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RECHERCHES SUR LES ÉTATS DE BRETAGNE í RENNES, TYPOGRAPHIE ALPH. LEROY FILS. ;J OUVERTURE DES ETAI à d/?J fvu.r le'Fraìí^rejtr Gcnèra.1 de La. de l'f l'i des Cermptxs . ,- Aft ccntvertr de drap vert,peiif lee atih-es " t^ le Grand ni^itre des r T^* H ecj. Le Keee-iejír Central des X,<~maZneret U C^n . I /■ J"? ô-*.n*rn! d.iJ7s-rnainc . , e p "1" ■ fi.is..- à das crever t dx drap Ve.rt.paur Us Ce-. rriì'^ r. .r r- ..-! i , r des f i r. once j . / -**' ** PreJi'fUntdeï/yLJ-t^^^tr». ° **** ■ y-itrJ l.\r/jiLer>icecsain,<rtt yn s'en absente U j.7 Bétnà ■ plu-' arieUn de.' au*r*i tsvétfuesrqui revientít ' Pt^t ' F m Uitrs rany j fusant te /rur-nïUjJ-mt crUre,-^ *' _*£* e^M.i.i'i,' LLjserT*yic*,etncT. par lci.tr Sacre . . _ p r e^^^Bnne pentr les hi.it A-e'yucs^utre Le Président- ?'»'dt' -£.. .tiittetut cleve de .ftiatrc rruirehss. censvertg. duniiranet tapis de %relen.i.rs, par Zjeni.es eie France etde ABretaane,penir tJl'Zlc G tnt\crr_cur a. de laPrennnee,Brem*XK CermrmSsaire ■ 2. . 'Fauteuils ttei'r'L* eie tre*is marchés, ptntr 771 f* tes J-ieietenants Générante . 5..
Fauteuil pntr mZle Premier Trépident du Par de m cnt~ . 10 . ..Fauteuil pentr le Fremter'CrmmiJsaire dit On' A Treis chaises a des pe-ur tes trens autres 'Brest- II. , dents .tZ. Pa.r'lerrLe.n.F. V. Chaise d dds pentr 171 .*" Le Prccureiir Geruireidt Ju Par Lemen trr~ "7. A. Chaise a das pcu.r le Jtcernd C0-m.rn.iJ s m r e du Ceiri/eèl . L2. Fac-similé d'après la planche ordinale appartenant au Musée archéologique de Rennes, exécuté dans les ateliers lithographiques de Alph. Leroy fils à Renoes. TATS DE BRETAGNE. £ arw pour Les PepuJase^ dos Comn^-unau tex. qm ecrmp v/c? l ordre duTûrJ . . Tribune pour Uj Patries . JìurcjsUi des osfxecers des £tatS,qu.ij'ontLeTr?cit - reur Generai,Synetiefs m. SubJatut.Le Treserter et~ lo Greffier, cul devant dcuj uel est un banc peur les Csm/rtù du. Greffe .
Ze Grand Preveste*scs officiers . Ze Mcras.Lt cn.dJaJm.atuf ijo Jcitlc d Hermine ,avee une médaille et une eheuns d'or au Col • dll'Utsss . " acttt'uje . ■ ■Banc pour Us Abbc*- RtjuLcrs et Commanda -- taises, dont U ranf ertreyU romme cctit* dos Zl. Bm»cs pour les I?dputo>~ de Cous les Chapitres de la l'ri-vtnc* . .111 £al,t-itd peur LePrcsids-nt de la sir hUsse.et ul eftrrAir.aircmrrt un des £**enJ . Z}. Bancdts huíto.utrcs Tarons.ctouand d ncj t 2f. ïrui-ent oas.d^tremeh par la HetUsse . Baruzs pr'ur In rlP-ícssc . BU*e duPcyen de la t1chUsse,fnarauee par une ' cifcedc drap vers. ■ , , prPÙUrreiu'Iiirs.dcntlaFts-cot:SteJMAseedune Hi..iu.í± in tir *UUn*a.-r-Ì! tftkrchc RECHERCHES SUR LES ÉTATS DE BRETAGNE LA TENUE DE 1736 PAR A. DU B0UËT1EZ DE KERORGUEN TOME PREMIER PARIS DUMOULIN, LIBRAIRE-ÉDITEUR QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS i875 AVANT-PROPOS AVANT-PROPOS La différence entre les pays d'Etats et les pays d'élection, écrivait au XVIe siècle le jurisconsulte nivernais Guy Coquille, c'est que les uns ont conservé leurs droits, et que les autres les ont laissé perdre 0).
Chapitre I
Se ïê\M. de Vê%\\M, SOMMAIRE De l'ordre de V Eglise. — Son rang. — Son râle. — Sa participation aux affaires générales. — V évêque diocésain préside les Etats et l'ordre de l'Eglise. — Composition de l'ordre. — Evêques. — Ils ne peuvent se faire représenter par leurs vicaires généraux comme en Languedoc. — Présidence des commissions, des députations, des bureaux diocésains. — Revenus des évêchés bretons. — Abbés. — Quarante abbayes députent aux Etats. — Elles suivent différentes règles religieuses. — Leurs revenus. — Nombre de leurs religieux. — Etablissements monastiques en Bretagne. — La commende. — Députés des chapitres cathêdraux. — Leur composition. — Agrégés des chapitres, — Leur rôle. — Le clergé des campagnes et des villes n'est pas représenté. — Position du bas clergé. — Son état précaire. — Le vicaire perpétuel de Vile de Groix. — Ses obligations envers le prieur de Saint-Michel-des-Montagnes, curé primitif de Vile. — L'ordre de l'Eglise et les cahiers de iySç) en Bretagne. — Franchises des églises bretonnes. — Intervention des Etats cn leur faveur. — Saint-Yves de Rome.
Parmi les trois ordres qui siégeaient aux Etats de Bretagne, le premier dans le rang des préséances, et celui qui joue toujours le principal rôle, sinon en apparence, du moins en réalité, est incontestablement Tordre de l'Eglise. Ses représentants devaient cette in fluence à leurs études, à leur discipline, à Thabitude des affaires que leur donnait Tadministration des dio cèses et des abbayes, à la présence au milieu d'eux de prélats éminents et de savants abbés. Les travaux de plusieurs d'entre eux témoignent de Tétendue et de la variété de leurs connaissances, et bien de leurs rapports sur des questions financières, légales ou ad ministratives, formant de véritables traités aussi suc cincts que complets, pourraient être cités comme des modèles du genre. Le clergé autrefois était bien plus in timement mêlé à la vie sociale et politique, et personne ne s'étonnait alors de voir un évêque tout aussi com pétent pour faire un mémoire sur les haras, Tagricul ture ou le commerce, que sur des sujets de discipline ecclésiastique ou de dogme C1).
En outre de Tinfluence que lui donnait son instruction, Tordre de l'Eglise possédait encore celle qui s'at tache à la richesse et à la naissance. Presque tous les prélats jouissaient d'abbayes ou de prieurés dont les revenus venaient s'ajouter à ceux de leurs évêchés. Quelques-uns, comme Monseigneur de Vauréal, avaient des commendes dont le produit dépassait cin quante mille livres, et en parcourant la liste des évêques qui assistaient à la tenue de 1736, 'nous les trouvons à peu près tous pourvus de bénéfices importants. Parmi les abbés, plusieurs étaient fort riches, la plu part en outre appartenaient à des familles ou puis- (l) L'ordre du clergé avait un grand nombre d'affaires à régler avec une foule de personnes appartenant à toutes les classes : il était en rapports constants avec la société laïque, se trouvait fréquemment avec elle en communauté d'intérêts et même la connaissait beaucoup mieux sous certains aspecis que le clergé actuel.
(Constitution civile du clergé, par L. Sciout, t. 1.) santés en cour, comme Jacques de Duras, abbé de Boquen, ou influentes dans la province, comme Ber trand de Langle, abbé de Blanche-Couronne. Du reste, il faut le dire, la prépondérance du clergé était justifiée par une conduite sage et conciliante entre les deux autres ordres, souvent opposés d'intérêts. Le seul reproche qu'on pût lui adresser, c'était de paraître, de temps en temps, manquer d'indépendance vis-à vis des commissaires du gouvernement, mais il ne faut pas oublier que le Roi nommait les évêques, et que la feuille des bénéfices était à Versailles. En 1736, les querelles suscitées jadis au sein de cet ordre, par les questions de préséance , avaient disparu, Tarrêt du conseil, du 6 mars 1628, avait définiti vement attribué la présidence de Tordre, qui entraî nait celle des Etats, à Tévêque diocésain, et en son absence, au plus ancien prélat par ordre de consé cration.
On comprend donc que, la personnalité de Tévêque fût prise en grande considération, quand il s'agissait de déterminer le lieu où se réuniraient les Etats (0. En effet, cette prérogative qu'avait le gouvernement de fixer la ville où devait se tenir la session, lui don nait en réalité le droit de choisir le président de la tenue, dont les fonctions n'étaient pas moins impor tantes que celles exercées de nos jours par les prési dents de nos Assemblées délibérantes. La Bretagne faisait partie de la province ecclésias- (1) Le lieu où se réunissaient les Etats exerçait la même influence pour le choix du président duTiers. «On ditquele Roi ayant acheté Lorient, la juridiction sur cette ville va êlre attribuée au prés'dial de Rennes, afin que si les Elats s'y tiennent, M. Bories, sénéchal de Rennes, préside le Tiers. » (Lettre de février 1786, correspondance d'An neix de Souveneì.
Arch. nat., liasse H. 554.) y tique de Tours, et était divisée en neuf diocèses : Rennes, Nantes, Vannes, Quimper, Saint-Brieuc, Saint- Pol-de-Léon, Saint-Malo, Tréguier et Dol. Les évêques seuls avaient le droit de siéger, et ne pouvaient, comme ceux du Languedoc, se faire représenter par leurs vicaires généraux; la question avait été tranchée par une décision des Etats du 7 novembre 1607, por tant : « qu'à Tavenir les prélats assisteraient person nellement, et que leurs procureurs n'auraient pas voix délibératives. » Leur présence était d'autant plus nécessaire, que leur rôle était plus important. Si Té vêque diocésain dirigeait les débats de l'Assemblée, [es autres prélats présidaient les commissions nommées pendant la session, et conduisaient toutes les députations envoyées vers les commissaires du Roi.
Le premier des députés allant à la cour pour y représenter les Etats était un évêque, et c'était au pasteur du diocèse de. Rennes que revenait la tâche difficile et labo rieuse de présider aux travaux de la Commission intermédiaire. En dehors des sessions, les évêques avaient encore un rôle considérable : placés à la tête des bureaux diocésains, ils étaient appelés à diriger Tadministra tion financière de leurs diocèses, et paraissaient au surplus, si on s'en rapporte à leurs correspondances, tout aussi au courant des intérêts temporels que des intérêts spirituels de leurs administrés t1). (1) Les documents officiels du XYl^ siècle attribuent aux évêchés bretons des revenus dont voici les moyennes : Rennes, 32,000 livres; Names, 44,000 1.; Vannes, 39,000 1.; Quimper, 15,000 l.j Saint-Pol de-Léon, 15,000 1 .;' Tréguier, 20,000 l.j Saint-Brieuc, 12,000 1.; Saint- Malo, 35,000 I.; Dol, 20,000 1.
A ces revenus s'ajoutaient toujours des bénéfices soit dans la province, soit en dehors, ce qui était moins fréquent; cependant, en 1736, Mgr de Vauréal en possé- Quarante abbayes donnaient à leurs abbés le droit d'assister aux tenues, avec voix délibérative dans Tor dre de l'Eglise. Toutes ces abbayes suivaient la règle de saint Benoît ou celle de saint Augustin. Celles qui admettaient la règle de saint Benoît , mo difiée par les réformes apportées aux IXc et Xe siècles dans Tabbaye de Cluny, étaient pour les diocèses : De Rennes : Saint-Melaine, ayant 7,826 livres de revenu et 1 1 religieux ; De Nantes : Blanche-Couronne, 3,5oo 1., 4 r.; La Chaume, 2,000 1., 3 r.; Saint-Gildas-des-Bois, 3,5oo l., 7 r.; De Vannes : Saint-Jacut, 6,000 1., 9 r.; Redon, 1 1, 144 L, 10 r. ; Saint-Gildas-de-Rhuys, 6,000 1., 9 r.; De Quimper : Sainte-Croix-de-Quimperlé, 7,500 1., 8 r.; Landevenek, 4,5oo L, 9 r.; De Saint-Brieuc : Lanténac, 2,3oo 1., 2 r. ; De Saint-Pol-de-Léon : Saint-Mahé, 2,5oo 1., 6 r.; De Dol : Le Tronchet, 2,200 L, 4 r.; De Saint-Malo : Saint-Méen, 7,000!., 6 r. W. dait plusieurs hors de la province, et au moment de la réunion des Etats-Généraux, en 1789, Tévêque de Rennes était commendalaire de l'abbaye de Saint-Evroul, dans le diocèse de Lisieux, donnant 20,000 1., et de celle de Froidmont, dans le diocèse de Beauvais, estimée 22,000 1.
En France, un grand nombre de sièges épiscopaux laissaient bien loin derrière eux, au point de vue des revenus, les évêchés bretons, citons : Strasbourg, 400,000 1.; Cambrai, Paris, 200,000 1.; Narbonne, 160,000 1. ; Metz, Auch, Alby, 120,000 1. ; Rouen, 100,000 1,; Beauvais, 96,000 1.; Toulouse, Bayeux, 90,000 1. ; Tours, Arras, 80,000 1. ; Condom, Sens, 70,000 1. ; Cahors, Comminges, 60,000 1., etc. (1) Ces chiffres se rapportent au milieu du XVIIIe siècle, mais le montant des revenus et le nombre des religieux subirent plusieurs variations. Les revenus de ces abbayes n'étaient pas en général très élevés et l'on n'en trouvait pas en Bretagne donnant 70,000 1., comme Toutes ces abbayes se rattachaient à la célèbre con grégation de Saint-Maur, dont la maison principale était le monastère des Blancs-Manteaux à Paris.
Les Bénédictins y avaient remplacé, le 5 septembre 1618, les Guillemins ou Guillelmites, qui y avaient été ins tallés en 1298 par Philippe le Bel, après que le se cond concile de Lyon eût décrété, en 1274, la sup pression des religieux mendiants de Tordre de Sainte- Marie-des-Arènes, venus de Marseille en 1 258, et celle d'Anchin, diocèse d'Arras; 66,000 1., comme celle de Corbies, diocèse d'Amiens; 80,000 1., comme celle de Fécamp, diocèse de Rouen; 100,0001., comme celle de Saint-Denis; 100,0001., ou 130,0001., comme celle de Saint-Germain-des-Prés. II y avait encore plusieurs abbayes impor'tanles , mais ne donnant pas droit d'enlrée aux Etats, telles que celles de Châteaubriant, de Rieux, de Sarzeau, de Saint-Georges, de Saint-Malo, la prévôté de Vertou. le prieuré de Vitré. De nombreux monastères couvraient par ailleurs le sol de la province.
Citons enlre autres : Les Chartreux à Nantes et à Auray; Les grands Carmes établis dans les villes de Quintin, de Dol, de Josselin, de Ploërmel, de Nantes, de Saint-Pol, de Pont TAbbé, de Rennes, de Sainte-Anne, d'Hennebont. La maison la plus importante était celle de Sainte-Anne, qui possédait 14,000 1. de revenus et comptait 17 religieux; Les Minimes à Rennes, à Nantes, à Saint-Pol, à Saint-Fiacre de Morlaix; Les Carmes déchaussés à Brest, à Carhaix, à Rennes, à Vannes; Les Cordeliers à Saint-Brieuc, à Dinan, à Ancenis, à Bourgneuf , à Clisson, à Nantes, à Savenay, à Quimper, à Fougères, à Rennes, à Guingamp, à Bodélio, à Vannes; Les Capucins à Saint-Brieuc, à Dinan, à Saint-Malo, au Croisic, à L'Hermitage, à Machecoul, à Nantes, à Brest, à Landerneau , à Roscoff, à Audierne, à Quimper, à Quimperlé, à Rennes, à Guin gamp, à Lannion, à Morlaix, à Auray, £ Hennebont, à Vannes; Les Récollets à l'île Verte, à Lesneven, à Landerneau, à Châte laudren, à Tréguier, à Bernon, à Sainte-Catherine du Blavet, où il y en avait 4, 11 à Port-Louis et 8 à Pontivy ; Les grands Augustins à Carhaix, à Lannion, à Malestroit, à Lam balle, à Candé, à Vitré; dont le manteau était blanc. [Père Hélyot et dict. de Trévoux.)
C'est à cette congrégation de Saint-Maur qu'étaient affiliés plusieurs Bretons illustres, entre autres : Jean- Etienne Badier, historien de Tabbaye de Marmoutiers, dom Denis Briant, dom Guy-Alexis Lobineau, dom Jean-Maur Audren de Kerdrel, dom Hyacinthe-Mo rice de Beaubois, né à Quimperlé en i6g3 et mort au monastère des Blancs-Manteaux le 14 octobre 1750 , dom Taillandier, dom Hippolyte de Coniac, dom Nicolas Jamin. Parmi les autres abbayes députant aux Etats, il y en avait qui, suivant également la règle de saint Be noît , avaient adopté la réforme de Tabbé Robert, fondateur de la maison de Cîteaux au XIIe siècle. C'était pour les diocèses : De Nantes : La Villeneuve, 6,600 1., 1 1 r.; Busay, 3o,ooo 1., 8 r.; La Meilleraye, 4,5oo 1., 3 r.; De Vannes : Lanvaux, 1,200 1., 3 r.; Prières, 3o,ooo 1., 3o r. ; De Quimper: Langonnet, 6,000 1., 8 r.; Saint- Maurice, ó,3oo L, 7 r.; Coëtmaloen, 4,000 1., 6 r.; Bon-Repos, 10,000 L, 8 r.; Carnoët, 3, 000 1., 4 r.; De Saint-Brieuc : Saint-Aubin-des-Bois, 2,700 1., 6 r.; Boquen, 1,200 1., 3 r.; Les Dominicains à Dinan, à Nazareth, à Guéiaude, à Nantes, à Rennes, à Vitré, à Gningamp, à Morlaix, à Quimperlé, à Vannes.
Avant leur procès, les Jésuites avaient eu aussi plusieurs établissements dans la province. Quant aux couvents de femmes, ils étaient au moins aussi nom breux. Parmi les plus importants, rappelons celui de Saint-Georges, à Rennes, règle de Saint-Benoit, et celui de Notre-Dame de la Joie, près Hennebont, de l'ordre des Citeaux. L'ordre de Malte y possédait plusieurs commanderies, dont la plus étendue était celle du Paraclet; toutes relevaient du grand prieuré d'Aquitaine. De Dol : La Vieuville, 2,5oo T, 6 r.; De Saint-Pol-de-Léon : Saint-Mathieu, 5,66o 1., 5 r.; Rellecq, í 1,000 1., 12 r.; Enfin pour le diocèse de Tréguier : Bégars, 9,000 1., 10 R. Les abbayes qui suivaient la règle de saint Augustin et les règles particulières données par saint Norbert, évêque de Magdebourg, étaient : Paimpont, 4,000 1., 6 r.; Saint-Pierre de Rillé, 3,ooo L, 4 r. (diocèse de Rennes).
La Madeleine de Géneston, 1,200 L, 3 r.; Sainte- Marie de Pornic, 2,000 1., 3 r. {d. de Nantes). Daoulas, 2,000 1., annexé au chapitre de Quimper (d. de Quimper). Beauport, 8,000 1., 25 r. (d. de Saint-Brieuc). Josselin , 4,000 1., 5 r.; Saint-Jacques de Mont fort, 2,5oo 1., 5 r.; Beaulieu, 1,600 1., 4 r.; Saint- Jean-des-Prés, 5,5oo L, 3 r. (d. de Saint-Malo). Sainte-Croix de Guingamp, 4,000 1., 3 r. (d. de Tréguier). Les abbés remplaçaient au besoin les évêques comme présidents des commissions ou des députations. C'était toujours un abbé qui était à la tête des députés en voyés à la Chambre des comptes. Toutes ces abbayes , à part celle de Prières, étaient en commende. Beaucoup de commendataires n'habi taient pas la province, plusieurs comme les évêques siégeaient à un autre titre aux Etats; aussi jamais le nombre des abbés fut-il au complet, et Ton compta rarement sur les bancs qui leur étaient réservés plus de douze à quinze assistants t1).
(I) Les canonistes définissent ainsi la commende : k une provision d'un bénéfice régulier accordé à un séculier avec dispense de ré gularité. » Les chapitres des neuf églises cathédrales avaient le droit de nommer chacun un député. Par une délibé ration du 19 août 1661, les Etats avaient décidé que les chapitres ne devaient députer à Tavenir que des prêtres, ou du moins des ecclésiastiques dans les or dres sacrés. Ces nominations avaient lieu à Télection, par tous les membres de ces corps, dont le pouvoir avait bien diminué, depuis que le concordat de Fran çois Ier leur avait enlevé le droit d'élire les évêques, mais qui conservaient encore une grande influence dans Tadministration des diocèses. A Rennes, le chapitre était composé de cinq dignitaires : le grand-chantre, Tarchidiacre de Rennes , Tarchidiacre du désert, le scholastique, quatre prieurs, monastiques pourvus de prébendes, 16 chanoines, des chapelains et le maître de la psalette.
A Nantes, le chapitre comprenait : le doyen, Tar chidiacre de la Mée, un chantre, un trésorier, un scholastique, le pénitencier, 14 chanoines, 4 archi prêtres, des chapelains et le maître de la psalette. A Vannes, il y avait Tarchidiacre, le chantre, le scholastique, un pénitencier, 14 chanoines, 4 archi- D'abord le commendataire n'avait que Tadministration des biens de l'abbaye entre le décès de l'abbé et Installation de son successeur, et cette administration était pour l'ordinaire limitée à six mois. Mais les commendataires en arrivèrent bientôt à garder toute leur vie la jouissance des fruits du bénéfice. Au dix-huitième siècle, ils recevaient les mêmes honneurs que les abbés titulaires et exer çaient toutes les prérogatives dont jouissait l'abbaye, comme le droit de justice, de nomination à certaines places, et venaient im médiatement après les évêques.
Ils n'avaient point de juridiction sur les religieux qui obéissaient à un prieur claustral. Le commendataire devait diviser le revenu en trois lots : un pour lui, un pour les religieux, le troisième pour les frais et réparations; mais il prenait ordinairement le dernier lot pour lui, en se chargeant des réparations qu'il faisait à sa guise ou qu'il oubliait de faire. DE L'ORDRE DE LÉGL1SE. prêtres, des chapelains et le maître de la psalette. Les autres chapitres de Bretagne avaient une composition à peu près analogue ; à Saint-Brieuc Ton remarquait cependant un maître d'école ou précepteur des en fants (i). Les chapitres avaient aussi le droit de nommer des agrégés; à vrai dire, ces derniers n'étaient pas membres des Etats, en ce sens qu'ils n'y avaient pas voix délibérative, mais ils pouvaient prendre part, avec voix consultative, aux délibérations de Tordre; et avaient besoin de Tautorisation du Roi ou de celle de ses com missaires pour entrer aux Etats.
Leur nombre n'était (1) Un grand n ombre de chapitres cathédraux très-bien rentes étaient recommandables par la dignité et la régularité de leurs membres. Beaucoup de collégiales renfermaient des prêtres pleins de science et de vertus, des théologiens de mérite, des érudits distingués. Grâce à ces chapitres, des ecclésiastiques très-respectables, mais qui ne pouvaient plus, à cause de leur âge ou de leur santé, exercer utilement le ministère paroissial, trouvaient une retraite honorable et le moyen de se livrer à l'étude. Les érudits, les historiens, les théologiens de mérite que l'ancien clergé de France a produits en si grand nombre, n'appartenaient pas pour la plupart au clergé pa roissial, trop occupé par les soins continuels du ministère nour se livrer à l'étude avec une très-grande assiduité.
Ils faisaient généra lement partie de ces chapitres, lorsqu'ils n'appartenaient pas à un ordre religieux. A ce point de vue, l'institution des collégiales était d'une très-grande utilité. Certains chapitres avaient un personnel très-nombreux. II y avait une multitude de titres de chanoines prébendiers, demi-prébendiers et des chapellenies. Mais beaucoup de prébendes et de chapelles rapportaient quatre ou cinq cenls livres, il y en avait même qui n'en rapportaient que cent : aussi le même titulaire possédait-il souvent deux ou trois de ces maigres bénéfices, et par suite tel chapitre qui comptait officiellement trente chapelains, n'en avait en réalité que sept ou huit résidents. Le besoin d'une institution semblable aux anciennes collégiales, pour les prêtres obligés de se retirer, se fait sentir en France de puis longtemps; à Paris, à la suite du chapitre, on a rétabli des chanoines dits prébendes.
(Ludovic Sciout, t. 1, C. c. du clergé.) pas limité; et si, en général, les chapitres usant peu de ce droit, n'en envoyaient qu'un ou deux, quelquefois cependant ils en députaient un plus grand nombre, et à la tenue de 1764, Ton voit notamment le chapitre de Quimper se faire représenter par MM. Perchambault, Provost, de Boisbilly, de Talhouet de Sévérac, tous quatre, dit le procès-verbal, chanoines et agrégés. De cette énumération des membres composant Tordre de l'Eglise, il résulte que les prêtres des campagnes et des villes, et une fraction notable du clergé régulier n'étaient pas représentés aux Etats, et qu'à part les députés des chapitres et Tabbé régulier de Prières , tous les autres députés de l'Eglise étaient à la nomi nation du Roi. Au moment de la Révolution, les plaintes qui se produisaient depuis longtemps à ce propos, se firent jour, et on en trouve Texpression dans les cahiers de doléances des neuf assemblées diocésaines.
Ces plaintes du clergé inférieur étaient d'autant plus fondées que sa position était plus précaire. Chargés de tout le service religieux des campagnes, les recteurs touchaient en réalité fort peu de cette fameuse dîme ecclésiastique, que d'autres levaient, il est vrai, sur leurs paroissieiss. Les exemples abondent ; citons-en un, entre mille, que nous empruntons à ce qui se passait dans Tîle de Groix, dépendant du prieuré de Saint-Michel -des-Montagnes, situé dans la paroisse de Plœmeur, formant aujourd'hui le second canton de la ville de Lorient.
L'administration spirituelle de Tîle était confiée à un ecclésiastique nommé par le prieur de Saint-Michel, qui s'intitulait curé primitif de Tîle de Groix, et qui n'en remplissait guère les fonctions, comme Tindique un aveu de i683, portant : « Au jour que le prieur des Montagnes ou son fermier et ses hommes qui sont à lui estant à Groix pour cueillir et recevoir sa dîme, le vicaire de ladite île de Groix doit à dîner au prieur et à ses hommes qui sont avec lui ou avec son fermier ou commis, avec bouilli, rôti, bon vin blanc et bon vin clairet, avec deux cierges allumés sur la table pendant les soupers ou dîners, devant ledit prieur ou ses commis faisant ladite re cette ; et est obligé ledit vicaire à fournir lesdits deux cierges, aussi bien qu'à payer le dîner ou souper, et faute audit vicaire de Groix, lui ayant été donné avis de Tarrivée dudit prieur ou de ses commis, pour faire ladite recette, faire tenir le dîner ou souper prêt, il doit Tamende de douze livres, jugé, ajoute Tarrêt, par la cour de parlement de ce pays. » Cette dîme que les commis vont recevoir à la place du prieur ne laisse pas d'être lourde, car elle consiste, nous apprend Taveu, en un minot de froment rouge et deux minots d'avoine par sillon ou neuf journaux de terre, en échange de quoi le prieur ne doit que le chrême et au tres saintes huiles nécessaires pour Tadministration des sacrements.
(Arch. nat., terrier de Bretagne. P. i6i5-i625(i).) Comme Ton voit, le titulaire de ce petit prieuré, qui appartenait aux prêtres de TOratoire de Nantes, traitait ce pauvre vicaire de Tîle de Groix sans aucun ménagement, et n'hésitait pas à le déférer à la jus tice si le rôti n'était pas cuit à point et le vin d'assez (1) Parmi les redevances de toutes sorles dues au prieur des Mon tagnes, en voici une assez curieuse : « Item, il est dû sur le village de ladite île de Groix, appelé Kernanguez, actuellement inhabité, au jour que le prieur ou son commis fait sa recette, plein un pertuis de miel qui est en un roc audit village, de chef-rente ; et doit être ledit pertuis empli tellement qu'il rend par un ruisseau qui y est, et tient ledit pertuis aujourd'hui environ trois chopines de miel. En cas qu'U y ait défaut, il y a amende 60 sols monnoye. » (Arch. nat.) bonne qualité.
II en est souvent ainsi en France et en Bretagne, le clergé séculier est sacrifié, et lorsque place lui sera un jour donnée dans l'Assemblée de la nation, ce seront les curés de campagne qui feront défection , et abandonneront Tordre de l'Eglise pour aller rejoindre les députés du Tiers t1). (1) L'on sait qu'en 1789 un règlement spécial avait été fait pour les opérations électorales en Bretagne. Tandis que, dans toutes les pro vinces, les cahiers définitifs devaient se rédiger au chef-lieu du bailliage après la réunion des trois ordres : en Bretagne, treize bail liages étaient assignés au Tiers-Etat, neuf assembléesdiocésaines au bas clergé, et une seule assemblée à la Noblesse et au clergé supé rieur réunis. Le bas clergé accepta les réunions diocésaines malgré les évêques, et rédigea des cahiers de demandes et de remontrances ayant tous pour type celui de l'assemblée convoquée à Nantes.
Ces assemblées furent composées de tous les recteurs des villes et des campagnes, des titulaires de bénéfices et des députés des communautés régulières et séculières. Chaque assemblée nomma une commission pour rédigerles cahiers et un certain nombre d'électeurs; à Nantes, 24, sur 290 membres présents. Ces électeurs furent chargés de choisir les députés qu'on devait envoyer aux Etats-Généraux. Chaque diocèse eut un nombre de députés proportionné à son importance ; Rennes, 3 : MM. Guillon, Hunault et Vanneau ; Nantes, 5 : MM. Binot, principal du collège d'Ancenis, Chevalier, Latil , prêtre de l'Oratoire, supérieur du collège de Nantes, Maisonneuve, Moyon, Méchin; Vannes, 3: MM. G-ibriel, Guégan, plus tard évêque constitutionnel , Loaisel; Quimper, 2 : MM. Leissègues de Rosaven, Loédon de Keromen ; Saint-Pol de-Léon, 2 : MM.
Expilly, plus tard évêque constitutionnel du Finistère, dom Verguet; Tréguier; 2: MM. Delaunay, Lucas; Saint-Brieuc, 2 : MM. Hingant, Ruello; Dol, 2 : MM. Garnier et Simon ; Saint-Malo, 2 : MM. Allain et Ratier. Nous extrayons des 35 articles du cahier des remontrances de l'assemblée de Nantes, les suivants : Art. 3, — Que les lois constitutives du royaume soient invariable ment fixées, et que les codes civil et criminel soient utilement ré formés. Art. 4. — Que la liberté individuelle de tout citoyen soit sacrée, et qu'on ne puisse y attenter sans formes légales. DE L'ORDIIE DE L'EGLISE. Mais nous n'en sommes point à cette date de notre histoire ; à Tépoque que nous nous proposons d'étudier, le bas clergé est muet, le haut clergé et le clergé séculier sont tout-puissants, et voient tous les jours la piété des fidèles augmenter des biens, qui, grâce à une administration intelligente et à Texemption des nom breuses charges qui pèsent sur la terre en général , vont prendre en Bretagne, comme par toute la France, Art. 7. — Qu'il soit établi des écoles dans les campagnes et des pédagogies dans les bourgs et petites villes, pour préparer seulement la jeunesse à renseignement public des collèges patentés.
Art. 9. — Que les impôts ne soient consentis que pour un temps limité, et qu'ils ne puissent être prorogés ni augmentés que par la nation légalement assemblée. Art. 12. — Que les citoyens de tous les ordres puissent égalemant prétendre à toutes les charges et emplois c.vils et militaires, et à toutes les dignités de l'Eglise. Art. 15. — Que les droits, privilèges et franchises de la province de Bretagne soient conservés dans leur entier, sauf les droits que les ordres du clergé et du Tiers-Etat sont fondés à réclamer pour leur légitime représentation aux Etats , et à toutes les députations et commissions qui en dérivent. Art. 16. — Que les recteurs , bénéficiaires séculiers et réguliers et communautés reniées soient admis par députation en nombre suffi sant aux Etats de la province, comme aux Etats-Généraux, pour y soutenir leurs intérêts; qu'ils jouissent du même droit aux Assem blées générales provinciales, diocésaines et aux Chambres syndicales du clergé, et que tous les députés à ces Assemblées soient élus toutes les fois qu'il s'agira de les former, et tous les trois ans pour les Chambres syndicales.
Art. 17. —Qu'à l'avenir la distinction du haut et du bas clergé n'ait plus lieu, et que l'ordre de l'Eglise, dans chaque diocèse, com prenne tous les prêtres et autres ecclésiastiques tant séculiers que réguliers, présidés par l'évêque, leur supérieur dans la hiérarchie. Art. 20.— Que les lois canoniques qui proscrivent la pluralité des bénéfices soient mises en exécution, et que tout possesseur de béné fices ne portant pas l'habit ecclésiastique ou exerçant une profession laïque en soit privé. Art. 30. — Qu'il soit pris des moyens suffisants pour assurer une retraite aux ecclésiastiques affaiblis par l'âge ou les infirmités. cette valeur énorme qui excitera avant la fin du siècle la convoitise de la Révolution. Rappelons que l'Eglise bretonne avait ses franchises, et que ces dernières tenaient fort à cœur aux Etats, qui ne manquent jamais d'intervenir dès qu'ils les croient menacées.
Au commencement du XVIII<= siècle, par exemple, Tarchevêque de Lyon élève la prétention de faire re connaître la supériorité du siège par les prélats bre- A côté de ces demandes, il n'est pas sans intérêt de consulter les cahiers du Tiers-Elat, qui s'occupent tous de réformes à introduire dans l'ordre de l'Eglise. Bornons-nous à quelques courts extraits : Bailliage de Nantes. — Art. 63. — Les biens des maisons reli gieuses qui ont été supprimées ou qui pourront l'être par la suite , seront vendus. 11 ne pourra y avoir dans chaque ville qu'un cou vent de chaque ordre religieux, il sera également pourvu à la sub sistance des religieux mendiants. Les cahiers du Tiers de la sénéchaussée de Ploërmel demandent, art. 52, que les.abbayes et autres bénéfices en commende qui ne servent qu'à nourrir inutilement le luxe de quelques particuliers, et à faire sortir des provinces une partie des revenus qui devraient y être consommés, soient supprimés, à mesure qu'ils vaqueront par le décès de leurs titulaires actuels : que les biens qui y sont atta chés soient régis par les Etais de la province, et que , pour se rap procher de l'intention des fondateurs, un tiers du revenu de ces biens soit versé dans une caisse établie pour les pauvres, pour être employé aux moyens les plus propres à supprimer la mendicité; qu'un autre tiers serve à établir dans les villes et dans les bourgs des écoles publiques et nationales, où chacun puisse acquérir les connaissances et les principes propres à sa situation et à la profes sion pour laquelle il est destiné, que l'autre tiers enfin soit employé aux besoins de la province et de l'Etal.
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