Voyage au Ouadây (part 4 of 4)
Le débiteur se dispose à se lever et à sortir. « Mais, lui dit le créancier, tu n’as donc pu m’envoyer cet argent par personne ? — Mon Dieu non ! — Tu n’avais pas quelque moyen... quelque ?... — Écoute, j’ai employé le moyen que voici : Quand je vis approcher le jour de l’échéance de ma dette, je cherchai une barque pour passer le fleuve ; je n’en trouvai pas. J’imaginai alors de prendre un jonc ou un bâton, de le vider en tube, et de placer dans l’intérieur les dinârs que je te devais. Je t’écrivis mes excuses en quelques mots ; j’introduisis la lettre et l’or dans le tube ; je confiai le tout à la garde de Dieu et j’abandonnai mon envoi au gré des flots, dans l’espoir qu’il t’arriverait. A mon retour, ne sachant pas si mon embarcation avait eu bonne traversée, je n’osai pas t’en parler. Je ne vis rien de mieux à faire que de t’apporter, sans nulle information, le montant de ma dette ; et c’est ce que j’ai fait. — Tout a réussi selon tes vœux. Ton expédition m’est parvenue au terme fixé. J’étais allé, le jour de l’échéance, sur la rive du fleuve. J’attendais ton retour ou au moins l’arrivée de quelque messager de ta part. Je patientai jusqu’au soir. Je désespérais de te voir ou de recevoir de tes nouvelles. Je pensais à rentrer chez moi, lorsque tout à coup je remarque un bâton flottant à la merci des vagues. Il est d’abord conduit vers moi ; je le repousse ; il revient ; alors je le prends. Il me paraît pesant. J’examine, et je vois qu’il est cacheté et scellé. Je brise le cachet, je secoue le bâton, les dinârs tombent et avec eux un papier. Je lis ; il était de ta main. Je rends grâce à Dieu, je garde les dinârs, et tout émerveillé je regagne le logis. Tiens, mon ami, voilà les dinârs que tu viens de me compter ; que le ciel te comble de bénédictions et te fasse fructifier cet or. »
Le débiteur reçut les dinârs, remercia son créancier et partit content. Une amitié sincère et profonde unit pour toujours ces deux hommes.
Qui dirige ses actes avec conscience et en vue de Dieu, qui remet au Seigneur le soin de ses espérances, n’est jamais déçu. La Providence ne trompe point celui qui s’abandonne à elle ; j’en donnerai encore un exemple.
Un homme avait projeté et décidé un voyage. La femme de cet homme était enceinte. Au jour du départ il fait ses ablutions, sa prière, et termine en adressant à Dieu ces mots : « Mon Dieu, je confie à ta sainte protection le fruit que ma femme porte dans son sein. Qui est sous ta protection ne périclite pas. »
L’homme partit. Dieu permit que la femme de son serviteur mourût. Le voyageur, par des circonstances imprévues, prolongea son absence beaucoup plus qu’il ne l’avait présumé d’abord.
A son retour, il trouve sa demeure fermée, abandonnée. Il demande où est sa femme. On lui apprend qu’elle n’existe plus. Il soupire, il s’afflige. Quand sa première douleur fut un peu calmée, il voulut aller visiter le tombeau de sa femme et y lire quelques chapitres du Coran comme pratique de rédemption.
Il se rend auprès du tombeau, s’assied et fait sa pieuse lecture. Il entend un bruit léger, une sorte de bruit de mouvement se produire sous le tertre funéraire. Il écoute, il approche l’oreille d’une ouverture qu’il aperçoit, et s’assure que le bruit qu’il a entendu sort réellement du tombeau[254]. Il enlève la terre du tumulus, en débarrasse les pierres latérales, ouvre la tombe... Il aperçoit un jeune enfant qui se mouvait çà et là, puis se rapprochait de sa mère étendue sur le sol. Et la mère, Dieu lui avait ressuscité la moitié du corps dans toute sa longueur : une main, un pied, un œil, un sein ; l’enfant tettait la mamelle revivifiée, et la mamelle lui fournissait le lait dont il avait besoin.
L’homme reconnut la femme pour sa femme, et le nourrisson pour son fils. Il prit l’enfant ; aussitôt la moitié vivante de la mère mourut. Et le malheureux père entendit une voix miraculeuse lui dire : « Tu as mis ton fils sous ma sauvegarde ; je te l’ai gardé, et je te le rends. Si tu m’avais aussi confié ta femme, je te l’aurais gardée. » Le mari s’en alla emportant son fils et admirant la grandeur du miracle, mais désolé d’avoir oublié de recommander sa femme... Oui, Dieu est tout-puissant !
Mais, je le rappelle, la pureté de conscience, l’amour de la vérité, là est la nef du salut, le rempart contre le malheur. Bénédiction de Dieu sur Haryry, qui a dit ces vers :
« La conscience ! la vérité ! dût-il t’en coûter le supplice du feu promis aux coupables.
« Aie la crainte de Dieu ; le malheur, c’est de déplaire à Dieu pour plaire aux hommes. »
Et sachez, une fois pour toutes, que les prophètes furent hommes de conscience et de vérité dans tout ce qu’ils ont révélé ; sachez qu’ils n’ont pu mentir. Sachez aussi que les saints sont à l’abri de la fourbe et de l’imposture, car c’est Dieu qui les inspire et les possède. De là la vérité de la maxime reçue par les traditions sacrées : « Le saint qui mentirait perdrait toute sa puissance de sainteté, sa vertu de miracles. » Nul défaut, nul vice même, rien autre enfin que l’imposture n’exclut et ne détruit la sainteté ou vertu de bénédictions et de miracles ; il n’y a, il n’y a, vous dis-je, que l’imposture qui le puisse.
(Les musulmans attachent au nom de Saint une tout autre signification que les chrétiens. Pour eux, un saint est un homme qui, rempli par une émanation divine, a la vertu des œuvres merveilleuses, a le pouvoir de guérir par signes ou par paroles, d’opérer des miracles au moment où l’on s’y attend le moins, de prédire aux hommes ce qui les attend de près ou de loin, de deviner les pensées des autres, d’expliquer les songes, de savoir ce qui se passe à distance, etc. Le Saint, possédé par un esprit qu’il n’aperçoit pas, mû par une puissance qui dépasse toutes les puissances ordinaires des hommes, animé par un enthousiasme intermittent ou continu, articule souvent des paroles décousues, énigmatiques. Souvent aussi l’influence qui les domine les tient dans un état permanent d’idiotisme, d’imbécillité. Les vices de conformation sont encore ordinairement des signes de sainteté, c’est-à-dire d’influence privilégiée de l’Esprit surnaturel.
Ces idées, heureusement répandues chez des peuples encore enfants ou sauvages, sont la sauvegarde des aliénés, des idiots, des malheureux frappés d’imbécillité, de difformités corporelles. Mais, d’autre part, beaucoup d’individus jouent l’idiotisme, l’inspiration, c’est-à-dire la sainteté, comme métier et spéculation ; car, en Orient, être Saint est une industrie à laquelle la crédulité générale paye facilement un revenu perpétuel. Qui ne connaît, au Caire, l’idiot Abd-el-Ouahâb, sale, repoussant, à crâne gros comme les deux poings, teigneux ? Constamment, en pleine rue, des femmes viennent recevoir ses touchers comme moyens de bénédiction, comme grâce pour devenir mères. Un attouchement d’Abd- el-Ouahâb sur la figure des femmes et partout ailleurs, attouchement souvent rendu par les femmes à Abd-el-Ouahâb, attire toutes les grâces du ciel.)
(P.)
El-Charâny raconte dans son livre Des degrés des Saints et de leur puissance d’actions, le fait étonnant que voici : Un ouâly d’Égypte fit saisir un coupable et le condamna à mort. Le coupable s’échappa des mains de ses gardes et courut se réfugier auprès d’un Saint cheykh, dans une chapelle ou petite mosquée. Le Saint était vannier, il faisait des paniers, des corbeilles en folioles de dattier. Le fugitif se présente au cheykh. « Saint homme, lui dit-il tout agité, je me mets sous la protection de Dieu et sous la tienne. Je fuis ceux qui veulent me tuer. »
Or, il y avait près du Saint un tas de folioles de dattier. « Ne crains rien, mon ami, dit le cheykh ; glisse-toi sous ces folioles et reste là bien caché. » L’homme se blottit, s’ensevelit sous les folioles. Arrivent ceux qui le poursuivent, les gens du ouâly. « Brave cheykh, disent-ils, un individu est entré ici à l’instant même. Il nous a échappé. Montre-nous où il est. — Il est là, sous ces folioles. » Les alguazils cherchent, mais Dieu leur trouble la vue, les aveugle, grâce à la vertu de bénédiction du cheykh consciencieux qui leur a dit la vérité. Les perquisiteurs ne voient pas leur homme. « Nous sommes bien fous, se disent-ils entre eux. Nous nous fatiguons à chercher un homme là où il n’y aurait pas de quoi cacher un chat. Cet imbécille, cet idiot de cheykh s’est moqué de nous et nous fait perdre notre temps et notre peine. En vérité nous sommes bien simples de le croire. » Et ils sortent.
Le pauvre condamné mourait, Dieu le sait ! mourait de peur sous les feuilles de dattier, lorsqu’il entendit le cheykh dire aux agents du ouâly : « Il est là, sous ces folioles. » Après ce miracle, qui aveugla ainsi les chercheurs et sauva le coupable, notre homme se rassura, et lorsque furent disparus ceux qui le cherchaient, il dit au Saint : « Mon brave cheykh, m’étais-je réfugié ici pour que tu voulusses bien me cacher, ou pour que tu misses ces gens-là sur ma trace ? — Mon fils, répond le cheykh, ce qui t’a sauvé, c’est que j’ai dit la vérité. Sans la vérité, Dieu te laissait prendre. »
Et voyez comment Dieu loue dans son Saint Livre les cœurs purs et sincères, lorsqu’il dit, en parlant des ansârs de Médine, ces généreux défenseurs du Prophète dans les premiers dangers qui menacèrent l’islamisme naissant : « Ce sont des hommes qui ont été rigoureusement fidèles à ce qu’ils avaient promis. Les uns ont achevé leur carrière, les autres attendent encore le terme de leurs jours ; mais pas un n’a changé, pas un n’a manqué à sa parole. » Un poëte a heureusement introduit les premiers mots de ce passage du coran à la fin des deux vers que voici :
« Oui, mon cœur, mon âme, tout mon être est dévoué à ces hommes aux mains desquels je me suis confié.
« Ils m’avaient promis de ne jamais m’oublier, de me voir partout, et ils ont été fidèles à ce qu’ils m’avaient promis au nom de Dieu. »
(S.)
NOTE 72. PAGE 563.
Loubed est le dernier des aigles du sage Locmân. Ce Locmân, l’Ésope, l’Esculape et le Socrate des musulmans, et dont le 31e chapitre du Coran a le nom pour titre, était, disent-ils, un prophète à qui Dieu accorda de vivre autant que plusieurs aigles. Le dernier de ces aigles est Loubed, qui vécut une série de siècles ; quand il mourut, Locmân mourut. Loubed est pris comme terme de comparaison pour les désignations de longues durées, comme nous prenons parfois, en langage vulgaire, l’exemple de Mathusalem.
(P.)
NOTE 73. PAGE 579.
Des cinq prières journalières des musulmans, les unes doivent se dire à haute voix, les autres à voix basse. La prière de l’aube se dit à haute voix ou à voix basse, à discrétion. Celle de midi et celle de l’après- midi doivent se réciter à voix basse. Celle du coucher du soleil et celle de l’eché, ou une heure et demie après le coucher du soleil, doivent s’articuler à haute voix. C’est à ces diverses circonstances, qui toutes sont de rigoureuse obligation, que le texte ici fait allusion par ces mots : « Nos prières à voix haute, ou basse. »
(P.)
NOTE 74. PAGE 579.
L’auteur identifie le sabârés et le syr. Mais cette indication ne me paraît pas juste, car le syr de mer est le joël ou atherina hepsetus, petit poisson presque diaphane, et le syr d’Égypte, ou comme on l’appelle dans le vulgaire, le biçârieh, est une mœnide ou ménole. Voyez Traduction d’Abd-el-Latyf, par Sylvestre de Sacy, notes du chapitre IV.
(P.)
NOTE 75. PAGE 588.
Les khammâceh, ou mercenaires à cinquième, sont ceux dont les gages ou le salaire sont le cinquième du produit donné par leur travail. Ce que ces mercenaires reçoivent pendant la durée de leurs travaux, est ensuite déduit, par estimation, de ce qui leur revient comme salaire.
(S. P.)
NOTE 76. PAGE 597.
J’ignore quelle est la valeur monumentale, la valeur artistique de la construction, des décorations et ornements de la chapelle et du tombeau ou mausolée de saint Abd-Allah ; mais je doute très-fort que cette valeur soit telle que nous l’indiquent les expressions admiratives de notre auteur ; car les Arabes, actuellement surtout, n’ont aucun goût dans les beaux-arts, aucun sentiment de l’harmonie des couleurs et de l’ornementation, aucune idée de ce que nous appelons le beau dans les œuvres d’architecture, de peinture, de sculpture. Le voisinage des couleurs les plus heurtées est pour eux l’agencement le plus exquis, le plus ingénieux, parce qu’il frappe et surprend le plus rudement les yeux. La finesse et la délicatesse des nuances sont pour eux chose inaperçue. Il faut du fracas, en fait de couleurs comme dans les fêtes, pour les intéresser ; ce sont des enfants. Qu’on voie comment ils parent aujourd’hui leurs mosquées, de grandes bandes blanches de badigeon à la chaux, alternées avec des bandes rouge de brique grossier, également larges, ou bien de grands carrés blancs alternés avec des carrés rouge briqueté, sombres et ternes.
Ce genre d’ornement appliqué aussi aux maisons, le plus souvent à l’extérieur, est, pour un œil arabe, d’un effet magnifique, étonnant. Des minarets du Caire, aujourd’hui, sont blanchis à la chaux, du haut jusques en bas ; ce sont de grands fantômes sinistres, pâles ; et les Arabes, ulémas et peuple, de s’écrier dans leur admiration : « Y a-t-il d’aussi belles choses que cela en Europe ? »
(P.)
NOTE 77. PAGE 606.
Pendant le Ramadân ou mois de jeûne, et dans tous les jeûnes que s’imposent volontairement les musulmans, on ne doit manger que pendant la nuit, depuis le coucher du soleil ; on mange alors autant que l’on veut ou que l’on peut ; mais au matin, dès qu’il y a assez de lumière pour distinguer un fil blanc d’un fil noir, on doit avoir fini de boire et de manger. Pour ne pas être surpris par l’heure, on fait le sahr ou repas du matin vers deux heures avant le lever du soleil.
NOTE 78. PAGE 607.
Le chapitre appelé Yâ syn dans le Coran, est le trente-sixième. Il porte ce nom parce que ses deux premières lettres sont un yâ et un syn, écrites isolées. Beaucoup d’autres chapitres du Livre sacré de l’islamisme commencent par des lettres ainsi séparées, sortes de sigles dont Dieu seul, disent les musulmans, connaît le sens. Le chapitre Yâ syn est le premier de la quatrième division du Coran ; car les musulmans divisent leur Livre en quatre parties : la première comprend les cinq premiers chapitres, c’est-à-dire celui de La Vache et les quatre suivants ; la deuxième renferme les chapitres suivants jusqu’à environ la moitié du chapitre de La Grotte ; la troisième renferme les chapitres au delà, jusqu’au chapitre de Yâ syn exclusivement ; enfin la quatrième partie, ou le quatrième quart, commence par le chapitre Yâ syn et comprend le reste du livre.
On divise encore le Coran en trente parties écrites séparément ; et lorsqu’on a à le réciter comme prière de miséricorde pour un mort, on distribue une ou deux de ces trente parties à chaque assistant, qui alors se met à réciter son lot ; de cette façon, l’on expédie vite la lecture du livre. Le Coran ainsi divisé se désigne par le nom de Rabàh. Quant au chapitre Yâ syn, il y a une quantité considérable de grâces et de bénédictions attachées à sa lecture. Voy. la note mise à ce chapitre, traduction de Savary ; Paris, 1829.
(P.)
NOTE 79. PAGE 619.
Combien de fois les torrents, pendant la nuit, ont apporté le malheur, la mort ! En voici un exemple cité presque partout :
Un vizir était à la chasse ; il aperçoit une troupe de gazelles. Il se met à les poursuivre et s’enfonce au loin dans les plaines. Il arrive à une épaisse forêt. Il était à cheval. En courant il se voit tout à coup serré au milieu des arbres, il va de son genou en heurter un contre lequel il va passer. Pour éviter le choc, il dégage le pied de l’étrier, lève la jambe, passe sans heurter, et abaisse aussitôt le pied pour le replacer dans l’étrier. Mais par hasard alors l’étrier est jeté contre l’arbre et l’embrasse ; ensuite, tiré avec violence par la rapidité et la force d’élan du cheval, il revient par un ricochet subit et violent, frappe sur un orteil du vizir et le blesse.
Après la chasse, le vizir s’en retourne chez lui. Il néglige de soigner sa plaie ; elle s’envenime, se gangrène ; la jambe se gonfle et perd tout mouvement. Le sultan, informé de l’état de son vizir, lui envoie des médecins. On visite le malade, et d’un commun accord on décide qu’il faut amputer la jambe, comme seul moyen de sauver les jours du blessé. Le vizir se soumet à l’opération et est amputé. On le traite ensuite ; et il rendait grâce à Dieu : « Je remercie le Ciel, disait-il ; j’ai perdu un membre, mais, après tout, je n’en ai perdu qu’un. »
Le jour que l’opération fut faite, ou le lendemain, un malheureux aveugle se présente au sultan et implore sa générosité. « Comment as-tu perdu la vue ? dit le sultan ; est-ce par accident, ou bien es tu aveugle-né ? — Par accident, dit l’étranger, et j’étais déjà avancé en âge quand ce malheur me frappa. — Comment cela t’est-il donc arrivé ? — Prince, j’étais marchand et j’avais quelques richesses ; je vivais dans l’aisance. Je me dégoûtai du séjour de Basrah, et je résolus d’aller me fixer dans une autre ville. Je réalisai ce que j’avais de fortune en circulation, en marchandises ; je pris ma femme, mes enfants, tout ce que je possédais, et je partis avec une caravane qui se rendait à Bagdad.
« Une nuit, nous étions descendus et arrêtés dans une vallée assez basse ; nous étions là tranquilles. Vers minuit, à cette heure où tout dort, un torrent se précipite sur nous. Tout à coup des cris retentissent dans la caravane, et de vingt côtés j’entends ces mots : « Sauve qui peut ! » Je me lève épouvanté, troublé ; le torrent entraînait ma famille et mes richesses.
« J’avais deux fils en bas âge. Je prends le plus jeune, je l’emporte à la hâte, et vais le déposer sur une petite hauteur voisine. Je reviens, je saisis mon autre fils, et je le transporte aussi sur une hauteur voisine de la première. Je le posais à terre, lorsque j’entendis mon plus jeune fils pousser des cris affreux. Je vole à lui ; un loup l’avait éventré et lui mangeait les entrailles. Une indicible douleur s’empare de moi ; je contemplais mon pauvre enfant, lorsque j’entends mon autre fils jeter à son tour des cris épouvantables. Je cours à lui... ; un loup venait aussi de l’éventrer et le dévorait.
« Je me retire, désolé, brisé de douleur ; et je vois un de mes chameaux qui, échappé des flots du torrent, s’enfuyait et gagnait l’espace. Je cours ; je vais à lui, afin de le lier et de le garder ainsi pour le reste du voyage ; je cherche à saisir mon animal, je le flatte pour le calmer, je m’approche tout contre lui. Mais dès qu’il se sent toucher il rue, et des deux pieds me frappe à la face et me crève les deux yeux. Depuis ce moment je suis aveugle, malheureux comme tu me vois. »
Le sultan donne une aumône généreuse à cet homme, et en même temps il dit à ses courtisans : « Conduisez ce brave homme à mon vizir, et qu’il lui raconte l’histoire que vous venez d’entendre ; mon vizir se consolera ; il verra qu’il n’est pas de malheur si grand qu’il n’y en ait encore un plus grand dans la main de Dieu ; il verra que son accident est peu de chose auprès de celui qui a frappé ce pauvre aveugle. »
NOTE 80. PAGE 620.
Le genre de médication indiqué dans ce passage est tous les jours invoqué et employé par les musulmans. Un cheykh, c’est-à-dire un musulman qui a un caractère religieux, ou tout autre individu qui a une réputation de sainteté, ou de piété, ou de vogue dans ce genre de pratiques hiéroïatriques, écrit un passage ou seulement quelques mots du Coran sur un carré de papier d’environ un pouce ; et, par la vertu des paroles du Coran, le malade qui applique sur lui ce papier reçoit certaines influences qui le guérissent ; s’il ne guérit pas, on ne s’en prend à personne. Souvent on répète le procédé, et, bien entendu, jamais le malade ne s’en trouve pire.
(P.)
NOTE 81. PAGE 621.
A l’époque du rut, le chameau écume abondamment, et par moments il enfle la membrane extensible de sa bouche, et la pousse au dehors d’un côté des mâchoires, en produisant un bruit de gargouillement assez fort. A cette époque, le chameau est dangereux, indocile, irritable, et il faut le tenir constamment muselé. Il refuse de manger, et on est obligé de lui introduire de force des aliments jusque dans le gosier, à travers les intervalles des courroies ou des cordes de la muselière. L’animal est tout entier aux désirs qui le dominent.
[Décoration]
[Note 241 : On faisait agenouiller le condamné sur une grande pièce de cuir, et on lui tranchait la tête.]
[Note 242 : Jurer par les trois répudiations est un des grands serments. Le musulman qui le prononce doit, s’il manque à sa promesse, répudier définitivement sa femme, et il ne peut plus la reprendre que lorsqu’elle a consommé le mariage avec un autre mari. Voy. notre Précis de jurisprudence musulmane.]
[Note 243 : Il est impossible d’oser mettre en français les mots lubriques que je représente par des points. L’Arabe est sans pudeur, et sa langue est comme lui.]
[Note 244 : Le kourbâdj est une sorte de cravache plus ou moins grosse, en peau d’hippopotame.]
[Note 245 : Chaque prière se compose de plusieurs réka, et chaque réka se compose de plusieurs actes et mouvements accompagnés de récitations. Voy. notre Précis de jurisprudence musulmane, religieuse et civile.]
[Note 246 : Plus régulièrement Omayades, en appuyant sur la prononciation de l’y.]
[Note 247 : Le carat poids pèse quatre grains. Les poids et les titres sont ici tels que les a déterminés l’administration des monnaies au Caire.]
[Note 248 : Foundoucly est le même nom que boundouky. Le foundoucly est une copie du sequin de Venise et signifie vénitien.]
[Note 249 : Le titre pur est supposé 100 carats, pour les monnaies d’argent.]
[Note 250 : Voy., pour l’origine du terme méïdy, la note 62.]
[Note 251 : Ces mots composent tout l’antépénultième chapitre du Coran.]
[Note 252 : Le dânek valait 2 kyrât ou 8 grains, et le derhem ou la drachme valait 22 kyrât d’argent pur. Vingt et, plus tard, vingt-quatre derhem valaient un dinâr (pièce d’or). Le derhem d’argent de haut titre vaut actuellement, en Égypte, 100 et quelques paras. Voy. note 41.]
[Note 253 : Le poëte fait allusion, pour indiquer le poli et le toucher moelleux de la gorge d’une femme, au poli luisant et doux qu’on donne aux planchettes couvertes d’un enduit blanc, préparées pour enseigner à lire et à écrire aux enfants. Cette habitude est presque générale chez les musulmans de tous les pays. Au lieu de la planchette peinte en blanc, beaucoup d’enfants ont une feuille ou une demi-feuille de fer-blanc. Dans l’un et l’autre cas, comme l’encre arabe est d’autant meilleure qu’on l’enlève plus facilement d’un coup de langue, on efface rapidement avec un peu de salive ou d’eau ce qui est écrit sur les planchettes ou sur les feuilles de fer-blanc. — Les fekhy ou kouttâb (maîtres d’école) savent très-bien lire le Coran, et leur principal but, dans leurs leçons, est de le faire apprendre par cœur aux enfants, tout en leur enseignant à le lire et à l’écrire sur les planchettes et feuilles de fer-blanc qui alors tiennent lieu de papier et de livre. Mais les fekhy ne comprennent à peu près rien au Coran.
(S. P.)
L’habitude d’écrire sur des planches blanchies rappelle les album des anciens. Solon, 400 ans avant J.-C., avait exposé au public ses lois écrites sur des tables de bois. Dracon avait fait de même. Il paraît qu’à Rome, avant l’usage des colonnes et des tables de cuivre, les annales, où l’on inscrivait jour par jour les événements de l’année, étaient écrites en noir sur une planche de bois blanchie avec de la céruse et appelée album. Ces planches étaient exposées devant la maison du pontife. Ces annales cessèrent environ 120 ans avant J.-C. ; mais l’usage de l’album se conserva encore longtemps après.
(P.)]
[Note 254 : Les tombeaux sont toujours des fosses recouvertes d’une sorte de voûte plus ou moins solide, et qui en peu de temps se perce de trous ou de crevasses ; par ces ouvertures on peut facilement apercevoir les cadavres inhumés. Quiconque a voyagé en Égypte a vu peu de tombeaux qui ne soient dégradés, dont la voûte ne soit pas au moins lézardée. Le plus souvent les tombeaux, d’ailleurs peu élevés au-dessus du sol, sont enduits en dehors d’une couche de terre délayée ou de boue qui, en séchant, forme un mortier ou crépissage assez friable. Des midjdâl ou sortes de pierres de taille forment un carré long à deux ou trois petites assises bâties sur la voûte, qui est souvent composée de pierres longues arc-boutant entre elles.]
VOCABULAIRES
=Ouadayen, Fôrien, Fertyt, Barnâouyen, Toubou, Fezzanais.=
[Décoration]
=Ouadayen.=
Administrateur civil d’un ou de plusieurs pays, mais subordonné à l’aguîd : djaramah.
Affamé : tidârirnah.
Alguazil : turguenak.
Ane : adek.
Arrière-garde : sâcah (la jambe).
Assieds-toi : niongou.
Automne : kharyf.
Avant-garde : moucaddémeh.
Baquets en bois : batyeh.
Bas-fond, long ravin : batha ; le diminutif est : botayha.
Bâton et panier à chaque bout : karandjalah.
Bidet : djerkélyeh.
Bosse ou saillie du courage : daûma ; pl. daûmât.
Bouche : khachm.
Bouclier : daragueh ; dérégueh.
Bourreaux : kabartou.
Bouillie : haryreh.
Bouillie épaisse : acydeh.
Bracelet en corne : kym.
Id. en cuivre : damleg.
Id. en ivoire : âdj.
Brassière. Voy. Collier.
Brebis : gok.
Calotte de toile : arakyeh ; taky.
Casque rond en fer : tâçah.
Ceinture en verroteries portée sur la chair : khaddoûr.
Ceinture étroite : cadmoul.
Chasse aux esclaves : ghazoua.
Centre de l’armée : calb.
Chef, officier militaire : gâïd.
Chef (Sous-) d’administration : koursy.
Chemise : riky.
Chérif : chéryf.
Cheval : bérek.
Cheval tenant l’amble : djerkélyeh.
Cheval à jambe antérieure droite sans balzane : matloûk-el-yémyn.
Cheval à jambe antérieure gauche sans balzane : matloûk-el-chemâl.
Cheval à quatre balzanes : mouhaddjel-el-arbaàh.
Cheval sans balzanes : tôto.
Chevillères : khalkhâl.
Circonférence qui forme le mur d’une hutte : dourdour ; pl. dérâder.
Citrouille : karak.
Cloison en nattes fines et faites d’une tige herbacée : charganyeh.
Clos, clôture : zérybeh.
Cœur : kouly.
Collier qu’on porte au bras : moudraah ; c’est-à-dire brassière.
Corail artificiel : fâo.
Corail en cylindres : gass.
Courant d’eau : bahr.
Couteau en faucille, grand : kourbâdj.
Couteau de défense, à gaine : kirdâouy.
Crieur et exécuteur public : kabartou.
Cruches dans lesquelles on va chercher l’eau pour le sultan : bélikyeh.
Demeure du prince : casr.
Diables, fiers-à-bras : afryt.
Dieu : kalak.
Discours : kana.
Donne : nârah.
Donne (qu’il) à lui : tounyou-ny.
Double, jumeau : teymân.
Doukhn en grains : aceih.
Dourah (petit) : kochômo.
Eau : adjy.
Éclaireurs d’armée : anday ; pl. andayât.
Écrasez-le : daggougou-ho.
Écu de cinq francs, d’Espagne, etc. : ryâl.
Écu d’Espagne, duro : abou-medfâ.
Élévation en terre où l’on s’assied : tirdjeh.
Enclos : zérybeh ; kadou.
Enfant : kalak.
Escadron : kardoûs.
Entrave en forme d’S : acrab, c’est-à-dire scorpion.
Esclave : abd.
Esclave femme : djârieh.
Esclave de six empans : soudâcy ; sédâcy.
Est, orient : sabâhh.
Étang : bahr.
Eunuques gardes et commissionnaires du sultan : touayrât.
Femme : mécho_n_.
Femme, première femme du sultan : habbâbah.
Fenêtres grillées : mouchrabât.
Fer de flèche : rych.
Fer de lance : harbeh.
Fille : kakalak.
Firman : faramân.
Fonctionnaires juges suprêmes ; kamkolak ; pl. kémâkelah.
Frontal, frontail pour les chevaux : kardjil ; kirdjel.
Gardes du prince : ozbân.
Gendarmes : turguenak.
Gouverneur : aguîd ; pl. agada.
Homme : mécho.
Homme instruit, cheykh : faguyh.
Homme pieux : karak.
Huissier du prince : falganâouy.
Idolâtre : madjoûs.
Instrument à labourer : djarâry.
Interprète : khachm-el-kélâm. (Mot à mot : la bouche du langage.)
Jeune enfant : kalak.
Jeune fille, belle : farkhah.
Juges suprêmes : kamkolak ; pl. kémâkelah. D’autres kamkolâk ont le caractère militaire. Tous sont désignés par le nom collectif de : té_n_a.
Justiciers, exécuteurs : kabartou.
Lac : bahr.
Lait : sila.
Lance dont le fer est en manière de broche ou d’alène : guirguit.
Lance grande : farkhah.
Lance grande à fer munie d’un cube en fer : koukâb.
Lance ordinaire : harbeh.
Langage : kélâm.
Lecture : guirso.
Le lire : guirso.
Liasse de fil ou de coton servant de monnaie : tékâki.
Lis (impératif) : guirsy.
Maison : ta_n_. En fôrien : to_n_.
Mains (les deux) : karnych.
Mange : nyâmé ; nièh.
Manteau léger en cotonnade : malhaf.
Mère ou grand’mère du sultan : mômo.
Miel : kimyn.
Moelle végétale rouge : kouloûd.
Mousseline grossière : châch.
Natte fine : bourch.
Nord : ryh ; rîh.
Nous (de) : manik.
Officier des ozbân ou gardes du prince : turguenak ; pl. térâgueneh.
Officier exécuteur et trompette : kabartou.
Officier marchant devant le sultan : kâmnah.
Oiseau : kotékeh.
Oiseau à dos noir et reflets rougeâtres, à ventre blanc, bec noir : kouldjou.
Ornement de tête, placé sur les côtés : tamymeh.
Ouaykeh. Voy. Waykeh.
Ouest : gharb.
Outre grande et carrée plate : mazâdeh.
Outre grande en cuir de bœuf tanné pour hardes et vivres : guerfeh.
Pages ou jeunes gardes : touayrât.
Pagnes des femmes : kounfous.
Pain : niérek. C’est une bouillie épaisse.
Palefrenier : sâïs.
Panier flexible, cabas : raykeh.
Parure particulière de tête : am-chinga.
Pars (impératif de partir) : koukou.
Pays : dâr ; bélâd.
Peaux de chèvre ou de mouton tannées et teintes en rouge : keloûd.
Périscélides : khalkhâl.
Pieds (les deux) : djaïnsy.
Plusieurs : nellieur.
Poitrine : kouçou.
Pose à terre (impératif) : di_n_o.
Pot (à beurre, à miel) : goulleh.
Ravin long : batha.
Reine-mère : mômo.
Relai (distance) : kamyn.
Réunion de pèlerins en départ : rakb.
Rhinocéros : abou-carn.
Rivière : bahr.
Roi : mekk ; mélik.
Roseaux odorants quand ils sont mouillés : marhabeîb.
Sabre à pommeau creux contenant des cailloux : abou-toûmah (à tête d’ail).
Saïd : haut ; méridional.
Saie : châyeh.
Sayd ou saïd.
Sayon : châyeh.
Sbires : turguenak ; ozbân.
Serviette portée en pagne : kounfous ; djoukou.
Seul, unique : tek.
Soif violente dans le désert : chôb.
Sommeil : tarin.
Soudan : Bélad-es-Soûdân, c’est-à-dire le pays des noirs, Nigritie, Soudanie.
Talismans : hodjoûb.
Talismans (étuis de) cylindriques ou triangulaires : houroûz.
Talon en fer de la lance : kindâb.
Tambourin conique se terminant en tube : baradyeh.
Tambourin que l’on bat à coups pressés : tikdjil ; tikjil.
Tête : kedjy.
Terrain sablonneux : gaûz.
Tiges de fer qu’on heurte dans les musiques : kourbâdj.
Timbales : naguyrah.
Toile de coton : chaûter.
Trésor du sultan : dengâyé.
Trois heures environ après midi : asr.
Unique, seul : tek.
Vache : dik.
Va-t’en : koukou.
Vent } } ryh ; rih. Vent du nord. }
Ventouse : carn.
Ventre : taboûk.
Verroteries : kharaz.
Vêtements : rikito.
Vêtement grand, en toile : dérek.
Viande : niou.
Viande séchée au soleil : cadyd.
Vie : ni_n_a.
Vieillard, en général : moundjoukolak.
Viens : kara.
Vieux : kamkolak.
Visage : you.
Waykeh : viande séchée, pilée et fricassée avec du beurre, de l’ognon et un peu de bâmyeh secs (hibiscus esculentus).
NOMS DE NOMBRE OUADAYENS.
Un : ten.
Deux : bâr.
Trois : ko_n_âl.
Quatre : açâl.
Cinq : toûr.
Six : sitâl.
Sept : manry.
Huit : aya.
Neuf : addouy (prononcez : addouye).
Dix : atek.
PHRASES OUADAYENNES.
Mélik manik kalak ni_n_a tounyou-ny : Roi de nous Dieu vie donne lui. Que Dieu donne de longs jours à notre souverain.
Kotétek tidârirnah kara nyâmé : Oiseau affamé, viens, mange. C’est-à- dire : Massacrez vos ennemis à tel point que les oiseaux affamés s’en repaissent à satiété. (Phrase elliptique d’un chant de guerre.)
Monte à cheval : téna.
* * * * *
=Fôrien.=
(Ce Vocabulaire fôrien est différent de celui qui se trouve dans le volume du Voyage au Dârfour.)
Affaire : daoua.
Avec : gui.
Bale, ou glume de doukhn : bouttâb.
Bi : marque le pluriel.
Brassart d’avant-bras : koumou_n_a.
Brave : déyé.
Buffle : no_n_.
Çà ! allons : kel ; yâ ; ouaiê.
Casque : tély.
Cassez : bau.
Cavaliers : farsan ; farsa.
Certes : a.
Coïvit : bio.
Comment : ei.
Compère : ouendaî.
Craignez : kali.
Crainte : kali.
Criez : kôrko.
Dans : in ; dio ; keih.
Dârfour : Dououei.
De, ex : sy ; in.
Debout ! gâm.
Demandez : nô.
Devant : gabalan.
De vous : ba.
Dites : boa.
Djé : marque du pluriel.
Donne, laisse : ni.
Du côté de : ghéreh.
Eau filtrée dont on a retiré le sel : kambo.
Écartèlement (supplice) : chabh.
Esclave acclimaté : mougueddeh.
Esclave échappé à son maître et pris par une ghazoua : hâmel.
Esclave non encore acclimaté : foutyr.
Esclave pris sans résistance : denguyeh.
Esclaves qu’on a bloqués sur une hauteur et qui se sont rendus : fekk el-djébâl.
Est, orient : saban (pour sabâhh).
Étalon, brave : déyé.
Frère, égal : bara.
Honte : lô.
Hutte grande : dirgâyeh.
Intérieur : dio.
Intérieur (l’) : ké.
Lance grande : farkhah.
Lance grande que donne le sultan comme permis de chasse aux esclaves : salatyeh.
Lance ordinaire : harbeh.
Lieu : lô.
Lui : lo_n_a.
Maître : sydi.
Mère : inia.
Milieu (au) : dio.
Ne : ba.
Parole : ô.
Pars (impératif) : djer.
Pastèque : bortoa_n_.
Peureux : kalo.
Poussière : touroul.
Qui : nnas.
Regarde (il) : guilo.
Renard : dogdaré.
Répartition des esclaves pris : djébâyeh.
Seigneur, Dieu : Syd.
Sel en fragments longs : falgo.
Silo : matmoûrah ; pl. matâmyr.
Son (pronom) : deïn, prononcez dîn ; — doïn.
Supplice du casse-pastèque, pour dire du casse-tête : bertoa_n_-bau ; — bau, cassez ; bertoa_n_, la pastèque.
Tambourin qu’on bat à coups éloignés : fadou.
Taureau : no_n_.
Trompette : kirtim.
Venu (est) : élala.
Voile long dont se drapent les rois : faîr.
Vous : bô.
Yé : exclamation.
PHRASES FÔRIENNES.
Comment te portes-tu ce matin ? asbahtou.
Je me porte bien ce matin : asbahtou.
Grâce à Dieu que tu te portes bien : djydan asbahtou.
Que (Dieu) te garde en santé : djaououed asbahtou.
Bonne santé ! âfieh.
Tu as bien passé la chaleur (de midi) : guéyeltou.
Sois le bien venu : habâbak, pour marhabâbak.
Sois le bien venu dix fois : habâbak achrah.
En bon état tu reviens (de voyage) : djydan djitou.
Tu t’es levé en bonne santé : assey djenn-is toullei kaola. (V. IIIe part., chap. III.)
Nous te voyons bien, tu es en bonne santé : ki-dilo_n_ assey djen-nei âfiah djan.
Bonsoir : asbamouo.
Réponse : Nous te voyons en bon soir : ki-dilo_n_ asbamouo.
Sont venus en foule : djôlô.
FÔRIEN DES MONTS MARRAH.
(Voy. l’explication, IIIe part., chap. III, pag. 541.)
En bonne santé ? cela va bien ? assey.
Nous te voyons en bonne santé : ki-dilo_n_ assey.
Tu viens, tu me parais en bonne santé : kamou_n_ouacia djenn-is toullei dja-la.
Et toi, tu es en ta santé : djennei âfiah djan.
Les enfants sont-ils en bonne santé ? dogolah toullei leh.
Oui, en bonne santé : y toullei.
* * * * *
=Fertyt.=
Pagne étroit, en une bande, pour les hommes : djoukou.
Pagne des femmes : kounfous.
Bale, ou glumes de doukhn : bouttâb.
Roi : mekk.
Tue-moi : kongorongo.
Tubercule nourricier : oppo.
Tuyau de pipe : findjân.
* * * * *
=Barnâouyen.=
Birny, capitale, résidence du sultan.
Eau : enkieh ; inkieh.
Pain : gourâceh.
Sel : mounradhana.
Un peu : guéna ; djéna.
Gouverneur (du Kânum) : élifa.
Donne-moi de l’eau à boire : koté enkieh askin.
Y a-t-il nouvelle ? c’est-à-dire : Comment te portes-tu ? a fy labar. (C’est la corruption de l’arabe : A-fy khabar : y a-t-il nouvelle ?)
Réponse : Ky âfia ly : en santé (es) tu ?
* * * * *
=Bâguirmien.=
Premier grand vizir : fetcha.
Première femme du sultan : goumsou.
Capitale, résidence du sultan : birny.
* * * * *
=Toubou.=
Fils du sultan : meilabou.
Bonjour : lohantchennô.
Comment te portes-tu ? nihillôhanihi.
Que Dieu te conserve : ihilla.
* * * * *
=Fezzanais.=
Bases de palmier de dattier : kournâf.
Puits dont l’eau sert à arroser : sânieh.
Sorte de trèfle : cadb.
Tambourin : noûbah.
Tireurs d’eau de puits : djebbâd.
* * * * *
[Décoration]
TRANSCRIPTION ARABE,
PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE, DES NOMS DES LOCALITÉS, DES TRIBUS, ETC., MENTIONNÉES DANS LE VOYAGE AU OUADAY.
* * * * *
La lettre ق, au Soudan, se prononce ga, gui, go, etc., selon la voyelle qui l’affecte. C’est aussi la prononciation vulgaire hédjâzienne. En Égypte, le ق, dans le vulgaire, se prononce par a, i, o, accentué légèrement du gosier ; et ga, gui, go, est la prononciation du ج. Dans les mots où se trouve le ڭ, cette lettre se prononce comme n articulé par un son purement nasal, et sans véritablement faire entendre le son de n. ڭ se prononce aussi comme g dur, dans ادڭز Adiguiz ; mais nous n’avons, dans cet ouvrage, que quelques mots où il s’articule ainsi par g.
ا
أَبْ بَكَر Ab-Béker.
أَبْ تَلْفان Ab-Telfân.
أَبْ دَرَق Ab-Darag.
أَبَس Abès.
أَبْ سَنُون Ab-Senoun.
اب سَمِن Ab-Semin.
اب نَحَاس Ab-Nahâs.
اب وَرْدة Ab-Ouardeh.
اب طاقِية Ab-Tâkyeh.
أَبُو طاقِية Abou-Tâkyeh.
أَبُو عُجَيْلة Abou-Odjaylah.
أَبْيَض Abiad.
اجْدالَن Adjdâlen.
أَدِڭِز Adiguiz.
أَريانَة Aryâneh.
أَسْكَنا Askéné.
اسْكنة Askéneh.
افانِين Afânyn.
أَفَه Afah.
أَمْبالِى Ambâly.
أَمْ بَرَنْجَل Am-Baranguel.
أَمْ تَيْمان Am-Teymân.
ام حَجَر Am-Hadjar.
ام جَدِيد Am-Djédyd.
ام حَرَيْزَة Am-Héreyzeh.
ام جَلّاب Am-Djellâb.
ام جَمْر Am-Djemr.
ام جَوز Am-Djaûz.
أَمْ جُوَيْخِينَة Am-Djououaykhyneh.
ام خَرُّوبَة Am-Kharroûbah.
ام دِيُونَاس Am-Dioûnas.
ام سَعْد Am-Sad.
اَمْشُو Amchou.
ام عَسَلَة Am-Acéleh.
ام عَرْجُونة Am-Ardjoûneh.
ام عَيش Am-Aych.
أَوْجَلَة Audjalah.
أُوقْدُنُو Ogdono.
أُوڭْدُنُو Ogdono.
اُولَه Oûlah.
إيتِسَن Yticen, Iticen.
إيرُو Yrô,Iro.
ب
باجَه Badjah.
بَاقِرْمَاوِى Bâguirmâouy.
بَاقِرْمَه Bâguirmeh.
بايَا Bâya.
بِچِر Bidjir.
بَحْر Bahr.
بدَيَات Bidéyât.
بَرْتِى Berty.
بِرْقِد Birguid.
بَرْقُو Bargau.
بَرْقَة Barcah.
بِرْكَةْ فَاطْمَة Birket Fâtmah.
بَرْلَو Berlau.
بَرْمَاسِدِى Bermacidy.
بَرْنَاوِى Barnâouy.
بَرْنُو Barnau.
بِرْنِى Birny.
بُرُورِيت Bouroûryt.
بَطْحا Batha.
بَطْرَانه Batrâneh.
بُطَيْحَا Botayha.
بِڭا Bi_n_a.
بلاد العَبِيد Bélâd el-Abyd.
بَلَالَه Bélâleh.
بُلْبُل Bulbul.
بَنْدَلة Bendalah.
بَنْدة Bendeh.
بَنْ زَرْت Ben-Zert.
بَنْزَرْت Benzert.
بَنْ غازِى Ben-Ghâzy.
بَنى بِشْر Bény-Bichr.
بَنى سُلَيْمان Bény-Soleymân.
بنى مُجَابِرَة Bény-Moudjâbirah.
بنى وِرْغِمَّة Bény-Ouirghimmah.
بُو قُومَا Bou-Gouma.
بُو قُمَاسَا Bou-Goumâça.
بُو نْجَيمْ Bou-Ndjeym.
بِيجَو Bygo.
بِير الدَوْم Byr-el-Daûm.
بِير صابُون Byr-Sâboûn.
بير طَوِيل Byr-Taouyl.
بير عُشَر Byr-Ochar.
بِيقُو Bygo.
ت
تاما Tâma.
تامَه Tâmah.
تامْكِى Tamky.
تانا Tana.
تَبَنَه Tabanah.
تُبُو Toubou.
تُبُو تُرْكْمَان Toubou-Turkmân.
تِتِر Titir.
تُرْبُڭه Torbo_n_ah.
تُرْتَلُو Tourtalu.
تَرْجَاوِى Tergâouy.
تُرْلَلُو Tourlalu.
تُرُوج Touroûdj.
تَكَّا Tekka.
تَكْرُور Takroûr.
تَلْفُو Telfo.
تَلَنْدُو Telendo.
تُمْتُمَه Toumtoumah.
تَمَذْ حَدَّن Temez-Hadden.
تُوَاتِى Touâty.
تُوَارِق Touârig, Touârik.
تُونْبُوكْتُو وتُنْبُكْتُو Tounbouktou.
تُونِس Tounis.
ح
حَجَر Hadjar, Hager.
حَجيْر Hégueîr.
حَرَيْتَة Héreîteh.
حَلْبَة Helbeh.
حَلْقْ الوَاد Halk-el-Ouâd.
حَلَيْلات Heleîlât.
حَمَارْنَة Hamârnah.
حَمِيدَة Hamydeh.
حَيْمَات Heymât.
ج چ
چالُو Djâlau.
جَبَال Djébâl.
جبلْ الطُيُور Djébel el-Touyoûr.
جرْبَة Djirbeh.
چَعَاتَنَة Djéâteneh.
جَعْفَر Djafar.
جُكُو Djoukou.
جَمّ Djemm.
جُمُو Djoumou.
جَمَّيْز Djemmeîz.
جَنَاخَرَة Djénâkhérah.
جُنْخَرَاوِى Djounkhérâouy.
جَنْدِى Djendy.
جَنْقَة Djengueh.
خ
خُزَام Khozâm.
خَشِم Khachim.
د
دَاجُو Dâdjo.
دَار Dâr.
دار وَدَاىْ Dâr-Ouadây.
دار وَادَاىْ Dâr-Ouâdây.
دار وَدَدَاىْ Dâr-Ouadadây.
دار صَلَيْح Dâr-Séleîh.
دَبْرَة Debreh.
دِخَيْبَش Dikhaybech.
دِرْنَا Dirna.
دِرْنَه Dirnah.
دُقُرِى Dougoury.
دَمّا Demmâ.
دَنْبَلُون Denbéloûn.
دَنْبَه Denbeh.
دُنْقُلَة Dongolah.
دَنْقُو Dengo.
دَنْقُول Dengoul.
دَوْم Daûm.
دُوْمَة Daumah.
ر
راس المَخْبَز Râs el-Makhbez.
راشَد Râched.
رُتُو Routou.
رَدَيْعَة Radeyah.
رَشَاد Réchâd.
رَشَادَة Réchâdeh.
رِقَنَة Riganah.
روڭَا Rau_n_a.
ز
زامة Zâmah.
زَبَدَة Zébédeh.
زُوَارَة Zououârah.
زَيْلة Zeylah.
زُوَيلَة Zououaylah.
س
سَارة Sârah.
سَارِى Sâry.
سَبْهَة Sebbah.
سَرْجَيلَة Serdjeylah.
سَرَف Saraf.
سَفَاقِس Safâkès.
سِكْر Sikr.
سِلَا Sila.
سَلَامات Salâmât.
سَلَمَات Salamât.
سُلَيْمَان Soleymân.
سَمِن Sémin.
سَنَّار Sennâr.
سَوَاكَن Saouâken.
سُودَان Soûdân.
سُوسَة Souçah.
سَوْكَنَة Saukanah.
سُوَيْن Sououeîn.
سَيْف النَصْر Seyf el-Nasr.
سِيم Sym.
سِيوَة Syouah.
ش
شارِى Châry.
شالا Châlâ.
شَانُو Châno.
شَرَر Charar.
شَرَِيْريب Chéreîrib.
شِفْرِى Chifry.
شُكْمَه Choukmeh.
شُلُوك Choulouk.
شَنْدِى Chendy.
شِيَاطِى Chiâty.
ص
صَبَاح Sabâh.
صَلَيْح Séleîh.
صَعِيد Saîd, Sayd.
ط
طارا Târa.
طاره Târah.
طَرَابْلُس Tarâblous, Trâblous.
طُرْبُقَة Tourbouga.
طَرْحُونَة Tarhoûneh.
طَوِيل Taouyl.
ع
عَبَالِى Abâly.
عَجَاجة Adjâdjeh.
عُجَيْلَة Odjaylah.
عَرَس Aras.
عَرَيْقَات Areygât.
عُزُوم Ozoûm.
عَفْنُو Afnau.
غ
غات Ghât.
غَدَامِس Ghadamès.
غِرْيَانْ Ghiriân.
غَزَال Ghazâl.
ف
فارَا Fâra.
فَاشَر Fâcher.
فِتْرِى Fitry.
فَرْتِيت Fertyt.
فِرْشَاح Firchâh.
فَرُولِى Féroûly.
فَزَّان Fezzân.
فَلَاتا Félâta.
فَلَاته Félâtah.
فُلَّان Foullân.
فَنْقَرُو Fangarau.
فِنُّو Finno.
فِنُّه Finnoh.
فُوتَا Foûta.
فَيْض أُغْلُو Feîz-Oglou.
ق
قابَس Gâbès.
قَالِيلُو Gâlîlo.
قَدَيح Guédeîh.
قُرْبِى Gourby.
قُرْعَان (قبيلة) Gorân.
قَطْرُون Gatroûn, Catroûn.
قَفَلَة Gafaleh.
قُلَا وقُلَه Goula.
قُلْزُم Koulzoûm.
قُمْر Koumr.
قِمِر Guimir.
قَنْدُول Gandoûl.
قَنْقَنَة Ganganah.
قَوز Gaûz.
قُوْقْمَة Gôgmah.
قُقْمَة Gogmah.
قُومَا Gouma.
قُوَّة Koûoueh.
قَيْرَوَان Kayraouân.
ك
كارا Kâra.
كانُم Kânum.
كامْبِيُو Kambio.
كَبَقَة Kabagah.
كَبَيْد Kébeîd.
كَتَكُو Katakau.
كَتْل Ketl.
كَدَارَة Kadârah.
كُدْكُس Koudkous.
كُدْنُه Koudnouh.
كَرَان Karân.
كِرْت Kirt.
كِرْدَاوِى Kirdâouy.
كِرْدِى Kirdy.
كُرْدُفَال Kordofâl.
كِرِرَة Kirireh.
كَرْنَك Karnak.
كَرْنَة Karnah.
كَرَيْتْشَة Kéreîtcheh.
كَشْمَرَة Kechméreh.
كَشَنَة Kechnah.
كَفَة Kafah.
كَلْتَكَة Keltékeh.
كُلْفَة Koulfeh.
كَلَكْ Kélek.
كَلْكَلْ Kelkel.
كَلْمَدِى Kelmédy.
كَمْبِيُو Kambio.
كُنْدُقَة Koundougah.
كُنُوز Kounoûz.
كُورْلُڭُن Kôrlo_n_on.
كُورِى Kôry, Koûry.
كُوكَة Koûkah.
كُولُوكُس Kouloukous.
كِيسِى Kycy.
كَيْل جِرِس Keyl-Djiris.
كَيْلَيْوِى وكَيْلَوِى Kéleîouy.
ل
لُقُون Logôn.
لُقُن Logon.
م
مابر Mâber.
مَاوَه Mâouah.
مَبْرُوم Mabroûm.
مَتُّك Mattouk.
مَتَلُون Matalon.
مَحَامِيد Mahâmyd.
مَحَس Mahas.
مُجَابَرَة Moudjâbérah.
مَجْرَن Magran.
مجڭَة Madja_n_ah.
مَجُوس Madjoûs.
مَخِينَس Mékhînès.
مَدَبَا Madaba.
مَدَقُو Madago.
مَدَلَا Madala.
مَرْحَال أَبَّا Merhâl-abbâ.
مَرْدَعَاب Merdaâb.
مَرْزِق Marzik.
مَرْفَة Merfeh.
مَرَّة Marrah.
مَسَالِيط Maçâlyt.
مَسَايا Maçâya.
مِسْرَاتَة Misrâta.
مَسَڭِيا Maça_n_ia.
مَسْمَجَة Mesmédjeh.
مَسِيرِيَّة حُمْر Macyryet-Houmr.
مَسِيرِيَّة زُرْق Macyryet-Zourk.
مَقْرَن Magran.
مَلَّا Mella.
ملَّى Mella.
مَلْفَة Melfeh.
مَلَنْقَا Malanga.
مَنْدَرَة Mandarah.
مَنْشِية Menchyeh.
مَنْقَارَة Mangarah.
مَنْقَاوِىْ Mangâouy.
مَوبَيْة Maubeîh.
مُورَا Môra (Morée).
مُومُو Mômô.
مَيْتُو Meytô.
مِيمَة Mymeh.
مَهْرِيَة Mehryeh.
ن
نُفَه Noufeh.
نِكْل Nikl.
نُمْرُو Noumro.
نَوَايبَة Naouâïbeh.
نُوَبَة Noûbah.
نِيكْل Nîkl.
نِيرُّو Nyrro.
نَهْضَان Nehdân.
ى
يَاوَا Yâoua.
يَميَم Yemyem.
يَنِيفِيَا Yénîfia.
ه
هَجْلِيجَة Hegleygueh, Hedjlydjeh.
هَوْصَا Hauça, Haussa (Haouça).
هُوون Houoûn.
هَيْمَات Heîmât.
و
وَادَاىْ Ouâdây.
وَادِى أَسْكَنَا Ouâdy Eskené.
وَادِى كَلْكَلْ Ouâdy-Kelkel.
وَارَه Ouârah.
وَدَّان Ouaddân.
وَدَاىْ Ouadây.
وَدَاوِى Ouadâouy.
وَدّ تَرْجَا Ouedd-Terdjé.
وَدَدَاىْ Ouadadây.
وَدْلايدَه Ouadlâïdah.
وَدِيمَة Ouadîmeh.
وِرْغِمَّة Ouirghimmah.
وَشَلَة Ouachalah.
وُلَّامُدَنَ Oullâmoden.
وُلَّامُودَنْ Oullâmouden.
ADDITIONS ET CORRECTIONS.
* * * * *
Pages 38 à 236, on a omis de porter au verso les mots : première partie, chapitres i, ii, iii, etc.
Page 34, ligne 11 à fine : sont... lisez sont presque toujours.
Page 51, ligne 25 : garot, lisez garrot.
Page 285, titre courant : tourouj, lisez touroudj.
Page 321 (pagination) : 32, lisez 321.
Page 665, ligne 18 : esi, lisez est.
Page 717, ligne 6 à fine : Ramadan, lisez Ramadân.
=EXPLICATION DES FIGURES=
PAR M. PERRON.
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Toutes les figures de ce voyage ont été dessinées par mon ami M. Machereau, ancien élève de M. Perron, peintre, élève de David. M. Machereau (qui est aussi musicien, élève du Conservatoire de Paris) est depuis longues années professeur de dessin à l’École de cavalerie de Gyzeh, en Égypte. (Aujourd’hui cette école est supprimée.)
La ressemblance de tous les portraits est frappante de vérité, malgré la rapidité avec laquelle ils ont été faits. Cette rapidité était une condition indispensable ; il a fallu en quelque sorte saisir et surprendre ceux qu’ils représentent, chez le cheykh El-Tounsy ; c’est là que nous les ayons rencontrés tous, excepté deux, à plusieurs reprises. Si ces braves Soudaniens se fussent seulement doutés que l’on dessinait leur figure, ils se fussent enfuis à toutes jambes, persuadés que nous voulions leur jeter un sort, les ensorceler. Il n’y a que le cheykh El- Tounsy qui ait posé. (Voyez son portrait en face du titre.) Le Barnâouyen a été dessiné, aussi par surprise, chez le sultan Abou- Madiân, dont le portrait est dans le volume du voyage au Dârfour. Le sultan, après avoir posé, fit appeler le Barnaouyen chez lui, le fit causer, l’entretint longtemps et donna le loisir à M. Machereau de tracer et de modeler notre homme.
Je dois encore à M. Machereau la notation musicale de quelques chants que j’ai placés à la fin des planches de ce volume. M. Machereau a écrit ces airs sous le chant même du cheykh El-Tounsy, tout comme il a tracé et dessiné les instruments, les armes, l’accoutrement militaire, la vue de Ouârah, etc., sur les croquis grossiers et les explications de ce même cheykh.
PLANCHE I. Essai de carte du Ouadây, ou Dar-Séleîh, pour le Voyage au Soudan du cheykh Mohammed-el-Tounsy, dressée d’après les indications de ce cheykh, du Ouadayen Ilaly, d’un Barnâouy, etc., par M. Perron. Kaire, 1845. Voyez, sur la construction de ce dessin, les observations insérées dans l’ouvrage. On a reproduit dans un angle de la carte, et plus en grand, les environs de la capitale.
Nota. Les collines entre lesquelles sont comprises les vallées de Botayha et de Batha sont plus prononcées dans le dessin original que dans cette planche.
FIGURE 1, PLANCHE II. Demeure de Sâboûn avant qu’il fût sultan : on voit ici une double enceinte ou double zérybeh en branches de bois épineux. L’enceinte extérieure est fermée par une branche brute, no 1, c’est la porte. L’enceinte intérieure est fermée par une porte grossière, no 2, faite d’ais liés entre eux à claire voie, et fixée au sol par un de ses montants. Le tirdjeh, no 3, est une élévation située entre les deux enceintes. Voy. chap. IV, 1re partie. La plus grande hutte est celle du prince ; les autres sont celles de ses femmes ; de ses concubines et de ses eunuques.
FIG. 2, PL. III. Aperçu de la ville de Ouârah, capitale du Ouadây, avec les noms des demeures de plusieurs individus, placées aux endroits que m’a indiqués le cheykh El-Tounsy, et que ces personnes occupaient lorsqu’il était dans cette ville. Voy. chap. II, 2e partie. Ouârah est divisée en deux grands quartiers, l’un au nord, l’autre au sud. Au devant du palais du sultan, au point A, est une mosquée de médiocre grandeur et de construction plus médiocre encore. C’est la seule mosquée qu’il y ait dans tout le Ouadây. A Tendelty, capitale du Dârfour, il y en a quelques-unes ; plusieurs autres encore se trouvent dans quelques- unes des principales localités du Dârfour, mais il n’y en a qu’une seule dans chacune de ces localités, et toujours c’est une construction grossière et de chétive apparence.
La partie la plus profonde de la demeure du sultan, c’est-à-dire l’espace ou sorte de grande cour qui en forme la portion Est, à partir du bâtiment E et de la quatrième porte, est réservée aux nombreuses huttes ou cabanes du harem du prince. En arrière, à droite de H, au nord-est de ce même bâtiment E, sont trois autres petites maisons encloses d’un même mur, bâties en terre et en pierres, et terminées en plates-formes au lieu de toit conique. De ces trois bâtisses, l’une renferme le trésor du sultan ; les deux autres renferment ses hardes, ses armes, tout l’attirail de parure et de représentation impériale.
Après la porte de fer, c’est-à-dire, entre le troisième et le quatrième mur, à gauche en entrant, est la grande étable des chevaux du prince et les huttes des saïs ou grooms.
L’enceinte de montagnes qui entoure Ouârah, forme trois masses d’inégale longueur et trois échappées ou passages dont deux sont au midi et un au nord. L’épaisseur et la hauteur de cette chaîne varient. A l’est, les masses sont plus serrées, plus abruptes, plus élevées, plus larges, et sont infranchissables. Cette disposition se modifie et s’adoucit insensiblement à mesure que, venant des deux côtés nord et sud, on arrive à la ligne de l’ouest. A l’ouest, il y a même un endroit par où l’on peut sortir de l’enceinte et y entrer. Cette issue, praticable seulement aux piétons, est au-dessus et vis-à-vis de la lettre G, fig. 2, et A, fig. 2 bis.
Dans l’intérieur de Ouârah, il n’y a pas d’autres arbres que les quelques seyâl (mimosa seyâl) qui sont sur la place du Fâcher. Les environs de la ville sont également sans arbres et aussi sans culture, jusqu à une distance d’un quart de lieue ; du côté du sud surtout, jusqu’à une distance d’une heure au moins, le sol est dur et nu, sans trace de végétation, même dans les premiers villages que l’on rencontre.
A la sortie la plus à l’est, du côté du sud de la chaîne des monts Ouârah, est l’endroit appelé Byr-Ochar, ou encore Byr-Sâboûn, c’est-à- dire les puits d’Ochar, ou de Sâboûn. Ce sont quelques puits d’eau potable situés à quelques minutes des monts. La terre est élevée autour de ces puits ; car tous les ans on est obligé de les déblayer et de les débarrasser de la terre qu’y entraînent les grandes pluies.
Les demeures ou huttes entourées de zérybeh sont la plupart celles d’individus riches ou de hauts fonctionnaires du gouvernement. Les gens de leur suite ou de leur service ont leurs huttes en dehors et à proximité des zéribeh.
La population de Ouârah, toujours selon notre cheykh El-Tounsy, peut s’évaluer à 40,000 âmes, hommes, femmes, enfants et esclaves. Environ 8,000 hommes armés pourraient être fournis par cette population, en supposant qu’on réunît tous les individus en état de porter les armes ; car au Ouadây, et en général dans tout le Soudan, tout homme pouvant porter les armes est soldat au jour du besoin.
Du reste, pour les guerres, il est de principe, au Ouadây, de ne lever, au plus, que la moitié des hommes capables d’être soldats, et cela même dans les grandes nécessités. Habituellement on reste au-dessous de cette proportion. Les levées ordinaires peuvent amener sous les armes jusqu’à 80 et 90 mille hommes. L’effectif possible des forces militaires du Ouadây s’élèverait au moins à 200,000 hommes. En tenant compte du nombre d’individus qui composent les familles, terme général, et en considérant que les Ouadayens adultes ont presque tous plusieurs femmes, un certain nombre d’enfants et même d’esclaves des deux sexes, on peut évaluer les habitants du Ouadây, au moins à 5,000,000 d’individus. Ce nombre, comparé à l’étendue du pays, serait encore loin de ce que le cheykh El- Tounsy et les faguyh Délyl et Ilâly, etc., m’ont répété si souvent, en me parlant des troupeaux de population (c’est leur terme) qui abondent sur le sol ouadayen.
FIG. 2 BIS, PL. IV. Ville de Ouârah, capitale du Ouadây, d’après les informations et les documents reçus du cheykh El-Tounsy. Voy. chap. II, 2e partie.
FIG. 3, PL. V. Dabboûz ou dabboûs, assommoir, casse-tête, sorte de masse d’armes. C’est une tige en bois, longue de deux ou trois pieds au plus, à renflement revêtu de rubans de fer. Il y a d’autres dabboûs en bois, longs de quatre ou cinq pieds, comme des gourdins, et dont le renflement arrondi, non garni de fer, est formé du haut de la racine même de l’arbre. Voy. chap. IV, 1re partie.
FIG. 4, PL. VI. Oreille percée de plusieurs trous vers le bord du pavillon. Voy. chap. III, 2e partie.
FIG. 5, PL. V. Kourbâdj recourbé, ou couteau en forme de faucille. Instrument ou arme d’attaque d’une peuplade anthropophage. Voy. chap. III, 2e partie.
FIG. 6, PL. V. Acrab ou scorpion, sorte d’entrave. C’est une barre de fer recourbé en S. Voy. chap. V, 2e partie.
FIG. 7, PL. V. Brancard à traverses en cordes, pour transporter les morts. Voy. chap. VI, 2e partie.
FIG. 8, PL. VI. Bras gauche armé du grand couteau Kirdâouy. Voy. chap. V, 1re partie, et chap. IX, 2e partie.
FIG. 9, PL. VI. Couteau simple attaché au-dessus du coude. Dans la Nubie et dans le Soudan, cette arme est portée presque constamment par les hommes. Voy. chap. IX, 2e partie.
FIG. 10, PL. VI. Femme portant le Karandjalah. Voy. chap. IX, 2e partie.
FIG. 11, PL. V. Gorgerin ou pièce antérieure du caparaçon des chevaux harnachés en guerre. Des cordons attachent sur l’encolure et maintiennent cette pièce en avant du poitrail. Voy. chap. XI, 2e partie.
FIG. 12, PL. V. Pièce du caparaçon fixée sur la croupe, et garantissant le train postérieur. Les deux extrémités se nouent sous le ventre du cheval. La coupure facilite le rapprochement du bord, en avant, pour nouer cette pièce à la pièce qui protége le ventre du cheval et sur laquelle passe l’étrier. Voy. chap. XI, 2e partie.
FIG. 13, PL. V. Pièce du caparaçon garantissant le milieu du flanc du cheval, elle s’attache à la pièce du poitrail et à celle de la croupe par le moyen de cordons. Voy. chap. XI, 2e partie.
FIG. 14, PL. V. Sayon ou saie. Le dessin indique les losanges de diverses couleurs et assez irréguliers qui couvrent le sayon en dehors. La châyeh ou saie est à manches qui viennent ordinairement jusqu’au poignet ; elle descend jusqu’au milieu des cuisses et est fendue en arrière depuis le bord inférieur jusqu’à la hauteur d’un pied environ pour s’écarter suffisamment de chaque côté de la selle, ou pour ne pas gêner la marche des fantassins. Voy. chap. XI, 2e partie. Sous la châyeh, les soldats fôriens et surtout les cavaliers, portent la chemise de mailles ou cotte de mailles en fer. Cette cotte de mailles est en forme de chemise, fendue en bas par devant, descendant jusque vers le milieu de la cuisse et parfois jusqu’aux genoux. Lorsque les manches de cette cotte composée d’anneaux de fer entrés les uns dans les autres ne viennent que jusque vers le coude, l’avant-bras est protégé par un brassart formé de deux plaques de fer blanc arrangées et courbées de façon à couvrir le bras, revêtues de drap à leur face interne et maintenues sur l’avant-bras avec des crochets qui se trouvent alors sur la direction du radius. Des charnières sur le bord opposé des deux pièces du brassart, permettent d’écarter et de rapprocher les deux parties de cette armure. Ce brassart porte le nom de komounah ou koumou_n_ah. Du reste les soldats, fantassins ou cavaliers, sont toujours jambes et pieds nus. La cavalerie n’a pas de boucliers. Le cavalier a souvent deux lances kaukâb.
FIG. 15, PL. VI. Cheval préparé et harnaché pour le combat. Ce cheval, haut monté sur jambes, a par là même un caractère dongolâouy ou de race de Dongolah. Il est habillé de son caparaçon ; la tête est munie de plaques ou joues en fer-blanc réunies par des liens au frontail qui est bombé et aussi en fer-blanc. Toutes ces pièces en fer-blanc sont doublées de drap qui les déborde à l’entour et fait ainsi une sorte de parure. La têtière passe sous ces plaques qui d’ailleurs sont tenues entre elles sur le front et derrière les oreilles du cheval.
Deux sabres droits sont suspendus par un bout à l’avant de la selle, et par l’autre bout au troussequin.
Le cheval ainsi harnaché rappelle ceux dont se servaient en guerre les anciens chevaliers, et les miniatures du manuscrit des miracles de Saint-Louis (époque du XIIIe siècle).
Lorsque le cheval s’abat, il s’embarrasse tellement dans ses caparaçons et couvertures, qu’il ne parvient pas toujours à se remettre sur jambes. Le cavalier lui-même risque d’être gravement blessé, ou d’être pris ou tué, car il a, lui aussi, un embarras énorme dans ses lances, sa châyeh et sa cotte de mailles qui parfois encore est double.
Le cavalier placé debout au côté droit du cheval est couvert de la saie piquée et coiffé de la tasse ou bassinet rond à trois baguettes, une sur chaque tempe, et l’autre sur le front et le nez ; la nuquière est en mailles de fer et tombe jusque sur les épaules. Ce cavalier porte la grande lance kaukâh dont le kindâb ou talon est rendu pesant par une pièce d’ébène qui y est fixée, ou bien par quelques tours d’un ruban de fer. Un esclave est en tête du cheval ; un fantassin ordinaire est en arrière. Voy. chap. XI, 2e partie.
FIG. 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 24 bis, 25, 25 bis, 26, 27, PL. V. Différentes formes de fers de lances et de javelines. Voy. chap. XI, 2e partie. Le fer de lance, no 24 bis, est hérissé de piquants au point a. La fig. 25 bis a été dessinée sur une lance d’une seule pièce et entièrement en fer. Vers le bas de la hampe, au point c (25 ter), elle était revêtue d’un morceau de peau d’animal avec ses poils, servant à tenir l’arme plus fermement.
FIG. 28, 28 bis, 29, 30, 30 A, 30 B, PL. VI. Boucliers de différentes formes. Voy. chap. XI, 2e partie. La fig. 28 porte deux courroies, l’une, a, pour suspendre le bouclier à l’épaule ; l’autre, bb, pour le porter en bandouillère. En cc, sont des lannières étroites qui ne servent que d’ornement. La fig. 28 bis, a, b, représente un bouclier assez grossièrement travaillé, d’une forme singulière, et qui est aussi en usage chez les peuplades des bords du Nil ou Fleuve-Blanc, vers les 4o et 5o de latitude, m’a été donné par mon ami M. d’Arnaud, et je l’ai envoyé avec d’autres objets au cabinet de la Société historique et archéologique de Langres. Ce bouclier a 71 centimètres de long et 9 centimètres de large à son milieu. C’est une sorte de grosse pièce de bois plus large à son milieu, bombée en dehors et en avant. La partie saillante en avant forme une crête épaisse qui va en dédolant sur chaque côté comme le représente la fig. 28 bis, b, où le bouclier est vu de face. La partie opposée, tenue par la main, est amincie et forme une longue crête, de haut en bas, creusée d’un sillon dans toute sa longueur pour permettre d’y poser une lance cc qui alors est maintenue solidement le long du bouclier par la main qui le tient. Car l’individu a toujours deux lances, l’une portée, comme je viens de le dire, par la main qui a le bouclier, l’autre portée par la main droite et qui est celle avec laquelle on combat réellement. Lorsque l’individu a cru nécessaire de lancer cette dernière lance à un ennemi, il reprend aussitôt celle qui est maintenue dans le sillon du bouclier par la main gauche. Cette lance est toujours plus forte et plus longue que l’autre, car l’individu ne s’en sépare jamais dans le combat. Le bouclier en question ici est percé, au milieu et dans la direction d’une face latérale à l’autre, d’un trou oblong assez grand, ce qui fait une sorte d’anse par laquelle la main tient le bouclier et la lance cc. La fig. 28 bis, a, présente cette disposition ; le bouclier y est vu latéralement.
La fig. 30 A, est un bouclier à deux échancrures très-bien arrondies, dont l’entrée est un peu plus rétrécie que l’intérieur. L’umbo porte une côte ou saillie qui n’est qu’un repoussement du cuir en dehors, de même que l’umbo tout entier. Le bouclier sur lequel a été dessiné cette fig. 30 A, et que j’ai envoyé aussi au musée de Langres, était en peau de bufle. Autour de l’umbo il y avait une couronne de légers dessins d’angles. L’échancrure du bouclier sert souvent à poser la lance pour viser l’adversaire et la lui lancer plus sûrement. C’est ce qu’indique la fig. 30 B. Les courroies servent à suspendre le bouclier à l’épaule.
FIG. 31, PL. V. Guerfeh, sorte de grand sac de cuir pour voyager. Il sert à mettre les hardes, les provisions de bouche. Voy. chap. III, 3e partie.
FIG. 32, PL. VII. Femme ouadayenne coiffée de la parure appelée am- chinga. Voy. chap. IX, 2e partie. L’arrangement des cheveux n’est point disposé par étages et par renflement sur les côtés et derrière la tête, comme chez les Fôriennes, voy. fig. 10, pl. VI ; c’est une simple accumulation d’une foule de frisures très-fines et allongées, laissées pendantes à leur place naturelle, comme chez nous dans les coiffures à l’enfant. Les Ouadayennes de condition aisée passent beaucoup de temps à l’arrangement de leur chevelure, à coordonner la multitude des tuyaux de frisure qui leur forment comme une perruque serrée. En arrière, ces cheveux finement bouclés, en boucles aussi longues que le permet le crépu des cheveux, tombent sur le cou, d’une oreille à l’autre, et arrivent même jusque sur les épaules ; mais, pour cela, les Ouadayennes adaptent très-souvent de faux cheveux à leur chevelure, et, par cette ressource, allongent la chute de leurs frisures par derrière la tête. Il n’y a que les femmes d’origine arabe, me dit le cheykh El-Tounsy, qui n’aient pas besoin de cet emprunt pour se coiffer à la grande mode, à frisures tombantes.
Les tuyaux frisés du milieu du devant de la tête ne descendent pas du côté du front. Ils sont au contraire remontés et couchés de bas en haut ; de plus, il y a, au milieu, une ligne de séparation marquée depuis le front jusqu’au bout de la tête ; c’est là que s’applique l’am- chinga.
FIG. 32 D, PL. VII. L’am-chinga, parure que portent sur le devant de la tête les femmes des personnages distingués. Les crochets supérieurs de l’am-chinga se fixent dans les cheveux qui sont frisés et serrés comme on l’a dit. Voy. chap. IX, 2e partie.
FIG. 33, PL. VIII. Portrait d’un Mandarâouy ou Mandaraouyen (habitant du Mandarah), province méridionale du Barnau. Les Mandaraouyens sont une population à part, conquise par le Barnau. L’individu représenté par le portrait, était soldat au service du pacha d’Égypte. Il arriva au Caire après la guerre de Syrie à laquelle il avait assisté. Je le fis dessiner, sans qu’il s’en doutât, à l’hôpital de Casr-el-Ayny où il était entré légèrement malade. Sa conversation (il parlait bien l’arabe), ses mouvements, toute sa physionomie, exprimaient la vivacité et l’intelligence.
FIG. 34, PL. VII. Le faguyh Délyl, grand câdi du Ouadây. Il était d’origine arabe, mais né au Ouadây. Il avait fait ses études à la mosquée El-Azhar, au Kaire. Il mourut en pèlerinage. Voy. chap. X, 1re partie.
FIG. 35, PL. VII. Le faguyh Ilâly, Ouadayen d’origine, né à Ouârah qu’il habite encore. Il occupe la maison même qu’occupait le cheykh El-Tounsy. Voy. Introduction.
FIG. 36, PL. VII. Un Ouadayen du village de Koudkous dans la province du Batha, au centre du Ouadây. Il accompagnait le faguyh Ilâly lorsque celui-ci passa au Caire pour aller en pèlerinage à la Mekke. Sa physionomie, fine d’expression et de malice, avait l’air railleur.
FIG. 37, PL. VIII. Portrait du Barnâouy ou Barnâouyen (habitant du Barnau), dessiné chez le sultan Abou-Madiân, au Kaire. Le portrait de ce Barnâouyen, comme tous les autres portraits précédents, est d’une ressemblance parfaite : figure longue, lèvres grosses, nez peu saillant, yeux petits, pommettes avancées ; air bénin, dévot et sanctifié, assaisonné de l’expression un peu niaise qui va si harmoniquement avec son tarbouche allongé. Ce Barnâouyen, né au Birny du Barnau, a passé quatre ans au Caire à faire ses études. Il a appris ce que l’on enseigne si médiocrement à la mosquée El-Azhar, la Sorbonne d’Égypte, et il s’est en allé cheykh bréveté jugé digne d’être câdi au Barnau.
NOTA. Les détails relatifs aux figures ont été reçus du cheykh de vive voix.
MUSIQUE.
PL. IX. Parmi les chants dont je donne la musique, il en est deux, le 7e et le 8e, dont le texte n’est pas cité dans le courant de cet ouvrage. Voici l’explication des mots qui composent ces deux chants :
No 7. Chout-Koum, vous pourriez. Koum est le mot arabe vous, régime. — Toçalo, que vous obteniez, atteigniez à, arriviez à. C’est le mot arabe toûçaloû qui a ce même sens. — Lé, préposition arabe, à, jusqu’à. — Khdeyrah, diminutif arabe Khodeyrah, nom propre. — Le sens est : « Vous pourriez arriver à ma belle Khodeyrah, celle que j’aime ? vous pourriez y arriver ? vous le pourriez ? Non, jamais. Et si vous le tentiez, je vous tuerais ; elle est à moi seul. »
No 8. Yobané eyo ebné. Ces mots n’ont pas de sens ; c’est une sorte de mise en train, comme nos la la déri déra, etc. — El-leyl, la nuit ; mot arabe. — Bobé, est avancée, avancée au tiers (et je suis encore seule !). — Dâr-Fôr, le Dârfour, c’est-à-dire ici, le monde entier ; car, pour les Fôriens, le Dârfour c’est l’univers. — Guéfé, c’est le mot arabe djafa ou djéfé, s’éloigner, c’est-à-dire : le monde se disperse, s’éloigne ; ceux qui s’aiment dans ce monde sont souvent éloignés l’un de l’autre, forcés de se séparer. — Ana, moi, je, nominatif ; mot arabe. — Râcy, ma tête ; arabe. — Naouei, mot d’origine arabe, pour nâouy, a désir ; c’est-à-dire : je veux fuir ; ma tête, mon esprit veut que j’aille de par le monde à la recherche de mon amant. — Cet air n’est chanté que par les femmes, il est fôrien.
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=TABLE DES MATIÈRES= CONTENUES DANS LE VOYAGE AU OUADÂY.
[Décoration]
Page
PRÉFACE, par M. JOMARD I-LXXV
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INTRODUCTION, par M. PERRON 1
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PREMIÈRE PARTIE, OU PARTIE HISTORIQUE.
CHAPITRE Ier. — Causes qui ont déterminé le cheykh El-Tounsy 37 à passer du Dârfour au Dâr-Ouadây. — Reclusion ; délivrance. — Départ du Dârfour. — Retards ; guides ; traversée de l’espace qui sépare le Ouadây du Dârfour. — Quantité d’animaux sauvages. — Entrée au Ouadây. — Formalités singulières. — Bosses du courage. — Présentation à l’aguîd ou gouverneur de la province de l’Est. — Envoyés du sultan. — Départ pour Abâly. — Sorte de quarantaine. — Grand repas envoyé au cheykh par le sultan. — Présents du cheykh au sultan et du sultan au cheykh. — Présent d’œufs de pintade. — Accidents
CHAPITRE II. — Le sultan Séleîh, dont le nom est aussi donné 68 au Ouadây. — De l’origine des familles régnantes au Kordofâl, au Dârfour et au Ouadây
CHAPITRE III. — Conventions primitives de paix entre les 76 Fôriens et les Ouadayens. — Rupture ; guerres. — Victoires des Ouadayens. — Deux sultans fôriens sont tués sur le champ de bataille. — Paix
CHAPITRE IV. — Le sultan Mohammed-Abd-el-Kérym, surnommé 92 Sâboûn. — Sa jeunesse. — Ses qualités. — Il se prépare au sultanat. — Il s’empare de la demeure impériale, et se fait reconnaître souverain. — Prétentions de ses frères. — Guerre civile. — Sâboûn triomphe ; il brûle les yeux à un de ses frères. — Il prend l’autre par ruse, et le fait mettre à mort
CHAPITRE V. — Tyrannie et déréglements d’Ahmed, sultan du 121 Bâguirmeh. — Incursions des Bâguirmiens sur le territoire ouadayen. — Lettres de Sâboûn à Ahmed. — Expédition et départ de Sâboûn. — Arrivée dans l’espace qui sépare le Ouadây et le Bâguirmeh. — Un abou-carn se précipite sur les Ouadayens ; il est tué par un esclave. — Plusieurs chefs condamnés à mort. — Comparaison des Rézeigât et des Djéâtenah. — Vénération pour le souverain. — Anecdote. — Le souverain est toujours inspiré du ciel. — Autre anecdote
CHAPITRE VI. — Les Ouadayens pénètrent dans le Bâguirmeh ; 14 ils arrivent à peu de distance de la capitale. — Sâboûn dispose ses corps d’armée. — Les Bâguirmiens sont battus. — Prise du birny. — Siége et prise de la demeure du sultan. — Pillage. — Richesses ; numéraire. — Disparition du sultan bâguirmien. — Par le moyen de ses femmes, on le retrouve parmi les morts. — Bas prix des esclaves. — Dons du sultan Sâboûn
CHAPITRE VII. — Les débris de l’armée ennemie se rassemblent 169 sur les frontières du Mandarah. — Sâboûn y envoie des troupes. — Sultan de Logo_n_. — Le père du cheykh va au Barnau. — Il est dépouillé. — Sâboûn établit sultan un fils du sultan bâguirmien, et il retourne au Ouadây. — Réaction. — Rentrée des Ouadayens au Bâguirmeh. — Nouveau sultan fils d’Ahmed. — Renvoi des Ouadayens. — Conspiration. — Troisième expédition. — Prise de Tchigama ; il est amené au Ouadây. — Il est fait sultan. — Son départ. — Firman. — Il entre en possession du sultanat. — Son portrait et celui de son fetcha
CHAPITRE VIII. — Incursions des Tâmiens sur les terres du 187 Ouadây. — Députation au sultan du Dârfour. — Nouvelles incursions. — Envoi de troupes ouadayennes au nord-est du Ouadây. — Défaite des Ouadayens. — Départ de Sâboûn avec l’armée. — Entrée au Dâr-Tâmah. — État du terrain. — Siége du mont Tâmah. — Résistance vigoureuse. — Les vingt-deux Mogrébins. — Assaut ; massacre ; dévastation. — Courage des Tâmiens. — Désappointement du sultan fôrien. — Troisième expédition. — Paix ; conditions de cette paix. — Récriminations du sultan fôrien. — Délivrance des prisonniers tâmiens
CHAPITRE IX. — Sâboûn ordonne l’exploration d’une route 211 nouvelle pour les caravanes. — Anecdote d’un Mogrébin. — Caravanes envoyées au Maghreb par la voie de Djâlau et Audjalah. — Sâboûn envoie des présents à Mohammed-Aly-Pacha. — Le pacha en fait porter à son tour à Sâboûn, par une caravane qui en route est pillée. — Cause de la guerre du Kordofâl. — Caravane expédiée du Ouadây sur Ben-Ghâzy, par la route de Djâlau. — Cette caravane s’égare, et les esclaves meurent de soif
CHAPITRE X. — Mort de Sâboûn. — Événements qui se 224 succédèrent ensuite. — Le sultan Kharyfeyn. — Son extravagance. — Son empoisonnement. — Le sultan Râkeb. — On crève les yeux à ses frères. — Protestation armée. — La mère de Râkeb calme le kamkolak révolté. — Assassinat des meurtriers de Kharyfeyn. — Le kamkolak tué. — Substitution d’un jeune sultan. — Expédition contre les Malangais. — Installation du sultan actuel du Ouadây. — Choléra au Ouadây ; famine
SECONDE PARTIE, OU PARTIE DESCRIPTIVE.
CHAPITRE Ier. — Étendue du Ouadây. — Comparaison du Ouadây 238 et du Dârfour. — Éloge de Sâboûn ; année de la mort de ce prince. — Principales peuplades du Ouadây ; leurs contrées ; leurs caractères physiques. — Répugnance pour la coloration blanche. — Tribus arabes des environs du Ouadây. — Les Ouadayens refusent à tout prince étranger le titre de sultan. — Rudesse de leur langage. — Physionomie de certaines peuplades. — Époque des premières relations commerciales avec le Ouadây. — Amour de Sâboûn pour les savants. — Défaut de courage des Barnaouyens, anecdote. — Réflexions
CHAPITRE II. — Demeures des habitants. — Emplacement de 262 Ouârah, capitale du Ouadây. — Palais du sultan. — Ozbân ou gardes du palais et exécuteurs des ordres du sultan. — La garde de nuit. — Les turguenak. — Les quatre portes du palais ; sa distribution intérieure. — Forme des habitations à Ouârah. — Étendue de la ville. — Position topographique. — Comparaison de Ouârah et de Tendelty
CHAPITRE III. — Étendue comparative des principaux États du 271 Soudan. — Esclaves du Ouadây, du Bâguirmeh, du Dârfour. — Distances des régions ou États du Soudan. — Populations du Soudan idolâtre. — Signes artificiels distinctifs des tribus. — Fertilité du Soudan idolâtre. — Industrie des Fertyt. — Les Djengueh ; ils dorment dans la cendre. — Noms de tribus de Fertyt. — Peuplade anthropophage. — Singulière origine donnée aux Félâta. — Du Soudan en général ; Soudan commercial. — Désignation des esclaves. — Climat du Ouadây ; pluies, orages, etc. — Ressemblance entre les Ouadayens et les Fôriens
CHAPITRE IV. — Origine des conquêtes des Foullân ou Félâta. 290 — Le réformateur Zâky. — Ses premiers succès au Dâr-Mella, puis au Kechnah et au Noufeh. — Coïncidence avec la réforme wahabite. — Avantages et aisance de Noufeh. — Son commerce d’esclaves. — Anecdote. — Invasion de l’Afnau, de l’Adiguiz, du Barnau. — Les Foullân vaincus et repoussés. — Synchronisme. — Comparaison de la vie pacifique en Europe et en Orient. — Analogies de caractère de certaines peuplades du Soudan avec des populations européennes
CHAPITRE V. — Des moyens de répression. — Prescriptions du 314 Coran. — Peines indiquées par les lois civiles. — Décollation ; dilaniation ; déchiquètement (couper en longues lignes) ; pendaison ; empalement. — Supplice du châmyât. Anecdote. — Supplice du feu. — Enterrer vif. — Écrasement ou broyement. — Tonne à clous. — Noyade. — Étranglement ; empoisonnement ; mort lente ; mort par armes à feu ; par les coups. — Peines au Dârfour. — Travail des prisonniers ; manière de les éveiller. — Entraves perpétuelles. — Casse-pastèque. — Écartement. — Étrivières. — Détention particulière. — Entrave dite scorpion. — La ligne-prison. — Autres punitions
CHAPITRE VI. — Commerce et industrie au Dârfour et au 331 Ouadây. — Commerce des kharaz ou verroteries. — Ceintures secrètes des femmes. — Bracelets ; tamymeh ; périscélides ou chevillères ; damleg. — Coraux. — Étoffes importées. — Anes. — Tarboûch. — Aromates. — Cuivre ; étain. — Aiguilles. — Rasoirs. — Selles. — Sabres. — Talaris. — Soufre. — Papier ; encriers ; livres. — Ilâdjeh, étoffe. — Faîr ou insigne de récipiendaire. — Mousseline. — Souliers, etc. — Commerce au Ouadây. — Kharaz appelé chôr. — Moudraàh ou brassières. — Présents des amants ; le cadmoûl. — Anecdote. — Commerce des Arabes répandus aux environs du Dârfour et du Ouadây. — Sel ; ses espèces. — Industrie au Dârfour et au Ouadây. — Secours mutuels. — Devoirs rendus aux morts ; prières. — Occupations des femmes. — Récoltes des fruits, des légumes. — Pauvres
CHAPITRE VII. — Mœurs et coutumes. — Dignités ; fonctions. — 361 Kamkolak. — Mômo. — Habbâbah. — Aguîd. — Vizirs ou émyn. — Kâmnah. — Turguenak. — Rois. — Audiences publiques du sultan. — Cérémonie bizarre du salut du vendredi. — Kabartou. — Costume des turguenak. — Timbales du mont Thoraya. — Manière de porter plainte au sultan. — Sorte de quarantaine. — Tribunal des kamkolak. — Vénération pour le sultan. — Nul ne doit porter le même nom que lui. — Eau du sultan. — Cérémonies pour pénétrer dans le palais ; réceptions particulières. — Jeunes filles habbâbah. — Inspecteurs des charges. — Nul ne monte à âne. — Forgerons et chasseurs. — Coutume des chérifs. — Innovations interdites. — Projet de battre monnaie
CHAPITRE VIII. — Décorum des princes du Soudan. — Visite de 383 deux Bédouins à un sultan fôrien ; orateur en défaut. — Un sultan se fâche pour du miel. — Présent d’oignons, de piment et d’aulx. — Le Berty dépouillé et ruiné ; il va se plaindre. Il conduit sa fille au sultan, qui l’épouse. — Les dix fumeurs ; pipe monstre. — Usage du lait, jadis défendu aux sultans du Ouadây
CHAPITRE IX. — Vêtements ; ornements ; parures. — Turbans ; 394 calottes. — Ampleur des habits. — Ornement des sabres. — Présents d’investiture des charges. — Instruments de musique. — Masque ou frontail des chevaux. — Travail des lances. — Parure des femmes. — L’am-chinga. — Usage continuel du cure-dent. — Les kounfous. — Stature ; teint. — Les filles prennent peu de nourriture. — Travaux et fatigues des femmes. — Le raykeh ; le porte-fardeaux ou Karandjalah. — Relations des sexes. — Manœuvres des matrones. — Nombre des concubines chez les grands. — Quelques réflexions. — Choix des amants ; anecdote ; meurtre. — Malédiction contre les femmes infidèles
CHAPITRE X. — Des afryt ou diables. — Leurs vols et meurtres 410 réprimés par Sâboûn. — Leurs amours. — Anecdote : un afryt devenu amoureux exclusif d’une jeune fille. — Un rival ; rencontre singulière des deux prétendants. — L’afryt veut fuir ; il est vaincu, et cède la place. — Autre anecdote. — Singulières habitudes de relations des sexes. — Incontinence des femmes. — Secret des intrigues amoureuses
CHAPITRE XI. — Tactique militaire. — Division de l’armée. — 418 Ordre de bataille. — Drapeaux. — Signes distinctifs pour les soldats des deux armées. — Attaque ; chant. — Armures et armes. — Casques. — Caparaçons. — La châyeh ou saie. — Provocations en bataille. — Espèces de lances. — Boucliers ; adresse à les manier. — Arcs et flèches. — Les archers sont tous esclaves. — Tir de l’arc. — Empoisonnement des flèches ; leur petitesse. — Cordes d’arc. — Carquois. — Chants guerriers. — Abydyeh ou esclaves particuliers du sultan
CHAPITRE XII. — Des chevaux. — Chevaux du Dongolah et 444 d’Égypte. — Habitudes des chevaux du sultan fôrien. — Chevaux du Dârfour. — Nourritures des chevaux chez les Fôriens et les Arabes. — Le cheval éveille l’Arabe son maître. — Chevaux à trois relais, ou fins coureurs. — Le coursier du Tâmien et le coursier du Ouadayen : anecdote. — Croyances bizarres relatives aux chevaux. — Croyances sur la destinée après la mort, chez deux tribus. — Petits chevaux du Ouadây. — Appréciation des balzanes ; du pelage. — Vers à ce sujet. — Poëtes ; luttes d’improvisations ; poëtes accompagnant le sultan. — Augures tirés des positions des chevaux. — Le faguyh Moûça et son cheval. — Signes préférés sur les chevaux. — Habitudes de guerre au Ouadây. — Les Fertyt n’ont pas de chevaux, et ont peu de gros bétail. — Comment les rois fertyt vont en guerre. — Un prince ne fuit jamais. — On laisse la vie au roi prisonnier, aux ulémas. — Ce que deviennent le roi pris, sa suite, ses femmes
CHAPITRE XIII. — Différences et analogies dans les habitudes 466 du Dârfour et du Ouadây. — Chasses aux esclaves par les Fôriens. — Salatyeh ou lance de permission de chasse. — Firman ou permis de chasse. — Comment se recrute ou se réunit une ghazoua ou ghazia. — Sultan ou chef de chasse. — Partage des esclaves. — Procédé de répartition des captures. — Attentions pour le sultan de la chasse. — Prise d’une station ou d’un village. — Acceptation de tribus au nombre des protégés du Dârfour, et exclusion. — Réserves de grains chez les Fertyt. — Nombre des chasses annuelles. — Cas de maladie ou de mort d’un sultan de chasse. — Quantité des esclaves pris ; mortalité. — Leur crainte d’être vendus aux Arabes. — L’esclavage est permis par l’islamisme. — Procédé des Ouadayens pour les chasses. — Idolâtrie des Fertyt. — Mariages défendus entre proches parents. — Nudité habituelle. — Amour des Fertyt pour leur pays. — Demeures sur les arbres. — Habileté à travailler l’ébène
TROISIÈME PARTIE.
RETOUR AU MAGHREB ET EN ÉGYPTE.
CHAPITRE Ier. — Départ du Ouadây. — Ses causes. — Mauvais 496 procédés de l’oncle Zarroûk. — Épisode du chérif Ahmed. — Il arrive au Dârfour en revenant de pèlerinage. — Comment il traite le sultan. — Il va au Ouadây. — Il y devient vizir. — Il est dépouillé du vizirat. — Il part. — La caravane s’égare. — Le chérif revient au Ouadây. — Il s’attire la haine générale, et est assassiné. — Départ de la caravane avec laquelle le cheykh retourne au Maghreb. — Inspection des caravanes en départ
CHAPITRE II. — Entrée dans les plaines des Mahâmyd. — Puits 512 des Daûm. — Le caravanier Ahmed. — Talion redemandé. — Les Toubou-Turkmân. — Ils attaquent la caravane et sont repoussés. — Ils reviennent. — Entrevue singulière avec eux ; leur sultan. — On lui cingle un coup de fouet. — Les Toubou se vengent. — Ils harcèlent la caravane — Arrivée chez les Toubou-Rechâd. — Leur sultan. — Cérémonial ; réception. — La caravane régale le sultan et la sultane ; portrait de Leurs Majestés. — Second régal. — Troisième régal. — Arrivée aux trois montagnes. — Quatrième régal. — Fuite de trois esclaves. — Trois tribulations. — Cadeau fait au sultan. — Perquisition ; dépouillement. — Départ
CHAPITRE III. — Le désert avant Catroûn. — Escorte de cent 535 cinquante Toubou. — On loue des chameaux. — Manière de faire les marchés de louages. — Soins des Toubou pour leurs chameaux. — La montre d’Abd-Allah. — Cérémonies des Toubou en se saluant. — Analogies de ces salutations avec celles des Fôriens des monts Marrah. — Formes de politesses des Fôriens, des Barnâouyens. — Querelles fréquentes entre les Toubou. — Dix jours de désert. — On me vole deux outres d’eau. — Mon esclave favorite en danger de périr de soif ; moyen par lequel elle fut conservée. — Arrivée à Catroûn
CHAPITRE IV. — Mourzouk ou Zeylah. — Son bazar de quatorze 549 boutiques. — Présentation au sultan Mountacer. — Siége du sultan. — Gravité de ce sultan. — Séjour de Mourzouk ; petite anecdote. — Habitudes de vie ordinaire. — Mourzouk centre de commerce. — Bélâd-el-Abyd. — Commerce d’or à Mourzouk. — Probité des Fezzanais. — Anecdote
CHAPITRE V. — Préparation au départ de Mourzouk. — Rivalités 563 et guerre des Arabes Bény-Soleymân. — Moyen employé par le pacha de Tripoli pour la terminer. — Départ de Mourzouk. — Vallée de Chiâty. — Assemblée délibérante. — Départ pour Tripoli. — Le Ghiriân ; hospitalité ; régal. — Jardins. — Caractère des Arabes Bichr ; habitudes de rapines. — Arrivée à Tripoli. — Menchyeh. — Départ de Tripoli. — Djirbeh. — Safâkès ; rusticité des Safâkésains ; jardins ; fruits. — Castel du village d’El-Djemm
CHAPITRE VI. — Arrivée à Tunis, et ensuite à la ferme de mon 583 père. — Mon père vide ma ceinture et garde mon argent. — Regrets. — Le marabout Omar. — Mon père me communique son projet de retourner au Ouadây. — Il part. — Présents pour le sultan Sâboûn. — Mort de mon père. — Je me mets en route pour le Ouadây. — Arrivée à Mourzouk. — Départ pour le Ouadây. — Je rencontre l’oncle Zarroûk. — Discussion. — Conciliation. — Retour à Tunis. — Je pars pour le pèlerinage. — Visite à Cairaouân. — Arrivée à Alexandrie, à Rosette, au Caire. — J’achète une Abyssinienne
CHAPITRE VII. — Circonstances particulières dans le trajet 601 de Tunis au Fezzân, et le retour. — Je prends une pacotille de tarboûch. — Ma marmite se casse. — Nous nous embarquons sur un brick à deux hommes d’équipage. — Bourrasque. — Invocation des meilleurs saints. — Nous allons à pied à Zouârah. — Arrivée à Tripoli. — Je retourne au brick. — Danger singulier. — Un autre danger nous est annoncé mystérieusement. — Peur ; retour à Tripoli. — Trois mois d’attente. — Arrivée de l’esclave de mon père. — Départ pour le Fezzân. — Vallée où nous manquons d’être noyés. — Je me trouve sans provisions. — Bénédiction. — Chute de chameau. — Pour dernière aventure, je suis volé par un pauvre à qui je donne à dîner. — Finale pieuse
=INDEX DES NOTES, VOCABULAIRES, ET EXPLICATION DES FIGURES.=
* * * * *
Page
NOTE 1. — L’attâr ou droguiste ruiné retrouve sa fortune. — 625 Un naufragé sauvé
NOTE 2. — « Il n’y a pas grand mal à cela : » coups sur la 629 nuque. Deux anecdotes
NOTE 3. — Ventouses 631
NOTE 4. — Bosses du courage. Fait craniologique 631
NOTE 5. — Mesures des esclaves par empans 632
NOTE 6. — Explication du nom Kharyf-el-Teymân 632
NOTE 7. — Miroued pour le keuhl. — Keuhl 632
NOTE 8. — Psaumes de David envoyés du ciel 633
NOTE 9. — Explication d’un passage où se trouve le mot la 633 terre
NOTE 10. — Amulette 633
NOTE 11. — Mois de Rédjeb l’unique 634
NOTE 12. — Révolte de Noaîm. Il est condamné à mort. — Vers. 634 Pardon. — Nomân ; son jour de bienveillance et son jour de colère : anecdote. — Coutume pour les vengeances des meurtres au Sennâr ; anecdote
NOTE 13. — Les génies khirryt 639
NOTE 14. — Proverbe 639
NOTE 15. — Histoire de Djézymet El-Abrach et de Zabba. Vers 639
NOTE 16. — Cas d’union conjugale 642
NOTE 17. — L’abou-carn 643
NOTE 18. — Explication du mot bîrny 643
NOTE 19. — Le ryâl, monnaie 643
NOTE 20. — Colonate, monnaie dite pièce à canon 643
NOTE 21. — Simplicité d’un soldat égyptien dans la guerre de 643 Morée
NOTE 22. — Seigneur, nom appliqué à Mahomet 645
NOTE 23. — Le poëte Tofaîl-el-Khâî 646
NOTE 24. — Livre des Hadyth, de Mâlik 646
NOTE 25. — Histoire de la guerre du Fezzân. — Arabes Bény- 646 Soleymân, Bény-Bichr ; Bény-Seîf-el-Nasr. — Pacha de Tripoli. — Autre guerre
NOTE 26. — Marabouts 665
NOTE 27. — Le sellier tripolitain 666
NOTE 28. — Djaramah, sorte de fonctionnaire 669
NOTE 29. — Les Malangais ont le privilège de réparer le 670 palais
NOTE 30. — Réflexions sur les agitations qui troublèrent le 670 commencement du khalifat. — Exemple de sévérité d’Omar
NOTE 31. — Punition de l’adultère 672
NOTE 32. — Le charganyeh, ou cloison 672
NOTE 33. — Engendrements extraordinaires racontés par les 672 anciens Arabes. — Explication curieuse de l’épilepsie
NOTE 34. — Esclaves commis 673
NOTE 35. — Saccatou 673
NOTE 36. — Qualification de philosophe 673
NOTE 37. — Lecture du Coran comme œuvre pie 673
NOTE 38. — Le zoukhmeh, instrument de correction 674
NOTE 39. — Té_n_a, nom général donné aux kamkolak ou 674 justiciers
NOTE 40. — Chichm. — Nabk-karnau 674
NOTE 41. — Monnaies ayant cours en Égypte. — Leurs valeurs 675
NOTE 42. — Usage du loubân 682
NOTE 43. — Vêtements des cheykh. — Sandale mekkoise 682
NOTE 44. — Prières de la délivrance, ou cent mille phrases 683
NOTE 45. — Chapelet et rosaire des musulmans. — Prière du 683 Pardon ou 70000 phrases
NOTE 46. — Le défré et le korayb, plantes 685
NOTE 47. — Coutumes réservées au sultan 685
NOTE 48. — Le kouldjou, oiseau 686
NOTE 49. — Le couteau kirdâouy. — Couteau porté au-dessus du 686 coude
NOTE 50. — Aventure arrivée à Ahmed, fils de Toûloûn. — 687 Autre anecdote. Dieu punit les malintentionnés. — Autre aventure. Un mets à l’ail comme moyen d’intrigue de cour
NOTE 51. — Mépris des Ouadayennes pour les poltrons 694
NOTE 52. — Alexandre le Bicorne 694
NOTE 53. — La Châyeh ou Saie 694
NOTE 54. — Explication du terme ouendai 695
NOTE 55. — La parkhah, lance. Forkhah, jeune fille 695
NOTE 56. — Himiarites, Homérites 696
NOTE 57. — Les hommes du dououei_n_, ou Fôriens 696
NOTE 58. — Explication de vers 697
NOTE 59. — Aèdes, poëtes 697
NOTE 60. — Vers du Faguyh Moûça à l’éloge d’une femme. — 698 Lire une partie du Coran comme don nuptial
NOTE 61. — Fin de chapitre. — Zikr. — Dauceh ou presse 699 dévote
NOTE 62. — Le para, petite monnaie. Le Meydy 701
NOTE 63. — Villages de Damyreh. Le cheykh El-Damyry 701
NOTE 64. — Expression : « Le seau de son puits se 701 déchira. »
NOTE 65. — Toubou-Turkmân 701
NOTE 66. — Saadyeh et Rifâyeh, deux corporations de psylles. 702 — Tchaouych et Dalatlyeh. — Usage du tambourin aboli
NOTE 67. — Milâyeh dit du Hidjâz 702
NOTE 68. — Keloûd ou peaux rouges. — Houroûz, sortes de 703 talismans religieux
NOTE 69. — Pèlerins du Maghreb moins nombreux à présent. — 704 Sultans du Maroc
NOTE 70. — Griffons 708
NOTE 71. — Ponctualité ; anecdote. — Autre anecdote plus 709 merveilleuse ; confiance dans la Providence. — Sainteté des prophètes. — Des saints musulmans. — Anecdote
NOTE 72. — Loubed, aigle de Locmân 715
NOTE 73. — Les cinq prières journalières 716
NOTE 74. — Le sabârès et le syr, ou biçârieh, poissons 716
NOTE 75. — Khammâceh ou mercenaire à cinquième 716
NOTE 76. — Du goût des Arabes actuels en beaux-arts 716
NOTE 77. — Jeûne du Ramadân 717
NOTE 78. — Chapitre Yâ syn du Coran. Divisions du Coran 718
NOTE 79. — Malheurs occasionnés par les torrents. — 718 Anecdote ; enfants mangés par des loups
NOTE 80. — Médication hiéroïatrique 720
NOTE 81. — Rut des chameaux 721
VOCABULAIRES.
Ouadayen 722
Fôrien 725
Fertyt 726
Barnâouyen 726
Bâguirmien 727
Toubou 727
Fezzanais 727
TRANSCRIPTION ARABE, par ordre alphabétique, des noms des 728 localités, des tribus, etc., citées dans le voyage au Ouadây
EXPLICATION des Figures 739-746
* * * * *
COMPOSITION DES PLANCHES.
Portrait du cheykh Mohammed Ibn-Omar-El-Tounsy, en tête de l’ouvrage.
PLANCHE I. — Essai de carte du Ouadây.
PLANCHE II. FIG. 1. — Demeure de Sâboûn.
PLANCHE III. FIG. 2. — Aperçu de la ville de Ouârah.
PLANCHE IV. FIG. 2 bis. — Ville de Ouârah, capitale du Ouadây.
PLANCHE V. FIG. 3. — Dabboûz.
— 5. — Kourbâdj.
— 6. — Acrab.
— 7. — Brancard.
— 11. — Gorgerain.
— 12. — Pièce de caparaçon.
— 13. — Idem.
— 14. — Sayon.
— 16. — Fers de lance.
— 17. — Idem.
— 18. — Idem.
— 19. — Idem.
— 20. — Idem.
— 21. — Idem.
— 22. — Idem.
— 23. — Idem.
— 24. — Idem.
— 24 bis. — Idem.
— 25. — Idem.
— 25 bis. — Idem.
— 26. — Idem.
— 27. — Idem.
— 31. — Guerfeh.
PLANCHE VI. FIG. 4. — Oreille percée.
— 8. — Bras armé.
— 9. — Idem.
— 10. — Karandjalah.
— 15. — Cheval harnaché.
— 28. — Bouclier.
— 28 bis. — Idem.
— 29. — Idem.
— 30. — Idem.
— 30 A. — Idem.
— 30 B. — Idem.
PLANCHE VII. FIG. 32. — Ouadayenne.
— 32 D. — l’am-chinga.
— 34. — Grand câdi du Ouadây.
— 35. — Le Ouadayen Ilâly.
— 36. — Autre Ouadayen.
PLANCHE VIII. FIG. 33. — Mandarâouyen.
— 37. — Barnâouyen.
PLANCHE IX. — MUSIQUE. — Chants du Ouadây, nos 1 à 8.
FIN.
* * * * * PARIS. — IMPRIMÉ PAR E. THUNOT ET Ce, rue Racine, 26, près de l’Odéon.
=OUVRAGES DU Dr PERRON.=
[Décoration]
=Précis de Jurisprudence musulmane=, ou Principes de législation musulmane civile et religieuse, selon le rite mâlékite, par KHALÎL IBN- ISHAK ; traduit de l’arabe par M. PERRON, chevalier de la Légion d’honneur, membre des Sociétés asiatiques de Paris, de Leipsick, etc. Paris, Imprimerie nationale. Chez VICTOR MASSON et chez LANGLOIS et LECLERCQ, libraires. Grand in-8o, six forts volumes. Quatre volumes sont publiés ; le cinquième est sous presse.
Cet ouvrage se vend à part, bien qu’il fasse partie de la grande collection intitulée : Exploration scientifique de l’Algérie, publiée par ordre du gouvernement.
Ce Précis de Jurisprudence est le guide des tribunaux musulmans dans toute l’Algérie, dans toutes les régences barbaresques, dans le royaume de Maroc, dans tous les États de l’intérieur de l’Afrique, du Soudan, etc. Aucune publication, jusqu’à ce jour, n’avait reproduit en Europe la législation textuelle et entière des musulmans. M. PERRON a donc donné à la science un Code nouveau, le Code de l’Islamisme.
=Voyage au Dârfour=, par le cheykh MOHAMMED IBN-OMAR EL-TOUNSY, réviseur en chef à l’École de médecine du Kaire ; traduit de l’arabe par le docteur PERRON, directeur de l’École de médecine du Kaire, membre de la Société asiatique de Paris et de la Société égyptienne ; ouvrage accompagné de cartes et de planches, et du portrait du sultan Abou- Madiân ; publié par les soins de M. JOMARD, membre de l’Institut, ancien directeur de l’École égyptienne en France, etc. Précédé d’une Préface contenant des remarques sur la région du Nil-Blanc supérieur, par le même. Dédié à S. A. MOHAMMED-ALY, vice-roi d’Égypte et dépendances. Paris, 1845. Chez BENJAMIN DUPRAT, libraire de l’Institut et de la Bibliothèque royale, rue du Cloître-Saint-Benoît, 7.
=Voyage au Dârfour=, texte arabe, autographié par M. PERRON ; figures dans le texte. Un volume in-4o. Paris, 1850. Chez BENJAMIN DUPRAT, libraire, rue du Cloître-Saint-Benoît, 7.
* * * * * =PARIS. — IMPRIMÉ PAR E. THUNOT ET Ce=, RUE RACINE, 26, PRÈS DE L’ODÉON.
VOYAGE AU OUADÂY
PAR LE CHEYKH MOHAMMED IBN-OMAR EL-TOUNSY, RÉVISEUR EN CHEF A L’ÉCOLE DE MÉDECINE DU KAIRE ;
TRADUIT DE L’ARABE PAR LE Dr PERRON, Directeur de l’École de médecine du Kaire ; Membre de la Société asiatique de Paris et de la Société égyptiennne.
OUVRAGE ACCOMPAGNÉ DE CARTES ET DE PLANCHES ET DU PORTRAIT DU CHEYKH,
PUBLIÉ PAR LE Dr PERRON ET M. JOMARD Membre de l’Institut, ancien Directeur de la Mission égyptienne en France
Ouvrage précédé d’une PRÉFACE de ce dernier, contenant des remarques historiques et géographiques, ET FAISANT SUITE AU VOYAGE AU DÂRFOUR.
=PLANCHES.=
PARIS.
CHEZ BENJAMIN DUPRAT, | FRANCK, LIBRAIRE, LIBRAIRE DE L’INSTITUT | Rue Richelieu, 69. ET DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, | Rue du Cloître-Saint-Benoît, 7. | RENOUARD, LIBRAIRE, | Rue de Tournon, 8 ARTHUS BERTRAND, | LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE | GIDE ET BAUDRY, LIBRAIRES, GÉOGRAPHIE, | Rue des Petits-Augustins, 5 Rue Hautefeuille, 23. | |
* * * * * 1851.
VOYAGE AU OUADAY. [Décoration]
=COMPOSITION DES PLANCHES.=
Portrait du cheykh Mohammed Ibn-Omar El-Tounsy (en tête du volume de texte).
PLANCHE I. — Essai de carte du Ouadây.
PLANCHE II. FIG. 1. — Demeure de Sâboûn.
PLANCHE III. FIG. 2. — Aperçu de la ville de Ouârah.
PLANCHE IV. FIG. 2 bis. — Ville de Ouârah, capitale du Ouadây.
PLANCHE V. FIG. 3. — Dabboûz.
— 5. — Kourbâdj.
— 6. — Acrab.
— 7. — Brancard.
— 11. — Gorgerain.
— 12. — Pièce de caparaçon.
— 13. — Idem.
— 14. — Sayon.
— 16. — Fers de lance.
— 17. — Idem.
— 18. — Idem.
— 19. — Idem.
— 20. — Idem.
— 21. — Idem.
— 22. — Idem.
— 23. — Idem.
— 24. — Idem.
— 24 bis. — Idem.
— 25. — Idem.
— 25 bis. — Idem
— 26. — Idem.
— 27. — Idem.
— 31. — Guerfeh.
PLANCHE VI. FIG. 4. — Oreille percée.
— 8. — Bras armé.
— 9. — Idem.
— 10. — Karandjalah.
— 15. — Cheval harnaché.
— 28. — Bouclier.
— 28 bis. — Idem.
— 29. — Idem.
— 30. — Idem.
— 30 A. — Idem.
— 30 B. — Idem.
PLANCHE VII. FIG. 32. — Ouadayenne.
— 32 D. — l’am-chinga.
— 34. — Grand câdi du Ouadây.
— 35. — Le Ouadayen Ilâly.
— 36. — Autre Ouadayen.
PLANCHE VIII. FIG. 33. — Mandarâouyen.
— 37. — Barnâouyen.
PLANCHE IX. — MUSIQUE. — Chants du Ouadây, nos 1 à 8.
(Voyez l’Explication des figures dans le volume de texte, pages 739 et suiv.)
* * * * * PARIS. — IMPRIMÉ PAR E. THUNOT ET Ce, rue Racine, 26, près de l’Odéon.
=INSTRUCTION PRIMAIRE.=
[Décoration]
=Arithmétique élémentaire=, ou Tableaux d’arithmétique composés selon les principes et assujettis aux procédés de l’enseignement mutuel ; accompagnés d’un Manuel explicatif pour servir à l’intelligence des tableaux et pour en diriger l’emploi ; par M. JOMARD, président honoraire de la Société pour l’instruction primaire. Ouvrage adopté par la Société et par le Conseil d’instruction primaire établi par M. le préfet de la Seine pour l’usage des Écoles élémentaires. 3e édition. Un vol. in fo, 95 feuilles in-plano. 1843.
=Arithmétique élémentaire= assujettie au système et aux procédés de l’enseignement mutuel ; applicable à tous les modes d’enseignement ; par M. JOMARD, etc. Ouvrage adopté par le Conseil royal d’instruction publique. Un vol. in-8o.
=Nouveaux Tableaux de lecture= assujettis au système et aux procédés de l’enseignement mutuel, spécialement composés pour les Écoles dans lesquelles on suit cette méthode, et applicables aux autres modes d’enseignement ; par M. JOMARD..... Ouvrage autorisé par le Conseil royal de l’instruction publique, adopté par le Comité central d’instruction primaire pour les Écoles de la ville de Paris. 6e édition. Un vol. in-fo, 85 feuilles in-plano. 1849.
=Nouveaux Tableaux de lecture= assujettis au système et aux procédés de l’enseignement mutuel, et applicables aux autres modes d’enseignement ; par M. JOMARD..... Ouvrage adopté par le Conseil royal de l’instruction publique. Un vol. in-8o.
=Discours sur la vie et les travaux de B. Wilhem=, prononcé à l’assemblée générale de la Société pour l’instruction élémentaire, par M. JOMARD ; avec un portrait et une note historique sur l’introduction du chant dans les Écoles de France. In-8o.
=GÉOGRAPHIE ET VOYAGES.=
[Décoration]
=Galerie Ethnographique et Iconographique égyptienne=, ou Suite de portraits représentant des Orientaux de différentes races, publiés à l’occasion des réformes introduites en Égypte par le vice-roi Mohammed- Aly et de la mission adressée en France par ce prince en 1826 ; par M. JOMARD, membre de l’Institut, ancien directeur de la Mission égyptienne en France, membre correspondant des Académies royales de Berlin, Naples, Turin, Madrid. (PREMIÈRE PARTIE, sous presse.) Un vol. in-fo.
=OUVRAGES DU MÊME AUTEUR.=
=Voyage à l’oasis de Thèbes= et dans les déserts situés à l’orient et à l’occident de la Thébaïde, fait pendant les années 1815, 1816, 1817 et 1818, par M. Frédéric CAILLIAUD ; publié et rédigé par M. JOMARD, membre de l’Institut, correspondant de l’Académie des scienes de Berlin, etc., etc., accompagné de cartes et de planches et d’un recueil d’inscriptions. Deux vol. grand in-fo, texte et gravures.
=Voyage à l’oasis de Syouah=, rédigé et publié par M. JOMARD....., d’après les matériaux recueillis par M. le chevalier DROVETTI, consul général de France en Égypte, et par M. Frédéric CAILLIAUD, pendant leurs voyages dans cette oasis en 1819 et en 1820. Un vol. grand in-fo.
=Remarques et recherches géographiques= sur le Voyage de M. CAILLIÉ dans l’Afrique centrale, par M. JOMARD, etc., comprenant l’analyse de la carte itinéraire et de la carte générale du Voyage, rédigées par le même ; suivies des Vocabulaires, des Itinéraires et de Notes sur plusieurs points d’histoire naturelle et de géographie. Un vol. in-8o.
=Notice géographique sur le pays de Nedjd=, ou Arabie centrale, accompagnée d’une carte ; suivie de Notes sur l’histoire de l’Égypte sous Mohammed-Aly ; par M. E. J. D. L. Un vol. in-8o.
=Études historiques et géographiques sur l’Arabie=, accompagnées d’une carte de l’ASYR et d’une carte générale de l’Arabie ; suivies de la relation du voyage de Mohammed-Aly dans le Fazoql ; avec des observations sur l’état des affaires en Arabie et en Égypte ; par M. JOMARD..... Un vol. in-8o.
=Lettre à M. Ph. Fr. de Siebold= sur les Collections ethnographiques. Brochure in-8o.
=De la Collection géographique= créée à la Bibliothèque nationale ; examen de ce qu’on a fait et de ce qui reste à faire pour compléter cette création et la rendre digne de la France. In-8o.
=Seconde Note sur une pierre gravée= trouvée dans un ancien tumulus américain, et, à cette occasion, sur l’idiome libyen ; lue à l’Académie des inscriptions et belles-lettres. In-8o.
* * * * * PARIS. — IMPRIMÉ PAR E. THUNOT ET Ce, RUE RACINE, 26, PRÈS DE L’ODÉON.
Note du transcripteur :
Les changements dans ADDITIONS ET CORRECTIONS ont été aportés.
Page XLI, Réfs. manquantes à notes 33 et 34 ajoutées dans page XXXIX après " la conjecture qu’on avait émise dans la préface du Voyage au Dârfour sur cette ligne de partage. " et dans page XL après " et n’usons des cartes existantes qu’avec circonspection. "
Page XLI, " de Laybach, pourvu d’intruments " a été remplacé par " d’instruments "
Page 3, " Noûba paraît venir du mot copte υούβ, or " a été remplacé par " νούβ "
Page 40, " ordonna au cheykh Adb-Allah-Dagaça " a été remplacé par " Abd-Allah-Dagaça "
Page 75, " facile hospitalité des Oudayens " a été remplacé par " Ouadayens "
Page 80, " Plusieurs Oudayens allèrent " a été remplacé par " Ouadayens "
Page 92, " était supé-périeur à ses deux frères " a été remplacé par " supérieur "
Page 120, " retentissent, es trompettes " a été remplacé par " les "
Page 166, " la plus scrupufleuse justice " a été remplacé par " scrupuleuse "
Page 292, " à la rencontre de Zâzy " a été remplacé par " Zâky "
Page 333, " Les eslaves sont une partie " a été remplacé par " esclaves "
Page 338, " de sunbul (spina celtica, le nard) " a été remplacé par " spica celtica "
Page 358, " Le fruit de l’andourâh " a été remplacé par " l’andourâb "
Page 394, " une calottte en toile ordinaire " a été remplacé par " calotte "
Page 400, " n’en demeu- pas moins cachées " a été remplacé par " demeurent "
Page 412, " ils s’entretienneut en tout bien " a été remplacé par " s’entretiennent "
Page 420, " de ses pères et qu’il co serve " a été remplacé par " conserve "
Page 466, " se recrute on se réunit une ghazoua " a été remplacé par " ou "
Page 473, " prend un des deux eslaves " a été remplacé par " esclaves "
Page 578, " la prononciation des Mohgrébins " a été remplacé par " Moghrébins "
Page 588, " moi une nouvelle amertune " a été remplacé par " amertume "
Page 611, " répondis-je, passable-blement effrayé " a été remplacé par " passablement "
Page 621, " t’inquiète pas s tu es dans la " a été remplacé par " si tu es "
Page 646, " informations recues de mon père " a été remplacé par " reçues "
Page 650 (x2), " de Saukanak " a été remplacé par " de Saukanah "
Page 663, " Aly-Bourghoud se disposa à marcher " a été remplacé par " Aly-Bourghoul "
Page 673, " mâles frappent d’épilesie " a été remplacé par " d’épilepsie "
Page 674, " représentants du souve-verain " a été remplacé par " souverain "
Page 682, " en avons vu une peuve " a été remplacé par " preuve "
Page 701, " coutumes des Égyptienms odernes " a été remplacé par " Égyptiens modernes "
Page 707, " Ibrahim fu battu et tué " a été remplacé par " fut "
Page 714, " Les perquisitenrs ne voient pas " a été remplacé par " perquisiteurs "
Page 729, " بَزْنَاوِى — Barnâouy. " a été remplacé par " بَرْنَاوِى "
Page 737, " Ouâdy-Kellel " a été remplacé par " Ouâdy-Kelkel "
Page 751, " se recrute on se réunit une ghazoua " a été remplacé par " ou "
Planche VII., " l’Ab-chinga " a été remplacé par " l’Am-chinga " et " Faguyh-laly " par " Faguyh Ilaly "
De plus, quelques changements mineurs de ponctuation et d’orthographe ont été apportés.