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PAB. M. JOSEPH DE GROZE TOME PREMIER PARIS LIBRAIRIE D'AMYOT, ÉDITEUR 8, BUE DE LA PAIX M DCCC AVANT-PROPOS. J'ai pu recueillir, sous les auspices du ministère de l'instruction publique, les correspondances des princes de la maison de Lorraine. Ces correspondances, dont la majeure partie est essentiellement inédite, étaient destinées à prendre place dans la collection des documents inédits sur l'histoire de France. Une bienveillante et récente décision de M. le ministre de l'instruction publique m'a autorisé à les publier à part. Les correspondances de ces princes, qui ont joué un rôle si important dans les cinquante dernières années du seizième siècle, sont disséminées dans les grandes collections manuscrites de Dupuy, Colbert, Bethune, Gaignières, dans l'ancien fonds français, dans les mélanges de Clérambault et dans le recueil de Fontanieu, à la bibliothèque impériale; dans les mémoires du duc de Guise, manuscrit appartenant à la bibliothèque de l'Arsenal ; dans la précieuse collection des archives de Simancas, faisant partie des archives de l'Empire ; dans les bibliothèques et les archives municipales de quelques unes de nos villes, de celles qui ont pris la part la plus active au mouve ment de la ligue.
Elles offrent des traits saisissants et peuvent servir à éclairer quelques-unes des scènes I — a n AVANT-PROPOS. les plus dramatiques de la grande lutte religieuse qui divisa l'Europe et passionna les esprits comme les consciences pendant près d'un siècle. Sur ce vaste théâtre, où de grands acteurs appa rurent pour combattre et périr, un personnage do mine la scène: c'est Philippe II, dont le rôle d'agitation religieuse a été, surtout en France, marqué par les péripéties les plus violentes. II eut pour instru ments les princes de la maison de Lorraine, et, plus particulièrement, le duc Henri de Guise et le duc de Mayenne. Ces deux princes résumèrent en eux les idées, les sentiments, les ambitions de cette époque. Mêlés tous les deux, avec un si vif éclat, aux tragiques événements d'une histoire pleine de sang, pensionnaires tous les deux de l'étranger, tribuns populaires et hommes de guerre civile, humbles courtisans des ambassadeurs de l'Espagne, les Mendoza et les Fe ria, conspirant avec eux contre les maisons de Valois et de Bourbon, les Guises, actifs, courageux, entre prenants, devenus en France, par l'entraînement re ligieux des masses, les chefs du grand parti catho lique dans la seconde moitié du seizième siècle, surent, pendant un temps, presque rois de France, et, depuis les barricades de 1 588, rois de Paris.
Mais ils s'aveuglèrent trop facilement sur l'avilissement de Henri III, l'hérésie du roi de Navarre, les forces de la ligue, l'importance du mouvement municipal des villes liguées, et ils s'engagèrent trop vite et trop complètement dans une alliance étrangère qui les compromit et les entrava. Aucun d'eux n'atteio-nit le but vers lequel on supposa que marchaient les princes de cette ambitieuse maison. Les deux plus illustres AVANT-PROPOS. III tombèrent sur cette route périlleuse en martyrs de leur foi ou en victimes de leur audace. Le dernier de cette virile race s'éteignit à cinquante ans, après avoir dépensé, dans des agitations sté riles et des projets de conquête du royaume de Naples, cette séve de force et de résolution qui avait fait la grandeur de sa famille; il s'éteignit en laissant un fils unique qui mourut à cinq ans.
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The end
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