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Mémoires d’un paysan bas-breton

Jean-Marie Déguignet · 1904 · Free in the US

156,231 words · about 10 h 56 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1904 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Mémoires_d’un_paysan_bas-breton&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Jean-Marie Déguignet
Language
French
Published
1904
Length
156,231 words · about 10 h 56 min
Sections
19 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (19)
  1. Front matter about 3 h 39 min
  2. Préface about 5 min
  3. Texte entier about 3 h 39 min
  4. Mon enfance about 9 min
  5. En service about 16 min
  6. Pour apprendre à lire about 11 min
  7. Je m’engage about 15 min
  8. À la caserne about 15 min
  9. Sous Castellane about 16 min
  10. Sébastopol about 9 min
  11. L’assaut about 11 min
  12. En Crimée about 13 min
  13. Chez les Turcs about 10 min
  14. Jérusalem about 15 min
  15. Caporal about 13 min
  16. Aux voltigeurs about 15 min
  17. La guerre d’Italie about 14 min
  18. Fleurs et lauriers about 17 min
  19. Rentrée au pays about 15 min

Continue:

Front matter

C’était en 1897, un soir de juin. J’habitais alors la vieille maison de Stang-ar-C’hoat, à l’orée de Quimper. On vint m’avertir qu’un glazik était dans le jardin, qui demandait à me parler. Glazik — comme qui dirait : « azuré » — est le terme par lequel on désigne en breton, à cause de leur veste et de leur pourpoint bleu de roi, les paysans de la région cornouaillaise comprise entre Rosporden et Pont-Labbé. Je priai que l’on fît entrer le visiteur et je vis paraître un homme d’une soixantaine d’années, très vert encore d’aspect et d’allure, plutôt petit, bas sur jambes et les épaules trapues, tout à fait le type du paysan quimpérois dont il portait le costume et dont il avait tout l’extérieur, avec cette particularité, néanmoins, qu’au lieu d’avoir la figure rasée, comme ses pareils, il laissait librement pousser sa barbe couleur d’étoupe, qui lui hérissait le visage d’une abondante broussaille inculte. Il était chaussé de sabots. Ses vêtements étaient propres, quoique fatigués.

Il se présenta le plus décemment du monde, gardant à la main son chapeau de feutre à larges bords, orné d’un ruban de velours noir, un tantinet fripé, dont les bouts pendaient. Je le fis asseoir et, pensant le mettre ainsi plus à l’aise, j’entamai le colloque en breton.

— Si vous voulez bien, dit-il, nous parlerons français. Je le sais un peu.

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