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Théâtre de Nohant

George Sand · 1865 · Free in the US

153,346 words · about 10 h 44 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1865 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Théâtre_de_Nohant&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Author
George Sand
Language
French
Published
1865
Length
153,346 words · about 10 h 44 min
Sections
3 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (3)
  1. Front matter about 5 h 22 min
  2. Texte entier about 2 h 54 min
  3. Texte entier2 about 2 h 28 min

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Front matter

À M. ALEXANDRE DUMAS FILS

L’élément fantastique est encore une des faces de l’esprit populaire, et il n’est pas besoin de remonter avec Charles Nodier au moyen âge pour saisir par ses beaux cheveux flottants le lutin de la prairie, de la montagne ou de la chaumière. On le rencontre encore à chaque pas chez toutes les nations de l’Europe, dans toutes les provinces de France et sur tous nos rivages de l’Océan et de la Méditerranée. Il se plaît surtout dans des sites étranges et terribles, chez des populations qui ne semblent pouvoir réagir que par l’imagination contre la rude misère de leur vie matérielle ; kobold en Suède, korigan en Bretagne, follet en Berry, orco à Venise, il s’appelle le drac en Provence. Il en est à peu près de même d’un autre esprit, plus fâcheux et plus sinistre, qu’en tout pays on appelle le double.

Un jour qu’un garde-côte m’avait parlé de ces lutins en esprit fort qu’il était, lui, et que sans s’en douter il m’avait rappelé la légende d’Argaïl, dont Trilby est le poëme charmant, je voulus voir le lieu hanté par les dracs, et, des hauteurs du cap ***, je descendis dans une des nombreuses petites anses que formait la dentelure des falaises à pic. Le décor était splendide, et le sujet me fit penser à un opéra ou à un mélodrame à grand spectacle ; mais, bientôt gagné par le spectacle autrement grand de la mer agitée, j’oubliai tout ce qui n’était pas elle, et, dans un de ces rêves dont on n’a, Dieu merci, à rendre compte à personne, je me représentai le monde impalpable qui doit peupler l’immensité inconnue. Vous avez bien quelquefois goûté, sous une forme quelconque, ce plaisir de supposer qui arrive presque à être le plaisir de croire.

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