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Le Japon, ses institutions, ses produits, ses relations avec l’Europe

Charles Descantons de Montblanc · 1867 · Free in the US

13,652 words · about 57 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
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Licence: PD-US · Published in 1867 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Le_Japon,_ses_institutions,_ses_produits,_ses_relations_avec_l’Europe&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Charles Descantons de Montblanc
Language
French
Published
1867
Length
13,652 words · about 57 min
Sections
3 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (3)
  1. Front matter about 51 min
  2. II Monnaies, Poids Et Mesures Japonais about 3 min
  3. III about 4 min

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Front matter

LE JAPON

SES INSTITUTIONS, SES PRODUITS

SES RELATIONS AVEC L’EUROPE

II Monnaies, Poids Et Mesures Japonais

Au Japon, les étrangers comptent par piastres, qui représentent un nombre plus ou moins grand d’une petite monnaie d’argent nommée bou, et plus vulgairement par les Européens itshibou, qui veut dire un bou. C’est une monnaie dont la surface représente un parallélogramme de 24 millimètres sur 15 ; son épaisseur est de 8 millimètres, et son poids de 8 grammes 900. D’après l’analyse, sa valeur est de 1 fr. 77 c. En contradiction avec cette valeur, le commerce, au Japon, échange 100 piastres contre 240 itshibous, La douane accorde par aux employés des gouvernements étrangers le change de 100 piastres contre 311 itshibous. Ce est limité par jour pour une somme qui varie suivant le grade.

Le bou vaut 16 tempos et 1 600 tsénis. Le tempo est une monnaie de cnivre d’une forme ovale et percée dans son milieu d’une ouverture carrée. Le tsénis est fait d’un alliage de cuivre et de fer ; sa forme est ronde ; cette pièce est percée comme le tempo. On trouve également des petites pièces d’argent d’un demi et d’un quart de bou. En fontes supérieures, il y a le nibou en alliage d’or et d’ar- gent, de même forme que l’itshibou, pesant 2 gr. 900, et valant, d’après l’analyse, 2 fr. 7849. Le koban est en or et allié d’argent ; sa forme est ovale, son épaisseur très faible ; il pèse 3 gr. 500 et vaut, d’après l’analyse, 7 fr. 2089.

Toutes ces analyses, qui donnent au bou, au nibou et au koban une valeur très-différente de celle adoptée généralement, ont été faites avec un soin extrême en présence de l’auteur de ces lignes, à la Monnaie de Bruxelles, par la bienveillance du directeur de cet établissement.

En outre de ces pièces, on trouve encore au Japon de grandes plaques d’or de forme ovale. Ce sont les Hobans, qui ne sont presque plus dans la circulation marchande.

L’unité de poids est le mommé ou itshi mommé, qui pèse 3 gr. 75. Il se divise en poune, rine et mo, qui représentent le 1/10, 1/100, 1/1000 du mommé.

10 mommés équivalent à un tâl. 160 mommés — à un kine ou katti = 600 grammes. 1, 000 mommés — à un kouane mé ou ikkouanne mè.

Le thé se pèse généralement par poids de 200 mommés. Les métaux précieux ne se pèsent que par mommés.

L’unité de longueur est le shiakou ou isshiakou, ou kané shiakou, ou kané sashi ; sa mesure est de 0m,303.

Le dixième du kané shiakou est le soune.

Le centième est le bou.

Le millième est le rine.

1 hiro vaut 5 kané shiakou.

1 kène en vaut 6 et 3 dixièmes.

1 djoo en vaut dix.

Pour la mesure des étoffes, l’unité est le tsouné shiakou ou koudjira shiakou, ou tsouné sashi ; il vaut 0m,378. Il se subdivise aussi, aux dixième, centième et millième, en soune, bou, rine. Il se compose en unités supérieures, qui sont :

Le koudjira djoo, valant 10 koudjira shiakou.

Le tane — 26 —

Le hiki — 52 —

Les longueurs itinéraires sont comptées par tsho ou matshi de 60 kènes et par ri de 36 tshos.

Le tsho vaut 114 mètres 534.

Le ri — 4 023 — 224.

L’unité de superficie est le poo ou flotsbou, mesurant un kène carré ; il vaut 3 mètres carrés 634281. En unités supérieures : le sé ou issé est un rectangle de 30 poos par 6 sur 5. Le tane carré ou tsikakoï it tane représente 300 poos par 20 sur 15. Le tshoo carré ou isikakoi itshoo comprend 3,000 poos par 60 sur 50. L’unité de capacité est le shoo ou isshoo ou mass. C’est un cube de 15 centimètres de côté et 8 centimètres de profondeur ; il représente donc 1 800 centimètres cubes. Le 1/10 du shoo est le ngoo ; le 1/1000 du shoo est le ngoo ; le 1/1000 du shoo est le shiakou cube ou riou-fo-no-schiakou ; le 1/1000 du shoo est le saï ou issaï ; 10 shoos valent 1 to, ou itto, ou tomass, ou djyshoo ; 10 tos valent 1 kokou ou itshikokou, ou djitto. La valeur de cette dernière mesure est donc de 180 litres.

III

NOTE SUR LA CONVENTION PASSÉE LE 21 AVRIL, ENTRE LES REPRÉSENTANTS DU GOUVERNEMENT DE KWANTO ET CELUI DE SATSOUMA

La Liberté, du 26 avril 1867, apprécie dans les lignes suivantes la convention passée entre le représentant du gouvernement de Kwanto et celui de Satsouma :

Hier encore, à l’Exposition universelle on voyait accumulés, dans la section de l’extrême Orient, à côté des produits de l’empire du Milieu, ceux du Japon et du royaume de Liou-Kiou.

Aujourd’hui, l’exposition du Japon et celle des Liou-Kiou ont changé de nom. Elles se sont réunies sous le drapeau du Mikado, qui est celui de la confédération japonaise, restant toutefois séparées et distinguées par les pavillons qui flottent au-dessus de chacune d’elles d’un côté, les couleurs du gouvernement du Taïkoune ; de l’autre, celles du gouvernement du Taïshiou de Satsouma, roi des îles Liou-Kiou c’est-à-dire la preuve irréfutable que le Taïkoune n’est pas empereur du Japon, mais bien, comme le Taïshiou de Satsouma et les autres Daïmios Kokshis, un prince indépendant, souverain seulement dans ses États, l’égal et non le supérieur des autres Daïmios.

D’où provient un changement si subit ? Une lumière si vive éclairant d’un nouveau jour les ténèbres qui, jusqu’à présent, ont enveloppé lu Japon ?

Dimanche, 21 avril 1867, en présence de M. le baron de Lesseps et de M. Donnat, délégués par M. Le Phy, conseiller d’État, commissaire général de l’Exposition universelle, eut lieu une longue conférence entre Son Exc. l’ambassadeur du Taïkoune, représenté par son secrétaire général Tanabé Taïtshi, fondé de pouvoirs, et M. le comte des Cantons de Montblanc, chargé des pleine pouvoirs du Taïshiou de Satsouma, roi des îles Liou-Kiou.

À la suite de cette conférence, il a été décidé, d’accord avec les représentants des deux gouvernements, que les produits envoyés à l’Exposition universelle de Paris par chacun d’eux figureraient sous la bannière commune de la Confédération japonaise, et seraient distingués par les armes de chacun de ces deux chefs d’États, ainsi que par l’inscription de Gouvernement du Taïkoune, pour l’un ; gouvernement du Taïshiou de Satsouma, pour l’autre.

Les résultats importants de cette conférence ont été enregistrés à Paris, et signés en triple expédition, dont une, déposée entre les mains de la commission impériale ; la deuxième remise à l’ambassadeur du Taïkoune, et l’autre à M. le comte des Cantons de Montblanc.

Cet article est d’autant plus saillant qu’il succédait immédiatement, dans la même colonne, à un autre article inspiré par les erreurs qui règnent encore dans la plupart des esprits, au sujet de la constitution politique du Japon.

À cette même occasion, le journal la France parle de ce fait authentique et officiellement constaté, comme étant de nature à éclaircir quelques points obscurs dans l’ordre politique de la société japonaise.

Ai-je réussi à montrer que la question n’aurait jamais dû être obscure ? J’ose l’espérer. Au moins, j’ai aujourd’hui la satisfaction de n’être plus seul à défendre la vérité, qui paraissait si fantastique lorsque je la formulai pour la première fois.

Aujourd’hui 1 mai, dans le journal la France, a paru un article remarquable « extrait d’une note de M. Mermet de Cachon, interprète officiel de Sa Majesté pour la langue japonaise. »

On y lit :

Ce que nous avons appelé jusqu’à présent l’empire japonais est, en réalité, une grande confédération de princes héréditaires, dont le Taïkoune est membre au même titre que les Taïshious ou Taïkounes (deux mots qui ont le même sens) de Satsouma, de Nagato, de Fidjène, de Kaga, etc. Le Taïkoune ou Taïshiou de Yedo faisait autrefois trembler ses voisins ; aujourd’hui les plus puissants Taïshious sont ceux de Satsouma, de Nagato et leurs alliés ; à leur tour ils intimident le Taïkoune de Yedo.

On a attribué à ce Taïkoune une certaine autorité sur les autres Daïmios, sous prétexte qu’il était seul à recevoir l’investiture du Mikado, souverain spirituel du Japon. C’est une erreur.

Tout daïmio arrivant au pouvoir reçoit l’investiture religieuse du Mikado ; le Daïmio ou Taïkoune de Yedo comme les autres, mais pas plus que les autres.

Toutes les fois que les agents diplomatiques établis à Yedo ont demandé la punition des Japonais coupables d’avoir assassiné des Européens, on leur a opposé la même fin de non-recevoir. Les meurtriers étaient les sujets d’autres Daïmios, et le Taïkoune de Yedo n’avait pas juridiction sur eux.

Chaque Taïkoune ou Daïmio a son gouvernement particulier, ses finances, son armée, son escadre, ses arsenaux. Il est maître absolu chez lui. S’il doit hommage à quelqu’un, c’est au Mikado, et cet hommage est fort peu de chose en ce qui concerne les affaires de ce monde.

Il y a un an, le Taïkoune de Nagato battait celui de Yedo et demeurait maître du détroit de Chimonocheki ; les alliés du Taïkoune de Nagato l’ont prié d’épargner les Daïmios alliés au Taïkoune de Yedo.

Le Taïkoune de Yedo voudrait être l’intermédiaire obligé de tout le commerce entre l’Europe et le Japon. Les autres Taïkounes, au contraire, veulent entretenir des rapports directs avec les États européens…

Le Daïmio de Satsouma a pris l’initiative ; nous avons vu comment il a affirmé et fortifié, à l’Exposition universelle, ses droits de souverain indépendant.

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