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Le Porte-Chaîne

James Fenimore Cooper · 1846 · Free in the US

377,079 words · about 26 h 24 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1846 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Le_Porte-Chaîne&action=history). · Wikisource contributors

Text from Wikisource and set out for reading on screen; no words of the book are rewritten or summarized. How RedLectern is built

About this book

Language
French
Published
1846
Length
377,079 words · about 26 h 24 min
Sections
32 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (32)
  1. Front matter about 8 h 48 min
  2. Chapitre 1 about 12 min
  3. Texte entier about 8 h 48 min
  4. Chapitre 2 about 17 min
  5. Chapitre 3 about 19 min
  6. Chapitre 4 about 15 min
  7. Chapitre 5 about 16 min
  8. Chapitre 6 about 12 min
  9. Chapitre 7 about 16 min
  10. Chapitre 8 about 18 min
  11. Chapitre 9 about 20 min
  12. Chapitre 10 about 17 min
  13. Chapitre 11 about 16 min
  14. Chapitre 12 about 19 min
  15. Chapitre 13 about 8 min
  16. Chapitre 14 about 19 min
  17. Chapitre 15 about 16 min
  18. Chapitre 16 about 19 min
  19. Chapitre 17 about 19 min
  20. Chapitre 18 about 17 min
  21. Chapitre 19 about 17 min
  22. Chapitre 20 about 22 min
  23. Chapitre 21 about 21 min
  24. Chapitre 22 about 15 min
  25. Chapitre 23 about 21 min
  26. Chapitre 24 about 18 min
  27. Chapitre 25 about 16 min
  28. Chapitre 26 about 20 min
  29. Chapitre 27 about 22 min
  30. Chapitre 28 about 20 min
  31. Chapitre 29 about 19 min
  32. Chapitre 30 about 23 min

Continue:

Front matter

Je suis fils de Cornelius Littlepage, de Satanstoe, dans le comté du West-Chester, État de New-York ; et d’Anneke Mordaunt, de Lilacsbush, domaine situé près de Kingsbridge, et qui, quoique à onze milles de la ville de New-York, fait partie des dépendances de la cité.

J’ai peu connu mes autres parents. J’étais encore très-jeune, lorsque mon aïeul maternel mourut en Angleterre, où il avait été voir un colonel Bulstrode qui lui-même avait habité les colonies, et pour qui Herman Mordaunt — c’était le nom de mon grand-père, — avait une prédilection toute particulière. J’ai souvent entendu dire à mon père qu’il était heureux peut-être, à un certain point de vue, que son beau-père fût mort à cette époque ; car il se fût sans doute rangé du côté de la couronne dans la querelle qui éclata presque immédiatement après, et tous ses biens auraient infailliblement partagé le sort de ceux des de Lancey, des Philips, des Floyd, et de toutes les grandes familles qui restèrent fidèles, comme on disait ; ce qui voulait dire fidèles à un prince, mais non pas à leur pays natal. Si l’on considère les opinions et les préjugés du temps, il serait difficile de décider qui avait tort ou raison ; mais ce qui est certain, c’est que les Littlepage, c’est-à-dire mon grand-père, mon père et moi-même, nous nous rangeâmes du côté du pays. À n’envisager que l’intérêt, il est évident que l’Américain qui se prononçait contre la couronne, montrait le plus de désintéressement ; car pendant longtemps on courut grand risque d’être subjugué ; et dans ce cas, il ne s’agissait de rien moins que de voir confisquer tous ses biens, sinon d’être pendu. Mais mon aïeul paternel était ce qu’on appelait un whig des plus prononcés. Il fut nommé brigadier dans la milice en 1776, et prit une part active à la grande campagne de l’année suivante, ainsi que mon père qui avait le grade de lieutenant-colonel dans les contingents de New-York. Il y avait aussi dans le même régiment que mon père un major Dirck Follock, qu’il aimait de tout son cœur. Ce major était un vieux garçon dont la résidence légale était de l’autre côté du fleuve, dans le Buckland, mais qui passait chez nous la plupart de son temps. Ma mère avait une amie intime qu’elle chérissait comme une sœur et qui avait trente ans, au commencement de la révolution. Miss Mary Wallace, qui était toujours restée fille, jouissait d’une jolie fortune, et elle vivait constamment renfermée à Lilacsbush, à l’exception de quelques visites qu’elle venait nous rendre à New-York.

Nous étions très-fiers du brigadier, tant à cause de son rang que de ses glorieux services. Il ne survécut pas longtemps à la guerre, bien qu’il n’eût pas eu le bonheur de mourir sur le champ de bataille. L’ingrate postérité n’a de mémoire que pour ceux qui périssent les armes à la main ; et cependant celui qui voit venir de sang-froid la mort dans un hôpital, par suite de maladies contractées au service, ne montre-t-il pas tout autant de courage que le brave dont un boulet emporte la tête ? Mon père était resté au camp à soigner un grand nombre de ses soldats atteints de la petite vérole ; ce fut là qu’il prit le germe de cette affreuse maladie dont il mourut lui-même ; eh bien, à peine fit-on quelque attention à sa mort. Le père du major Dirck, au contraire, vieil ami de ma famille, qui avait toujours mené joyeuse vie, ayant été surpris par un détachement d’Indiens, un jour qu’il s’était éloigné de sa garnison pour aller faire une orgie dans une taverne voisine, avait été mis à mort et indignement scalpé. Il n’en fallait pas davantage pour en faire un héros, et le major ne parlait jamais du trépas de son père qu’avec un sentiment d’orgueil, tandis que la mort du brigadier semblait un événement déplorable sans doute, mais dont il n’y avait point à tirer vanité. Et cependant, à mes yeux, la fin de mon aïeul était de beaucoup la plus glorieuse ; mais elle ne sera jamais regardée comme telle par l’historien ni par le pays, parce qu’il lui manque ce prestige du champ de bataille. Il viendra pourtant un jour ou chaque chose sera vue sous sa véritable couleur, et où les hommes et les événements seront jugés pour ce qu’ils sont, et alors bien des arrêts de l’histoire seront cassés en dernier ressort.

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