du nord sur le département du Loiret et la ligne du sud sur celui de l'Allier.

Les communes situées sur la limite du nord sont : Clémont, Argent, Blancafort, Barlieu el Santranges. Celles qui sont situées sur la limite de l'est sont : Belleville, Sury près Léré, Léré, Boulleret, Bannay, Saint-Satur, Ménétréol sous San cerre, Couarges, Saint-Bouise, Berry, la Chapelle-Montljnard, Argen vières, Saint-Léger le Petit, Beffes, Marseilles-les-Aubigny, Cours-les- Barres, Cuffy, Apremont, Neuvy le Barrois, et Mornay sur Allier. Celles qui sont situées au sud-est et au sud sont : Saint-Aignan, Bes sais le Fromental, Charenton, Coust, la Perche, Épineuil, Saint-Vitte, Vesdun, Sidiailles, Préveranges et Saint-Priest. Celles qui sont situées à l'ouest sont : Châteaumeillant, Rezay, Saint- Hilaire en Lignières, Lignières, Chezal-Benoît, Mareuil, Saint-Ambroix, Dame-Sainte, Chârost, Poisieux, Lazenay, Chéry, Graçay, Saint-Outrille, Genouilly, Saint- Georges sur la Prée, Thénioux, Vierzon, Nançay, Ménétréol sur Sauldre, Sainte-Montaine et Brinon.

TOPOGRAPHIE. 9 II. OROGRAPHIE. Montagnes et Collines. Le centre du département et toute sa partie ouest sont occupés par un vaste plateau dont la surface conserve un niveau à peu prés uniforme. Sa hauteur au-dessus du niveau de la mer est généralement de 150 mètres. Quelques points viennent pourtant former saillie à sa sur face : tels sont les mamelons qui se trouvent aux environs de Gron et qui s'élèvent à la cote 263 mètres. Ce plateau est coupé par plusieurs vallées qui ont une profondeur moyenne de 15 à 20 mètres. La pente générale des terrains, le mouvement des eaux et la direction des vallées du plateau central sont du sud-est au nord-ouest ; c'est-à-dire que, par sa partie la plus élevée, le département du Cher se relie aux montagnes centrales de la France, tandis qu'il s'incline vers les plaines du nord et de l'ouest.

Au sud de notre contrée, on voit s'élever les premières assises des montagnes granitiques du centre de la France ; elles confinent le ver sant occidental des montagnes de l'Auvergne. Dans cette partie du département, le point culminant est la brande Saint-Saturnin, près de Châteaumeillant, qui atteint 432 mètres; on peut encore citer le pic de Ripoll, dans la commune de Vesdun, qui a 383 mètres. Des montagnes centrales de la France se détache un certain nombre de rameaux secondaires dont plusieurs s'avancent jusque dans notre pays : 1° Un premier rameau borde les rives de la Loire et forme les montagnes du Sancerrois. Ces montagnes du Sancerrois n'offrent aucune aspérité et présentent une élévation de 293 mètres au Graveron et de 273 mètres au plateau peu étendu sur lequel est bâtie la ville de Sancerre. 2° Un second rameau, parallèle à la chaîne principale, va de Saul zais-le-Potier jusqu'aux bords de la Creuse.

En cet endroit, les monta gnes sont presque toujours escarpées, hérissées de sommités aiguës et déchirées; je dirai mème qu'elles présentent un aspect sauvage. Les vallées qu'elles séparent sont profondes et souvent tellement étroites que, entre leurs murailles, il y a à peine place pour le lit du torrent. Des montagnes qui se prolongent parallèlement au cours de la Loire se détache un contre-fort dont le point le plus élevé estlaMotte-d'Hum bligny, qui a 433 mètres; il se dirige vers l'ouest en formant une suite d'éminences qui s'abaissent peu à peu, disparaissent presque entièrement avant d'atteindre la limite du département, et dont les parties les plus élevées sont au pic Montaigu (275 mètres) et dans la forêt de Haute-Brune, près de Saint-Martin d'Auxigny (311 mètres). Sur la rive gauche du Cher, en face de Vierzon, apparaît une suite de collines qui passent au-dessus de Massay, s'abaissent près de Li gnières et se relient enfin aux côtes de l'est.

Près de Morlac, ces col lines atteignent une hauteur de 237 mètres et, au Belvédère, près de Saint-Amand, 328 mètres. Les collines et les montagnes du département forment les lignes oro graphiques des divers bassins ou versants entre lesquels se trouve réparti son territoire. Ces collines peuvent être divisées en deux classes : lignes principales et lignes secondaires. Les lignes principales sont : les lignes d'entre Cher et Allier-Loire et d'entre Cher et Indre. Les lignes secondaires sont celles d'entre Cher et Auron-Yèvre, d'entre Auron- Vèvre-Cher et Sauldre, d'entre Cher et Arnon, d'entre Arnon-Cher et Fouzon. Toutes ces collines et montagnes séparent les eaux des di verses rivières dont elles portent les noms et qui ont la mème direc tion ; la plupart s'étendent en plateaux, quelquefois vastes.

III. VALLÉES, ARRIÈRE-VALLÉES,. VALLOiNS. Les nombreuses collines du département divisent naturellement le territoire en vallées, arrière-vallées et vallons. Les vallées peuvent se diviser ainsi : vallées de la Loire, vallées du Cher, vallées de la Grande- Sauldre et vallées de la Petite-Sauldre : I. Vallées de la Loire. Les principales vallées de la Loire sont : 1° La vallée centrale de la Loire, souvent désignée sous le nom' de Val, ayant une longueur de 74 kilomètres environ, étant assez large et arrosée par le fleuve lui-même qui la dévaste parfois par ses inondations; 2° La vallée de l'Allier, qui a, dans notre département, une longueur TOPOGRAPHIE. 11 de 24 kilomètres, et dont les plateaux sont plus élevés et plus continus à l'ouest qu'à l'est; 3° La vallée de l'Aubois, commençant à l'ouest du village d' Augy, se dirigeant du sud-ouest au nord-est sur une longueur d'environ 45 kilomètres; elle est étroite et accidentée sur sa rive droite et, sur sa rive gauche, très-large, couverte d'étangs vers la Guerche, et a sa chute dans la vallée de la Loire, vers Marseilles-les-Aubigny; 4° Enfin, la vallée de la Vauvise, commençant au nord de Nerondes, se dirigeant d'abord assez généralement du sud-ouest au nord-est, puis presque du sud au nord; elle a une' longueur totale de 50 kilomètres, est resserrée à l'est, s'élargit, au contraire, à l'ouest, et a sa chute dans le val de la Loire, à Saint-Satur.

Dans le bassin de la Loire , il n'y a pas d'arrière-vallées remar quables. Parmi les vallons, on peut citer : 1° ceux de Bannay, Boulleret et Magdeleine, qui appartiennent à la vallée centrale ; 2° ceux de Venoy et de Veuillin, qui dépendent de la vallée de l'Allier; 3° celui de Ger migny, qui se rattache à la vallée de l'Aubois; 4° enfin celui de Bille ron, qui appartient à la vallée de la Vauvise. II. Vallées du Cher. Les vallées du Cher sont : la vallée centrale du Cher, la vallée d'Yèvre, la vallée de l'Arnon et celle du Fouzon. I. Vallée centrale. — On entend par vallée centrale le lit propre du Cher. Cette vallée s'étend du sud-est au nord-ouest, a dans le département une longueur de 120 kilomètres, est parfois dévastée par les inondations du Cher et resserrée, à l'est et à l'ouest, par des collines qui ne commencent à s'écarter que près de Vierzon.

Pour principale arrière-vallée, elle n'a que l'arrière-vallée de la Marmande, connue sous le nom de vallée de Saint-Pierre, et ayant 18 kilomètres de longueur; les autres sont très-petites et de peu d'étendue. Les vallons qui dépendent de cette vallée ainsi que de ses arrière vallées sont ceux de la Queugne, du Pendu, de la Cellette, d'Ainay-le- Vieux, des Cotards, d'Orcenais, de la Beaune, du Trian, de Chignon, de la Sologne, d'Yvernin, de Sainte-Claire, des Chaumes, de Chavannes, de Marigny, etc. II. Vallée d'Yèvre. — Cette vallée s'étend de l'est à l'ouest, sur une longueur d'environ 70 kilomètres, a son ouverture dans la commune de Baugy, renferme un grand nombre d'étangs et de marais, et a sa chute près de Vierzon, dans la vallée du Cher. , Ses arrière-vaUées sont : 1° L'arrière-vallée de l'Auron, commençant dans le département de l'Allier, ayant une longueur de 65 kilomètres, se dirigeant du sud-est au nord-ouest, et subdivisée au sud par une multitude de vallons qui en rendent l'accès difficile ; 2° L'arrière-vallée de l' Air ain, ayant une étendue d'environ 38 kilomètres; • , 3° L'arrière-vallée de Baranjon, se dirigeant du nord au sud sur une longueur de 35 kilomètres, ayant sur sa rive gauche de beaux et nombreux vallons et, sur sa rive droite, une colline s'étendant en un vaste plateau ; 4° Les arrière-vallées du Collin, du Langis et du Moulon ayant une mème importance, une mème étendue (leur longueur moyenne est d'environ 28 kilomètres) et une direction générale du nord au sudj et se détournant un peu du côté de l'ouest au point de leur chute dans le bassin d'Yèvre.

Les principaux vallons qui dépendent de cette vallée sont ceux du Rampenne, du Sagonin, du Bouzon, du Craon, du Baugy, de la Tri pande, de l'Ouatier, du Ru-de-Mehun, de Croulas, du Sandins, etc. III. Vallée de l'Arnon. — La vallée de l'Arnon se dirige en général du sud-est au nord-ouest, possède dans le département une longueur d'environ 115 kilomètres, a son ouverture dans le département de la Creuse et sa chute près de Vierzon, dans la vallée du Cher; au sud, ses rives sont très -resserrées et bordées de rochers élevés. Ses arrière-vallées sont : i 1° L'arrière-vallée du Portefeuille, qui se dirige du sud vers le nord, sur une longueur de 25 kilomètres, et^dont les rives sont aussi très resserrées et limitées par d'étroits plateaux ; 2° L'arrière-vallée de la Sinaise, ayant une longueur de 25 kilomètres et se dirigeant du sud au nord.

Les vallons qui dépendent de la vallée de l'Arnon sont ceux de Tonasse, de Prunelle, de la Joyeuse, du Cheminon, de la Prée, etc. IV. Vallée du Fouzon. — Cette vallée a son ouverture au sud-est de Nohant en Graçay, se dirige du sud-est au nord-ouest et a dans le département une longueur de 15 kilomètres. Ses principales arrière-vallées sont celles du Meunet et du Pau qui toutes deux vont du sud au nord. TOPOGRAPHIE. 13 III. Vallée de la Grande-Sauldre. Le territoire qui se trouve sur le passage de la Grande-Sauldre n'offre qu'une seule vallée, c'est celle que forment les coteaux qui bordent cette rivière; elle a son ouverture à Humbligny, se dirige vers le nord jusqu'à Vailly, puis vers le nord-ouest jusqu'à Argent, enfin, tout à fait vers l'ouest, jusqu'à sa sortie du département. Sa longueur est de 76 kilomètres.

Ses arrière-vallées sont : 1° L'arrière-vallée de la Basance, qui commence à Menetou-Ratcl et a sa chute à Jars, dans la vallée de la Sauldre, et dont la longueur est de plus de 5 kilomètres ; 2° L'arrière-vallée de la Salereine, qui se dirige du sud-est au nord ouest sur une longueur de 15 kilomètres, est petite et formée de val lohs peu importants ; 3° L'arrière-vallée de Loisenotte, ayant la mème direction que la précédente sur une longueur de 16 kilomètres, et ayant sa chute 'à l'est d'Argent ; 4° L'arrière-vallée de la Nère, commençant à Ivoy-le-Pré, se diri geant aussi du sud-est au nord-ouest sur une longueur de 34 kilomètres; elle a sa partie supérieure couverte de bois et présente à sa partie inférieure de maigres collines qui se terminent en plateaux stériles. Les vallons qui se rattachent à la vallée de la Grande-Sauldre et aux arrière-vallées qui en dépendent sont ceux de Nancray, du Chanets ou Riau-Limoçon, de Couet, de Pré-des-Quez, de Lyonne, de Corberie, des Romeneaux, du Pont-aux-Chòvres, de, la Rue-aux-Moines, de la Vièvre, etc.

IV. Vallée de la Petite-Salldre. Le territoire à travers lequel coule la Petite-Sauldre ne forme qu'une vallée, c'est celle qui est arrosée par cette rivière. Elle a son ouverture à Parassy, se dirige du sud-est au nord-ouest et a une lon gueur de 40. kilomètres. Sa partie inférieure est plus riche et plus belle que sa partie supérieure. Un grand nombre de vallons y ont leur chute; parmi les principaux on remarque ceux de Maucard et de Vernon. MARAIS. Idée générale. — D'après la statistique officielle de 1852, dans le département du Cher l'étendue totale des marais susceptibles d'être des séchés est de 1,192 hectares 22 ares 60 centiares. Ces terrains maréca geux appartiennent aux communes étaux particuliers. Si nous voulons connaître l'étendue des marais appartenant aux communes, consultons le travail tout récent qu'a fait opérer M. le Pré fet du Cher (en 1861), et nous trouverons que, sur 290 communes dont se compose notre département , « 4 seulement possèdent des marais proprement dits qui exigeraient des travaux spéciaux d'assainissement.

Ce sont les communes de Lantan, Osmery, Saint-Denis de Palin (can ton de Dun-le-Roi) et Chavannes (canton de Chàteauneuf). Ces terrains ont une contenance totale de 3*2 hectares 14 ares, et demanderaient une dépense de 1,600 francs. » Etendue tar arrondissement et par canton. — Toujours d'après la statistique officielle de 1 852, l'arrondissement de Bourges compte 236 hectares 67 ares 60 centiares de terrains marécageux, celui de Saint-Amand 537 hectares et celui de Sancerre 418 hectares 55 ares. Canton des Aix, 82 hectares; — Baugy, 19 hectares 45 ares; — Gra çay, 64 hectares ; — Lury, 21 hectares 22 ares 60 centiares; — Mehun, 23 hectares; — Saint-Martin d'Auxigny, 15 hectares; — Vierzon, 12 hectares. Canton de Chàteauneuf, 30 hectares;— le Châtelet, 30 hectares; — la Guerche, 60 hectares; — Nerondes, 10 hectares; — Saint-Amand, 1 4 hectares ; — Sancoins, 373 hectares.

Canton d'Argent, 170 hectares; —Aubigny, 6 hectares 20 ares; — Sancergues, 107 hectares 35 ares; — Sancerre, 135 hectares. Travaux de dessèchement. — Au commencement de ce siècle, les marais occupaient dans notre contrée une grande étendue; mais, par les soins de l'Administration, on est parvenu à en dessécher plusieurs et à les rendre propres à Tagriculture. Voici, en y ajoutant certains détails, les principaux lieux marécageux qui ont été soumis à des travaux de dessèchement : 1° Marais du val d'Yèvre. — Une ordonnance royale du U octobre 1830 concéda, à la Société Thurninger etCie, l'entreprise du dessèche- TOPOGRAPHIE. 15 ment des marais du val d'Yèvre sur les terrains des communes d'Os moy, Saint-Germain du Puits, Moulins sur Yèvre et Bourges. L'étendue de ces marais était de 465 hectares, partie en propriétés communales, partie en propriétés particulières.

Le défaut d'écoulement des eaux et le peu d'encaissement des rivières entre lesquelles ces terrains sont situés, étaient les causes de l'inondation constante des marais de la vallée d'Yèvre. Des herbes de mauvaise qualité, des joncs et des roseaux, tels étaient les seuls produits que l'on retirait des parties réputées les moins sté riles, si l'on en excepte toutefois quelques terrains en nature de pré. Les parties connues sous le nom de pales ou palus étaient, plus que toutes les autres, improductives et inabordables : c'étaient de très-mauvais pâturages où les bestiaux dépérissaient promptement ; presque toujours inondé, le sol était tellement détrempé que souvent les troupeaux s'y enfonçaient et ne pouvaient en être retirés qu'à l'aide de cordages. Si Ton considère maintenant que les marais de la vallée d'Yèvre sont à la porte de Bourges; que, jusqu'à cette époque, ils avaient été regardés comme des terrains à peu près inutiles, et que les exhalaisons fétides qui en provenaient étaient une cause d'insalu brité pour le pays, on ne peut s'empêcher de reconnaître que l'opération du dessèchement a été un véritable bienfait.

Dès que la concession eut été accordée, la Compagnie se mit aussitôt à l'œuvre, et l'entreprise fut conduite avec beaucoup d'activité. On fit un canal principal traversant le marais dans toute sa longueur et ayant un cours d'environ 8,150 mètres, des rigoles, des fossés de déversion et des fossés de ceinture ; ces travaux donnèrent lieu à des mouve ments de terre considérables : 150,000 mètres cubes de déblais environ furent exécutés. Le développement des rigoles secondaires est de 27,400 mètres. La Compagnie fit faire aussi plusieurs ouvrages d'art : cinq déver soirs, trois grands ponts et un petit, deux grands barrages en bois avec empierrement et trois gués empierrés. On éleva, en outre, un grand nombre de barrages en terre, destinés à endiguer et à encaisser la rivière l'Y'èvrette qui perdait ses eaux par de grandes noues.

Tels furent, en résumé, tous les travaux de dessèchement entrepris par la Compagnie. Le premier résultat obtenu (le dessèchement), il restait à en obtenir un second, savoir : la mise en culture des terrains desséchés. La tâche de l'agriculteur devait alors commencer : il l'a compris, et aussitôt les terrains ont été mis en valeur. 2° Marais de Contres. —Par une ordonnance royale du 4 juillet 1830, les communes de Dun-le-Roi et de Saint-Germain des Bois furent décla rées concessionnaires du dessèchement des marais de Contres. Cette

Chapitre 1

opération, qui a donné à Tagriculture une étendue considérable de terrains improductifs, était depuis longtemps désirée ; elle importait surtout à la contrée de Dun-le-Roi dont le territoire se trouve actuelle ment, par suite, fort assaini. L'entreprise, après avoir langui un peu, fut cependant conduite, en partie, à .bonne fin. 11 en reste encore quelques portions qui exigeraient des travaux de dessèchement. Ces marais étaient beaucoup plus étendus que ceux du val d'Yèvre, mais ils ont présenté, pour les travaux de dessèchement, moins de difficultés naturelles. Le canal principal présente un développement total de 5,280 mètres, et les fossés secondaires ou latéraux une longueur de 17,486 mètres. 3° Marais de Mehun. — Un troisième marais dune bien moindre éten due que les deux premiers, situé dans la commune de Mehun, a été desséché vers 1836, en partie aux frais des propriétaires intéressés, en partie aux frais de l'administration du Canal de Berry. 4° Étang de Chevrier. — Il y a, à 3 ou 4 kilomètres de Chàteauneuf et dans la commune de Saint-Loup, un vaste marais appelé Tétang de Chevrier.

Cette propriété, parsemée de sources abondantes, sert d'égout à toutes les terres environnantes, qui lui sont supérieures. On tenta d'abord de dessécher ce marais, ou du moins de Tassainir au moyen de larges et de profonds fossés; mais cette opération ne produisit qu'un résultat très-incomplet : c'est à peine si Ton put cultiver quelques hectares qui ne donnèrent que des récoltes très-faibles. Le reste du marécage resta couvert d'une eau stagnante pendant les deux tiers de Tannée, et envahi par des plantes marécageuses de nulle valeur et impropres à la nourriture du bétail. Tendant les années 1853 et 1854, les proprié taires décidèrent de le faire drainer : les travaux, conduits avec intelligence et activité, présentèrent, dans le cours de leur exécution, certaines difficultés qui toutes furent vaincues avec cette persistance qui seule conduit au succès. 5° Plusieurs parties de notre territoire ont encore été desséchées; mais, comme elles n'ont pas Timportance de celles que nous venons de mentionner , nous n'en dirons rien.

Cependant il convient de citer encore les terrains situés sur le territoire de Chàteauneuf qui, autrefois le plus souvent mouillés et mème inondés, sont aujourd'hui en pleine culture. TOPOGRAPHIE 17 V. ÉTANGS. Idée générale. — Le département du Cher renferme un grand nombre d'étangs; cependant, depuis environ cinquante ans, ce nombre tend toujours à décroître : ainsi, si Ton consulte les statistiques officielles, on trouve qu'en 1810 la superficie totale des étangs était de 8,400 hectares, dont près de 6,000 pour le seul arrondissement de Saint-Amand, tandis que le travail statistique fait en 1852 n'en compte plus, dans tout le département, que 1,825 hectares 32 ares 70 centiares. Les nombreux travaux de dessèchement que Ton a opérés sont la cause de cette importante diminution. Aujourd'hui, les terrains qui étaient naguère couverts d'eau et où croissaient des plantes stériles, sont livrés à la culture.

Parmi les principaux étangs assainis, il faut mettre en première ligne le vaste étang de Villiers, situé près de Lignières, qui a été dessé ché depuis plusieurs années; il comptait au moins 25 kilomètres de pourtour. Actuellement, c'est encore dans Tarrondissement de Saint-Amand que les étangs offrent la plus vaste étendue; celui de Sancerre en pré sente aussi un assez grand nombre, à cause de sa partie ouest connue sous le nom de Sologne. Étendue par arrondissement et par canton. — Arrondissement de Bourges, 305 hectares 63 ares 90 centiares; — arrondissement de Saint-Amand, 1,683 hectares 34 ares; — arrondissement de Sancerre, 836 hectares 34 ares 80 centiares. Canton des Aix, 2 hectares 21 ares;— Baugy, 17 hectares, 34 ares; — Bourges, 1 hectare 26 ares 60 centiares; — Chârost, 37 ares; — Graçay, 73 hectares 78 ares 30 centiares; — Levet, 3 hectares 13 ares; — Lury, 15 hectares 10 ares; — Mehun, 45 hectares 50 ares; — Saint-Martin d'Auxigny, 26 hectares 94 ares; —Vierzon , 120 hectares.

Canton de Charenton, 20 hectares;— Châteaumeillant, 100 hectares; — Chàteauneuf, 40 hectares; — le Châtelet, 72 hectares; — Dun-le-Roi, 1 hectare;— la Guerche, 247 hectares 28 ares; —Lignières, 86 hectares 31 ares;— Nerondes, 193 hectares;— Saint-Amand, 48 hectares 74 ares; CHAPITBE I. — Sancoins, 756 hectares 26 ares ; — Saulzais-le-Potier, H 8 hectares 75 ares. Canton d'Argent, 613 hectares 45 ares 9 centiares; — Aubigny, 14 hectares 48 ares; —la Chapelle-d'Angillon, 35 hectares 21 ares; — Henrichemont, 1 8 hectares ; — Léré, 7 hectares ; — Sancergues, 1 1 7 hectares 84 ares;— Sancerre, 2 hectares 40 ares; —Vailly , 7 hectares 93 ares 90 centiares. VI. TERRES INCULTES. Étendue. — Les terres incultes qui comprennent les landes, pâtis, bruyères, etc., occupent dans notre département, d'après la statistique officielle de 1852, une étendue totale de 40,574 hectares 49 ares 81 centiares appartenant soit aux communes, soit aux particuliers. «48 communes, dit M. le Préfet dans son Rapport au Conseil général, lors de sa session ordinaire de 1861, sont propriétaires de terres humides exigeant également des travaux d'assainissement.

Ces terrains ont une contenance de 2,207 hectares 66 ares 68 centiares, et les tra vaux d'assainissement sont évalués à 134,290 francs. » Défrichements. — Au commencement de ce siècle, les terres incultes avaient, comme les marais, une bien plus grande étendue, mais, toujours grâce au zèle de TAdministration et mème des particuliers, qui ont compris que leurs intérêts privés étaient engagés dans ces utiles travaux, beaucoup de terrains ont été rendus propres à Tagriculture; on peut en juger par les données suivantes. Ne portons pas nos regards trop loin dans le passé ; en les arrê tant seulement sur le relevé cadastral de 1834, nous trouvons déjà le nombre fort élevé de 62,828 hectares. En comparant ce chiffre avec le chiffre actuel, on trouve que plus d'un tiers des terres incultes qui existaient à cette époque encore peu éloignée de nous, a été défriché et mis en valeur.

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