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Les Formes élémentaires de la vie religieuse

Émile Durkheim · 1912 · Free in the US

343,530 words · about 24 h 3 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1912 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Les_Formes_élémentaires_de_la_vie_religieuse&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Émile Durkheim
Language
French
Published
1912
Length
343,530 words · about 24 h 3 min
Sections
21 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (21)
  1. Front matter about 12 h 2 min
  2. Objet de la recherche about 32 min
  3. Chapitre 1 about 42 min
  4. Chapitre 2 about 40 min
  5. Chapitre 3 about 26 min
  6. Chapitre 4 about 16 min
  7. Chapitre 1 about 39 min
  8. Chapitre 2 about 18 min
  9. Chapitre 3 about 25 min
  10. Chapitre 4 about 14 min
  11. Chapitre 5 about 33 min
  12. Chapitre 6 about 29 min
  13. Chapitre 7 about 1 h 1 min
  14. Chapitre 8 about 53 min
  15. Chapitre 9 about 35 min
  16. Chapitre 1 about 44 min
  17. Chapitre 2 about 43 min
  18. Chapitre 3 about 34 min
  19. Chapitre 4 about 29 min
  20. Chapitre 5 about 46 min
  21. Conclusion about 1 h 1 min

Continue:

Front matter

Nous nous proposons d’étudier dans ce livre la religion la plus primitive et la plus simple qui soit actuellement connue, d’en faire l’analyse et d’en tenter l’explication. Nous disons d’un système religieux qu’il est le plus primitif qu’il nous soit donné d’observer quand il remplit les deux conditions suivantes : en premier lieu, il faut qu’il se rencontre dans des sociétés dont l’organisation n’est dépassée par aucune autre en simplicité ; il faut de plus qu’il soit possible de l’expliquer sans faire intervenir aucun élément emprunté à une religion antérieure.

Ce système, nous nous efforcerons d’en décrire l’économie avec l’exactitude et la fidélité que pourraient y mettre un ethnographe ou un historien. Mais là ne se bornera pas notre tâche. La sociologie se pose d’autres problèmes que l’histoire ou que l’ethnographie. Elle ne cherche pas à connaître les formes périmées de la civilisation dans le seul but de les connaître et de les reconstituer. Mais, comme toute science positive, elle a, avant tout, pour objet d’expliquer une réalité actuelle, proche de nous, capable, par suite, d’affecter nos idées et nos actes : cette réalité, c’est l’homme et, plus spécialement l’homme d’aujourd’hui, car il n’en est pas que nous soyons plus intéressés à bien connaître. Nous n’étudierons donc pas la religion très archaïque dont il va être question pour le seul plaisir d’en raconter les bizarreries et les singularités. Si nous l’avons prise comme objet de notre recherche, c’est qu’elle nous a paru plus apte que toute autre à faire comprendre la nature religieuse de l’homme, c’est-à-dire à nous révéler un aspect essentiel et permanent de l’humanité.

Mais cette proposition ne va pas sans soulever de vives objections. On trouve étrange que, pour arriver à connaître l’humanité présente, il faille commencer par s’en détourner pour se transporter aux débuts de l’histoire. Cette manière de procéder apparaît comme particulièrement paradoxale dans la question qui nous occupe. Les religions passent, en effet, pour avoir une valeur et une dignité inégales ; on dit généralement qu’elles ne contiennent pas toutes la même part de vérité. Il semble donc qu’on ne puisse comparer les formes les plus hautes de la pensée religieuse aux plus basses sans rabaisser les premières au niveau des secondes. Admettre que les cultes grossiers des tribus australiennes peuvent nous aider à comprendre le christianisme, par exemple, n’est-ce pas supposer que celui-ci procède de la même mentalité, c’est-à-dire qu’il est fait des mêmes superstitions et repose sur les mêmes erreurs ? Voilà comment l’importance théorique, qui a été parfois attribuée aux religions primitives, a pu passer pour l’indice d’une irréligiosité systématique qui, en préjugeant les résultats de la recherche, les viciait par avance.

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