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Le Capitaine Burle (Recueil)

Émile Zola · 1883 · Free in the US

187,640 words · about 13 h 8 min to read

Period artwork: Interior of the Bodleian Library, 1845
About this edition

Free in the US: this text is in the public domain in the United States; it may still be in copyright elsewhere.

Licence: PD-US · Published in 1883 (before 1931): public domain in the United States. Text and transcription from fr Wikisource by Wikisource contributors (transcription licensed CC BY-SA 4.0; contributors: https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Le_Capitaine_Burle_(Recueil)&action=history). · Wikisource contributors

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About this book

Author
Émile Zola
Language
French
Published
1883
Length
187,640 words · about 13 h 8 min
Sections
10 reader sections
Text
Digital text
Rights
Public domain in the United States

 

Contents (10)
  1. Front matter about 4 h 23 min
  2. Le Capitaine Burle about 49 min
  3. Texte entier about 4 h 23 min
  4. Comment on meurt about 49 min
  5. Pour une nuit d’amour about 52 min
  6. La Banlieue about 10 min
  7. Le Bois about 10 min
  8. La Rivière about 10 min
  9. La Fête à Coqueville about 44 min
  10. L’Inondation about 39 min

Continue:

Front matter

13, RUE DE GRENELLE-SAINT-GERMAIN, 13

Il était neuf heures. La petite ville de Vauchamp venait de se mettre au lit, muette et noire, sous une pluie glacée de novembre. Dans la rue des Récollets, une des rues les plus étroites, les plus désertes du quartier Saint-Jean, une fenêtre restait éclairée, au troisième étage d’une vieille maison, dont les gouttières rompues lâchaient des torrents d’eau. C’était madame Burle qui veillait devant un maigre feu de souches de vigne, pendant que son petit-fils Charles faisait ses devoirs, dans la clarté pâle de la lampe.

L’appartement, loué cent soixante francs par an, se composait de quatre pièces énormes, qu’on ne parvenait pas à chauffer l’hiver. Madame Burle couchait dans la plus vaste ; son fils, le Burle, avait pris la chambre donnant sur la rue, près de la salle à manger ; et le petit Charles, avec son lit de fer, était perdu au fond d’un immense salon aux tentures moisies, qui ne servait pas. Les quelques meubles du capitaine et de sa mère, un mobilier Empire d’acajou massif, dont les continuels changements de garnison avaient bossué et arraché les cuivres, disparaissaient sous les hauts plafonds, d’où tombait comme une fine poussière de ténèbres. Le carreau, peint en rouge, froid et dur, glaçait les pieds ; et il n’y avait, devant les sièges, que des petits tapis usés, d’une pauvreté grelottante dans ce désert, où tous les vents soufflaient, par les portes et les fenêtres disjointes.

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