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I MOUVEMENT PROVINCIAL EN 1789 ET BIOGRAPHIE DES DÉPUTÉS DE L'ANJOU Par M. BOUGLER Conseiller i la Cour impériale d'Angers, chevalier de la Légion d'honneur, membre de la Société impériale d'agriculture, sciences et arts d'Angers. TOME PREMIER PARIS A LA LIBRAIRIE ACADÉMIQUE DIDIER ET C, LIBRAIRES-EDITEURS 35, QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS MOIYEMENT PROVINCIAL EN AN-GERS, IMPRIMERIE C0SNIER ET LACH*ÈSE, MOUVEMENT PROVINCIAL EN 4789 ET BIOGRAPHIE DES DÉPUTÉS DE L'ANJOU Par M. BOUGLER Conseiller à la Cour impériale d'Angers, chevalier de la Légion d'honneur, membre de la Société impériale d'agriculture, sciences et arts d'Angers. TOME PREMIER PARIS A LA LIBRAIRIE ACADÉMIQUE DIDIER ET O, LIBRAIRES-ÉDITEURS 35, QUAI DES GRANDS-AL'OUSTINS PRÉFACE Ces souvenirs historiques et parlementaires ont paru déjà, en grande partie du moins, dans une revue men suelle, alors fort répandue dans tout le département de Maine-et-Loire, et je les reproduis aujourd'hui tels qu'ils avaient été écrits dès 1852, et dans un temps où nos vieilles luttes de la tribune semblaient closes pour long te-nps et ne nous laissaient plus à leur suite qu'une éclatante, mais vaine et fugitive illusion.
Aujourd'hui que les manifestations de la vie politique ont reparu au sein de nos assemblées délibérantes, je crois devoir compléter ce travail interrompu par la brusque disparition de la Bévue d'Anjou, et je continue ainsi la série entière de nos députés angevins depuis l'inauguration du gouvernement représentatif en France, jusqu'à l'époque qui suivit presque immédiatement l'avénement du régime consulaire.
Preface
. que nous devons borner la nôtre, et quand nos biogra phies nous amèneront à remonter le cours des temps, nous serons encore l'histoire de la Révolution et de ce mouvement provincial de 89 dont on voyait depuis si longtemps poindre la lueur. D'un autre côté, quand nous aurons à parler des électeurs et des députés de TAssem blée nationale ou du Conseil des Cinq-Cents, nous reste rions encore dans la vérité du titre que nous avons adopté. En 1791, comme en 1793, comme en 1795, il s'agissait toujours du mouvement de 89, tantôt dans son progrès violent et désordonné, tantôt dans une période de décroissance et d'apaisement. C'est ainsi, par exemple, qu'en 1798, près de dix années après la convocation des Etats généraux, un député même de notre département de Maine-et-Loire, homme bien connu par l'honnêteté de son caractère personnel, mais aussi par la fougue de ses emportements révolutionnaires, et qui, certes, n'était pas suspect de retour vers Tancien régime, l'ex-conventionnel Talot, n'hésitait pas à faire à la tribune du Conseil des Cinq-Cents un appel énergique et éclatant à la volonté nationale manifestée dans les cahiers envoyés par les assemblées bailliagères en 89 '.
Si la force des choses arra chait un tel aveu à un si ardent républicain, c'est qu'il était entraîné par une évidence trop saisissante pour être méconnue. La Révolution tout entière se résume donc et 1 Voir t. II, p. 258.
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. V se déduit dans ce mouvement provincial de 89, et il faut toujours en revenir là pour faire l'histoire exacte et fidèle de cette révolution acclamée depuis plus de 75 ans, dont tous les acteurs ont successivement disparu et dont on peut parler aujourd'hui en toute liberté d'appréciation. Je dois dire, en finissant, comme le disait l'un des députés dont j'ai retracé la biographie ' : Je n'aspire point à l'honneur frivole d'obtenir un rang parmi les auteurs, je n'ai pas eu la prétention d'écrire l'histoire, j'ai voulu seulement lui fournir des matériaux que l'on retrouvera souvent dans des récits anecdotiques dont on ne saurait contester l'exactitude, parce que j'ai presque toujours in diqué les sources où je les avais puisés. J'ose dire que des documents de ce genre ne laisseraient jamais rien à désirer ou, en tout cas, seraient restés moins incomplets, si chacun de nos départements avait trouvé un narrateur exact et fidèle, des incidents divers qui marquèrent ces grandes époques.
Sans vanter plus qu'il ne convient le mérite de mes recherches, je puis dire cependant que mieux que bien d'autres je me suis trouvé en mesure de combler les lacunes que l'on pourrait déplorer dans le recueil de l'histoire de la période révolutionnaire, telle qu'elle se manifesta dans notre province d'Anjou II m'a été donné de connaître un grand nombre d'hommes qui avaient vécu dans ces temps auxquels les nôtres res- 1 L'abbé Chatisel, voir t. I, p. 15. PRÉFACE. VI semblent si peu. Car, dans nos jours de calme apparent et de bien-être matériel, on a peine à comprendre l'ardeur de la lutte et le prix du sacrifice. Très-jeune encore, j'avais le goût des études sérieuses, et je me complaisais à entendre les récits émouvants et variés de ceux de mes concitoyens qui survivaient encore et qui avaient été mêlés à ces grands événements.
Ces épanchements in times et si remplis d'intérêt se sont gravés profondément dans ma mémoire et y ont laissé des souvenirs dont le charme est tel encore pour moi, que je me reprocherais de ne pas les communiquer à ceux qui, moins favorisés, n'ont connu tous ces incidents multiples et divers de notre immense révolution que par des relations prétendues historiques, toujours incomplètes et souvent bien peu fidèles. Je crois donc très-sincèrement qu'en faisant connaître les hommes de ce temps et en les montrant à l'œuvre, on arriverait à éclaircir bien des difficultés et à simplifier heureusement l'étude de l'histoire. Je n'ose me flatter d'avoir atteint ce but, même dans une mesure restreinte, mais je ne puis croire toutefois que mon travail reste tout à fait inutile si on y trouve le récit exact et fidèle de faits souvent peu connus, toujours importants, quelquefois caractéristiques et dont la tradition même allait nous échapper.
On m'a pressé en dernier lieu de compléter le tableau de nos débats parlementaires jusqu'au temps de la Res tauration. Pour présenter des récits d'une nature si déli-
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. VII cate, j'aurais été sûr de mon impartialité, peut-être, mais j'ai vivement regretté le temps qui m'a manqué et les forces qui m'abandonnent, pour recueillir les documents nécessaires. II m'a fallu me borner à parler des deux hommes politiques ' qui ont, dans le temps, répandu le plus d'éclat sur la députation de Maine-et-Loire. Pour compléter mon travail sur cette période, j'aurais dû y consacrer des volumes et des recherches dont je ne me sentais plus capable. II m'a semblé seulement, en raison de la conformité d'un travail biographique publié déjà depuis plusieurs années2, que je pourrais reproduire à la suite de ces souvenirs historiques, une notice sur un Angevin célèbre dans l'histoire de nos guerres civiles et qui m'a valu déjà les suffrages des hommes dont, en dehors de tout esprit de parti, j'ambitionnais le plus vivement l'approbation. 1 M. Benoist et M. de la Bourdonnaye. 5 Notice sur le général d'Autichamp.
H0I11H1T PROVINCIAL EN 1789. BIOGRAPHIE DES DÉPUTÉS DE L' ANJOU Depuis TAssemblée constituante jusqu'en 1815. A cette grande et terrible date de 1789, nos pères virent éclater à la fois les idées les plus généreuses, comme les plus atroces et les plus hideuses passions. Longtemps le bien et le mal se disputèrent Tempire, longtemps la victoire demeura incertaine, et avant d'arriver au port la France avait à parcourir un immense et doufoureux circuit. Nous ne voulons point, toutefois, suivre ici la trace du large sillon de sang profondé ment marqué sur cette mer orageuse ; notre but est de rappeler seulement quelques traditions locales et de recueillir en même temps quelques souvenirs de l'ittusion fugitive, sans doute, mais briffante qui cbarma plus d'une fois tes ennuis d'une périffeuse navigation. i.
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