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Refrains de jeunesse

Joseph Wilfrid Poitras · 1894 · Free in the US

30,062 words · about 2 h 6 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1894 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Refrains_de_jeunesse&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Joseph Wilfrid Poitras
Language
French
Published
1894
Length
30,062 words · about 2 h 6 min
Sections
33 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (33)
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Les Refrains de Jeunesse n’avaient besoin de personne pour les présenter au public. Ce titre seul en dit plus que la plus éloquente des préfaces.

00

Les Refrains de Jeunesse n’avaient besoin de personne pour les présenter au public. Ce titre seul en dit plus que la plus éloquente des préfaces.

Pour les jeunes, c’est la caressante vision de toutes les envolées aurorales et printanières ; pour les vieillards, c’est le doux fantôme des émotions naïves, des longs espoirs apaisés, l’évocation des mille souvenirs attendris, dont l’essaim bat toujours un peu de l’aile au fond des cœurs les plus profondément endormis.

Oh ! les refrains de la jeunesse, fussent-ils modestes de ton et d’expression, eussent-ils même toutes les inexpériences de la vingtième année et quelques-unes des adorables gaucheries de l’enfance, ils seront toujours la plus délicieuse des musiques terrestres.

Les radieuses images qu’ils suggèrent à l’esprit !

Je les vois passer devant mes yeux comme une longue suite de perspectives enchantées.

Rêveries inquiètes et troublantes, fougueuses révoltes des sens et du cœur, aspirations fébriles vers tous les inconnus, premiers soupirs d’amour, premiers chatouille- ments de l’ambition, premiers aiguillons de la gloire entrevue, je vous reconnais tous, tous — un peu moqueurs peut-être, bien décevants sans doute, mais si beaux, si beaux !…

Et puis les silencieuses promenades à deux, par les sentiers agrestes, dans les mystérieuses tombées des soirs, au bercement des rumeurs lointaines, sous la feuillée moins palpitante que les poitrines !

Et puis les étourdissantes et grisantes soirées d’étudiants, où, parmi les francs éclats de rire et dans le brouhaha des propos tapageurs, l’éclair des cerveaux — qu’on me permette cette figure assez fantasque pour être en situation — irise de ses reflets les ondoyantes spirales qui montent des pipes et des cigares !

Et puis la chevauchée du rêve, la chevauchée emportée de l’imagination les rênes sur le cou, les cheveux au vent, le front dans les étoiles, qui dévore l’espace, qui éperonne le temps, farouche, éperdue, inassouvie, lançant à toutes les brises et à tous les échos l’éternelle chanson d’ivresse, éternellement tendre, éternellement folle, éternellement regrettée !

Je n’ai pas besoin de dire que le chanteur de ces refrains est un vrai poète : tous ceux de son âge qui ont une âme, un cœur et une intelligence le sont.

Seulement cette poésie est, suivant les individus, plus ou moins extérieure, plus ou moins communicative, résonne plus ou moins sonore, rayonne plus ou moins loin, avec plus ou moins d’intensité.

Seule, cette échelle aux milliers d’échelons nous sépare des grands poètes, de ceux dont le charbon ardent a touché la lèvre, de ceux dont le front est marqué du sceau divin, des immortels prédestinés de la souffrance et de la gloire. Je dis nous, car mon jeune confrère m’en voudrait beaucoup si j’allais le ranger parmi les grands maîtres de la pensée et de la poésie.

Il se contente d’être — et c’est beaucoup — un poète sincère, un causeur charmant, un chanteur aimé, un peu timide peut-être, mais connaissant d’instinct le chemin des cœurs, sachant faire vibrer la note discrète de l’émotion intime, et au besoin entonner à pleine voix la claironnée des fiertés et des revendications nationales.

Je salue les Refrains de Jeunesse, et tends une main largement ouverte à leur très sympathique auteur.

01

Minuit sonne, Ô mon ange ! et mon âme fidèle, Lève au ciel le regard et lance un chant d’espoir ; Ma fenêtre est ouverte, et la brise du soir M’apporte des parfums et comme des bruits d’aile… C’est l’amour qui voltige et qui vient jusqu’à moi, Pour joindre ses soupirs aux soupirs de mon âme ; Ah ! combien je voudrais sur ses ailes de flamme M’envoler jusqu’à toi !

Je te dirais alors ce que je pense, chère, En contemplant l’espace et les voutes d’azur, Où l’étoile scintille, ainsi que ton œil pur, Et dans l’ombre répand le rêve et le mystère. La ville a suspendu ses grands bruits, ses émois, Et tandis que tout dort, que le sommeil soupire, Dans le fond de mon cœur, comme un doux son de lyre, J’entends vibrer ta voix.

Elle me dit des mots que ta lèvre craintive A déjà prononcés, quand nous étions tous deux, Assis l’un près de l’autre, écoutant les flots bleus Que le vieux saint-Laurent repoussait sur la rive ; Ces mots que le bonheur semble ravir aux cieux, Pour dire aux jeunes cœurs quelque chose de l’ange, Qui les bercent ravis dans une joie étrange, Un chant mélodieux !

Ah ! pourquoi loin de toi, quand ma voix te réclame, Dois-je boire à la coupe où ta lèvre plongea ! Elle est encore pleine, et tu la fuis déjà ? Ton âme, désormais, n’est-elle point mon âme ? Reviens, car les instants qui nous ont réunis, Ont noué de nos cœurs la chaîne inséparable ; Chaque anneau s’est fermé sous ta main adorable, Et Dieu nous a bénis.

N’entends-tu pas jaser les échos sur les grèves, Où nous allions souvent nous tenant par la main ? Ces jours nous ont-ils fuis sans même un lendemain ? Ne nous dirons-nous plus nos espoirs et nos rêves ? Leur fis-tu tes adieux après m’avoir charmé ? Ne te souvient-il plus, oublieuse compagne, Des fleurs que nous cueillions aux pieds de la montagne Un soir du mois de mai ?

Mais non, tu ne veux plus, Ô mignonne chérie, Revoir ces lieux charmants, exempts de pleurs, d’ennui ! Ah ! puissé-je, du moins, entendre chaque nuit, Ta voix, ta pure voix, bercer ma rêverie ! Et je m’entretiendrai de son accent pieux, Me rappelant l’aveu de ta vive tendresse, Et puis je laisserai s’envoler ma tristesse Dans le vague des cieux !

02

Frères, mesurons bien nos tailles À la hauteur de nos aïeux, Et sur le champ de leurs batailles, Sachons toujours fixer les yeux.

L’orangiste, hélas ! se réveille, Aussi terrible qu’autrefois ! Entendez-vous, prêtez l’oreille ! Frères, entendez-vous sa voix ?

Insultant au fond de leur tombe, Nos pères qu’il a bien connus, Il dit que leur gloire succombe Dans leurs descendants méconnus.

Il sait pourtant que dans nos veines Coule le sang de ces héros, Que tant qu’elles en seront pleines, Nous survivrons à leurs bourreaux.

La secte injuste et fanatique, S’épuisera, sans que jamais, On puisse dire en Amérique : « Ci-git le dernier français ! »

Aux jours sombres de la tourmente, Qui vit tomber notre drapeau, On crût notre race expirante, Et sur le bord de son tombeau.

L’oppression, la tyrannie, Unirent en vain leurs efforts, Ceux qu’on a dit à l’agonie, Sont devenus nombreux et forts.

Frères, mesurons bien nos tailles, Montrons-nous dignes des aieux, Et s’il nous vient d’autres batailles, Sachons nous distinguer comme eux.

03

Dieu que le ciel est pur ! Allons jouer, mignonne, Près de ces flots d’azur Que le grand bois couronne ? Tout chante autour de nous, Tout sourit, nous invite ! Je vois dans ton œil doux Ton âme qui palpite !

Des derniers rayons Du soleil qui se couche, Ô Rose, profitons ! Que de ta belle bouche, S’échappe un oui joyeux ! Il est dans ton sourire, Dans le feu de tes yeux, Tu n’as plus qu’à le dire.

Vois le papillon d’or Qui s’ébat dans les roses, Je ne vois aucun tort À jouir de ces choses. Nous apprendrons de lui, Ô cher et candide ange, Que les fleurs qu’il poursuit Ont un langage étrange.

Comme lui, leur parfum Enivra notre âme, Et la main dans la main, Ivre de leur dictame, Nous irons nous asseoir Sur les sonores grèves, Et dans ton bel œil noir, Je puiserai mes rêves.

L’amour est un doux miel Préparé par les vierges ; Dressons donc un autel, Et brulons-lui des cierges !

Femme, tu dois aimer, Ton âme est ainsi faite ! Pourquoi tant protester Ô gentille fillette ?

Je l’ai très bien compris, En vain ton cœur se cache, À tes jolis souris, La tendresse s’attache ; Et je doute beaucoup Que tu n’aies pas envie De te voir à mon cou, Souriante et ravie !

— Comment ! que dis-tu, Jean ? Tes paroles m’offensent, Je te quitte à l’instant — Tout de même, ils avancent, Elle avance, et tous deux, Oubliant ciel et terre, Marchent silencieux À travers le mystère.

Cupidon, séduisant, Fier de sa conquête, Frappe de l’aile, Jean, L’extasie et l’arrête. Ils venaient d’aborder L’onde mystérieuse ; Rose semblait bouder,

Mais boudait toute heureuse ! Leur regard se croisa Dans le miroir liquide, Et l’ombre s’abaissa Sur le couple timide. Je l’ai vu s’enlacer, Je n’ai pu rien comprendre, Mais j’ai cru d’un baiser Ouir le bruit doux et tendre…

Est-ce l’eau qui baisait Le sable du rivage, Où zéphyr qui bruyait À travers le feuillage ?

Vraiment, je n’en sais rien ! J’ai revu Jean et Rose Maintes fois ; Rose est bien, Je ne sais autre chose.

04

Allons, c’en est assez, il me faut te le dire ! Depuis bientôt deux ans, mon pauvre cœur soupire, Sans avoir pu l’oser. Pourtant, tacitement, je t’ai bien dit la chose, En déposant, un jour, sur ta lèvre de rose, Un tendre et doux baiser.

Mais tu courbas soudain ta brune et belle tête, De même qu’une fleur courbe sous la tempête, Sa corolle d’azur. Et tu n’as pas voulu, candide fille d’Ève, — Car la fleur qui s’incline aussitôt se relève — Relever ton front pur.

Ah ! je compris alors mon aveugle imprudence ; Ce baiser que j’avais puisé dans l’espérance, Oui, qu’il t’a fait rougir ! Et de te voir ainsi mon âme fut peinée ; La fleur que j’avais mise à ton sein s’est fanée En me voyant pâlir ;

Et je cherchai longtemps à racheter ma faute, En te disant des riens, quand, marchant côte-à-côte, Nous longions le buisson. Hélas ! ce fut en vain, tu demeuras muette, Ni ma voix, ni le chant de la tendre fauvette, Ne me donna raison.

Ton regard demi-clos se voila de mystère, Et je vis, hésitants, au bord de ta paupière, Scientiller deux gros pleurs. Pourquoi, pourquoi pleurer, quand peut-être, à cette heure, Un ange se penchant du haut de sa demeure Souriait à nos cœurs ?

Ah ! oui, pourquoi ces pleurs ! sur mon âme, j’en jure, Ce baiser, pur rayon d’une flamme très pure, Au souffle de l’amour, Après s’être embrasé dans le feu de ma fièvre, Glissa comme un parfum sur le bord de ma lèvre, Et glissa sans retour.

Non, non, reviens à toi ! l’extase à sa caresse ! Et l’extase à cette heure avait jeté l’ivresse Dans mon cœur, mes pensers ; Dans l’air que je humais, je buvais ton haleine, Et l’enivrant parfum de tes cheveux d’ébène Qu’il avait traversés.

C’est l’extase, oui, crois-moi !… maintenant ma mignonne, Tu vois mon repentir, sois chrétienne, pardonne ! Tout de même, dis-moi, Dis-moi, si ce baiser dans ton cœur qui me gronde, Fit entendre un doux mot qui jette par le monde Le plus puissant émoi ;

Ah ! s’il te fut muet, ouvre-moi ton oreille, Puis oublie un instant que ta lèvre vermeille L’a reçu quelque jour ! Ma lyre en ce moment, en ce moment suprême, Va te le soupirer, ah ! ce mot c’est : « je t’aime ! » Dis, est-ce assez d’amour ?…

05

À MADEMOISELLE C…

De ses premiers soleils, avril, tout radieux, Faisait palpiter la nature, Jetant aux quatre vents ses chants mélodieux, Ses bruissements et son murmure. Épars encore aux champs, s’attachant aux gazons, Quelques faibles gâteaux de neige S’obstinaient au soleil, qui de ses chauds rayons Les rongeait, en faisait le siége.

Mille ruisseaux joyeux, descendant des côteaux, Gazouillaient dans les molles herbes. Et dans les bois émus, des phalanges d’oiseaux Entonnaient des concerts superbes. Tout avait un accent, et tout parlait à Dieu, L’herbe, l’oiseau, le ruisseau, l’âme ; Le printemps saluait, l’hiver disait adieu, Les fleurs préparaient leur dictame.

Dans un bois qui frémit aux bords du Saint Laurent Et qui dans les ondes se mire, Une fumée au ciel, en un flot odorant, Monte sur l’aile du zéphyre. C’est le sucre qui bout ! ô quel jour de plaisirs ! Voyez ces couples agréables Se poursuivre, courir, pleins des mêmes désirs, À travers les nombreux érables.

Entendez-vous leurs cris joyeux ?… Ils ont vingt ans ! Dans leurs cœurs bouillonne la sève, Et s’inspirant des voix suaves du printemps Ils vont semant, et joie, et rêve ; L’illusion dorée inonde leurs regards, Pour eux le ciel est sans nuage, Et l’amour qui les voit fait scintiller ses dards Dans l’onde pure du rivage.

Ah ! quels tendres propos n’avez-vous pas tenus, Anges, aimables filles d’Ève ! Les échos du grand fleuve en étaient tout émus, Et tout frémissant, sur la grève, Le flot semblait courir pour en être témoin. Ô souvenirs, heures d’ivresse ! Je vous évoque, hélas ! vous êtes déjà loin, Le temps vous poursuit et vous presse…

C’est une loi commune, ici-bas, tout s’enfuit, Tout meurt, s’évanouit et tombe, L’aurore en souriant sur la rose luit, Puis, tendre fleur, elle succombe ! Mais l’homme, n’a-t-il pas au cœur le souvenir Qui survit à l’objet qui passe, Par lui ne peut-il pas retrouver et chérir Ce qu’il a laissé dans l’espace

Eh ! bien, il vous survit instants ensoleillés, Et, souventes fois, sur la rive Dont nous avons ému les échos éveillés De notre ivresse fugitive, Solitaire et rêveur, sur l’aile des pensers, J’irai recueillir, jeunes filles, Les rêves que nos cœurs, de frissons oppressés, Ont livrés aux brises gentilles.

J’irai, sous le grand chène, où, candide, une voix Me disant si charmantes choses, Me parlait du bonheur qui vibre dans les bois, Et du doux langage des roses. Jamais l’astre du jour ne m’a paru plus beau, Jamais plus douce sa lumière, Jamais j’ai mieux compris les accents de l’oiseau, Dans sa romance printanière.

Dis-moi, Ô jeune vierge ! Oh ! oui, toi qui parlais À mes cotés sous le grand chène, Dis moi, si sur ton front, le ciel mit ses reflets, Et sa candeur dans ton haleine ? Dans ta voix, ton regard, pétillait ce doux feu Qui fit naître plus d’un poème, Il enflamma mon âme… ah ! fais m’en donc l’aveu ! Voulut-il me dire : « Je t’aime ? »

06

Jeune fille, dans tes regards, Que s’est-il donc passé d’étrange ? Ils n’ont plus ces doux rayons d’ange, Ils ne me lancent plus leurs dards.

Naguère, je voyais ton âme Voltiger dans ton bel œil noir, Elle s’en faisait un miroir Qu’elle illuminait de sa flamme ;

Et quand tu l’élevais vers moi, Je sentais mon âme se fondre, Elle cherchait à lui répondre, Et toute troublée, en émoi,

Penchée, au bord de ma paupière, À la tienne voulant s’unir, Elle l’encensait d’un soupir Qui seul lui disait sa prière.

Sa prière, c’étaient les cieux Qu’elle voulait en toi connaître ; Car les cieux m’ouvraient leur fenêtre Quand je voyais s’ouvrir tes yeux !

Mais aujourd’hui, pure allégresse ! Cette illusion d’or m’a fui ; Le jour a fait place à la nuit Et le bonheur à la tristesse.

Oui, je ne retrouve plus rien De tout ce qui faisait mes charmes, Et mon regard n’a que des larmes Quand il se plonge dans le tien.

Dis-moi, dis-moi, ô jeune fille, Dis-moi, ton cœur s’est-il fâché ? Dis, l’amour en fut-il tranché, Comme la fleur, sous la faucille ?

L’aveu que je te fis un jour, Cet aveu plein de flamme pure Que l’onde gazouille et murmure Sur les cailloux et le velour ;

Qu’on entend le soir dans la brise, Quand elle souffle, en soupirant, À travers le bois frémissant, À travers l’herbe qui s’en grise ;

Cet aveu, tendre élan du cœur, Qu’entonne au printemps la fauvette, Quand la nature, dans sa fête, Sourit sous l’œil du Créateur ;

Cet aveu, tendant ton oreille, Tu l’as reçu complaisamment, Et je vis, belle, en souriant, Répondre ta lèvre vermeille.

« Je t’aime ! » c’est bien son accent ! T’en souvient-il, fille cruelle ? Alors, je vis une étincelle Briller dans ton regard puissant.

Puis, nous ouvrant son aile tendre, L’espérance nous en couvrit ; Songe trompeur ! ce qu’elle a dit, Non, tu n’as pas su le comprendre !

Le lendemain, ton œil sans feu, Fripponne, n’était plus le même ; Je retire ce mot « Je t’aime », Rend-moi, cruelle, cet aveu !…

Dis-moi, dis-moi, ô jeune fille, Dis-moi, ton cœur s’est-il fâché ? Dis, l’amour en fut-il tranché Comme la fleur, sous la faucille ?

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