Front matter
C’était quelques semaines avant la guerre. Deux Égyptiens, Josipovici et Albert Adès, m’avaient prié de les recevoir. Ils venaient de publier chez Calmann-Lévy leur premier livre Les Inquiets. Maeterlinck, qui en avait lu le manuscrit, frappé par ce début littéraire qu’il trouvait le plus remarquable de notre époque, les avait engagés à tout abandonner pour se consacrer aux lettres.
J’invitai Albert Adès et Josipovici à venir me voir. Je n’étais pas très rassuré. Ayant affaire à des écrivains, je craignais que ma paisible retraite ne fût assaillie de littérature. Cela ne m’exaspère plus comme jadis, il est vrai, mais cela me fatigue.
Nous eûmes notre premier entretien dans mon jardin à Cheverchemont. Nous parlâmes de l’Égypte, de mes arbres… Je ne sais plus de quoi nous parlâmes encore ; je me rappelle cependant que pas une fois Josipovici et Adès n’essayèrent d’être littéraires. Ils regardaient la vie avec l’unique souci d’une observation exacte. Je reconnus en eux des sages. Je leur offris mon amitié.
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The end
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